R 2964 (EB 324 p.67)
LA PROVIDENCE DIVINE
- ACTES 8 : 26 - 39 -
« Car du cœur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut » - Romains 10 : 10.

Les moyens providentiels de Dieu dans nos expériences de chrétiens devraient être observés attentivement si nous voulons jouir complètement de leurs bénédictions et de leur instruction. Mais ceci réclame une plus grande mesure de foi que celle que nous possédions tout au début de notre vie de consacré. Posséder cette augmentation de foi requiert un supplément de connaissance et d’expérience. Notre leçon illustre le soin providentiel de Dieu sur Son peuple selon deux points de vue : (1) Son soin pour ceux qui cherchent la lumière de la Vérité ; Son intention que les désirs les plus ardents qu’ils ont de celle-ci seront récompensés, et Ses dispositions pour que la Vérité leur parvienne dans des conditions favorables. (2) La bonne volonté du Seigneur à employer à Son service, comme instruments de Sa providence, ceux de Son peuple consacré qui se mettent dans la condition convenable avant de s’engager à Son service.

Philippe, l’évangéliste, a été l’instrument de la providence divine en engageant l’eunuque éthiopien dans le chemin étroit des disciples - et, à travers lui, l’introduction possible de la bonne nouvelle en Afrique ; il plût au Seigneur d’employer une telle personne comme Son porte-parole au service de la Vérité. S’étant montré fidèle dans la tâche subalterne de servir à table, il fut élevé et fait ambassadeur de Dieu dans la prédication de l’Évangile à Samarie ; et cette leçon montre qu’il fut encore davantage guidé et utilisé par le Seigneur à Son service béni. Il y a ici une leçon encourageante pour tous ceux qui ont le même esprit - le même désir de servir le Seigneur et Sa cause. Il est sûr que la fidélité dans les petites choses apportera de plus grandes opportunités (Luc 16 : 10).

Nous ne savons pas par quels moyens le Seigneur « parla à Philippe », l’envoyant sur le chemin où il trouverait le char de l’eunuque. Toutefois, nous pouvons être sûrs que l’indication fut suffisamment claire pour Philippe pour qu’elle soit plus qu’une simple estimation ou impression. Nous devons aussi nous souvenir que c’était une période durant laquelle Dieu utilisait quelquefois, plus qu’à présent, des moyens de communication miraculeux, sans aucun doute dans le but même d’affermir la foi de Ses serviteurs, aussi bien que l’œuvre de l’Église primitive. Aujourd’hui nous marchons davantage par la foi, moins par la vue et le miracle. Maintenant, si vive est la lumière de la Vérité qui brille sur le divin Plan et la Parole que nous pouvons dire, sans risque, que nous avons plus d’avantages de tout genre, même par rapport à ceux de cette époque-là. Rappelons-nous qu’au temps de cette leçon, il n’y avait pas d’écrits du Nouveau Testament, par conséquent, rien en dehors de la Loi et des Prophètes pour aider et guider les Apôtres et les premiers évangélistes, excepté l’interposition plus ou moins miraculeuse des moyens providentiels de Dieu.

UN MESSAGER SPÉCIAL ENVOYÉ.

Même après avoir été instruit du soin spécial de Dieu pour Son peuple, nous avons tendance à être surpris qu’une personne dût être spécialement désignée comme cette histoire le décrit ; qu’un messager particulier dût être envoyé pour transmettre l’instruction dans la voie chrétienne. Il est évident que la providence divine ne surveille pas la vie de tous les gens au même degré. Manifestement, il y avait quelque chose dans le caractère de cette personne, quelque chose dans son attitude de cœur dans sa relation à l’égard de Dieu, qui était agréable et acceptable et qui provoqua la réalisation de ce miracle en sa faveur - qu’il pût avoir l’explication de l’évangéliste pour comprendre le passage des Écritures d’Ésaïe.

