Notre texte a directement rapport à notre Seigneur Jésus et secondement à tous les membres de l'Église, Son corps, dont chacun doit participer à Ses expériences, marcher dans Ses traces et boire au même « torrent », pour avoir part au temps convenable à l'exaltation du Seigneur en gloire, honneur et immortalité ; cette exaltation est représentée dans notre texte par l'expression : « il lèvera haut la tête ». Dans l'ancien temps, comme aussi maintenant, le langage humain était plein de figures et de symboles ; l'eau représentant la vérité et boire de l'eau voulant dire s'approprier la vérité - c. à d. la sagesse (voy. Prov. 18 : 4) ; et ainsi élever la tête, signifie être exalté - Voy. Gen. 40 : 13.
Notre texte est donné comme la raison des glorieuses bénédictions et des honneurs prédits du Christ, décrits dans les versets précédents du même psaume. Les Apôtres appliquent directement à Christ le premier verset (Act. 2 : 34 ; Héb. 1 : 13 ; 1 Pi. 3 : 22), et notre Seigneur Se l'applique à Lui-même (Matth. 22 : 44). Une expression au figuré est encore employée pour décrire la position ou l'intimité qu'occupe le Fils auprès du Père dans la gloire ; Il n'est pas littéralement assis à Son côté, à Sa droite, mais Il a été honoré d'une position supérieure, au-dessus de toutes les autres - Il est d'une manière spéciale à la droite de la puissance divine. Son état n'est pas changé non plus par Son Second Avènement ; revenu du ciel, Il est et sera toujours à la droite du Père, ainsi qu'Il le déclare Lui-même (Matth. 26 : 64). Pendant le Millénium, le Père, par Christ assis à Sa droite, Se subjuguera toutes choses ; il détruira toute autorité qui Lui sera opposée et brisera toute résistance, bénissant ceux qui entrent de tout leur cœur en harmonie avec Son royaume de justice et exterminant de dessus la terre tous ceux qui, après une connaissance bien nette du bien et du mal, choisiront encore le mal. Ces derniers seront considérés comme servant Satan au lieu du Seigneur, et la Seconde-Mort, nous en sommes spécialement avertis, est pour le diable et ses anges, ses messagers ou serviteurs - Matth. 25 : 41.
Le psalmiste-prophète continue ainsi dans sa description du Règne des 1000 ans (v. 2) : « L'Éternel enverra de [ou par] Sion la verge de ta force » (D.). C'est Sion, la véritable Église (« l'épouse » ou le « corps » de Christ), qui, forte de la commission divine : « Domine au milieu de tes ennemis », exercera la verge ou le sceptre d'autorité et cela par le moyen de Jésus, le Chef de l'Église. Ceci n'est pas du tout accompli, pas même commencé. Jésus, dans la chair, n'a pas régné au milieu de Ses ennemis et l'Église pas non plus ; bien au contraire, le Seigneur et Ses disciples ont été soumis aux autorités qui existent, tandis que les violents se sont emparé du royaume par la force (Matth. 11 : 12) et ont abusé du Chef et des membres de Son corps. Les ennemis ne sont pas encore devenus le marchepied de l'Éternel, Sion n'est pas encore glorifiée, et le sceptre d'autorité du Messie n'en est pas encore sorti. Nous sommes toujours dans « ce présent monde mauvais », nous attendons toujours l'achèvement de l'Église élue qui ensemble doit être glorifiée avec Son Seigneur - entrer dans sa gloire - quand, une fois le propre temps venu, Il prendra possession de Sa grande puissance et de Son règne. Alors les nations seront irritées (Apoc. 11 : 18) et la colère de Dieu viendra sur elles ; puis, immédiatement après ce « jour de la colère », les bénédictions promises parviendront à tous ceux qui, sous les facilités et les meilleures occasions de ce royaume millénaire, démontreront qu'ils aiment la justice et haïssent l'iniquité.
C'est cette dernière classe - ceux qui durant l'âge du Millénium, durant ce jour de Sa présence (1 Cor. 15 : 23), deviendront le peuple de l'Éternel - que le prophète entend quand il dit : Ton peuple (sera) de franc vouloir, au jour de ta puissance (L.) ». Le jour de Sa puissance n'est pas encore-là, ainsi que le poète le dit :
« Le monde est encore en souffrance,
Ce n'est que deuil, peine et chagrin ;
La misère et la décadence
Font verser des larmes sans fin.
