- EXODE 20:1-11 -
Le périple des Israélites les conduisit au mont Sinaï ; mais avant de l'atteindre, leur foi en Jéhovah encourut une mise à l'épreuve sévère au cours d'un conflit avec les Amalékites, une tribu guerrière du désert. Peu habitués aux choses militaires et gênés par leurs familles et leur bétail, les hommes d'Israël furent contraints de se battre ; et, ce qui est étrange à dire, leur conducteur, Moïse, qui, quelque quarante ans auparavant, avait été un éminent général égyptien, n'entreprit pas de diriger la bataille, mais en confia la charge à Josué, tandis qu'il se rendait sur le sommet d'une colline surplombant le champ de bataille où, à la vue des peuples en lutte, il se mit à prier, les mains levées.
Ce fut là qu'Aaron, le frère de Moïse, et Hur (selon la tradition, son beau-frère, l'époux de Marie) soutinrent les mains de Moïse pendant qu'il priait, parce qu'il avait été observé que la bénédiction spéciale de l'Eternel était octroyée aux Israélites lorsque les mains de Moïse étaient levées. De cette façon, Israël vainquit l'adversaire, et la démonstration fut ainsi faite que c'était l'Eternel qui avait combattu pour Israël et défait les ennemis (Ex. 17 ; 8-16).
Il ne fait pas de doute que les fils d'Israël retinrent une leçon de foi dans l'Eternel, et que, par l'exemple de Moïse, ils apprirent à se confier, non pas en Moïse, mais dans l'Eternel comme leur Conducteur. L'attitude humble d'Aaron et d'Hur au cours de cet épisode devint la base d'une grande leçon de serviabilité dans le service de l'Eternel - montrant comment l'aide dans le service est reconnue par l'Eternel et comment une telle coopération est acceptable. Il en est de même avec les Israélites spirituels - dans toutes les expériences et les luttes qui nous mettent aux prises avec notre adversaire et ses disciples dupés, nous devons expressément retenir la leçon que toute notre confiance doit reposer sur le Seigneur, notre Conducteur (l'antitype de Moïse), Jésus, le Capitaine de notre Salut, qui ne nous mène pas véritablement dans la bataille, dans un sens terrestre, mais qui se trouve sur la Montagne, dans le Royaume ; Son mérite s'exerce pour notre bénédiction et notre aide et, à leur tour, tous Ses disciples fidèles se reconnaissent comme n'étant que Ses coopérants.
Un autre épisode digne d'être souligné se produisit à peu près à la même époque : Jéthro, le beau-père de Moïse, vint le rencontrer à cet endroit, amenant avec lui la famille de Moïse (Ex. 18) ; plus encore, l'Eternel employa cet homme pour donner à Moïse de précieuses suggestions concernant le gouvernement des Israélites ; et Moïse fit preuve de suffisamment d'humilité pour recevoir de tels ordres et les considérer comme venant de l'Eternel, en dépit du fait qu'ils venaient d'un sacrificateur de Madian qui ne s'était pas joint à eux. Même à l'heure actuelle, Dieu emploie quelquefois des personnes étrangères pour donner des suggestions et des leçons à Son peuple de l'alliance ; et sage est l'homme ou la femme suffisamment humble pour recevoir des indications de quelque côté qu'elles viennent - lorsqu'elles se trouvent être en harmonie avec la volonté divine.
Le conseil donné à Moïse - qu'il ne devrait plus essayer de juger les affaires du peuple dans tous les détails, mais qu'il devait être une sorte de juge suprême, et le médiateur entre Dieu et le peuple - était une suggestion sage qui, de toute évidence, provenait de l'Eternel, quelle qu'ait été la personne qui l'ait donnée. Il en fut de même pour la suggestion suivante, que le peuple devait s'organiser selon les tribus et les familles, et que chaque tribu devrait ainsi posséder, en elle-même, ses propres serviteurs, officiers et juges pour les détails de moindre importance. A propos de cet arrangement, quelqu'un a dit : « Ceci [l'arrangement] devint le fondement [Kalisch] de la constitution saxonne d'Alfred le Grand et, par conséquent, le fondement de la constitution de l'Angleterre et de l'Amérique contemporaines » - un gouvernement du peuple, par le peuple, par l'intermédiaire de leurs propres représentants.
LE DON DE LA LOI.
