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« FORTIFIE-TOI ET PRENDS COURAGE »
- JOSUÉ 1 : 1-11 -

Josué, le nouveau conducteur d'Israël, avait été le « ministre » ou le serviteur de Moïse, non pas dans un sens subalterne, mais dans ce sens plus élevé où nous parlons de « ministres du Seigneur », de ministres d'État, de premiers ministres, etc. Il avait quatre-vingts ans à cette époque, et devait donc en avoir quarante lorsqu'Israël quitta l'Égypte. Il était de la tribu d'Ephraïm, d'une de ses principales familles, son grand-père, Elishama, ayant été capitaine de l'armée des Ephraïmites, au nombre de 40 500, lors de l'organisation des Israélites peu après l'exode. Nous trouvons Josué avec Moïse comme compagnon spécial, au Mt. Sinaï. Nous le retrouvons encore comme représentant de Moïse, général de tout Israël dans la première bataille livrée contre les Amalécites ; nous le retrouvons encore comme l'un des principaux hommes de toutes les tribus, envoyé pour explorer la terre de la promesse, et à cette occasion, lui et Caleb furent les deux seuls dont la foi en l'Éternel leur permit de rendre un rapport favorable, et, comme nous l'avons déjà vu, en donnant ce rapport, ces hommes risquèrent leur vie ; - tant le chagrin et la déception des Israélites étaient grands, et tant ils étaient en sympathie avec le rapport de la majorité.

Tous ces événements semblent indiquer que Josué était un homme d'une grande foi et d'un grand courage ; de plus, nous nous souvenons que, nonobstant sa haute position de ministre choisi par Moïse, il semble avoir été entièrement dépourvu de cette ambition qui a conduit à la chute de Koré, de Dathan et d'Abiram et de plusieurs des princes d'Israël, et qui avait auparavant affecté Miriam et Aaron. Bien qu'il ne soit pas mentionné comme étant aussi humble que Moïse, nous pouvons, à partir de toutes ces considérations, juger que celui que le Seigneur a choisi pour succéder à Moïse était en effet un homme humble, et que son courage, illustré dans tous les aspects de son histoire, était le résultat de sa foi dans le Seigneur et non le résultat de la confiance en soi. La leçon que doit en tirer l'Israël spirituel est celle mentionnée par notre Seigneur, à savoir : « Quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé » (Luc 14 :11). En cela, Josué était un type de notre Seigneur Jésus qui, à Son tour, est le modèle que doivent suivre tous ceux qui veulent être finalement acceptés par le Seigneur. L'argument de l'Apôtre dans ce sens, à l'intention de tous les Israélites spirituels, est le suivant : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand le temps sera venu » (1 Pi. 5 : 6).

Israël a accepté sans discuter le choix d'un conducteur par le Seigneur. En tant que peuple, ils ont manifestement appris quelque chose de leur expérience à l'école du désert. Au début de leur séjour, ils étaient à peine disposés à reconnaître Moïse ; mais maintenant, ils avaient progressé au point de pouvoir voir que le Seigneur était leur véritable conducteur, et que, même si Moïse était mort sans les amener dans la terre promise, le Dieu qui avait fait la promesse de Canaan à Abraham, Isaac, Jacob et eux-mêmes, était tout à fait capable d'accomplir sa promesse, et ils étaient donc disposés à accepter le conducteur que le Seigneur leur indiquerait. Les Israélites spirituels doivent eux aussi apprendre la même leçon : les conducteurs humains sont importants à leur manière - dans la mesure où ils sont le choix de Dieu - dans la mesure où nous pouvons voir s'accomplir en eux la direction de Son peuple promise par le Seigneur. Mais nous ne devons jamais considérer les conducteurs humains comme indispensables ; et il est probable que Dieu recommence comme dans le cas de Moïse, c'est-à-dire qu'il retire un conducteur de confiance et en nomme un autre à sa place, afin que Son peuple apprenne que c'est Lui son véritable conducteur, qu'avec Lui comme guide il aura sûrement du succès, et que sans Lui toute direction terrestre serait vaine.

