R 3138
« DIEU AYANT PASSÉ PAR-DESSUS LES TEMPS DE L’IGNORANCE »
- ACTES 17 : 22-34 -
« Il leur annonçait Jésus et la résurrection » - Actes 17:18.

La persécution suivit l'Apôtre à Bérée, où nous l'avons laissé, dans une leçon précédente, enseigner à une classe très noble d'esprits curieux et investigateurs. Ses ennemis de Thessalonique, ayant découvert où il se trouvait, se mirent aussitôt à semer le trouble, croyant sans doute qu'ils rendaient ainsi service à Dieu. La propre expérience de l'Apôtre en tant que persécuteur du corps du Christ doit l'avoir aidé à avoir une vision très charitable de ceux qui le poursuivaient si vicieusement. Les indications de troubles à venir étaient si fortes que les amis Béréens craignaient de le faire embarquer dans un port régulier, où il aurait pu être reconnu, et la destination de son voyage anticipée, et ainsi les préjugés auraient pu l'accompagner ou le précéder dans de nouvelles contrées ; ils le pressèrent donc secrètement de se rendre au bord de la mer proche, où il obtint une navigation côtière pour Athènes. L'Apôtre, en tant que principal porte-parole, « attira le feu » de ses ennemis à tel point que leur haine semble s'être limitée à lui seul, sans toucher Silas, son compagnon, ni Timothée, qui était alors son assistant ou serviteur. Ces deux derniers furent laissés en arrière, pour fortifier et encourager les croyants, dont la foi était déjà établie.

C'est dans ces circonstances que l'Apôtre arriva à Athènes, jadis capitale du monde dans tous les sens du terme, mais encore sa capitale en ce qui concerne les sciences, les arts, la théologie et les écoles d'enseignement général, son influence commerciale et politique étant passée à Rome avec le contrôle impérial. C'est à Athènes que se rendaient les jeunes des riches familles du monde, et beaucoup d'autres personnes ayant une soif particulière de sagesse, pour profiter des enseignants, des études et des conférences, qui étaient pratiquement les seuls moyens d'instruction à cette époque.

Sans un miracle, aucun autre Apôtre n'aurait été compétent pour obtenir une audience devant le Conseil Athénien des Aréopagites - composé des professeurs des différentes écoles d'apprentissage, et généralement parlant, des hommes réputés les plus sages du monde. Le fait que l'Apôtre Paul, sans lettres de recommandation, sans influence politique ou autre, ait réussi en quelques jours à obtenir une invitation à s'adresser à cette auguste assemblée d'hommes, indique clairement qu'il était un homme d'un talent et d'un savoir remarquables. Ces qualités naturelles en lui étaient renforcées par l'esprit de sobre bon sens, l'esprit du Seigneur, l'esprit de la révélation divine, le véritable Évangile. L'Apôtre ne perdit pas de temps pour commencer son travail spécial : effectivement il fit d'abord une inspection générale des principaux attraits de la ville, notant ses nombreuses statues publiques aux dieux, dont Pline donne le nombre à plus de trois mille au temps de Néron. C'est en faisant cette inspection de la ville et en réfléchissant à la meilleure façon d'y lancer le message évangélique que son attention fut attirée par un autel érigé « au Dieu inconnu ». Il s'en servit comme d'un texte pour son projet principal lorsque le moment serait venu, et entre-temps, comme d'habitude, il commença son ministère en se rendant dans les synagogues juives ; mais, ne semblant pas y trouver beaucoup d'intérêt, il se rendit sur les places publiques et les marchés, et discuta de sujets religieux avec les nombreux étudiants et autres personnes qui s'y rassemblaient.

Parmi ceux qui l'écoutaient, il y avait des gens d'un esprit plutôt sarcastique qui disaient : « Écoutons ce que dit ce babillard », le mot « babillard » signifiant « ramasseur de graines », ce qui revenait à dire que l'Apôtre n'avait acquis que quelques connaissances, qu'il avait ramassé quelques graines de pensée chez d'autres grands maîtres, et qu'il essayait maintenant de s'ériger en maître. D'autres, enclins à la persécution, disaient : « Il semble qu'il présente des dieux étrangers » ; car présenter des dieux étrangers à Athènes était un crime, car on considérait qu'ils en avaient déjà beaucoup, et qu'admettre que quelqu'un puisse présenter un nouveau dieu dont les enseignants athéniens ne savaient rien serait une insulte à leur savoir et manifestement un délit. Ceci, ajouté aux talents de l'Apôtre, lui assura une audience devant l'Aréopagite, ou Conseil des savants. C'est ce Conseil qui avait le pouvoir de condamner à mort quiconque tentait d'exposer des dieux étrangers à Athènes ; aussi l'audition de l'Apôtre devant eux avait-elle probablement plus ou moins le caractère d'un procès pour la vie, car il avait prêché Jésus - un dieu inconnu des Athéniens jusqu'à cette époque - et la résurrection.

