VOEUX DE NOUVEL AN, 1903
Grâces soient rendues à Dieu de ce que, dans Sa bonté, Il nous a préservés, « gardés de toute chute » pendant cette autre année, de telle sorte qu'un si grand nombre d'entre nous sont encore d'un seul cœur et d'une seule pensée à l'égard de Sa Parole et de Son service ! Notre reconnaissance est encore renforcée par le fait que tous les témoignages de la Parole indiquent que la fin du temps de la « moisson » sera un moment d'épreuve particulière pour tous ceux qui professent être le peuple du Seigneur : « l'œuvre de chacun sera éprouvée comme par le feu ». Lorsque nous nous souvenons qu'il est permis à l'Adversaire d'assaillir le peuple du Seigneur par une « puissance d'égarement » afin d'écarter tous ceux qui ne sont pas vraiment Siens (2 Thess. 2 : 10-12), nous ne pouvons nous empêcher de remercier Dieu de ce que le commencement d'une nouvelle année nous trouve toujours fermes, appréciant la Vérité et en complet accord avec tous les moyens divins par lesquels Il nous a gardés de toute chute (Manne du 1er janvier).
L'Apôtre nous rappelle que les réjouissances n'appartiennent pas tant à celui qui revêt l'armure qu'à celui qui, ayant combattu le bon combat jusqu'au bout, déposera l'armure et revêtira les habits de gloire à la première résurrection (1 Rois 20 : 11 ; 2 Tim. 4 : 7,8). Par conséquent, nous ne devons pas nous arrêter trop longtemps, ne fût-ce que pour nous réjouir d'être ce que nous sommes par la grâce de Dieu, mais nous devons continuer ! La nouvelle année est certainement pleine de bénédictions pour les fidèles, en vertu de toutes les précieuses promesses de la Parole de notre Père. Nous devons les saisir à nouveau, en permettant à la fidélité du Seigneur dans le passé d'établir plus fermement notre confiance dans l'avenir. Sans la foi comme chariot pour nous attacher au courant de la puissance divine, nous ne parviendrons pas à « avancer vers la perfection ».
« La foi peut Lui faire confiance, quoi qu'il arrive ». L'amour, lui aussi, devrait être stimulé par un regard rétrospectif ; le discernement des miséricordes du Seigneur à notre égard devrait nous stimuler d'un zèle amoureux pour Lui et les Siens. « Nous L'aimons parce qu'Il nous a aimés le premier ! » Nous cherchons à faire ce qui plaît à notre Seigneur parce que nous L'aimons, et dans la mesure où nous L'aimons, nous nous réjouissons de cette obéissance et de ce service, même au prix de l'abnégation.
Les bonnes résolutions et le réexamen de notre idéal et de nos normes de vie sont également appropriés en cette période de l'année. Non pas que les personnes pleinement consacrées puissent rajouter à leur consécration - car, si elle est appropriée, elle inclut tout. Il ne s'agit pas non plus de faire une rafle annuelle pour demander pardon et repartir à zéro, comme le faisait l'Israël typique chaque « jour de propitiation » au début de sa nouvelle année. Les Israélites spirituels doivent vivre chaque jour et à chaque heure dans l'intimité du Souverain Sacrificateur. Le sang du cher Rédempteur doit être continuellement invoqué pour la purification de la plus légère souillure de la conscience, afin que la robe de la justice imputée de notre Seigneur ne soit pas salie, mais que, la plus petite tache étant effacée, nous puissions la conserver « sans tache, ni ride, ni rien de semblable » (Manne du 22 mars – 2).
Néanmoins, les auto-examens et les bonnes résolutions ont une valeur particulière en cette période. Tout le monde admettra que l'examen des affaires, la comptabilisation des stocks, la détermination des profits et des pertes de l'année, etc., sont profitables en ce qui concerne les affaires mondaines ; et cela d’autant plus dans les affaires beaucoup plus importantes de l'âme - connaître exactement ses gains et ses pertes comme chrétiens et savoir comment, quand et où ils lui sont venus dans le combat continuel contre le monde, la chair et le diable, sera certainement profitable à celui qui fait de tels comptes avec un regard sincère fixé sur ce qui plaît au Seigneur (Manne du 22 mars – 1).
Alors, fixons nos objectifs, nos ambitions et nos efforts spirituels encore plus près de la norme divine parfaite ; en nous rappelant les paroles de notre Seigneur : « Séparés de moi vous ne pouvez rien faire », soyons forts et courageux dans la force qu'Il fournit et promet d'augmenter selon que nous sommes capables et désireux de l'accepter.