C'est la nuit des pleurs de la terre
Le mal triomphe maintenant ... »
Le prince de ce monde (Satan) règne et est toujours le « dieu de ce monde » ; parce que le Seigneur ne S'est pas encore revêtu de Sa grande puissance et de Son Règne. C'est pourquoi le peuple qui sera de franc vouloir au jour de Sa puissance, n'est pas les saints de cet Âge évangélique : ceux-ci ne sont que « les prémices à Dieu et à l'Agneau » (Apoc. 14 : 4) et sont de franc vouloir avant le jour de Sa puissance, - aimant entendre la voix du Berger et la suivre ; aimant sacrifier tout ce qu'ils ont et, en Son service, laisser leur vie pour les frères.
Il est donc évident que ceux qui sont mentionnés comme « ton peuple » et qui seront de franc vouloir au jour de la puissance de Christ, au Millénium, sont ceux que Jésus représente comme Ses « brebis » dans la parabole des brebis et des boucs. Ce sont ceux qui, quand le Fils de l'homme Se sera assis sur le trône de Sa gloire et l'Église avec Lui, et que le jour du jugement ou d'épreuve des nations est terminé (c. à d. après que la connaissance de l'Éternel aura rempli toute la terre et qu'elle aura été « une odeur de vie à vie et de mort à mort » [2 Cor. 2 : 16] au monde), auront été trouvés vraiment « son peuple », qui seront empressés, bien plus, désireux de tout leur cœur de Le servir, en ce qu'ils Le connaîtront alors et comprendront Sa volonté. Comme Ses brebis, ils aimeront marcher dans le chemin de justice, de vérité et de sainteté ; comme Son peuple, apprenant la vérité au jour de Sa puissance, lorsque l'adversaire sera lié et que l'œil de leur intelligence sera ouvert, ils n'auront plus besoin, dorénavant, d'être contraints, mais ils seront volontiers Son peuple. Et tous ceux qui alors ne deviendront pas volontairement Son peuple, seront considérés comme Ses ennemies, comme « boucs », anges, messagers ou serviteurs du Diable, et seront détruits avec Lui dans la Seconde-Mort.
« En sainte magnificence, du sein de l'aurore te (viendra) [litt. tu conserves] la rosée de ta jeunesse » (D.). C'est à dire, comme matin après matin apparaît frais et vigoureux, comme le soleil ne vieillit et ne faiblit pas, tel le Messie et tels les membres de Son corps ; ils conserveront perpétuellement la fraîcheur et la vigueur de la jeunesse - la gloire, l'honneur et l'immortalité de la nature divine - c'est une partie du bonheur promis qui résultera, comme notre texte le dit, du « boire au torrent dans le chemin ».
Après nous avoir fait part de la puissance et de l'autorité royale du Messie, il convient que par la bouche du prophète le Seigneur nous dise que le sacerdoce futur du Messie revêtira aussi un caractère plus élevé que le sacerdoce terrestre, - que Son ministère de roi et de prêtre sera réuni et unifié, comme cela était typifié en Melchisédek, qui fut à la fois roi et prêtre. Jésus, sur la terre, n'était pas de la prêtrise d'Aaron ; néanmoins, Il fut typifié par Aaron, et les sacrifices qu'Aaron exécuta furent les types des « sacrifices plus excellents » accomplis par le prêtre antitypique dans le sacrifice de Sa vie et aussi dans la consécration et le sacrifice de tous ceux qui sont les Siens durant cet Âge de l'Évangile, et qui accomplissent ainsi « ce qui reste des afflictions du Christ » (Col. 1 : 24). Petit à petit notre Grand-Prêtre aura accompli tout ce qui, en tant que type, fut représenté dans Aaron ; Il aura accompli le jour des sacrifices de réconciliation, et puis suivra la gloire promise - au lieu d'une prêtrise de souffrances il y aura une prêtrise royale, qui gouvernera - 1 Pi. 2 : 9 ; Apoc. 5 : 10.