Le discours de l'Apôtre est digne de notre attention. Sous la direction divine, il semblait avoir trouvé le moyen d'aborder le cœur de l'Évangile de la manière la plus directe, et ces mots de notre Texte d'Or, « Jésus et la résurrection », embrassaient véritablement l'ensemble de l'Évangile prêché. Le monde, sous la sentence divine, était mort ou en train de mourir : Le prix de la rédemption, le sacrifice de notre Seigneur pour la rançon, venait d'être payé, et l'espoir à construire sur Son œuvre et à annoncer au peuple était la résurrection des morts - que la mort de notre Seigneur était le prix de rachat des péchés du monde entier, et qu'en conséquence, au moment voulu par Dieu, il y aura un réveil des morts, et finalement la pleine résurrection à la perfection de la vie de tous ceux qui accepteront le Rédempteur comme leur conducteur et leur guide. C'est l'Évangile qui devrait encore être prêché, mais qui, en raison de diverses erreurs qui se sont glissées au cours des âges de ténèbres, a été obscurci et rejeté à tel point que rares sont ceux qui mettent en avant la grande doctrine de la résurrection des morts ; et certains vont même jusqu'à supprimer de leur enseignement « la rançon pour tous » donnée par Jésus.

Nous pouvons nous figurer l'Apôtre s'adressant au Conseil de la Colline de Mars, composé « du sang le plus noble d'Athènes, des premiers hommes politiques, des premiers orateurs, des premiers philosophes ; par conséquent, le plus auguste, non seulement d'Athènes, mais de la Grèce, et même du monde entier, sous la surveillance duquel ‘se trouvaient les affaires de l'assemblée populaire, la religion, les lois, la morale et la discipline’ ». L'Apôtre avait maintenant un emploi pour le texte qu'il avait trouvé. Il devait prouver à ces hommes qu'il n'était pas le défenseur d'une nouvelle théologie, mais d'une ancienne. Il exposa aussitôt son argumentation, non pas dans le langage discourtois de notre version commune anglaise, qui laisse entendre que ses auditeurs étaient ignorants et superstitieux, mais, au contraire, dans un langage flatteur que nous paraphrasons : il leur dit : J'ai l'impression que, plus que d'autres, vous autres Athéniens avez du respect pour tout ce qui est divin. J'en ai eu la conviction en traversant votre ville, en voyant les diverses preuves de votre dévotion, et en remarquant parmi d'autres autels celui qui portait l'inscription « Au Dieu inconnu ». Je vais vous donner des renseignements sur ce Dieu. Il est le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu'il contient, et il est le Seigneur du ciel et de la terre, trop grand pour habiter dans des temples faits de main d'homme, car il est le Dieu du ciel et de la terre ; il ne peut pas non plus recevoir de service de nos mains, car il n'a besoin de rien de ce que nous avons à donner, mais il est l'auteur de la vie, du souffle et de toutes choses ; il a lui-même créé toutes les nations d'hommes qui habitent sur toute la terre - et même toutes leurs affaires sont soumises à ses règlements et à ses dispositions.

Il leur présentait ainsi la grandeur du vrai Dieu, en contraste avec leurs nombreux dieux qu'ils craignaient ou haïssaient, qu'ils vénéraient ou qu'ils apaisaient, et dont ils admettaient les vices et l'impuissance fréquente. L'Apôtre a donc fait entrer son enseignement dans le cadre des règles et des prescriptions, comme n'étant pas un enseignement nouveau, mais une description plus complète d'un Dieu déjà reconnu par ses auditeurs. Et en effet, une pensée de Dieu si haute, si noble, si grande, a dû impressionner favorablement ses auditeurs. Nous ne pouvons douter que les enseignements des Juifs, complétés par les exposés de l'Évangile, n'aient fait beaucoup pour tirer l'esprit des hommes de la profonde dégradation qui s'est abattue sur eux peu après le déluge, comme l'explique l'Apôtre - Rom. 1 : 20-32.