Il est évident que l’eunuque qui était profondément religieux était entré en contact avec la religion juive ; et, dans son sentiment religieux, il était monté à Jérusalem pour adorer, et pour acquérir la connaissance supplémentaire du vrai Dieu. Son cas était semblable à celui des Samaritains et de la faveur spéciale, car cet intendant puissant de la reine d’Éthiopie n’était pas juif au sens le plus complet du terme, les eunuques n’étant pas acceptés pleinement comme prosélytes, et les privilèges de l’assemblée ne leur étant pas accordés (Deut. 23 : 1). Jusqu’alors, le gardien du trésor de la reine, comme Corneille et les Samaritains croyants, avait été une partie de la classe de Lazare, couché à la porte de l’homme riche, désirant être nourri de quelques miettes tombées de l’abondante table de bénédiction et de promesses que Dieu avait déployée pour Israël. Corneille indique que cet évènement s’est déroulé après la clôture des « soixante-dix semaines » d’Israël, et que, maintenant, un changement de dispensation était intervenu. La maison d’Israël avait été rejetée ; la fin de la faveur spéciale d’Israël était venue, en considération de l’Évangile ; et le temps de recevoir la classe de Lazare dans le sein d’Abraham était arrivé. Philippe, comme un ange ou messager de Dieu, fut envoyé pour porter figurativement ce représentant de la classe de Lazare dans les bras du père Abraham, comme un véritable enfant d’Abraham, par la foi.

L’Éthiopien avait été au cœur de la religion qu’il considérait comme la seule véritable. Il avait quitté Jérusalem avec un manuscrit de l’un des saints prophètes, Ésaïe - un trésor en ce temps-là, de grande valeur. Que son manuscrit était écrit en grec, et non en hébreu, semble être indiqué par le mot Esaias, qui est la forme grecque d’Ésaïe. Il avait faim et soif de Vérité, et faisait tous les efforts possibles pour l’obtenir, comme en témoigne son acquisition du manuscrit, son long voyage, et sa lecture. Le fait qu’il faisait plus qu’une simple lecture - qu’il l’étudiait, transparaît dans le discours qu’il tint à Philippe. Pouvons-nous nous étonner que la Providence spéciale de Dieu serait manifestée envers cet homme - envers une personne dans une telle condition de cœur, affamée et assoiffée de comprendre la Parole ? Nous ne pouvons pas en être surpris. Elle est en accord complet avec la promesse de Dieu qu’une telle personne sera comblée ; que ces chercheurs trouveront ; que la porte de la Vérité sera ouverte devant ceux qui frappent ainsi. Souvenons-nous que nous sommes sous les soins du même Dieu et qu’Il ne change pas ; et apprenons la leçon qu’Il peut aujourd’hui, comme toujours, aider le chercheur sincère du Plan de Dieu.

LES TEMPS ET LES SAISONS.

Une autre leçon relative à ce sujet se rapporte aux temps et aux saisons. Dieu aurait pu diriger ce responsable vers la réunion de l’Église à Jérusalem, aux instructions des Apôtres qui s’y trouvaient. Mais ceci n’aurait probablement pas été aussi propice pour lui. Après avoir reçu l’enseignement apostolique, il aurait pu soumettre la question aux Scribes et aux Pharisiens, et recevoir en retour des explications plus ou moins erronées, déroutantes. Il est tout à fait vraisemblable que, par la providence du Seigneur, il entendit parler des chrétiens et de leurs déclarations que le Messie était venu et avait été crucifié ; et lui connaissait probablement l’autre version de l’histoire, que les principaux sacrificateurs et les docteurs prétendaient que toute l’affaire était une imposture, une tromperie. Il est possible que ce soit justement ces pensées qui le conduisirent à se procurer le manuscrit qu’il lisait, et qui l’amenèrent dans un état d’esprit favorable à la réception de la Vérité, lorsque Philippe l’exposait.