La transaction au mont Sinaï (Ex. 19) fut ordonnée de façon à impressionner fortement ceux qui étaient présents. Elle devait constituer une autre leçon pour le peuple, concernant Dieu, Son droit à exercer un contrôle sur eux et Sa volonté à leur égard. Des limites furent fixées autour de la montagne, qui fut déclarée sainte à cause de la présence de l'Eternel en ces lieux ; un homme ou une bête les transgressant étaient exposés à la mort ; pendant ce temps, la montagne était secouée par des tremblements de terre, le feu, la fumée, le tonnerre, les éclairs ; et des bruits de trompette et des voix témoignèrent aux Israélites de l'importance de l'événement qui allait se produire.
Mais si, par la solennité de ce qui les environnait, l'Eternel voulut les pénétrer de l'importance de l'alliance qu'Il était sur le point de contracter avec eux, Son message à leur égard, annonçant les dix commandements, était empreint de beaucoup de grâce et de douceur. Dans ce préambule (Ex. 20 : l,2), Il leur rappelle que c'est Lui, l'Eternel, qui les a fait sortir du pays d'Egypte ; ils avaient, à ce moment, abandonné tout désir de retourner en Egypte ; ils devaient apprendre à se confier dans l'Eternel, à se rendre compte de Son soin, de Sa providence et de la façon dont Il les délivrait des ennemis et du besoin.
Pendant ce temps, les membres du peuple, obéissant aux instructions de l'Eternel (Ex. 19 : 14), s'étaient purifiés, et avaient purifié leurs vêtements et leur camp ; et, comme ils en avaient été instruits, ils s'efforcèrent de s'abstenir de toute impureté, nécessité préalable à leur rencontre avec le Jéhovah des armées et à une relation d'alliance avec Lui.
L'Israélite spirituel présente une certaine analogie avec ceci. Il doit d'abord se rendre compte de la justice de Dieu et de la grandeur de Dieu, de sa propre indignité et de ses faiblesses ; il doit apercevoir une partie des terreurs (figurées) du Sinaï avant d'être dans la condition convenable pour recevoir les faveurs que notre Seigneur désire octroyer. De façon convenable, il s'efforcera également de se purifier autant que possible de toute souillure de la chair et de l'esprit (2 Cor. 7 : 1) ; il sera également convenable pour lui de chercher Christ ; et de la même façon que les Israélites dirent à Moïse, il dira à Christ : « Implore Jéhovah en notre faveur, afin que nous puissions lui parler, et que tu lui parles ». Nous nous rendons compte du besoin que nous avons de quelqu'un par l'intermédiaire de qui la Parole de Dieu viendra à nous, et par le mérite et la grâce de qui nous serons assistés dans la satisfaction des exigences de la loi divine.
Mais une leçon plus grande est comprise dans ce type. De ce point de vue encore plus étendu, Moïse typifiait Christ Jésus la Tête, et l'Eglise, Son Corps, au complet ; de ce point de vue plus étendu, Israël typifie tous les humains qui désireront entrer en relation d'alliance avec Dieu ; de ce point de vue plus étendu, le feu, la fumée, les voix, les trompettes et les tremblements de terre du mont Sinaï représentent le grand Temps de Détresse et les manifestations de la puissance divine qui se produisent à la fin de cet Âge de l'Evangile, pour convaincre les humains de leur besoin de l'aide du Seigneur et pour les préparer à entrer dans la Nouvelle Alliance.
De ce point de vue plus étendu, les trois jours de purification, la disposition de bornes aux environs de la montagne, etc., représentent la période de cet Âge de l'Evangile, qui va du Premier Avènement à la fin de l'Âge et à la glorification de l'Eglise - typifiée par l'ascension de la montagne par Moïse, pour être le représentant du peuple, pour recevoir la Loi de l'Eternel et l'apporter au peuple.
Si nous nous représentons le sujet comme les jours d'une semaine - mille ans pour chaque jour - le Premier Avènement de notre Seigneur eut lieu au début du cinquième jour de mille ans - le cinquième jour s'est écoulé, le sixième jour s'est écoulé, et nous sommes maintenant à l'aube du septième jour ; et c'est dans ce « troisième jour », « à l'aube », que Moïse-antitype (Christ et l'Eglise) est reçu dans le Royaume de l'Eternel. C'est dans ce « troisième jour » que les grandes et terribles manifestations de la dignité et de la majesté divines, au cours du Temps de Détresse, se produisent et doivent venir à la connaissance du monde en général.