Comme nous l'avons vu, Moïse préfigurait la Loi, le maître d'école qui devait amener le peuple de Dieu à la terre promise, à la bénédiction promise, à la restitution, etc. Nous avons vu que, de même qu'Israël n'était pas prêt à entrer dans le pays et à le posséder à cause de son manque de foi au début et que, par conséquent, son voyage dans le désert s'est prolongé pendant quarante ans, de même, à cause de son manque de foi lors du Premier Avènement de notre Seigneur, l'Israël spirituel a été empêché de se joindre à Lui dans l'œuvre de restitution et a dû errer pour acquérir de nouvelles expériences et de nouvelles directives au cours des dix-neuf derniers siècles ; et maintenant, au terme de ces expériences, Israël se retrouve, ainsi que l'Israël spirituel, aux frontières de la terre promise - du Royaume millénaire. Cette fois, Josué prendra le commandement, le Jourdain sera traversé et les gracieuses promesses commenceront à s'accomplir. Entre-temps, la classe de Josué, l'Église, est en cours de développement, et après la grande période de détresse qui est proche, le monde en général sera prêt à suivre la direction de Jésus, comme il est écrit à propos de cette époque : « et beaucoup de nations iront, et diront : Venez, et montons à la montagne de l'Éternel, et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers » - Mich. 4 : 2.

De même que Josué avait alors besoin d'être encouragé, de même les consacrés du Seigneur, les membres du corps du Christ, ont besoin d'être encouragés, d'être instruits de la certitude de la promesse divine, de ses longueurs, de ses largeurs et de ses profondeurs, tout comme le Seigneur a décrit à Josué la terre de la promesse, depuis le désert jusqu'au Mont Liban, à l'est jusqu'au fleuve Euphrate et à l'ouest jusqu'à la mer Méditerranée. La foi vacille-t-elle et sommes-nous enclins à nous demander comment il sera possible à la nouvelle dispensation d'accomplir des choses aussi merveilleuses que celles qui doivent être accomplies pour la bénédiction et l'élévation du monde de l'humanité ? Si tel est le cas, regardons en arrière et voyons comment la puissance divine s'est exercée d'une manière miraculeuse, non seulement par l'intermédiaire de Moïse lors du passage de la mer Rouge et du don de la manne, lors de la victoire sur les Amalécites et de l'eau du rocher, mais remarquons aussi comment les providences du Seigneur ont été miraculeusement avec Israël de diverses manières pendant la période de leur faveur, et souvenons-nous que cette même puissance de Dieu, dans une mesure encore plus grande, sera avec l'antitype de Moïse, avec le nouveau conducteur du monde, le grand Messie - Christ la Tête et l'Église, Son corps, dans l'œuvre de bénédiction et de restitution en faveur de tous ceux qui, sous cette pleine lumière, voudront être le peuple de Dieu. De même que c'est Dieu avec Moïse et Dieu avec Josué qui a apporté les victoires, etc., de même ce sera la puissance de Dieu avec l'Église qui apportera les victoires à venir. « Le Seigneur à ta droite brisera les rois au jour de sa colère » (Ps. 110 : 5). « Je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre » (Ps. 2 : 8). L'Apôtre déclare encore que la victoire millénaire du Christ se fera par et à travers la puissance du Père (1 Cor. 15 : 27). De même que personne n'a pu se dresser devant Josué, le représentant du Seigneur, de même aucune des grandes forces du mal et des obstacles qui se trouvent actuellement sur le chemin de l'accomplissement des promesses de Dieu ne pourront résister ; tous devront tomber devant l'antitypique Josué. « Je suis vivant, dit le Seigneur, que tout genou se ploiera devant moi, et que toute langue confessera hautement Dieu » (Rom. 14 : 11). Satan lui-même sera au nombre de ces grands ennemis qui seront renversés et complètement détruits, et toutes ses œuvres mauvaises - la mort elle-même étant finalement complètement effacée en tant qu'adversaire de ceux qui sont en harmonie avec Dieu et approuvés par Lui - tous les autres ayant été détruits dans la Seconde-Mort, qui n'est un ennemi ni de Dieu, ni de ceux qui sont en accord avec Lui, ni d'aucun principe de droiture, de vérité ou de bonté.

