R 3000 (VP 383 p.82)
LES COMPTES ANNUELS - PROFITS SPIRITUELS
« Tu as multiplié, toi, Éternel mon Dieu, tes œuvres merveilleuses et tes pensées envers nous ; on ne peut les arranger devant toi. Si je veux les déclarer et les dire, elles sont trop nombreuses pour les raconter » - Psaumes 40 : 5.

Cet article est situé en premier dans la dernière Present Truth préparée par fr. Gohlke avant sa mort. La richesse et la simplicité des pensées qu’il renferme nous rappellent avec émotion le labeur d’amour de notre cher frère. Que Dieu bénisse sa mémoire ! [Trad.].

Les hommes d’affaires doivent à grands frais s’assurer de la précision dans leurs comptes. Des millions de dollars sont dépensés chaque année dans des détails de comptabilité, dont une part importante doit permettre aux propriétaires de connaître précisément quels postes de leur affaire montrent un bénéfice et lesquels présentent une perte - dans le but de pouvoir développer les branches qui font du profit, et de redresser celles qui ne sont pas lucratives. De l’aveu général, c’est un procédé sage. Si tel est le cas pour ceux qui recherchent la fortune temporelle et ses honneurs, de quelle manière beaucoup plus approfondie les comptes devraient-ils être entrepris du point de vue des affaires spirituelles !

Les membres du peuple du Seigneur ne recherchent pas purement et simplement la fortune, qui ne durera que quelques années, et qui devra être abandonnée - à la tombe, sinon plus tôt ; ils recherchent les richesses qui ne périssent pas, et que les voleurs ne dérobent pas en entrant par effraction. En plus de cela, avec les richesses du Royaume, ils recherchent aussi assurément les honneurs et les gloires du Royaume - même une part avec le Roi des rois et Seigneur des seigneurs dans le Royaume millénaire et dans les occasions glorieuses qu’il apportera en relation avec la bénédiction promise de toutes les familles de la terre.

Le jour de règlement général se situe à la fin de l’année écoulée et au début de la nouvelle. Voyons comment se maintiennent nos comptes spirituels pour l’année passée. Voyons si les expériences de l’année nous ont amenés plus près du Seigneur ou non, ou si dans quelque mesure elles nous ont séparés de la chaleur de Son amour et de Sa communion, et de la communion avec des frères amis. Chaque année devrait nous trouver plus près du Seigneur, non seulement dans les intentions de notre cœur, mais aussi dans la conduite de notre vie - plus près du modèle parfait. Nous devrions faire des progrès, croître dans toutes les grâces de l’Esprit, et aussi dans la connaissance et l’appréciation du Seigneur et de Son Plan merveilleux.

Nous espérons que chaque lecteur, lorsqu’il considère consciencieusement la situation, et quel que soit, de son point de vue, le côté vers lequel penche la balance (favorable ou défavorable, par rapport à l’année précédente), peut néanmoins remercier Dieu que, par Sa grâce, nous sommes ce que nous sommes, et où nous sommes – encore Siens, avec un cœur luttant pour des choses de l’Esprit, et non pour des choses de la chair. Si certains ont fait un faux-pas en arrière dans une certaine mesure, qu’ils remercient le Seigneur que les choses ne soient pas pires qu’elles ne sont, qu’ils ne se sont pas totalement laissé aller hors de Sa main, et n’ont pas abandonné leur part dans les promesses extrêmement grandes et précieuses de Sa Parole. Qu’ils remercient Dieu que ce jour, d’estimation et d’examen des comptes les trouve désireux d’être du côté du Seigneur, et de faire un meilleur rapport pendant l’année qui s’ouvre devant eux.

EXAMEN DE NOTRE TEXTE.

Considérons ensemble notre texte, et voyons si nous ne pouvons pas nous joindre de tout cœur au Prophète dans les sentiments exprimés. Il divise le sujet en deux parties : (1) la reconnaissance envers Dieu pour Son œuvre merveilleuse de grâce déjà faite ou accomplie ; et (2) pour Ses pensées, Ses plans, Ses desseins, envers nous, qui ne sont pas encore accomplis, et que nous saisissons par Ses promesses, avec le bras de la foi.