Puis suivent les promesses pleines de certitude, que ce glorieux roi-prêtre prospérera, que Son règne de justice sera couronné de succès ; la promesse est que Dieu sera à Sa droite, qu'il Le soutiendra et amènera les choses à une heureuse issue - qu'Il « brisera des rois, ... écrasera le chef d'une vaste terre » (L.) et soumettra puissamment toutes choses.
Le grand jour de détresse qui vient est le plus souvent identifié avec le Jour de Jéhovah [voir Etudes dans les Ecritures, Vol. I, chap. XV], « le jour de colère », quoique notre Seigneur en ait la surveillance directe dans le but d'introduire et d'établir Son Règne millénaire.
Ces descriptions de la grandeur du Messie et de Son Royaume conduisent à notre texte ; et c'est parce « qu'il boira du torrent dans le chemin qu'il lèvera haut la tête [qu'Il sera exalté] », que tant de grandes bénédictions d'honneurs, de dignités et d'autorité Lui sont conférés.
IL A APPRIS L’OBÉISSANCE PAR LES CHOSES QU’IL A SOUFFERTES – Héb. 5 : 8.
Si nous cherchons dans la Parole des preuves à l'appui du sujet, nous trouvons que notre cher Maître fut appelé à faire des expériences nouvelles. Ce n'est pas qu’il n’ait jamais désobéi à la volonté du Père ; mais l'épreuve à laquelle il fut soumis lorsqu'il vint dans ce monde pour faire la volonté du Père, fut d'une nature et d'une intensité telles qu'Il n'en avait jamais vu de pareille et qu'aucune créature n'a jamais rencontré. Son obéissance prouva Son amour envers le Père, Sa foi en Son amour et en Sa justice, et dans toutes ces choses Il Se fit pleinement approuver du Père ; Il resta vainqueur dans chaque épreuve, Il but fréquemment du torrent de la sagesse, en rapport avec ces expériences. De plus, pour être le grand Souverain Sacrificateur de l'humanité, il fallait que Jésus « puisse compatir à ses infirmités » (Héb. 4 : 15) et qu'Il soit donc tenté en toutes choses comme Ses disciples sont tentés - par rapport au moi, à la volonté propre, à l'ambition mondaine - que Sa foi et Sa confiance soient éprouvées, ainsi que Son obéissance au plan de Dieu. Il but jusqu'au fond la coupe et dit joyeusement : « La coupe que le Père m'a donnée ne la boirai-je pas ? » - Jean 18 : 11.
Et maintenant nous arrivons dans notre texte à un point d'intérêt particulier ; car nous concevons que s'il était nécessaire pour notre glorieux Seigneur des lieux célestes de boire au torrent de l'expérience et de S'acquérir de la sagesse par les choses qu'Il a souffertes et endurées, et ce faisant de démontrer Sa confiance en Dieu, il est de même nécessaire que tous les membres de Son corps boivent d'une manière semblable au torrent dans le chemin s'ils veulent pouvoir espérer de participer avec le Seigneur aux biens du Royaume, - à la gloire, à l'honneur et à l'immortalité.
Le temps auquel notre cher Maître dut boire au torrent est passé, mais les leçons et les encouragements que nous en pouvons tirer nous sont toujours présents dans les récits des Évangiles. C'est maintenant notre temps de boire au torrent de l'expérience, d'apprendre les leçons qui nous sont nécessaires pour nous préparer au Royaume. Il ne suffit pas d'avoir goûté du torrent de l'expérience, d'avoir appris quelque chose de l'obéissance, d'avoir enduré certaines épreuves, d'avoir en quelques occasions appris l'obéissance par les choses souffertes, il nous faut continuer de boire jusqu'à ce que nous puissions dire avec joie : - « Père, que ta volonté et non la nôtre se fasse ». Si nous ne buvons pas du torrent dans le chemin, nous ne pourrons participer à la gloire qui doit suivre.
Beaucoup d'enfants de Dieu, ne voyant pas la chose dans Sa vraie lumière, sont inclinés à prier d'être préservés des épreuves et tentations ; tandis qu'ils devraient savoir que les épreuves et les difficultés des sanctifiés ou consacrés sont le témoignage de l'esprit qu'ils sont des enfants de Dieu et qu'ils sont sous Sa direction pour les élever et les préparer à une glorieuse part du Royaume, auquel ils sont appelés. Si nous ne sommes pas éprouvés, nous ne pouvons être des « vainqueurs ». Si nous ne souffrons pas avec Lui comme bons soldats et si nous n'apprenons pas à estimer au vrai point de vue les épreuves et les difficultés « comme toute joie » (Jacq. 1 : 2-3. - D.), lorsque nous en rencontrons, - connaissant et leur but et la grâce et la puissance du Seigneur pour nous soutenir, - nous ne serons « pas propres au Royaume ».