Il n'y a rien de particulièrement nouveau à noter, si ce n'est que « toutes les choses vont de l'avant », dans la direction indiquée par la Parole. Les « églises » sont de plus en plus favorables au principe de la combinaison et de la confiance et désirent l'appliquer ; il semble qu'il ne manque qu'un initiateur (Morganizer – Trad.). Alors les « irréguliers » religieux seront honteux et déconcertés. Le capital et le travail se fortifient - chacun se prépare à la grande lutte ; pourtant, ni l'un ni l'autre ne se rend compte de l'ampleur du conflit - ni de ses résultats, comme nous le faisons à la lumière de la Parole. La prospérité financière a le vent en poupe dans la « chrétienté », bien que son maintien semble dépendre de la dépense de vastes sommes dans des guerres extérieures. Les conditions financières deviennent défavorables en Grande-Bretagne, encore plus en Allemagne, et encore plus en Russie.
Nous avons récemment noté les progrès rapides du socialisme en Allemagne ; nous citons ci-dessous un extrait du Times-Democrat de la Nouvelle-Orléans concernant ses progrès aux États-Unis :
« Ce dont on se souviendra comme étant sans doute l'élément le plus intéressant - et nous aurions presque dit le plus alarmant - du Congrès de la Fédération américaine du travail de 1902, a été révélé lorsque le Congrès, par un vote de 4744 contre 4344, a rejeté la résolution suivante :
‘Il est résolu que cette vingt-deuxième convention annuelle de la Fédération américaine du travail conseille aux travailleurs d'organiser leur pouvoir économique et politique afin d'obtenir pour le travail le plein équivalent de son labeur, ainsi que le renversement du système des salaires et l'établissement d'une démocratie coopérative industrielle’. Bien que rejetée, la résolution est particulièrement significative en raison du grand nombre de votes enregistrés en faveur de son adoption. Sur un total de 9088 votes, les pro-socialistes ont perdu par la très faible majorité de 400 voix. En d'autres termes, la Fédération américaine du travail, telle qu'elle est constituée aujourd'hui, est partagée de façon presque égale sur la question de savoir si le socialisme doit être approuvé ou non. Pour être exact, 47,68 % des membres de la Fédération sont en faveur du socialisme, et 52,32 % y sont opposés.
Ces statistiques sont en elles-mêmes suffisantes pour que les conducteurs syndicaux de tout le pays s'arrêtent et réfléchissent à la direction qu'ils prennent. Les discours prononcés lors de la Convention étaient en grande majorité en faveur de l'adhésion au mouvement socialiste. Le délégué Barnes a comprimé en deux phrases le credo des partisans du socialisme. ‘Laissez-nous dire à M. Morgan’, dit-il, ‘que, pour utiliser ses propres mots, il n'y a rien à discuter. Nous voulons vos (ses) mines, et nous voulons vos (ses) chemins de fer pour le peuple de ce pays’. Le délégué Layton a déclaré que ‘le moment était venu de cesser les supplications et de passer à l'action’. ‘Le plus grand pouvoir du syndicat, ou de l'ouvrier’, a-t-il dit, ‘est le bulletin de vote. Il doit être utilisé, et utilisé pour la réalisation de l'ambition de l'ouvrier’. Ces deux discours ont trouvé un écho dans les interventions des autres délégués et, sans le discours vigoureux de M. Gompers, la Fédération aurait incontestablement pesé de tout son poids en faveur du ‘renversement du système salarial et de l'établissement d'une démocratie coopérative industrielle’.
En termes directs, M. Gompers a fait remarquer que le socialisme avait plus d'une fois été opposé au syndicalisme ; que l'esprit socialiste était essentiellement l'esprit de négation, et que la Fédération devait fuir le socialisme comme la lèpre. ‘Grands dieux !’ s'écria-t-il. ‘Étudier le socialisme ! Nous en sommes sortis il y a longtemps’. Telle était la position de M. Gompers ; et en la défendant promptement, il a endigué la vague de socialisme qui montait en puissance dans la convention, et a réussi à faire échouer la résolution. Il fallait beaucoup de courage et de compétence pour faire ce que M. Gompers a fait, et on ne saurait trop louer son attitude et sa conduite. La victoire qu'il a remportée a cependant été achetée chèrement. Au-dessus de la fumée de la bataille, un fait apparaît clairement aux yeux du public, à savoir que dans un corps délibérant d'ouvriers américains représentatifs, 47,68 pour cent sont en faveur du socialisme aux Etats-Unis ».
Le socialisme ne doit pas être confondu avec le communisme ou l'anarchisme ; néanmoins, nous croyons qu'il aboutira sûrement à l'anarchie. Le capital - la propriété privée - ne consentira pas au socialisme sur une large base et le conflit qui en résultera sera ce qu'aucune des parties n'a prémédité ou souhaité. Il y a vraiment très peu de gens déséquilibrés dans leur cœur et leur esprit au point d'approuver l'anarchie.
VOTE SOCIALISTE DANS LE MONDE.