Cela est en accord total avec la déclaration de l'Apôtre qui se réfère à cette époque et à ce même type (Héb. 12 :22-29). A une époque, Dieu a agi avec le monde dans le but d'introduire la Nouvelle Alliance. Il y a deux jours (de mille ans), nous nous approchâmes de la montagne, le Royaume de Dieu ; là, Dieu, par l'intermédiaire de Christ, l'antitype de Moïse, commença à établir les bornes de la classe du Royaume, qui pourrait et qui ne pourrait pas s'approcher, venir dans le Royaume. Depuis ce temps, la proclamation de la purification a été faite, l'ordre étant donné que les gens se purifient ; ou, comme l'Apôtre le dit de nouveau : « Dieu donc, ayant passé pardessus les temps de l'ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ; parce qu'il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l'homme qu'il a destiné [à cela] » Christ (Actes 17 : 30, 31).
Le monde a plus ou moins entendu et pris garde aux instructions de se purifier et de se tenir prêt ; et, à court terme maintenant, nous pouvons nous attendre à voir plus de personnes se placer, comme cela est présenté en Ex. 19 ; 17-20, décrit de façon si pittoresque par l'Apôtre qui représente les événements qui doivent clore ce présent Age ; « Encore une fois je secouerai non seulement la terre, mais aussi le ciel ». Il explique qu'au cours des grands changements qui sont maintenant proches, la transformation sera totale ; elle secouera et détruira totalement tout ce qui a un rapport avec les affaires civiles, religieuses et sociales de l'humanité et qui n'est pas en harmonie avec les lois du Royaume - le Royaume millénaire. Seules les choses fondées sur la vérité et la droiture, y compris celles qui constitueront la classe du Royaume, résisteront à l'ébranlement de cette époque (Héb. 12 : 26-28).
LA PREMIERE TABLE DE PIERRE
La loi transmise à Moïse se trouvait écrite sur deux tables de pierre. Bien que cela ne soit pas spécifié, l'opinion générale qui prévaut est que les quatre premiers commandements se trouvaient sur une pierre et les six qui restaient sur l'autre. Cela constituerait une division sensiblement égale ; mais, de plus, cela crée une séparation entre les devoirs d'Israël envers Dieu et ceux envers le prochain. Bien que le Décalogue (la loi contenue dans les dix commandements) fût donné à Israël selon la chair et non à Israël spirituel, néanmoins, ces derniers peuvent en retirer de très précieuses leçons concernant la volonté divine. Dieu ne s'adresse pas à la maison des fils comme Il s'adresse à la maison des serviteurs - nos commandements ne concernent pas ce que nous ne devons pas faire ; notre commandement unique se rapporte à notre devoir envers Dieu, et il a une si grande portée qu'il renferme tout ce qui fut dit à Israël dans les dix commandements et, comme nous allons le voir maintenant, beaucoup plus.
LE PREMIER COMMANDEMENT
« Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face ». La pensée n'est pas qu'il leur était interdit d'avoir d'autres dieux devant la face de Jéhovah, dans le sens d'une supériorité, ce qui impliquerait qu'ils auraient pu avoir des dieux sur un plan égal ou inférieur à Lui. Mais plutôt, la pensée est qu'ils ne devraient pas avoir d'autres dieux en Sa présence - qu'aussi longtemps qu'ils reconnaîtraient Jéhovah comme leur Dieu, ils ne devaient reconnaître aucun autre dieu, en quelque sens ou à quelque degré que ce soit.