D'autres interprètent les épreuves de la vie comme des preuves de défaveur divine et ne remarquent pas qu'elles sont destinées à former et à polir notre caractère, et ainsi à produire pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. Parce qu'ils ne comprennent pas, ils profitent peu d'une grande partie des expériences de la vie, qu'ils sont appelés à traverser ; ils sentent la verge, mais ne discernant pas l'intention d'amour qui est derrière elle, ils manquent d'apprendre la leçon qu'elle devait donner. Soyons toujours plus réveillés, plus sensibles aux choses de Dieu - aux faits des cas tels qu'ils nous les présentent dans Sa Parole - plus animés pour notre appel au cohéritage, et en même temps plus désireux de boire au torrent de l'expérience et de la sagesse dans le chemin qui nous rend propres et nous prépare pour la gloire qui doit suivre.
Boire du torrent ne veut cependant pas dire que nous sommes plus affligés que les autres ; au contraire, ceux qui boivent du torrent sont remplis de joie. Comme l'Apôtre le déclare, ils sont mis à même de rendre grâces à Dieu pour toutes choses - dans les difficultés de la vie, ainsi que dans ses plaisirs : - « Regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposées, sachant que [sous la providence divine] elles produisent pour vous une plus grande bénédiction » - Jacq. 1 : 2-3 ; 2 Cor. 4 : 15-18.
C'est le monde, qui lui aussi doit prendre sa part des difficultés de la vie, qui s'attriste comme ceux qui n'ont point d'espérance, ou qui ont de fausses espérances. L'Apôtre énumère, dans Rom. 8 : 19-23, l'état du monde et celui de l'Église sous les difficultés et les épreuves de ce présent monde mauvais, disant : « Jusqu'à présent la création tout entière gémit, elle est dans les angoisses de l'enfantement ... et attend avec impatience cette (glorieuse) révélation des fils de Dieu ». Puis il explique l'état des enfants de Dieu, engendrés par Son esprit, qui marchent dans les traces du Seigneur et qui chemin faisant boivent au torrent : « Nous aussi, ... nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'adoption, la délivrance de notre corps [du corps de Christ, qui est l'Église] ». Cet espoir que nous avons change la couleur des choses noires et inquiétantes qui nous atteignent aussi bien que tout le monde, et nous les fait voir sous un tout autre et plus brillant aspect ; de telle sorte qu'inspirés par le breuvage du torrent, nous pouvons chanter dans notre maison de pèlerin, quand bien même il nous faut aussi encore gémir, parce que nous sommes dans cette tente imparfaite, dans ce corps mortel peu satisfaisant.
Nous avons besoin de demander au Seigneur, notre Maître et Chef, de nous bénir de plus en plus pendant qu'avec un nouveau zèle nous nous efforçons fidèlement et avec joie de boire au torrent des expériences de la vie et d'en tirer la sagesse qui nous préparera et nous rendra aptes pour Son service futur. C'est elle qui nous perfectionnera et nous préparera le mieux pour Son service actuel. Par la grâce du Seigneur, elle nous permettra d'annoncer Ses vertus dans toutes les circonstances critiques et les vicissitudes de la vie, de manière à Le glorifier dans nos corps et nos esprits qui Lui appartiennent. En buvant au torrent, prenons une leçon chez les petits oiseaux qui boivent en levant très souvent la tête comme pour rendre grâces à Dieu. Remercions continuellement notre Seigneur pour chaque expérience de la vie, chaque leçon, chaque épreuve qu'Il nous donne de goûter et profitons-en pour notre développement spirituel (Manne du 28 décembre). Le temps de lever notre tête dans la gloire approche également ; et déjà le Maître indique à ceux qui (par l'œil de la foi) voient les signes de l'approche de ce temps béni, de se redresser et de lever la tête parce que leur délivrance est proche - Luc 21 : 28.