En regardant en arrière les choses que Dieu a déjà faites pour nous, nous voyons que le Prophète définit certaines d’entre elles, disant : « Il m’a fait monter hors du puits de la destruction, hors d’un bourbier fangeux ; et il a mis mes pieds sur un roc, il a établi mes pas » (v. 2). Si nous pouvons nous appliquer cela avec sincérité, quel motif nous avons pour la reconnaissance ! Quand nous regardons autour de nous, et voyons le monde entier sous l’emprise du Méchant, sans Dieu et n’ayant aucune espérance réelle - simplement de vagues impressions - quand nous regardons en arrière et voyons comment le Seigneur nous a délivrés du puits horrible de la condamnation et du péché, comment Il a eu compassion de nous, nous a délivrés, et a établi nos pieds de la foi sur un fondement de roc, Christ et Son œuvre de rédemption, alors nous pouvons Le remercier, et proclamer Ses bienfaits autour de nous.

En regardant en arrière, nous pouvons considérer cet heureux jour qui fixa notre choix sur notre Sauveur et notre Dieu, comme le moment à partir duquel nos pas ont été établis - notre conduite n’a plus été hésitante. Ce fut alors que nous obtînmes un but fixe, une pondération qui nous a empêchés d’être bouleversés quand nous étions secoués, ici et là, par les vents changeants de la philosophie et de la spéculation humaines. Louons Dieu pour ce qu’il a déjà fait pour nous ! Bien entendu, comme le Prophète en vient à le dire, nous réalisons que : « il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu ». Le cantique nouveau n’en est pas un de doute ni de crainte, et ne concerne pas l’angoisse des pécheurs, mais c’est un cantique sur la justice, la miséricorde et l’amour de Dieu raisonnable et harmonieux dans toutes ses cadences. Dieu soit remercié ! Il nous a apporté une vie nouvelle, un plaisir nouveau dans la vie, aussi bien que de nouvelles aspirations pour les autres comme pour nous-mêmes. Nous ne pouvons jamais assez remercier Dieu pour les bénédictions que nous avons déjà reçues de Ses mains - pour les choses qu’Il a faites pour nous.

Et pourtant, les choses dont nous jouissons déjà par la faveur du Seigneur, nous en sommes assurés, ne sont qu’un avant-goût des bénédictions qu’Il a encore en réserve pour ceux qui L’aiment - des bénédictions que l’œil n’a pas vues, que l’oreille n’a pas entendues, qui ne sont pas entrées dans le cœur de l’homme pour être vues et appréciées, mais que Dieu a annoncées affectueusement et que nous saisissons par la foi, voyant à travers un verre, obscurément seulement, comme le sont encore maintenant la gloire et l’honneur promis aux fidèles. Ce que nous avons maintenant n’est pas la réalité autant que les promesses et les espérances. Les expériences présentes n’étant que le début de notre réconfort, nous sommes en accord avec le Prophète qui dit que le nombre des faveurs de Dieu ne peut être compté, calculé. Nous sommes Ses débiteurs au plus haut point ; nous ne pouvons jamais acquitter l’engagement.

Et pourtant, nous sommes acceptés comme enfants de Dieu ; Il est content de nous donner ces choses, et Sa requête en retour est que nous agissions envers Lui d’une manière qui montrera notre gratitude, et que nous sommes vraiment Sa descendance, habités de Son Esprit. Continuons notre calcul des avantages présents, et notre balance de l’année ; et ne nous contentons pas simplement des aspects généraux de cette balance. Examinons à fond rétrospectivement les privilèges et bienfaits dont nous avons joui pendant l’année, l’emploi que nous en avons fait, et les bénédictions que nous en avons retirées.

Notons soigneusement quelles caractéristiques de notre marche quotidienne nous ont été les plus utiles, et lesquelles ont, dans une certaine mesure, retardé notre progrès spirituel, entravé notre communion avec le Seigneur, nous ont empêchés de courir avec patience ou avec les meilleurs résultats la course placée devant nous dans l’Évangile. Ces questions varieront nécessairement avec chaque individu - car il n’y en a pas deux semblables par le tempérament ou l’entourage. Chacun, en faisant ses comptes, devrait peser les avantages retirés de l’association et de la communion avec le Seigneur dans la prière, et devrait décider si oui ou non cet élément de Son intérêt spirituel devrait être developpé avantageusement au cours de l’année qui commence.

