Dans les visions de l'Apocalypse, il est question d'un merveilleux rouleau dans la main droite du grand Roi assis sur le trône de la domination universelle. Ce rouleau est une puissante représentation du Plan divin, qui n'existait à l'origine que dans l'esprit de Dieu et qui ne pouvait être connu des hommes que si quelqu'un était digne d'ouvrir les sceaux et de l'exposer à la vue. Mais « personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ne pouvait ouvrir le livre, ni le regarder », jusqu'à ce que vienne celui que le Révélateur décrit comme « le lion [le fort] de la tribu de Juda, la racine de David », et dont le témoignage est rendu : « Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation ; tu as les a faits rois et sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre » - Apoc. 5 : 1-5, 9,10.
À l'exception de la simple promesse (écrite sur le revers du rouleau - verset 1) du salut par la semence de la femme, on ne pouvait rien savoir du merveilleux plan de la restitution humaine jusqu'à ce que le Fils de Dieu, ayant quitté la gloire de la nature spirituelle, prenne notre nature et, par Son sacrifice, nous rachète de la mort. Puis, Sa justice nous étant imputée par la foi, nous sommes jugés dignes de regarder le rouleau lorsqu'Il ouvre les sceaux les uns après les autres.
Grande a été la faveur accordée au Fort de la tribu de Juda, en Lui permettant d'ouvrir les sceaux - d'exécuter et de manifester les grands desseins de l'amour infini - et grand est le privilège de ceux qui sont autorisés à regarder dessus lorsque les sceaux sont ouverts. Cependant, notre but n'est pas de traiter des symboles particuliers relatifs à l'ouverture des sceaux, mais plutôt de ce qui nous rend dignes de regarder dessus, et de la faveur de Dieu à notre égard qui est impliquée dans ce privilège de regarder.
La connaissance des desseins de Dieu n'est due qu'à ceux qui sont aptes et désireux de coopérer avec Lui à leur développement ; car Dieu ne déploie pas Ses plans pour satisfaire une simple curiosité oisive. Si nous voulons comprendre ce qui est révélé à l'intérieur du rouleau, nous devons d'abord avoir foi en ce qui est écrit à l'extérieur - la rédemption promise par le précieux sang du Christ - et nous devons être sincèrement désireux de connaître les détails du Plan de Dieu afin d'y coopérer sincèrement. En d'autres mots, il faut qu'il y ait une demande sérieuse, émanant d'un cœur reconnaissant pour la promesse de vie par le Rédempteur : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? ». Ceux-là, et ceux-là seulement, sont dignes de savoir, et ceux-là seulement parviennent à voir, dans le sens de comprendre et d'apprécier, les choses profondes de Dieu écrites dans le rouleau. Tels sont les appelés, selon le dessein divin, à être instruits dans la Vérité et à la servir. Tels sont les justes pour qui la lumière (la vérité) est semée. Telle était l'attitude de notre Seigneur lorsqu'Il a dit : « Voici, je viens pour faire ta volonté, ô Dieu » (Héb. 10 : 7). Il était doux et humble de cœur et toujours prêt à obéir entièrement à la volonté de Dieu ; et c'est à ceux qui sont pareillement doux qu'Il a été envoyé pour prêcher la bonne nouvelle (Es. 61 : 1) - pour ouvrir le rouleau. « Il fera marcher dans le droit chemin les débonnaires, il enseignera sa voie aux débonnaires » (Ps. 25 : 9). Si quelqu'un a cette preuve de sa dignité - cette connaissance de la Vérité - qu'il se réjouisse de son privilège et qu'il manifeste par ses œuvres qu'il continue à être digne.