LE DEUXIÈME COMMANDEMENT
Le deuxième commandement, interdisant le culte des images, est un prolongement du premier, de peur que les Israélites ne disent : « Nous n'aurons pas d'autres dieux, mais nous nous fabriquerons des images qui représenteront notre Dieu unique, afin qu'elles représentent, au moyen de la vue, une aide pour l'esprit ». Mais cela est ici interdit par l'Eternel, et nous pouvons déjà voir la sagesse de cette interdiction. Beaucoup de chrétiens ont eu le sentiment qu'ils pourraient mieux prier devant des images du Seigneur ou tandis qu'ils contemplaient un crucifix, que sans une telle aide : et en fait, nous savons que les catholiques grecs et romains de par le monde (et ils sont beaucoup plus nombreux que ceux qu'on appelle les protestants) utilisent continuellement des images, des tableaux, des chapelets, etc., comme aide-mémoire et secours de l'esprit et de la foi ; mais nous croyons que l'effet en a été grandement pernicieux, qu'il a provoqué une tendance décroissante plutôt qu'ascendante et que, dans une certaine mesure, cela explique le fait que ceux qui utilisent des images, etc., ne se sont pas, en général, autant développés en connaissance et en grâce que ceux qui ne les utilisent pas, mais qui pratiquent le culte de Dieu plus élevé et plus pur qui ne reconnaît aucun intermédiaire, aucun crucifix, aucune image, aucun tableau, mais communie directement avec le Seigneur.
A ce sujet, l'Eglise de l'Evangile possède un enseignement encore plus élevé que celui qui fut donné aux Juifs. Les paroles de notre Maître suggèrent qu'il se pourrait que des pères, des mères, des épouses, des enfants s'imposent à notre amour et à notre dévotion et qu'ils prennent la place de l'Eternel dans nos affections et qu'aucun de ceux qui voudraient faire partie des élus ne doit permettre cela. En comparaison, nous devons moins aimer les autres créatures que Dieu, afin que la force principale de notre amour et de notre dévotion soit adressée à notre Créateur. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée ». Cela inclurait aussi la pensée qu'il ne doit pas être permis que la richesse, le moi ou l'ambition prennent la première place chez ceux qui voudraient appartenir à l'Eternel.
Beaucoup semblent courir un danger dans ce sens. Nous ne pouvons lire leur cœur, mais la grande majorité, non seulement du monde, mais également de ceux qui professent une dévotion à l'égard de l'Eternel, s'inclinent devant les idoles de la richesse, de l'ambition sociale, de l'ambition personnelle, etc., et les servent avec toute la force, tout le temps, tous les moyens et toute la connaissance qu'ils ont consacrés à l'Eternel. Nous ne disons rien contre le fait de se procurer « les choses nécessaires » d'une manière « honnête aux yeux de tous » ; nous faisons plutôt référence à quelque chose qui dépasse cela – la tentative d'accumuler les richesses, la puissance, l'honneur, etc., à l'aide du temps, de la connaissance et des talents consacrés à l'Eternel. Ne s'agit-il pas là également d'un culte des idoles, dont nous devons nous garder (1 Jean 5 : 21) ?
L'Eternel Se présente comme un Dieu jaloux, qui désire toutes nos affections, toute notre confiance, notre entière espérance. Il désire que nous soyons si pleinement en accord avec Lui que Sa volonté soit suprême dans toutes les affaires de notre vie. Cela ne doit pas être considéré comme de l'égoïsme de la part du Tout-Puissant ; parce que cela signifie que, sous Ses providences directrices, Ses créatures recevront la plus grande somme de bonheur, la plus grande somme de succès dans les devoirs et les affaires de la vie présente, et la plus grande somme de préparation pour les bénédictions que l'Eternel a préparées et promises à tous ceux qui L'aiment.
La déclaration que l'Eternel fera retomber les iniquités des pères sur les enfants de la troisième et de la quatrième génération de ceux qui Le haïssent, et fera preuve de miséricorde à l'égard des milliers de ceux qui L'aiment et gardent Ses commandements, ne représentent pas de la colère, de l'amertume, de la rancœur et de l'égoïsme de la part de Dieu - mais plutôt, ces mots sont une expression de la loi de la nature, sous laquelle Dieu a, en toute sagesse, placé l'humanité. Celui qui emploie son esprit et ses talents en accord avec la volonté de l'Eternel apporte une bénédiction non seulement à lui-même, mais il l'étend, de façon naturelle, à ses enfants et aux leurs. Par contre, ceux qui vivent en opposition à l'Eternel, qui « ont leurs pensées » aux choses de la terre et du péché, acquièrent de plus en plus une nature « terrestre », « animale », « diabolique » (Rom. 8 : 5 ; Jacques 3 : 15), transmettent et enseignent, par les préceptes et l'exemple, ces tendances viles et défectueuses à leurs enfants, les influençant et leur nuisant.