ECOUTER LA VOIX DU SEIGNEUR.

Chacun devrait aussi considérer, non seulement combien de temps il a passé à parler au Seigneur, mais aussi combien de temps il a passé à écouter la voix du Seigneur - en examinant les Ecritures, en cherchant à connaître l’esprit [mind] divin, le Plan divin, puisqu’il a rapport à lui individuellement, à l’Église et au monde. Dans ce sujet de l’écoute de la voix du Seigneur, il devrait estimer les aides de l’étude de la Bible préparées par le Seigneur par l’intermédiaire des frères, les membres de la famille de Christ - se souvenant de la déclaration de l’Apôtre, que Dieu Lui-même a établi les divers membres comme il Lui a plu ; et qu’Il les établit dans le but même de la bénédiction des uns et des autres, de l’édification de l’église, en l’édifiant dans la très sainte foi.

Vraiment, nous devons considérer que les Apôtres furent établis en tout premier lieu, et donc, que leurs enseignements sont souverains et que tous les autres enseignements doivent être soumis à l’épreuve de l’harmonie avec les témoignages des Apôtres et des Prophètes. Si certains, en faisant les comptes, trouvent qu’ils n’ont pas fait autant de progrès qu’ils l’espéraient, ou peut-être, en apparence, moins de progrès dans leur chemin étroit, que d’autres autour d’eux, qu’ils considèrent dans quelle mesure ce manque de progrès a été dû à un manque d’utilisation des moyens divinement désignés pour la croissance en grâce, en connaissance, en amour - c’est-à-dire, la Parole et la fraternité. Si le progrès n’a pas été aussi grand qu’on pouvait l’espérer, qu’un autre point soit examiné : voyez si vous avez été aussi actifs que possible, ou non, au service de la Vérité.

Considérez que vous avez consacré votre vie entière au Seigneur, et que sous Sa direction elle doit être déposée, sacrifiée, abandonnée dans l’intérêt de Ses frères, l’église. Considérez, comptez, calculez, si vous avez été fidèles ou non, dans cette affaire de déposer votre vie au cours de l’année passée - fidèles dans le service des frères au mieux de votre capacité. Souvenez-vous que c’est une partie des dispositions du Seigneur, que celui qui arrose sera lui-même arrosé, et que celui qui sert la Vérité aux autres peut s’en attribuer le plus abondamment à la table de grâce et de vérité du Seigneur.

EXEMPLES DE CALCULS CONVENABLES, ETC.

Dans notre calcul, empruntons quelques idées et suggestions aux Apôtres inspirés ; notons comment ils comptabilisèrent les sujets et les choses - ce qu’ils mirent au compte du profit, et ce qu’ils mirent au compte de la perte. Prêtons l’oreille aux paroles de l’Apôtre Paul : « Mais je ne fais aucun cas de ma vie [terrestre], [ni ne la tiens] pour précieuse [de valeur] à moi-même » (Actes 20 : 24). « Je regarde même aussi toutes choses [terrestres] comme étant une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur » (Phil. 3 : 8). « Je ne pense [compte] pas moi-même l’avoir saisi » (Phil. 3 : 13 D.).

L’opinion de Paul n’était pas simplement que les gloires futures méritaient quelque perte du temps présent, mais que juste la connaissance de Christ y compris la connaissance de la grâce de Dieu envers nous par Lui, et la connaissance et les occasions qui en résultent de courir la course pour le prix - valait à elle seule le prix ; il estimait que la perte de toutes choses, afin d’obtenir cette connaissance et ses occasions, serait un grand gain. Remercions Dieu si nous avons ce grand bien - une connaissance de Christ - une connaissance de Son caractère, et une profonde appréciation, une connaissance du Plan qui se concentre sur Lui - peu importe ce que cela nous a coûté de biens terrestres si nous avons cette connaissance, s’Il est précieux pour nous, nous sommes riches aujourd’hui, Dieu soit loué !