La terre de la promesse est mentionnée ici comme étant le « pays des Héthiens ». Les hauts critiques étaient autrefois enclins à considérer cette référence aux Héthiens comme une erreur flagrante parce qu'ils ne pouvaient trouver aucune trace d'un tel peuple, et parce que, de leur point de vue, la Bible doit être considérée sur un plan inférieur à celui des histoires séculaires du monde. Cependant, tout cela a changé car, au cours des dernières années, des fouilles effectuées en Assyrie ont révélé des tablettes anciennes dont le témoignage corrobore pleinement l'affirmation selon laquelle les Héthiens étaient à cette époque un peuple puissant. Ceux qui écartent les affirmations de la Bible sont en mauvaise position, tandis que ceux qui les acceptent sont sûrs d'être du bon côté et, tôt ou tard, d'avoir une confiance et une foi justifiées par des preuves.

A trois reprises dans cette leçon, Josué est encouragé par le Seigneur, « Fortifie-toi et prends courage ». Il y a différentes sortes de courage ; l'une est engendrée par l'égoïsme et la confiance en soi-même, l'autre est engendrée par l'insouciance qui ne tient pas compte des difficultés de la situation ; mais le courage que le Seigneur recommande, que tous les Israélites spirituels doivent chercher à posséder, est celui qui, tout en discernant avec calme et sang-froid les épreuves, les difficultés du chemin, et tout en reconnaissant humblement son incapacité pour la circonstance est soutenu par la foi dans le Seigneur - par la confiance dans les promesses divines, ce courage-là leur permet d'être forts dans le Seigneur et dans la puissance de Sa force (Manne du 26 décembre).Tel devait être le courage de Josué et tel doit être le nôtre à l'égard de toutes les choses de la vie présente, comme pour toutes celles du Royaume, la confiance dans le Seigneur dont nous sommes les serviteurs et dont il nous a confié l'œuvre. L'expression « Ne t’en écarte (de la Loi) ni à droite ni à gauche » ne signifie pas un détournement complet, mais plutôt, selon l'original, cela signifie : N'exiger ni plus ni moins que la norme divine ; chercher à se maintenir le plus possible dans un alignement absolu avec la Parole divine. Nous trouvons certains Chrétiens disposés à rajouter à la Loi de Dieu avec une grande complaisance, pensant qu'en devançant ainsi les exigences divines, ils montrent au Seigneur un zèle particulier pour la justice. Certains des Pharisiens du temps du Seigneur étaient ainsi disposés à ajouter à la Parole de Dieu et à imposer au peuple de lourds fardeaux au-delà de ce que le Seigneur avait exigé de lui dans la Loi. Les fidèles du Seigneur ne doivent pas faire cela, pas plus qu'ils ne doivent rien enlever aux exigences divines. La vérité est la vérité ; la Parole de Dieu est la Parole de Dieu ; nous ne sommes pas autorisés à en retrancher ou à y ajouter. Beaucoup aujourd'hui se sont rendu compte que la Bible n'enseigne pas une éternité de tourments, et pourtant, sentant que cette doctrine pourrait peut-être aider, par la peur, à pousser certains à devenir membres de l'église, ou à dissuader certains de commettre des formes plus grossières de péché, ils sont plutôt enclins à favoriser la doctrine même s'ils admettent qu'elle est un blasphème contre le caractère divin, et en violation totale de tous les principes de justice. Ceux qui voudraient faire partie de la classe de Josué doivent apprendre que ce n'est pas leur droit ou leur privilège de faire des lois ou d'ignorer celles qui ont déjà été faites, mais, dans la mesure où cela est en leur pouvoir, d'observer les principes divins de la justice établis dans la Parole divine, et d'enseigner la même chose aux autres, en laissant les conséquences au Seigneur.