L'Apôtre nous fait remarquer que là réside le secret de la dégradation extrême que nous constatons autour de nous, en diverses parties du monde actuel. Cette dégradation eut un commencement. Bien sûr, le début originel de la dégradation et du péché résida dans la désobéissance du père Adam, et dans la sentence de mort qui s'abattit sur lui. Mais dans la mesure où les gens, depuis ce temps-là, n'ont pas tenu compte de la volonté, des arrangements et des lois de l'Eternel et les ont violés, pour autant qu'ils les connaissaient, dans la même mesure, ils ont nui à eux-mêmes et se sont dégradés, eux et leur postérité.
Les paroles de l'Apôtre disent : « Ayant connu Dieu, ils ne le glorifièrent point comme Dieu, ni ne lui rendirent grâces ; mais ils devinrent vains dans leurs raisonnements, et leur cœur destitué d'intelligence fut rempli de ténèbres : se disant sages, ils sont devenus fous, et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l'image d'un homme corruptible et d'oiseaux et de quadrupèdes et de reptiles. C'est pourquoi Dieu les a aussi livrés, dans les convoitises de leurs cœurs, à l'impureté, en sorte que leurs corps soient déshonorés entre eux-mêmes : eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et ont honoré et servi la créature plutôt que celui qui l'a créée, qui est béni éternellement » (Rom. 1 : 21-31).
Il a été suggéré que la version originelle du v. 6 puisse être rendue par « un millier de générations », et que cela impliquerait la poursuite des conditions présentes d'imperfection et de nécessité de la miséricorde divine pendant une période d'au moins 20 000 ans, au lieu de 1000 - le Millénium. Nous sommes en désaccord total avec une telle interprétation, suggérant qu'au sens propre du terme, chaque enfant est généré [engendré ; dans le texte anglais, ce mot est generated - Trad.], et que, par conséquent, on ne pourrait pas improprement parler de lui comme d'une génération. Ceci s'accorde avec la traduction donnée dans la version du Roi Jacques, que nous approuvons.
LE TROISIÈME COMMANDEMENT
Le troisième commandement à l'Israélite, qu'il ne devrait pas prendre le nom de Dieu en vain, ne signifiait pas qu'il ne devait pas citer le nom de J'Eternel ; cependant, adoptant une position extrême à ce sujet, les Israélites évitaient l'expression du nom d'alliance de Dieu Jéhovah. L'expression « en vain » signifie à la légère, frivolement, ou d'une manière autre que sacrée ou révérencielle. Les vrais chrétiens n'ont pas besoin d'un tel commandement. Comment pourraient-ils, volontairement ou intentionnellement, parler à la légère ou de manière irrévérencieuse du Père céleste, après avoir reçu Son saint Esprit ? Un langage irrévérencieux, de façon volontaire et persistante, serait une indication sûre qu'une telle personne n'a pas gardé le saint Esprit de Dieu - qu'elle ne fait plus partie du véritable peuple de Dieu.
Mais des chrétiens négligents et déloyaux, des imitations de chrétiens, emploient souvent les noms de Dieu et de Jésus de façon blasphématoire. Nombreux sont ceux qui pensent que l'expression d'une opinion n'est pas suffisante - qu'il faut y ajouter le blasphème pour montrer qu'ils veulent réellement dire ce qu'ils expriment. Il semble que cela les persuade que, de cette façon, ils feront croire aux autres qu'ils sont forts et non faibles. Un psychologue de Los Angeles déclara récemment que l'emploi de jurons est une chose raisonnable, dans la mesure où cela constitue une soupape de sûreté (pour ainsi dire), et à condition que ces blasphèmes soient employés avec sagesse, et non pas en présence d'un membre du clergé ! Il est dommage de constater que beaucoup subissent l'influence d'un aussi mauvais conseil de prendre le nom de l'Eternel en vain.