Le même Apôtre en vient à dire qu’il avait déjà souffert la perte de toutes choses et qu’il les « considérait comme des ordures », qu’il pouvait « gagner Christ, et être trouvé en Lui » - un membre de Son Corps. On trouve dans les paroles de l’Apôtre Jacques une suggestion supplémentaire quant à la manière de compter : « Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses tentations, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience, » etc. (Jacques 1 : 2,3). Nul doute qu’en regardant tous en arrière l’année écoulée, nous voyons qu’il y eut de nombreux pièges et tentations sur notre chemin. Sur certains, sans doute, nous avons remporté des victoires aisément ; nous en avons peut-être gagné d’autres après un combat plus sévère ; et sur d’autres encore il n’y eut que des victoires partielles - elles furent en partie des défaites, en partie des victoires de notre ennemi.

Que nous ont apporté ces tentations ? Quelle a été leur valeur ? Une valeur, comme l’Apôtre le suggère, est la leçon d’indulgence [forbearance]. Elles nous ont prouvé que nous sommes encore à l’école, à l’épreuve - pour manifester notre loyauté au Seigneur, et notre aptitude, grâce à Son mérite, à participer à Son Royaume. Tous, nous souhaitons sans doute fréquemment que les épreuves soient toutes passées et qu'une place nous soit donnée parmi les vainqueurs ; mais la patience, la foi, la confiance doivent accomplir une œuvre d'épuration dans nos cœurs pour nous rendre doux, bien disposés et obéissants envers le Seigneur. Que cette bonne œuvre s'accomplisse.

Réjouissons-nous si nos épreuves nous ont apporté des leçons profitables - qui ont contribué à nous donner un caractère plus fort, à nous rendre plus fermes pour la Vérité et la justice, à mieux nous faire connaître nos faiblesses et à mieux nous mettre en garde contre elles. Il se peut même que les luttes qui n'ont eu pour fin que des victoires partielles aient été à notre avantage - il en est certainement ainsi, dans la mesure où nous luttons avec conviction contre nos faiblesses ou contre les attaques de l’Adversaire. Même le résultat d'un échec complet peut être l'affermissement et la cristallisation de notre résolution d'avoir, à l'avenir, un plus grand zèle en pareille occasion et l'humilité du cœur devant le Seigneur dans la prière (Manne du 21 novembre), qui nous fait nous souvenir à nouveau du privilège de la prière, et que là nous pouvons nous réfugier à tout moment de la tentation et trouver le secours dont nous avons besoin.

L’Apôtre Paul résumait son discours et le contrebalançait comme suit : « Car j’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée » - aux fidèles (Rom. 8 : 18). Dans notre calcul, dans notre comptabilité pour l’année, estimons de la même manière les choses que nous avons endurées, qu’elles soient rares ou nombreuses, petites ou grandes - tout ce que nous supportons pour l’amour de Christ, pour la cause de la droiture, pour la cause de la Vérité – réjouissons-nous à cet égard et efforçons-nous pendant l’année qui arrive d’être d’autant plus fidèles sur tous ces points de vue, que ce peut être notre grand privilège de souffrir quelque chose de plus pour le nom de Christ, pour Sa cause et pour Ses frères.

Au moment où nous estimons les profits et pertes de la comptabilité pour l’année, soyons reconnaissants de ce que, parmi les manquements que tous peuvent avoir à déplorer, aucun d’entre nous ne trouve un point de méchanceté que mentionne l’Apôtre, à savoir, aucun d’entre nous n’a « considéré le sang de l’alliance … comme une chose profane [ordinaire ou impure] ». Dieu merci, nous apprécions encore le sang précieux de Christ ; nous apprécions encore le fait que nous sommes acceptés, non pour quelque mérite ou dignité de nous-mêmes, mais en Lui qui nous aima et nous acheta de Son propre sang précieux.

Oh, combien nous devons être reconnaissants pour cette seule caractéristique de notre expérience, même si, en regardant en arrière, nous trouvons qu’il y a eu des hésitations, des dérapages ou des glissements sur notre route ! Combien nous pouvons remercier le Seigneur que, par Sa grâce, nous sommes encore ce que nous sommes, et avons encore l’occasion de persévérer et de courir avec un zèle et une patience renouvelés la course placée devant nous - regardant vers Jésus comme exemple.