De ceci retirons la leçon, non seulement en ce qui concerne nos propres affaires, mais aussi à l’égard du service général de la Vérité de la Bible, à faire totalement confiance en la sagesse et la puissance divines - à nous souvenir que le Seigneur connait les Siens, et qu’Il sait comment les amener au mieux en contact avec la Vérité. Apprise correctement, cette leçon ne fera pas se relâcher nos mains au service divin ; car les véritables serviteurs seront encore désireux et prêts à servir, comme Philippe l’était ; mais elle servira à affermir nos cœurs, et à retirer de nous cette peur qui est un obstacle à la paix pour de nombreux enfants de Dieu. Ne nous inquiétons pas au sujet de la Parole de l’Éternel, mais rappelons-nous Sa déclaration faite par le Prophète : « Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pour quoi je l’ai envoyée » (És. 55 : 11).

Le char rattrapa et dépassa vraisemblablement Philippe sur la route, le voyageur avançant lentement de manière à pouvoir lire. Il lisait à voix haute, d’après la coutume de l’époque et du pays, et selon les injonctions appliquées au peuple par les instructeurs juifs. En effet, c’était l’une des règles juives que le fidèle, en voyageant, devait lire s’il n’avait pas de compagnie. Il ne nous est pas dit comment l’esprit dit à Philippe de héler l’eunuque ; peut-être de la même manière miraculeuse avec laquelle il avait été envoyé sur cette route, ou peut-être, ayant été envoyé sur ce chemin, il était à l’affût de l’objet de sa mission et, en entendant l’homme faire la lecture de la prophétie, Philippe a pu comprendre, à l’instant, que c’était la personne favorisée, et le temps propice pour délivrer le message au service duquel sa vie avait été consacrée. Ceci nous donne une suggestion - les membres du peuple du Seigneur, dans la mesure où ils désirent servir la Vérité, devraient toujours être prompts à remarquer les occasions favorables de service et s'attendre à être guidés et employés par Lui. Le peuple de Dieu se compose de ministres, de serviteurs de la Vérité ; et chacun devrait chercher à employer toutes les opportunités qui se présentent, en ne sachant pas laquelle le Seigneur fera spécialement prospérer. Partout où nous voyons des marques d'attachement au Seigneur et à Sa Parole, nous devrions être prêts à tendre une main secourable. Comme le fit Philippe, nous devrions chercher une opportunité de converser avec ceux-là, en vue de leur apporter l’aide dont ils ont besoin, l’assistance même que Dieu a étendue sur nous par Son canal désigné. Soyons sur le qui-vive pour passer aux autres la bénédiction que nous avons reçue, et sachons estimer que c'est la principale occupation de la vie pour ceux qui se sont consacrés au service du Roi des rois (Manne du 29 décembre).

LA DEMANDE DE PHILIPPE.

« Comprends-tu ce que tu lis ? », ceci pourrait ne pas être toujours bien accueilli ; mais c’était une manière très directe d’aborder son message. Il est bon d’utiliser le tact, mais nous avons la pensée que beaucoup parmi le peuple de Dieu sont enclins à user plutôt de trop de tact, et ne sont pas suffisamment directs dans leurs efforts de présentation du message de l’Évangile. Si Philippe avait trop été sous l’emprise de ce sentiment de timidité relatif au tact, il aurait pu parler un bon moment à l’intendant du temps et des récoltes ; de son foyer en Éthiopie ; de la paix et de la prospérité de ce pays ; de ses importations et de ses exportations et du statut religieux du peuple ; et, de manière graduelle, il aurait pu captiver l’esprit de son auditeur tout à fait hors du plus important des sujets. En considérant qu’il l’avait entendu et qu’il connaissait le thème de son étude, nous ne pouvons imaginer meilleure introduction à son message que la méthode et le langage que Philippe adopta : « Comprends-tu ce que tu lis ? ».