Il y a, cependant, un sens qui nous permet de tirer une leçon de ce commandement à Israël, un sens par lequel il s'applique aussi bien à Israël spirituel qu'à Israël selon la chair. En tant que peuple, Israël avait pris le nom de Dieu - ils s'étaient déclarés peuple de Dieu, sous Sa gouverne et Sa direction ; leur devoir leur imposait de se rendre compte que cela ne devrait pas être une alliance, ou accord, vaine, vide ou dénuée de sens, mais qu'elle devrait être exécutée en totalité. Il en est de même pour les Israélites spirituels - nous sommes entrés en alliance avec Dieu, nous avons pris le nom de Dieu sur nous, nous appelant Son peuple, Le revendiquant comme notre Père et confessant Jésus comme notre Rédempteur. Il est convenable que nous nous rappelions que cette profession, ou obligation, ou alliance solennelle n'est pas un sujet vain, frivole - qu'elle doit être entreprise avec solennité et avec une pleine appréciation de son importance et de nos responsabilités. L'Eternel ne nous tiendra pas pour innocent si, ayant pris Son nom sur nous et recevant la bénédiction qu'II réserve à Ses enfants, nous péchons sciemment ou si nous reflétons, en quelque mesure que ce soit, le déshonneur sur Celui dont nous portons le nom.
« SOUVIENS-TOI DU JOUR DU SABBAT ».
Le quatrième commandement indique que le septième jour de la semaine est saint, libre de tout travail séculier, consacré au repos. En Gen. 2 : 3, nous lisons qu'à la fin du sixième jour, ou époque, de la création « Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia ». Pourquoi ? Etait-ce parce qu'II le donna alors comme un sabbat de septième jour à l'humanité ? Non ; il veut plutôt dire que c'était parce que « en ce jour il se reposa de toute son œuvre que Dieu créa en la faisant » pour la terre.
Le commandement donné à Israël de se reposer le septième jour ne s'appliquait pas seulement au chef de famille mais aussi à chacun de ses membres, y compris les serviteurs, le bétail et les étrangers. Il incombait au chef de famille de veiller à ce que ce commandement divin fût appliqué chez lui, pour sa bénédiction aussi bien que pour l'aise et le bien de ceux dont il avait soin.
Les Israélites spirituels, la « maison des fils », n'ont aucun commandement concernant un repos physique le septième jour de la semaine, ni aucun autre jour. Mais s'il était bon que les Israélites se reposent, ne serait-il pas bon également que nous nous reposions un jour sur les sept ? Oui, assurément ; par principe, il est judicieux que tous observent une telle règle de repos physique un jour sur sept. Avons-nous aucune raison à opposer à ce que le septième jour de la semaine consiste en un tel repos ? pas une seule, pour ce qui est du chrétien.
Se trouvant sans loi, ou instruction, spécifique à ce sujet, le chrétien a tout loisir d'édicter des arrangements concernant son repos de la manière qui lui soit la plus profitable. Se trouvant sans loi spécifique à ce sujet, les chrétiens, désirant réserver un jour sur sept au culte, fixèrent petit à petit le premier jour de la semaine comme celui qui, pour eux, aurait le sens le plus important, parce qu'il était un mémorial de la joie, de la foi et de l'espérance chrétiennes en ce qui concerne la vie éternelle promise par l'intermédiaire de notre Rédempteur. (Pour des preuves que Jésus fut ressuscité des morts un dimanche, demandez notre brochure gratuite « La résurrection de Jésus » en anglais ; en frs E.B. N° 127-128). Considérez-vous que le premier jour de la semaine est un bon choix ? Nous sommes certainement heureux que, dans l'ensemble des pays civilisés, le premier jour de la semaine soit généralement observé de cette manière ; nous sommes également heureux qu'il ne soit pas observé selon la loi juive, comme un simple jour de repos physique, mais plutôt, qu'il soit surtout employé par les chrétiens comme un jour de communion d'esprit avec d'autres chrétiens, et de croissance en grâce, en connaissance et en amour.
Mais pourquoi l'Eternel n'inclut-Il pas dans Ses instructions aux chrétiens croyants quelque mention concernant un jour de la semaine - le premier, le septième ou tout autre jour ? Nous répondons : parce que les instructions de Dieu à l'égard des chrétiens constituent une « loi de liberté » - dont le but est de tester par sa liberté ceux à qui elle est donnée. Cela laisse chacun absolument libre de montrer de la façon la plus abondante le genre et l'étendue de sa dévotion à l'Eternel. Au lieu de vouloir qu'un jour sur sept la loi d'amour dirige et règle notre temps tout entier, nous devons durant les sept jours de la semaine aimer le Seigneur notre Dieu, de tout notre cœur, de toute notre pensée, de toute notre âme, de toute notre force ; sept jours de la semaine nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes ; sept jours aussi nous devons nous reposer de nos œuvres ; nous reposer par la foi dans l’œuvre achevée de Christ ; nous reposer dans l'amour et dans la paix de Dieu qui surpasse toute compréhension et règne continuellement dans nos cœurs (Manne du 26 avril).