COMMENT DIEU CALCULE À NOTRE ÉGARD.

Finalement, dans notre calcul des difficultés, prenons courage d’après la déclaration du Seigneur concernant Sa façon d’estimer les choses et calculons de même. L’Apôtre disait lui-même : « Et je rends grâces au Christ Jésus, notre Seigneur, qui m’a fortifié, de ce qu’il m’a estimé fidèle, m’ayant établi dans le service » (1 Tim. 1 : 12). Ah oui, quelle satisfaction bénie est-ce pour nous de savoir qu’alors que le Seigneur a connaissance de toutes nos paroles et de tous nos actes, Il est satisfait de nous compter quelque chose de différent, même dans nos paroles et dans nos actes - quelque chose de mieux. Nos paroles ne représentent pas toujours les sentiments complets de notre cœur ; notre conduite n’atteint pas le niveau lorsque les paroles ont été dites et les actes réalisés - peut-être au mieux de notre capacité - nous nous rendons compte qu’ils ne sont pas à la hauteur de la gloire de Dieu, et pas à la hauteur de nos idéaux, désirs et efforts.

Combien il est alors consolant pour nous de savoir que notre œuvre imparfaite sera acceptable pour Dieu par Christ ; que le Seigneur nous estime d’après nos intentions, d’après notre volonté. Loué soit Son nom ! Nous n’aurions aucun espoir d’atteindre quelque niveau de perfection qu’il approuverait, n’eut été Son gracieux arrangement par lequel nos imperfections sont couvertes par la perfection et le sacrifice de notre Rédempteur, et nos œuvres acceptées d’après les intentions et désirs de notre cœur, Dieu soit loué pour une telle grâce !

LA RÉJOUISSANCE DANS L’ESTIME DU SEIGNEUR.

L’Apôtre se réjouissait de ce que le Seigneur l’estimant d’après ses intentions, et non d’après ses actes, il était jugé digne d’une place dans le ministère. Réjouissons-nous de la même manière, et souvenons-nous que le mot « ministère » signifie service, et que le mot « ministre » signifie serviteur. Souvenons-nous que tous les consacrés véritables sont des ministres, des serviteurs de Dieu les uns des autres.

Le Seigneur nous a tous placés dans le ministère ; et il y a un ministère, un service de bienveillance et d’amour envers le Seigneur, en honorant Son nom et en annonçant Sa droiture, et un ministère envers les frères, en ouvrant les yeux de leur compréhension et en leur permettant d’apprécier les longueurs, largeurs, hauteurs et profondeurs du caractère du Seigneur. A chacun d’entre nous appartient une part dans ce ministère, et c’est un grand privilège. C’est un ministère, ou service qui, s’il est négligé, ou dans la mesure où il est négligé, nous apporte une perte correspondante dans le progrès spirituel et le caractère. Estimons ce privilège comme un avantage précieux, à reporter dans la nouvelle année, à employer avec une diligence plus grande que jamais au service de notre Roi, ce qui Le glorifiera.

L’Apôtre, en écrivant à l’Église de Thessalonique (2 Thess. 1 : 5), dit : « pour que vous soyez estimés dignes du royaume de Dieu pour lequel aussi vous souffrez ». Ah oui ; c’est plus d’estime du Seigneur. Nous ne sommes pas dignes du Royaume de Dieu. Aucun être humain n’est digne ; mais le Seigneur a l’intention d’estimer dignes Ses fidèles. Il fera cela par le mérite de Son propre grand sacrifice de réconciliation, ce qui permet l’acceptation de notre volonté, de nos intentions, au lieu des œuvres parfaites de droiture. Dieu soit remercié pour cette estimation généreuse !