C’était une question-test, pour ainsi dire. Si l’homme comprenait vraiment ce qu’il lisait, il n’en serait pas offensé, mais il aurait dit volontiers : « Oui l’ami, je remercie Dieu de comprendre, et la connaissance m’est très précieuse. La comprends-tu aussi ? ». S’il avait eu une tournure d’esprit hypocrite, tels les Pharisiens à qui Jésus parla, il aurait prétendu connaître le sujet, et ensuite, pour en couvrir sa propre ignorance, il aurait fait quelques remarques générales et aurait orienté le sujet sur une autre voie. Nous ne devons pas compter que ceux qui sont dans la condition des Pharisiens reçoivent la Vérité de notre part, pas plus que du Seigneur. En accord avec la Parole de Dieu, nous devons savoir que la Vérité est délibérément cachée à tous ceux qui ne sont pas dans la bonne attitude de cœur pour la recevoir et la retenir – elle devient pour eux indéfinie, vague et inintelligible. Aujourd’hui, c’est une difficulté avec les instructeurs du sectarisme ; comme les Pharisiens, les scribes et leurs principaux sacrificateurs d’autrefois, ils disent : « sommes-nous aveugles aussi ? ». Ils prétendent savoir, mais nous savons qu’ils savent qu’ils ne savent pas. Donc, comme notre Seigneur l’a dit à leurs prototypes, leur aveuglement continue ; car personne ne peut s’attendre à être enseigné de Dieu pendant qu’il est dans une condition présomptueuse et malhonnête, qui se vante de sa connaissance et de la foi, laquelle fait défaut (Jean 5 : 43,44).

LES CHERCHEURS DE LA VÉRITÉ.

Tous ceux auxquels l’Éternel envoie le message de Sa grâce ressemblent beaucoup à l’Éthiopien de notre leçon - fervents, honnêtes, chercheurs de la Vérité - loyaux pour reconnaître qu’ils ne savent pas, et pas trop orgueilleux pour recevoir toute l’aide que le Seigneur peut fournir. Il ne s’arrêta pas pour demande à Philippe : « Es-tu prêtre ? Ou Pharisien ? Ou Docteur de la Loi ? ». Il était suffisant pour lui que l’évangéliste détenait dans sa compétence ce qu’il croyait être un message de Dieu, et qu’il savait que le texte contenait diverses déclarations et promesses qu’il ne comprenait pas. Il croyait que le Dieu qui avait donné cette prophétie était à la fois capable et disposé à en fournir une interprétation, et il cherchait cette interprétation ; et quiconque pourrait lui donner celle qui jetterait la lumière sur ces questions, s’avérerait par là un instructeur de Dieu, un serviteur de la Vérité, un porteur de lumière.

La réponse de l’eunuque impliquait cela, lorsqu’il dit : « Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me conduit ? ». Il était si empressé dans sa quête de la Vérité que la simple suggestion d’aide sous-entendue dans la question de Philippe fut suffisante pour éveiller son intérêt entièrement ; et il offrit à Philippe de s’asseoir avec lui dans son char, et de cette façon il lui fit confiance pour lui livrer le renseignement dont il avait besoin. Nous ne sommes pas étonnés qu’un cœur si noble et si humble, et disposé à être enseigné, soit favorisé spécialement par l’Éternel, et qu’un messager fut spécialement envoyé vers lui pour son instruction, tandis que d’autres, le peuple, étaient écartés parce qu’ils étaient considérés comme indignes. Il en est de même aujourd’hui ; et bien que, généralement, Dieu ne dirige pas Son peuple de la manière miraculeuse avec laquelle Il dirigea Philippe pour témoigner des paroles de vie, nous obtenons cependant l’enseignement général dans le même sens ; par exemple : « Apporte la bonne nouvelle aux débonnaires ». « Que celui qui a des oreilles écoute » (És. 61 : 1 ; Matth. 13 : 9 ; Apoc. 2 : 7).

