La prédication de notre Seigneur a toujours produit deux effets opposés sur les multitudes de gens dépravés qui l'écoutaient. Elle attirait une classe et en repoussait une autre. Ceux qui étaient pleins d'orgueil et de vanité, et qui préféraient les ténèbres à la lumière parce que leurs actes étaient mauvais, et parce qu'ils se rendaient compte que s'ils admettaient la lumière de la vérité, ils devaient nécessairement y conformer leur caractère - tous ceux-là étaient repoussés par les enseignements du Christ. Et si le Seigneur avait entrepris le travail du ministère selon les méthodes poursuivies aujourd'hui, en dépendant du soutien de la bonne volonté et des contributions des gens, ce soutien aurait souvent été très maigre, ou du moins très fluctuant. En certaines occasions, des multitudes ont reçu Son témoignage, et plus tard L'ont abandonné et ne L'ont plus suivi, alors qu'Il continuait à faire valoir les leçons de la Vérité divine (Luc 4 : 14,15,22,28,29). Parfois, la foule s'accrochait à Son discours, s'émerveillant des paroles gracieuses qui sortaient de Sa bouche ; et à maintes reprises, ils L'abandonnaient, alors qu'il n'en restait qu'une poignée (Jean 6 : 60, 66-69). Quelle consternation s'ensuivrait dans les différentes églises d'aujourd'hui, si les prétendus ministres de l'évangile voulaient suivre l'exemple du Maître en déclarant de la même façon tout le conseil de Dieu. Avec quelle rapidité deviendraient-ils impopulaires, et seraient-ils accusés de démembrer l'église. Les grandes communautés qui peuplent aujourd'hui les temples modernes dédiés au service de Dieu et aux enseignements du Christ ne le supporteraient pas ! Elles s'y rendent pour se faire entretenir par des discours agréables et éloquents de personnes titrées qui, vraisemblablement, connaissent leurs préférences et leurs idées, et qui prêcheront pour leur plaire. Ils sont tout à fait prêts à payer leur argent pour ce qu'ils désirent, mais ils ne désirent pas la Vérité.
Ceux qui n'ont suivi le Seigneur que pendant une courte période et qui L'ont ensuite abandonné, ont bien sûr alors cessé d'être Ses disciples et n'ont plus été reconnus comme tels ; ils n'ont pas non plus continué à prétendre être Ses disciples. Un disciple est un élève, un apprenant ; et quand un homme cesse d'être un étudiant et un élève du Christ, le grand Maître, il n'est plus un disciple du Christ. Cela était très manifeste lorsque le Seigneur était présent, et que Son nom était un sujet de reproche parmi les hommes ; mais plus tard, lorsque Sa présence fut retirée, et que Ses doctrines furent mélangées sans scrupules avec les philosophies humaines au point de les débarrasser de leur reproche, et de les rendre entièrement invalides, alors des hommes commencèrent à prétendre être Ses disciples - bien après qu'ils eurent complètement rejeté Ses doctrines.
L'expression du Seigneur – « vraiment des disciples » - implique une distinction entre les disciples réels et les disciples purement nominaux. Et puisque nous désirons continuer à être Ses disciples véritables et sincères, soulignons la condition exprimée : « Si vous persévérez dans ma parole, alors vous êtes vraiment mes disciples ». L'hypocrisie des disciples purement nominaux est une abomination pour le Seigneur.
C'est une chose bénie que de faire le premier pas dans la vie chrétienne - celui de la foi et de l'acceptation du Christ comme notre Rédempteur et Seigneur ; mais la récompense de ce pas dépend entièrement de notre persévérance dans Sa Parole, dans l'attitude de vrais disciples. Il n'est pas difficile d'y parvenir, mais l'orgueil humain a tendance à s'éloigner de la simplicité de la Vérité divine et à rechercher ses propres théories et philosophies, ou à s'intéresser à celles des autres hommes qui désirent être considérés comme sages et grands selon l'estimation de ce monde.
La récompense de la fidélité à la vie de disciple est « Vous connaîtrez la vérité » - et non pas que nous « chercherons toujours et n'arriverons jamais à la connaissance de la vérité » (2 Tim. 3 : 7). Voici l'erreur que beaucoup commettent : en ne restant pas fidèles à la Parole du Seigneur, ils fouillent dans diverses philosophies humaines qui ignorent ou pervertissent la Parole du Seigneur et établissent des théories opposées. Il n'y a pas de promesse, pour ceux qui cherchent la vérité parmi celles-ci, qu'ils la trouveront un jour. Et ils ne la trouvent jamais. La Vérité divine ne peut se trouver que dans les canaux choisis de Dieu, savoir : le Seigneur, les Apôtres et les Prophètes. Demeurer dans Sa Parole, c'est demeurer dans les doctrines que contiennent leurs écrits inspirés, les étudier, les méditer, avoir une entière confiance en eux et y conformer fidèlement notre caractère.