Que cela nous encourage, et souvenons-nous de la déclaration de l’Apôtre que ceux qui seront ainsi estimés acceptables pour le Royaume par notre Seigneur, seront ceux qui souffriront quelque chose pour Lui. Combattons donc d’une manière raisonnable, rationnelle, selon la Parole divine et le Plan, pour souffrir pour la cause du Royaume. Nous ne devons pas chercher à souffrir d’une manière insensée, en faisant des choses insensées. Nous n’avons aucun exemple de ce genre dans le cas de notre Seigneur, ni dans celui des Apôtres. Il n’est même pas nécessaire que nous souffrions le martyre ou la persécution physique. Il est possible que la portée de nos souffrances puisse être la blessure de nos sentiments, quand : « Les ouvriers d’iniquité … ont aiguisé leur langue comme une épée, ajusté leur flèche … une parole amère, pour tirer de leurs cachettes contre celui qui est intègre » (Ps. 64 : 2,3,4).

Peut-être même, nos souffrances seront encore moindres, comme l’Apôtre l’explique (Héb. 10 : 33 – 35) : « Soit en ce que vous avez été offerts en spectacle par des opprobres et des afflictions, soit en ce que vous vous êtes associés à ceux qui ont été ainsi traités ». Soyons résolus à reporter ce bon avantage dans la nouvelle année, en nous réjouissant d’avoir eu jusqu’ici ce privilège de souffrir quelque peu pour la cause du Seigneur et pour la cause de la Vérité, et en compagnie des frères ; en prenant garde aux paroles de l’Apôtre : « Ne rejetez donc pas loin votre confiance qui a une grande récompense ». Dieu souhaite que nous ayons confiance en Lui selon Ses promesses, et Il récompensera une telle foi.

Nous concluons cette exhortation à la comptabilité spirituelle en appelant l’attention sur les paroles de l’Apôtre : « Nous prions aussi toujours pour vous, que notre Dieu vous juge dignes de l’appel, et qu’il accomplisse tout le bon plaisir de sa bonté et l’œuvre de la foi en puissance » (2 Thess. 1 : 11). C’est notre prière pour vous, bien-aimés dans le Seigneur, et nous croyons aussi que c’est votre prière pour nous.

Que pourrions-nous demander de plus que d’être estimés dignes de l’appel de l’Âge de l’Évangile, par le Seigneur - de participer avec Son Fils au Royaume ? Nous avons Son assurance concernant les conditions d’après lesquelles Il nous estimera dignes. Nous nous rendons compte que les conditions sont vraiment très raisonnables, et que ce que nous sacrifions conformément à ces conditions ne serait réellement qu’une perte et de la lie pour nous, aussi longtemps que nous serons vraiment remplis d’un zèle convenable pour le Seigneur et Sa cause. Et maintenant, considérons les paroles de l’Apôtre, que ces bonnes choses que notre Père céleste nous a appelés à recevoir - de nous montrer nous-mêmes dignes de recevoir selon Ses conditions pleines de grâce en Christ - ne sont pas des choses qu’Il nous offre à regret, mais des choses qu’Il est bien content de nous accorder.

Il y eut peut-être un moment pour chacun de nous, où, en raison de mauvaises interprétations de la Parole du Seigneur, nous supposions que, froidement et impitoyablement, notre Père céleste préférait ne pas accorder beaucoup de bénédictions, et ne les donnerait qu’à un petit nombre, et à regret, parce qu’Il y était incité par Jésus et que, pour la grande majorité, Il avait décidé d’avance qu’ils devaient être remis aux démons pour une éternité de souffrance. Dieu soit loué pour une ouverture plus claire des yeux de notre entendement, par laquelle nous pouvons maintenant Le connaître comme notre Père, et apprécier dans une certaine mesure Son merveilleux Plan !

Et, à l’égard de notre propre part, laissons s’établir dans notre cœur que ces choses pleines de grâce auxquelles nous sommes appelés sont « tout le bon plaisir de Sa bonté ». Commençons la nouvelle année avec bon courage, nous souvenant que si Dieu nous aima alors que nous étions encore des pécheurs, des étrangers. Il nous aime beaucoup plus maintenant puisque nous sommes venus en relation avec Lui par Jésus-Christ notre Seigneur - puisque nous cherchons à marcher, non d’après la chair, mais d’après l’Esprit, puisque nous cherchons à être des imitateurs de Son cher Fils, notre Seigneur, puisque nous sommes bénis de recevoir Son Esprit saint. Vraiment, la foi peut dire avec confiance : « toutes choses sont pour notre bien » !