Ainsi que le déclare le Prophète, notre message doit panser les cœurs brisés, et non pas briser les cœurs : nous devons apporter l’Évangile de Christ à ceux qui se laissent enseigner et non aux obstinés. Les cœurs durs, les impénétrables, Dieu S’en occupera. Il les soumettra sur l’enclume de l’affliction, de la détresse et de la discipline en Ses propres temps et manières convenables. En attendant, pour l’instant, Il cherche Son peuple parmi ceux qui sont prêts pour la Vérité de la Parole, et déjà disposés à être enseignés dans une certaine mesure. Nous ne devrions pas gaspiller notre temps dans des efforts inutiles, contraires à la règle scripturale. Laissons les prédicateurs qui n’ont pas l’Évangile - mais seulement un message de réforme - prêcher des réformes politiques, des réformes sociales et morales, s’occuper de ce message secondaire. La Parole du Seigneur à Ses serviteurs consacrés est : « Apporte la bonne nouvelle aux débonnaires, panse ceux qui ont le cœur brisé ! ».

À l’évidence, ce n’était pas un hasard, mais la providence, si l’Éthiopien était en train d’examiner la partie de la prophétie d’Ésaïe qui traite en particulier de notre Seigneur comme de l’Agneau face à ceux qui Le tondent, n’ouvrant pas la bouche en protestation ; parlant de Son humiliation et comment Sa vie lui serait ôtée de force ; et soulevant une interrogation sur Sa postérité. Il n’est pas étonnant que l’occupant du char fût perplexe, ni que les Juifs furent tous déroutés. Incontestablement, cette prophétie, comme la majorité des prophéties, ne pouvait être comprise qu’imparfaitement jusqu’à ce qu’elle soit accomplie ; elle ne pouvait être saisie qu’à la lumière de son accomplissement, et puis seulement par ceux qui sont dans une attitude de cœur convenable et sous l’instruction, la direction du saint Esprit.

Nous devrions noter à cet égard, (1) qu’alors que les Écritures sont « l’épée de l’esprit, la Parole de Dieu », capables de rendre sage, elles ne peuvent être comprises qu’au temps convenable du Seigneur. (2) Elles ne peuvent être comprises que sous la conduite et l’instruction du saint Esprit, et que dans ce cas, cependant, (3) le saint Esprit ne s’exerça pas sur celui qui cherchait des réponses, soit au moyen des Écritures, soit par quelque processus mental, mais par le représentant vivant de Jéhovah ; par le message de l’Évangile délivré par le représentant et serviteur du Seigneur. Le véritable enfant de Dieu qui Le recherche en suivant le bon chemin et en faisant confiance à Dieu, selon Sa Parole, n’ignorera pas ni ne rejettera le secours qu’il a plu à Dieu de prêter par le moyen des instructeurs dans l’Église. Il cherchera simplement à trouver ces instructeurs que Dieu suscitera, et à faire la distinction entre ceux-ci et des instructeurs sectaires. Et l’une de ses méthodes les meilleures, les plus sûres et les plus infaillibles pour reconnaître les instructeurs que Dieu suscitera, sera de les discerner par leur humilité, par leur compétence pour rendre simple, claire, évidente, la Parole de Dieu, qui a été « écrite auparavant, pour notre instruction » (Rom. 15 : 4). C’était le seul pouvoir offert par Philippe dans son ministère de la Vérité. Il avait été enseigné de Dieu par les Apôtres et était maintenant capable, en retour, de communiquer à l’oreille attentive de son client l’histoire simple de la manière dont Christ était venu dans le monde pour racheter le monde, comment Il était mort pour les péchés de l’homme, était ressuscité, et élevé en gloire.

Sans aucun doute, Philippe expliqua en plus à son étudiant que ceux qui acceptaient Christ comme leur Sauveur, et qui désiraient devenir Ses disciples en prenant leur croix pour Le suivre, devraient donner leur consentement sur cette question par le baptême. Apparemment, l’eunuque ne mit pas longtemps à décider quelle devait être sa conduite, ce que serait son cap ; et son empressement de cœur à suivre l’Agneau, où qu’Il le conduise, est indiqué par sa promptitude à être baptisé.