Un Dieu qui n'était pas seulement le Dieu d'une nation, d'une ville ou d'un quartier, mais qui avait créé toutes les races et toutes les nations, et qui avait eu à faire avec la naissance et la chute des nations, était certainement un Dieu très différent de tout ce qui avait été proposé jusqu'alors à l'esprit de ces philosophes ; en effet, bien que les Juifs aient prêché le même Dieu, leur présentation de celui-ci comme le Dieu des Hébreux a sans doute favorisé l'impression que chaque nation avait son ou ses propres dieux, exigeant son culte, sa révérence, ses sacrifices, etc.

Aux versets 26 et 27, l'Apôtre laisse entendre que l'ordre donné par le Seigneur aux affaires nationales avait quelque chose à voir avec la propagation de la connaissance de Lui-même, et nous constatons qu'il en a été ainsi. La soumission du monde aux empires successifs - babylonien, médo-persan, grec et romain - avait contribué à unifier la race jusqu'à un certain point, et à rendre plus aisée la promulgation de l'Évangile. Pendant la période grecque, la langue grecque s'est répandue dans de nombreux pays et elle a conservé sa suprématie en tant que langue du monde, bien que les rênes du gouvernement soient passées aux mains des Romains, sous la poussée de leur puissance guerrière, le monde en général allait être rapproché beaucoup plus qu'il ne l'avait jamais été depuis la confusion des langues à Babel. Tout cela s'était produit au moment opportun en ce qui concerne la faveur de Dieu envers Israël, selon la chair, la naissance de Jésus, Sa crucifixion, le rassemblement du « blé » mûr de cette nation et la dispersion du reste. Toutes ces choses agissaient, sous la surveillance divine, dans l'intérêt des hommes, « afin qu'ils cherchent Dieu, s'ils pourraient en quelque sorte le toucher en tâtonnant et le trouver, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous ». L'Apôtre allait aider ses auditeurs à trouver ce vrai Dieu, qui devait être trouvé par eux, et qu'ils avaient manifesté leur désir de connaître en érigeant l'autel dont il est question.

Décrivant davantage le vrai Dieu, l'Apôtre assure à ses auditeurs que personne ne peut vivre, se mouvoir ou avoir une existence, en dehors de la puissance et de la bonne volonté de ce grand Dieu. Ses paroles sont également véridiques, que nous les limitions à l'existence imparfaite du temps présent et à la condition moribonde du monde, qui n'a qu'une étincelle de vie, ou que nous les appliquions dans un sens plus complet aux dispositions que le Seigneur prend pour l'avenir par des processus et des arrangements de restitution. Voulant encore éloigner l'idée que son message était nouveau, l'Apôtre déclare que certains poètes grecs avaient pratiquement exprimé cette pensée en disant : « Car aussi nous sommes sa race ». Poussant donc l'esprit jusqu'à la conclusion logique, il insiste sur le fait que si nous sommes la création de Dieu, nos pensées à l'égard de la divinité ne devraient pas nous amener à fabriquer ou à adorer des images de quelque nature que ce soit, qui sont toutes des créations de l'homme.

La méthode de l'Apôtre est digne d'imitation. Tous les gens sages se méfient des nouveautés et sont enclins à dire que tout ce qui a de la valeur existe depuis longtemps. À l'exemple de l'Apôtre nous devons nous efforcer de montrer que le vrai Évangile n'est pas une nouvelle théologie, mais la vieille théologie ; qu'il n'est pas un nouvel évangile, mais le vieil Évangile, celui qui fut annoncé à Abraham, celui-là même qu'annoncèrent le Seigneur Jésus et tous Ses Apôtres. Dans la proportion où nous montrons que les erreurs dominent de nos jours, erreurs qui eurent leur origine dans les « siècles des ténèbres », nous devons prouver que nous n'inventons pas une nouvelle théorie également erronée, mais qu'ayant écarté les erreurs des siècles des ténèbres nous sommes retournés aux premiers principes, préceptes et enseignements de l'Évangile tel qu'il fut annoncé par le Seigneur et Ses représentants autorisés, les Apôtres (Manne du 20 août).

Il fallait expliquer pourquoi ce grand Dieu, qui avait créé toutes les nations et qui dirigeait leur bien-être, avait négligé jusqu'à présent d'envoyer un message aux Athéniens. L'Apôtre ne s'est pas lancé dans une explication complète de la question, avec laquelle ses auditeurs n'auraient pas sympathisé ; il n'a pas essayé de montrer comment Dieu, dans le passé, avait simplement donné au monde des leçons concernant le salaire du péché, il n'a pas non plus mentionné comment la postérité d'Abraham avait été choisie comme la lignée par laquelle les bénédictions divines devaient être portées finalement à toutes les familles de la terre, et que Dieu avait traité avec la postérité naturelle d'Abraham pendant les dix-huit siècles précédents, en faisant d'eux des types et en illustrant par eux le progrès du Plan divin tel qu'il sera finalement réalisé. Il n'a pas non plus expliqué comment le Christ S'est offert à cette nation d'Israël, et (en harmonie avec la préconnaissance divine) a été rejeté, et que maintenant Dieu cherchait une semence spirituelle d'Abraham - des Israélites spirituels - pour prendre la place des branches arrachées de la maison charnelle - Rom. 11.