Cette dignité est recherchée non seulement au début, mais tout au long du chemin de la lumière. Si nous ne sommes pas jugés dignes par les diverses épreuves appliquées de temps en temps, nous ne pouvons pas avancer sur le chemin de la lumière ; et si les infidèles ne s'éveillent pas à une plus grande diligence et vigilance, la lumière qui est déjà en eux deviendra ténèbres. Et combien grandes, combien intenses doivent être les ténèbres de celui qui est chassé de la lumière ! (Matth. 6 : 23). Constater que le glorieux espoir qui animait autrefois nos cœurs s'éloigne et que la vérité sur laquelle nous avions fondé cet espoir commence à ressembler à une vieille chanson ou à une histoire oiseuse, ou à des reliques du passé susceptibles d'être remplacées à tout moment par n'importe quel plausible subterfuge d'erreur que notre adversaire rusé peut se plaire à faire passer pour une vérité divine avancée, sont des indications qui devraient amener celui qui les découvre à prendre conscience du fait qu'il s'enfonce dans les ténèbres - des ténèbres qui ne feront que s'intensifier à mesure qu'il glissera sur la voie du retour en arrière.
Tout au long du chemin, comme nous l'avons dit, nous trouverons des tests destinés à prouver que nous sommes dignes de passer de connaissance en connaissance et de grâce en grâce. Qui est digne ? - digne de recevoir la vérité, digne de persévérer dans la vérité, digne de souffrir et d'endurer la dureté comme un bon soldat pour la vérité, et enfin d'être élevé à la puissance et à la grande gloire quand la vérité et la justice seront exaltées sur la terre et que leur glorieux triomphe aura commencé ?
Jésus a dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et me suive » (Luc 9 : 23). Au tout début de notre parcours, nous avons tous trouvé la croix devant nous, et si nous ne l'avions pas prise, nous n'aurions pas été jugés dignes même de regarder avec une appréciation intelligente les précieuses vérités du plan de Dieu. Et comme nous avançons progressivement et que nous trouvons la vérité de plus en plus précieuse - plus douce que le miel du rayon de miel - nous avons ces preuves supplémentaires de la continuation de notre dignité et nous devrions nous en réjouir grandement. Jusqu'à présent, la possession de ces vérités nous a prouvé que nous étions suffisamment doux pour rejeter la théologie populaire de l'église nominale et être considérés comme des hérétiques, des renégats, des fanatiques, des excentriques, ou tout ce que nos anciens amis, dans leur ignorance, se plaisent maintenant à nous qualifier. Et elle nous a prouvé que nous étions assez doux pour supporter volontairement ce reproche pour la grande joie de réaliser ainsi l'approbation du Seigneur, et de voir par la foi les grandes bénédictions qui nous attendent si nous sommes fidèles jusqu'à la fin.
Mais « que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe », car les épreuves appliquées pour prouver notre fidélité seront souvent sévères et soudaines. Le monde, la chair et le diable conspirent tous pour nous séduire, nous ensorceler et nous vaincre. Le monde nous séduira par le biais de nos amis, de notre femme, de notre mari ou de nos enfants. Ils essaieront d'empiéter sur la ligne clairement définie que vous avez tracée entre vous et le monde. Alors la chair se lassera de combattre le bon combat de la foi, elle se lassera des reproches du monde, elle se lassera de l'éloignement des anciens amis et elle se lassera de la vie d'abnégation, de sacrifice et du port quotidien de la croix. Si vous vous détournez un instant pour réfléchir à ces choses, le diable verra rapidement l'occasion qui s'offre à lui et concevra avec ruse une épreuve spécialement adaptée à votre état d'esprit particulier, et une crise surviendra dans votre expérience, dont le résultat prouvera la force exacte de votre dévouement à Dieu et à Sa vérité. Dieu permet ces épreuves et désire même qu'elles nous atteignent, afin de nous éprouver à fond et de nous prouver que nous sommes dignes ou indignes de la grande récompense qu'Il réserve à ceux qui restent fidèles jusqu'à la mort.
Le Seigneur recherche Ses joyaux précieux. Beaucoup d'entre eux sont en effet des diamants bruts. Le vrai diamant est un caractère noble, loyal, fidèle, dévoué et intransigeant dans Son allégeance à Dieu. Parfois, les circonstances de la vie ont privé ces personnes d'éducation ou de culture et ne leur ont laissé que les moyens de subvenir aux besoins les plus élémentaires de la vie. Mais peu importe, Dieu a l'œil sur eux : c'est le caractère qu'Il recherche, et en temps voulu, quand ce caractère sera suffisamment développé, affermi, éprouvé et digne d'être exalté, Il pourra et voudra lui ajouter toutes les gloires de la connaissance et de la sagesse, de la grâce et de la beauté. Mais d'abord, Il le soumettra à toutes les épreuves nécessaires. Si c'est un vrai diamant, il recevra et transmettra aux autres la lumière de la vérité divine. Rien ne reflète aussi glorieusement la lumière que le diamant ; et rien ne reflète aussi glorieusement la vérité que le digne caractère du vrai saint fidèle.