Voici les chiffres suivants qui montrent la croissance spectaculaire du socialisme dans le monde entier :
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LES NOUVELLES CONDITIONS FINANCIÈRES.
Le Spectator de Londres, l'un des journaux les plus compétents du monde, remarque : « Quel merveilleux changement a eu lieu dans notre conception du mot ‘propriété’. L'auteur est assez âgé pour se souvenir de l'époque où rien, à l'exception des terres et des maisons, n'était considéré comme une véritable propriété ; mais aujourd'hui, un homme peut être millionnaire sans rien posséder de visible. Quelques morceaux de papier dans une cassette déposée chez son banquier, ou, mieux encore, une inscription dans un livre dont il ne sait rien, sinon qu'il existe, font de lui un homme riche au-delà des rêves de l'avarice, et, de plus, un homme qui n'a pas à surveiller sa propriété, et qui peut la matérialiser - ce que l'homme riche d'autrefois ne pouvait faire - en une demi-heure. Il s'agit d'un changement très curieux, et dont nous n'avons pas encore perçu tous les effets ». Ceci est en parfait accord avec ce que nous avions déjà mentionné, à savoir que les obligations et les actions sont maintenant utilisées à la place de l'argent. Cela ne manquera pas d'affecter les conditions durant cette période de détresse.
NOUVELLES DES MISSIONS.
Le secrétaire de l' « American Board of Foreign Missions » rapporte un total annuel de $18,369,163 de revenus pour les missions étrangères protestantes ; et les nouvelles adhésions aux églises dans tous les pays païens pour l'année s'élèvent à 160,000 ; le nombre de décès pendant l'année n'est pas indiqué.
En estimant les naissances parmi les 1.000.000.000 de païens à seulement un dixième d'un pour cent, la population a augmenté de 1.000.000. Question : Combien de temps faudrait-il pour convertir les païens à la norme actuelle de la « chrétienté » ? Et ensuite, combien de temps faudrait-il pour convertir la « chrétienté » à la condition mentionnée dans la prière du Seigneur - quand la volonté de Dieu sera faite sur la terre comme elle est faite au ciel ? Remercions Dieu pour la promesse d'intervention de l'Emmanuel et de Son Royaume des Cieux dans l'ordre actuel des choses, afin de lier Satan, d'ouvrir les yeux aveuglés de l'entendement, de guérir et de bénir toutes les familles de la terre - avec puissance, mais avec amour - en détruisant finalement tous les malfaiteurs délibérés !
CONCERNANT LA PALESTINE.
« Vienne, 5 novembre - Une dépêche de Constantinople confirme que le Sultan envisage l'établissement d'un État Juif en Palestine et que les légations française et russe s'opposent à cette proposition dans l'intérêt des revendications des chrétiens catholiques et grecs sur les lieux saints. La dépêche indique que si ces revendications pouvaient être réglées de manière satisfaisante, le projet d'un État Juif pourrait probablement être réalisé. On dit que l'ambassade britannique à Constantinople voit très favorablement la proposition de créer un État Juif en Palestine, et si la question devait se poser, l'Angleterre soutiendrait sans aucun doute le Sultan contre la Russie et la France en donnant la Palestine aux Juifs. Un diplomate de renom aurait dit : ‘Le sultan de Turquie ne pourrait prendre aucune mesure plus sage pour le maintien de son pouvoir et la permanence de son empire que de faire de la Palestine un État Juif. Il attirerait ainsi vers son empire l'intérêt amical des Juifs du monde entier, et l'État Juif serait un rempart pour la Turquie contre l'agression russe dans cette direction’ ».
LA FÉDÉRATION PROTESTANTE.
« Le christianisme protestant se propose de faire une démonstration. Il s'agit de l'aboutissement d'une convention qui vient d'être organisée et qui se tiendra en février 1905, probablement dans la ville de Washington. La fédération nationale des églises, lors de sa réunion de cette année, a créé un comité dont la tâche est de trouver des représentants de tous les corps évangéliques. Ce comité a reçu un accueil chaleureux. Les organismes religieux du Sud comme du Nord s'emparent de l'idée avec intérêt. Les plus hautes autorités nomment des délégués, qui rencontreront dans la convention proposée des représentants des fédérations locales et d'état. Cette convention se propose d'envoyer un message commun signé par les principaux pasteurs et adressé au christianisme protestant des États-Unis. Le but de ce message sera l'unité. Le plaidoyer sera fait que le christianisme a été affaibli par les divisions et que le temps est venu d'une action unie. Aucune tentative ne sera faite en vue d'une unité organique, mais il sera affirmé qu'il existe un terrain d'entente sur une vingtaine de questions importantes, qu'il est possible d'éviter les chevauchements et les doubles emplois, et que la pensée évangélique peut, si elle le veut, se faire entendre comme elle ne l'a jamais fait jusqu'à présent » - St. Louis Globe-Democrat.