Il s'est contenté d'énoncer la vérité, à savoir que dans le passé, Dieu avait « fermé les yeux » sur les idolâtries du monde, qu'Il les avait ignorées ou négligées, et qu'Il n'y avait pas prêté attention, mais que le temps était venu de changer la dispensation ; que Dieu leur envoyait maintenant Son message, ainsi qu'à tous ceux qui avaient des oreilles pour entendre, leur ordonnant de se repentir du péché et de se détourner des idolâtries pour se tourner vers le vrai culte et la justice. Il est fort possible, bien que le récit ne le précise pas, que l'Apôtre ait expliqué que le fondement ou la base de cet appel à la repentance était le fait que le Christ avait été une propitiation (satisfaction) pour les péchés du monde entier - libérant ainsi les hommes de la condamnation originelle à la mort et de l'aliénation à Dieu, et permettant le retour en Sa faveur de quiconque le voulait.

Le mot « car » qui commence le verset 31 a une signification particulière qui ne doit pas être négligée. Dieu appelle tous les hommes à se repentir et à se réformer, car Il a prévu pour eux un jour de jugement - un jour d'épreuve ou de test. Non pas une épreuve pour tester ou juger s'ils sont ou non imparfaits et déchus, car cela, Dieu le sait déjà, mieux que nous, et Sa Parole déclare expressément qu' « il n'y a pas de juste, non, pas un seul. » Une telle épreuve, un tel jour de jugement, pour voir si quelqu'un est juste, serait donc une pure absurdité. L'objet du jour de l'épreuve ou du jugement dont parle le Seigneur est totalement différent de ceci.

Ce sera un jour d'épreuve ou de jugement pour voir, pour tester, pour prouver qui, dans le monde des hommes, désire la conformité avec le Seigneur, désire Lui être obéissant, désire marcher dans Ses voies. L'Âge millénaire est ce jour d'épreuve, et le Seigneur nous assure qu'une pleine opportunité sera accordée à chaque membre de la race pour entendre, connaître, comprendre Sa bonté, Son amour, Sa rédemption du monde par le Christ, et Sa volonté qu'ils reviennent à la communion avec Lui - à une condition dans laquelle Il pourrait en toute justice leur accorder la vie éternelle. Dieu ne pouvait raisonnablement ordonner à quiconque de se repentir et de se rétablir avant que la rançon n'ait été payée au Calvaire, parce que c'était Sa propre loi qui leur avait interdit d'avoir communion avec Lui, et que cette loi devait d'abord être satisfaite ; et parce qu'il ne pouvait récompenser par la vie éternelle quiconque chercherait Sa face, avant d'avoir pris des dispositions par la mort du Christ pour le paiement de la peine de mort contre la race et par Sa résurrection pour les temps de restitution.

Une autre partie de cette assurance bénie est que le jugement ou l'épreuve du monde se fera « dans la justice » - sous un règne de justice où les assauts de l'Adversaire et ses tromperies auront pris fin, et où, par conséquent, une connaissance claire et explicite du Seigneur et de la vérité remplira la terre, comme les eaux couvrent le grand océan. Quel gracieux Évangile l'Apôtre avait à prêcher ! Il était si bon, en effet, qu'il devait être prudent dans la manière de le présenter, trop bon pour que ses auditeurs puissent l'apprécier, avec leurs idées débauchées de la cruauté et de la perversité des dieux, tout comme il est trop bon pour être apprécié aujourd'hui par ceux dont les esprits ont été plus ou moins troublés par les horribles cauchemars théologiques qui nous viennent des « âges des ténèbres ».