Le septième jour qui fut ordonné au Juif pour être son jour de repos, tout en lui étant profitable, était aussi un type ; il typifiait le repos de la foi du chrétien, cette relation de cœur avec le Seigneur, au sein de laquelle, en tant qu'enfants de Dieu, ils peuvent tous, continuellement, se réjouir - jour et nuit. L'Apôtre explique la question de la même façon (Héb. 4 : 3-11), déclarant de plus qu'il reste un repos encore plus grand, à savoir la condition de la vie éternelle dans laquelle on doit entrer le septième grand jour - l'Âge millénaire.
Certains ont suggéré que dans l'expression « Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier » le mot souviens-toi implique que le jour du sabbat avait été instauré et ordonné auparavant, et qu'il ne s'agissait que d'un simple rappel. Nous différons sur ce point. Aucune loi semblable n'avait été donnée avant l'arrivée d'Israël au Sinaï ; nulle part n'était mentionné l'octroi à Israël d'une loi de sabbat avant l'arrivée d'Israël dans le désert de Sin, dont le mont Sinaï est le centre. La loi de sabbat, une chose nouvelle, fut instaurée en rapport avec le don de la manne (Ex. 16 : 23). Nous ne devons pas lire dans la Parole de Dieu ce qui ne s'y trouve pas.
Les paroles du texte signifient qu'Israël devrait toujours être attentif à se rappeler l'injonction qui lui fut faite, au sujet du sabbat du septième jour, et que par conséquent, il devrait être gardé saint, sacré, libre de tout travail séculier, étant dû au Seigneur. Tout ceci est impliqué davantage au v. 11 qui se rapporte au fait que Dieu se reposa le septième jour ; et l'explication est que, de la même façon, au cours du don de l'Alliance de la Loi, Dieu bénissait le septième jour et l'honorait comme un souvenir des six jours de la création, et du septième jour, au cours duquel Dieu se reposa de Son œuvre créatrice.
Dans le livre LA NOUVELLE CRÉATION, Chap. I, nous avons expliqué pourquoi on ne devrait pas considérer les jours de la création comme des jours littéraux de 24 heures chacun, mais comme des jours plus grands de 7 000 ans chacun. Nous remarquons simplement ici que le septième jour que Dieu observe était un de ces plus grands jours de 7 000 ans ; il commença juste après la création de nos premiers parents et, depuis lors, Dieu s'est reposé de tout travail de la création et a simplement permis, pour ce qui concerne la terre, que les choses créées suivent leur cours - beaucoup d'entre elles empruntant un cours décroissant, comme dans le cas de l'homme et de sa chute de la perfection primitive dans le péché et la mort. L'Apôtre explique que Dieu est encore en train de se reposer, et se trouve dans l'attente de quelque chose – laissant au Seigneur Jésus l'accomplissement d'un travail supplémentaire - l'œuvre de rédemption et de rétablissement. Le travail rédempteur, Il l'a déjà achevé ; le travail de rétablissement, Il le commencera après que la sélection de la semence élue pré-millénaire d'Abraham sera achevée.
Pendant ce temps, Dieu se repose, laissant la question aux mains de Celui qu'Il a ordonné pour être le « Seigneur de tous », et à qui Il a décrété que toutes choses soient assujetties, pour les desseins du Rétablissement - dans la mesure du possible. Et dans la mesure où Dieu, ainsi, se repose et laisse la question dans les mains de Christ, il en est de même pour tous ceux qui viennent à une connaissance de la Vérité, à une connaissance du Plan de Dieu ; ils doivent se reposer de la même façon laissant les choses dans les mains de notre glorieux Rédempteur, cherchant dans la mesure où ils en sont capables, non pas à Le diriger, non pas à faire le travail à Sa place, mais à coopérer avec Lui dans l'œuvre de sélection qu'Il accomplit maintenant, et, bientôt, à coopérer, comme Il nous l'a promis, dans l'œuvre de bénédiction et de rétablissement de toutes les familles de la terre qui entendront Sa voix et deviendront obéissantes à Sa loi (Gen. 12 : 3 ; 22 : 16-18 ; Gal. 3 : 8, 16, 29).