Philippe fut prêt à le recevoir comme un compagnon dans l’Église de Christ, et à lui donner le symbole d’introduction dans le Corps de Christ - le baptême - aussitôt que l’eunuque donna la preuve d’avoir accepté le Seigneur, et de s’être consacré à Lui. Il ne fit aucune déclaration pour que le nouvel appelé apprenne un catéchisme, ou qu’il confesse autre chose, comme nécessaire au salut, comme les hommes trompés dans les Âges des ténèbres et même maintenant en donnent l’instruction. Il n’a pas dit non plus : « Maintenant je vais écrire ton nom, et, à ce titre, tu seras considéré comme un membre de l’Église, et je te procurerai l’autorisation de prêcher l’Évangile en Éthiopie ». Non, à cette époque le sujet n’avait pas été rendu confus par des messages sectaires superflus, artificiels, qui sont sans valeur, et qui ne travaillent pas à rendre sûrs l’appel et l’élection du croyant.

[La fin de l’article est un peu différente et raccourcie par rapport au texte anglais original ; ci-dessous une traduction d’un autre passage du texte anglais : Ceci est en plein accord avec notre Texte d'Or qui ne dit pas, « De la bouche on confesse un credo », qui n'est ni compris par la tête ni cru dans le cœur, et ainsi une adhésion est obtenue dans une église nominale d'établissement humain, et sans sanction ou autorité divine quant au nom ou aux méthodes. Il déclare, au contraire, de la façon la plus simple et la plus belle, que tout ce qui est cru et qui a quelque force ou quelque poids dans l'estime du Seigneur est ce qui est cru par l'individu lui-même, dans son propre cœur, et il ne peut rien croire dans son cœur qu'il ne comprenne pas dans une certaine mesure. Il ne s'agit pas de croire à des mystères, mais de croire à des faits et, par la suite, d'arriver à comprendre des choses qui sont encore des mystères pour « ceux qui sont en dehors », c'est-à-dire en dehors de la véritable Église. La deuxième partie du texte est évidemment tout aussi importante que la première : « C'est par la bouche que l'on fait confession à salut ». Cela implique qu'un croyant muet ne pourra jamais rendre sûrs son appel et son élection. Nous ne faisons pas référence à ceux qui sont naturellement muets ; mais nous comprenons le mot « bouche » dans le même sens que nous parlons des « oreilles » de notre cœur, et des « yeux de notre intelligence ».]

Nous faisons allusion à ceux qui ne peuvent percevoir les choses spirituelles. Un cœur qui voit et entend la grâce de Dieu, et qui accepte véritablement la même chose, doit pareillement, au temps convenable, devenir si enthousiasmé par les choses entendues et vues, qu’il ne peut s’empêcher d’extérioriser sa joie, sa paix, son espérance, sa foi et sa gratitude. Comme le déclarent les Apôtres : « nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues ». Tous les chrétiens ayant reçu la lumière de la Vérité, ayant vu la grâce de Dieu dans le divin Plan, ayant perçu que le Seigneur est miséricordieux, ayant entendu les merveilles d’un « si grand salut, qui, ayant commencé par être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu » - tous ces chrétiens ne doivent pas, ne peuvent pas garder le silence ou mettre leur lumière sous un boisseau. S’ils le font, cela signifie l’extinction de leur lampe, l’interruption de leur croissance ; et s’ils persistaient en cela dans le Millénium, cela signifierait finalement leur destruction dans la Seconde-Mort - car ceux qui choisissent le mal et qui ont honte de Dieu et de Sa Parole, après avoir discerné clairement les bénédictions du Royaume, non seulement ne sont pas aptes pour les Âges à venir du Royaume, mais ils seront la honte du Seigneur et Il décidera de ne pas leur prolonger la vie à quelque degré que ce soit, ce qui sera le mieux pour eux et tous ceux qui sont concernés (Luc 9 : 26).

Bible Standard N° 837 – novembre-décembre 2006