L'Apôtre procédait logiquement pour montrer que la résurrection du Christ d'entre les morts était l'assurance donnée par Dieu à tous qu'Il réaliserait finalement ce grand plan de bénédiction du monde, en accordant à chacun de ses membres une épreuve ou un jugement individuel pour la vie, dans les conditions favorables du Millénium ; et que la résurrection du Christ n'était pas seulement l'attestation de Dieu aux hommes que Son sacrifice a été satisfaisant, mais qu'elle était aussi nécessaire pour que notre Seigneur Jésus, en tant que Fils de Dieu ressuscité et glorifié, puisse exercer en temps voulu « toute puissance dans le ciel et sur la terre », et ainsi réaliser le grand jour du jugement de mille ans, ou « les temps de rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps » (Actes 3 : 21). Mais ses auditeurs, qui devaient être stupéfaits par la logique de son argumentation, et qui devaient se demander comment leurs différents disciples seraient influencés par le nouvel enseignant, et dans quelle mesure ils perdraient leur statut de caste, comme étant moins logiques ou moins élevés dans leurs sentiments, trouvèrent une occasion pour exprimer leur mécontentement, et pour rejeter logiquement toute l'argumentation - la rejetant comme indigne d'une considération supplémentaire.

Leur objection reposait sur la résurrection, que l'Apôtre a rendue si importante, si indispensable à l'exécution de tout le plan de Dieu ; indispensable, d'abord, pour le Rédempteur, qu'Il ressuscite d'entre les morts, avant de pouvoir être l'agent de Jéhovah dans la poursuite de l'œuvre de bénédiction du monde ; nécessaire pour le monde des hommes, afin qu'ils puissent quitter le tombeau et recevoir la connaissance et la possibilité de rétablissement ou de résurrection de tout ce qui avait été perdu par la désobéissance d'Adam. Lorsque la résurrection fut mentionnée, l'occasion était fournie pour des expressions de dérision, comme si l'on disait : Nous savions qu'il ne pouvait y avoir de philosophie profonde supérieure à la nôtre ; nous étions à l'affût du point faible de l'argumentation de cet orateur qui s'érige en professeur, et nous l'avons trouvé : la résurrection ! C'est absurde ! Qui a vu ou entendu parler d'une résurrection des morts ?

D'autres de ses auditeurs se montrèrent moins sévères dans leurs expressions, mais convinrent qu'ils en avaient assez entendu pour le moment - laissant entendre que l'argument n'était pas très satisfaisant lorsqu'il devait être soutenu par une hypothèse de résurrection qui, à leurs yeux, semblait beaucoup moins raisonnable que leurs propres philosophies, à savoir qu'un homme n'est jamais mort, et que lorsqu'il semble mourir, il devient en réalité plus vivant qu'il ne l'était auparavant. De leur point de vue, il ne pouvait y avoir de résurrection des morts, puisqu'il n'y avait pas de morts, tous étant plus abondamment vivants à partir du moment de la mort apparente. C'est là le point de discorde entre les Écritures et ceux qui les considèrent comme la Parole de Dieu, et toutes les autres théories avancées et soutenues par l'Adversaire, conformément à sa déclaration initiale trompeuse : « Vous ne mourrez point certainement ». Ceux qui veulent être du côté du Seigneur doivent accepter la déclaration du Seigneur, « Vous mourrez certainement » ; ils doivent admettre qu'elle est vraie ; ils doivent admettre qu'il était nécessaire que le Christ meure, en tant que notre représentant et substitut, pour nous libérer de la condamnation de la mort, et ils doivent aussi admettre que ce n'est que par une résurrection des morts que nous pouvons revenir à la vie, à la perfection absolue et à la pleine harmonie avec Dieu.

Cependant, un membre du Conseil de la colline de Mars (la Société des Aréopagites) avait été profondément intéressé par la vérité qu'il avait entendue ; également une femme d'une certaine renommée, et d'autres personnes avec eux ; car bien que la Société seule occupât la place principale dans ces discussions, le peuple en général avait le privilège d'entourer le Parvis. L'expérience de l'Apôtre, ici comme ailleurs, comme la nôtre, démontre qu'à l'heure actuelle, peu de gens ont des oreilles pour entendre la Parole du Seigneur ; peu de gens sont sérieusement « à la recherche du Seigneur, s’ils pourraient en quelque sorte le toucher en tâtonnant ». La majorité d'entre eux sont aveuglés par le dieu de ce monde, Satan, à travers diverses traditions, païennes et chrétiennes, de sorte qu'ils ne peuvent pas discerner les longueurs et les largeurs, les hauteurs et les profondeurs du véritable Évangile. À l'heure actuelle, il n'est pas donné à tous de voir et de comprendre (Matth. 13 : 11 ; Marc 4 : 11), mais nous remercions Dieu que le temps vient où tous les yeux aveugles seront ouverts, et toutes les oreilles sourdes seront débouchées ; alors la prédication de « Jésus et la résurrection » sera une grande bénédiction, et tous parviendront à la connaissance de la vérité, du plus petit au plus grand, comme le Seigneur, par le Prophète, l'a déclaré - Jer. 31 : 33,34.