Une autre façon de tester un diamant est de le mettre sous pression. Si c'est un vrai diamant, il résistera à la pression, car le diamant est la substance la plus dure que l'on connaisse ; mais s'il ne s'agit pas d'un vrai diamant, il se brisera en morceaux et prouvera ainsi qu'il est faux. Ainsi, Dieu nous permet d'être soumis à la pression constante d'années de labeur, de soins et d'abnégation pour voir comment nous résisterons ; et béni est le caractère éprouvé du diamant qui persiste jusqu'à la fin - Jacq. 1 : 12 ; Matth. 10 : 22.
Parfois, les tests se présentent sous la forme d'épreuves de la foi, et nous sommes appelés à prouver à nous-mêmes si nous sommes dans la foi (2 Cor. 13 : 5) lorsque certaines erreurs subtiles nous sont présentées comme une vérité avancée. Mais si nous connaissons la voix du « bon berger », nous ne nous laisserons pas facilement séduire. Nous nous souvenons du conseil inspiré : « À la loi et au témoignage ! S'ils ne parlent pas selon cette parole, il n'y a pas d’aurore pour lui » (Es. 8 : 20) ; nous allons à la loi et au témoignage, et, nous appuyant implicitement sur eux comme sur l'enseignement infaillible de l'Esprit de Dieu, nous sommes capables d'arriver à une doctrine bien définie, claire et positive. Nous ne sommes pas laissés dans le doute sur ce qu'est la vérité, mais nous sommes capables de donner une raison biblique solide à l'espérance qui est en nous, espérance sur laquelle nous osons faire reposer implicitement notre foi, et avec une humble audace, nous pouvons résister avec succès aux assauts de l'erreur. Mais, oh, combien il faut être mort à l'ambition égoïste, combien il faut être entièrement dévoué à la volonté de Dieu !
En appréciant que, jusqu'ici, Dieu nous a estimés dignes de regarder dans le rouleau de Son plan descellé pour nous par notre Seigneur Jésus, le Lion de la tribu de Juda, efforçons-nous, bien-aimés, de prouver que nous sommes dignes de continuer à y regarder et à lire les merveilles de Sa loi, en y obéissant fidèlement et loyalement en toutes choses. Sachons apprécier à sa juste valeur notre grand privilège d'être estimés dignes de souffrir quelque opprobre et quelque dureté comme de bons soldats pour l'amour de la vérité ; et aussi d'être considérés comme dignes d'avoir une part dans le ministère béni qui consiste à refléter la lumière de la Vérité divine ; prouvons que nous sommes des joyaux d'une valeur incomparable, de vrais diamants, en recevant du fond du cœur la lumière de la Vérité, en la transmettant merveilleusement aux autres, en endurant fidèlement la plus sévère affliction qu'il peut plaire à Dieu de nous envoyer ; car si nous sommes fidèles dans ces petites choses, nous serons aussi, au temps marqué, estimés dignes d'être avec Christ en puissance et en grande gloire (Manne du 21 décembre). Ne soyons pas comme certains qui n'ont qu'un peu de bonne terre à la surface de leur cœur alors que le cœur est en réalité dur et pierreux. Que la bonne semence de la vérité divine s'enfonce et s'enracine profondément, puis qu'elle se ramifie dans la lumière et porte ses fruits abondants à la gloire du Maître. C'est ainsi que nous serons dignes de voir le Roi dans Sa beauté, de vivre et de régner avec Lui comme Son épouse bien-aimée et cohéritière.
Et lorsque les voix de la foule attribueront à « l’Agneau digne qui a été immolé » la bénédiction, l'honneur, la gloire et la puissance, elles s'écrieront aussi : « Réjouissons-nous et tressaillons de joie, et donnons-lui gloire, car les noces de l'Agneau sont venues ; et sa femme s'est préparée » (Apoc. 5 : 12 ; 19 : 7).