Mais l'idée est tout à fait compatible avec celle de tenir compte de toutes les aides que le Seigneur suscite de temps en temps parmi nos frères dans le corps du Christ, comme l'a indiqué l'Apôtre Paul (Eph. 4 : 11-15 ; 1 Cor. 12 : 13,14). Le Seigneur a toujours suscité, et suscitera jusqu'à la fin, de telles aides pour l'édification du corps de Christ ; mais il est du devoir de chaque membre de prouver soigneusement leur enseignement par la Parole infaillible.
Si, comme de fidèles et sincères disciples du Seigneur, nous demeurons dans Sa Parole, nous connaîtrons vraiment la Vérité, nous serons « établis » dans la vérité présent (la vérité due), et « enracinés et fondés dans la Vérité » ; nous serons « fermes dans la foi » et « capables de donner raison de l'espérance qui est en nous » ; nous pourrons « combattre pour la foi qui a été transmise une fois aux saints », « combattre le bon combat », faire « une belle confession » et « endurer les difficultés comme de bons soldats de Jésus-Christ », jusqu'à la fin de notre course (Manne du 20 mars). Nous n'entrerons pas dans la connaissance de la Vérité du jour au lendemain, mais progressivement, pas à pas, nous serons conduits vers la Vérité. Chaque pas sera un progrès sûr et certain, et chacun conduira à une position avantageuse pour atteindre d'autres progrès, tant dans la connaissance que dans les fruits bénis d'un caractère affirmé.
La Vérité ainsi acquise, étape par étape, devient une puissance sanctifiante qui fait naître dans nos vies ses fruits bénis de justice, de paix, de joie dans l'Esprit Saint, d'amour, de douceur, de foi, de patience et de toute vertu et toute grâce, que le temps et la culture feront mûrir jusqu'à une glorieuse maturité.
Et non seulement le vrai disciple connaîtra ainsi la Vérité et sera sanctifié par elle, mais le Seigneur a dit aussi : « La vérité te rendra libre ». Ceux qui ont reçu la Vérité connaissent par leur expérience bénie une partie de son pouvoir libérateur. Dès qu'elle est reçue dans un cœur bon et honnête, elle commence à briser les chaînes du péché, de l'ignorance, de la superstition et de la peur. Elle projette ses rayons salutaires dans les recoins les plus profonds de nos cœurs et de nos esprits, et revigore ainsi l'être tout entier. Le péché ne peut pas supporter la lumière ; et ceux qui continuent à vivre dans le péché alors qu'ils ont reçu suffisamment de lumière pour manifester sa méchanceté doivent inévitablement perdre à nouveau cette lumière car ils n'en sont pas dignes.
L'ignorance et la superstition doivent disparaître face à la lumière de la Vérité. Et quelle réalisation bénie que d'être ainsi libéré ! Des millions de personnes restent encore sous ce joug affligeant. Sous ses illusions, ils craignent et vénèrent certains des outils les plus ignobles de Satan pour leur oppression et leur dégradation, parce que ceux-ci revendiquent hypocritement la vocation divine ; et ils ont été amenés à craindre Dieu comme un tyran vengeur qui condamne la grande majorité de Ses créatures à une éternité de tourments. Grâce à Dieu, nous qui avons reçu la vérité avons échappé à ce terrible cauchemar, et l'esclavage de Satan sur nous est brisé !
Nous sommes également libérés de la peur que nous voyons aujourd'hui s'abattre sur le monde entier, alors que les grands systèmes civils et ecclésiastiques qui ont si longtemps régi le monde sont terriblement ébranlés. Toutes les personnes réfléchies redoutent l'issue possible de l'anarchie et de la terreur. Et l'inquiétude de tous s'accroîtra à mesure que nous approcherons de la terrible crise vers laquelle nous nous précipitons et que le danger deviendra de plus en plus manifeste. Pourtant, en plein milieu de tout cela, et avec la plus grande assurance de la Parole infaillible de Dieu quant aux souffrances du conflit par lequel le monde devra passer sous peu, les vrais disciples du Christ qui demeurent dans Sa Parole n'ont pas de crainte, mais se réjouissent, car ils savent que le dessein de Dieu en permettant la tempête est de dégager l'atmosphère morale du monde, et que, après la tempête, il adviendra, par Sa providence, une paix durable. Instruits dans la Vérité, ils réalisent les nécessités de la situation, et ont confiance dans la providence divine qui peut faire en sorte que même la colère de l'homme fasse sa louange.
Promesse bienheureuse ! « Si vous persévérez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira ». Bien-aimés, ayant reçu cette faveur du Seigneur, ne devrions-nous pas poursuivre dans cette voie, sans nous soucier des doctrines séduisantes ? Et ne serons-nous pas fidèles à la Vérité en toutes circonstances, en la défendant contre toute attaque et en supportant son opprobre ? Prouvons que nous l'apprécions par notre loyauté et notre fidélité à son égard.