R 2877
« ENFIN, SOYEZ TOUS D’UN MÊME SENTIMENT »
« Enfin, soyez tous d'un même sentiment [harmonieux – en accord], sympathisants, fraternels, compatissants, humbles, ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant, parce que vous avez été appelés à ceci, c'est que vous héritiez de la bénédiction » - 1 Pierre 3 : 8,9.

L'harmonie ne signifie pas la similitude. Elle signifie plutôt l'unité dans la diversité, et c'est le sens du mot grec traduit par « d'un seul sentiment » dans notre texte. La volonté du Seigneur à l'égard de Son peuple n'envisage pas une similitude exacte, ignorant totalement les caractéristiques et les particularités individuelles ; au contraire, une diversité dans l'harmonie est plus souhaitable qu'une similitude ; ainsi, par exemple, c'est l'union harmonieuse des sept couleurs qui constitue la beauté de l'arc-en-ciel. Il en est de même en musique : on frappe un accord sur le piano ou l'orgue et le résultat est l'harmonie, l'unité, l'union - la variété des notes donne une mélodie qui ne pourrait être obtenue à partir d'aucune d'entre elles, ou d'une similitude de volume égal. C'est la pensée que les paroles de l'Apôtre nous donnent à l'égard du peuple de Dieu ; ils ont des tempéraments, des dispositions et des particularités naturels différents, et l'alchimie divine par laquelle l'humain est transposé dans le spirituel, l'esprit ancien dans l'esprit nouveau, ne détruit pas entièrement, et n'a pas pour but de détruire, les éléments de caractère et de disposition ; mais elle a pour but d'enlever à chacun ses scories, ses imperfections et ses discordances, et de permettre ainsi à tous de s'unir et de se développer en un tout harmonieux.

Le Seigneur ne s'attend pas, cependant, à ce que cette condition d'harmonie complète soit atteinte par Son peuple à l'instant même de sa consécration. Au contraire, comme l'indique l'Apôtre dans notre texte, cette harmonie est le résultat, la glorieuse consommation - plutôt que le commencement de l'œuvre de la grâce dans le peuple du Seigneur : il dit, « enfin », et non pas d'abord, nous devons être tous d'un seul esprit - harmonieux. Il faut de longues années, en général, à l'école du Christ, pour que Ses disciples grandissent ainsi en grâce, en connaissance et en amour, avant d'atteindre la condition glorieuse exprimée dans notre texte, même « enfin ».

L'Apôtre Paul laisse entendre que nous devons continuer à croître en grâce, en connaissance et en amour, afin d'atteindre, dans le cœur et la volonté, la stature de l'homme parfait en Christ. Le « bébé » en Christ n'a pas la stature d'un « homme », et il a besoin d'abord du lait de la Parole, et ensuite de la « nourriture solide », afin de grandir et d'atteindre finalement la condition idéale représentée dans notre texte - une condition d'harmonie avec le Seigneur et entre nous, qui indique que l'œuvre de la grâce a bien progressé - que la marque de l'amour parfait a été bien atteinte dans le cœur, même s'il n'est pas encore possible de l'exprimer pleinement dans chaque mot et acte de la vie.

L'Apôtre Paul décrit cette transformation de la vie, cette croissance, en disant : « Soyez transformés par le renouvellement de votre entendement » ; mais s'il ne faut que peu de temps pour donner cette instruction, et s'il ne faut pas beaucoup de temps pour accepter de suivre l'instruction, il faut une persévérance patiente dans la bonne action pour se conformer aux instructions - pour atteindre pleinement les conditions transformées même dans nos cœurs - afin que nous agissions correctement, même s'il nous est difficile de toujours bien agir. Et c'est là qu'apparaît une difficulté : beaucoup ne voient pas clairement quelles sont les exigences, et traversent donc la vie dans un dédale, dans la perplexité, dans le doute, dans la crainte, sans le repos, la paix et la bénédiction qui devraient découler d'une bonne compréhension et d'un effort constant.

Tous, sans doute, ont été frappés par le fait que ceux qui manifestent le plus grand intérêt pour le Plan Divin ne sont pas toujours les personnes les plus douces et les plus agréables du monde : souvent, ils sont si combatifs qu'ils se font continuellement de la peine à eux-mêmes et à leurs amis par leur manque de sagesse ou leur disposition à la dispute. La qualité même que l'Apôtre mentionne dans ce texte comme étant la communion d'esprit ou l'harmonie fait singulièrement défaut, par nature, dans la disposition de la majorité de ceux qui s'intéressent profondément à la Vérité Présente. Et certains ont été enclins à condamner hâtivement les doctrines et à dire : Ce n'est pas l'esprit pacifique de Christ. Là où se trouve l'esprit du Christ, il doit y avoir amour et harmonie. Ainsi l'Apôtre dit : « Enfin, soyez tous d'un même sentiment ». Et il faut garder à l'esprit que c'est là le résultat final de la discipline et de l'instruction à l'école du Christ ; par notre développement vers cette disposition à l'harmonie (tout en étant loyaux et courageux pour la vérité), nous pouvons mesurer sans risque notre croissance en grâce, en connaissance et en amour.

Nous voulons suggérer une explication quant à la raison pour laquelle il y a tant de membres du peuple du Seigneur qui sont disposés à la combativité. Une disposition à la dispute et à la contestation est le résultat d'une grande combativité - mal dirigée - exercée de manière inappropriée. La combativité en soi n'est pas une mauvaise qualité. Au contraire, c'est une bonne qualité, une qualité indispensable pour atteindre le but fixé par l'Évangile. Ceux qui manquent de combativité, manquent de colonne vertébrale ; ils n'ont pas la capacité de mener une vie droite, dans les conditions actuelles ; ils sont comme un bateau sur le fleuve qui n'a ni rames, ni roue, ni hélice. Ils ne peuvent rien faire d'autre que de flotter avec le courant, car ils n'ont pas l'appareil nécessaire pour l'endiguer. Il y a beaucoup de braves gens qui manquent de fermeté, de caractère, de combativité, et qui ne peuvent penser à autre chose qu'à flotter avec le courant populaire ; et on les prend souvent pour des « saints » alors qu'ils n'en sont pas. Ils ne sont même pas du type de matériau que le Seigneur prend pour en faire de « saints ». Ils sont inaptes à Ses desseins dans le cadre de l'appel actuel de cet Âge de l'Évangile ; car tous ceux qui sont appelés maintenant à faire partie de l'Église élue sont appelés à être des « vainqueurs » ; appelés à endiguer la marée populaire ; appelés à combattre un bon combat de foi et d'obéissance ; et ceux qui manquent totalement de fermeté, de combativité, de force de caractère, ne peuvent pas remplir ces conditions et ne sont pas dans la course.

Ainsi donc, si quelqu'un parmi ceux qui ont saisi la Vérité, et qui ont été saisis et attirés par la Vérité à la consécration au Seigneur, a parfois senti la perversité de ses dispositions naturelles - sa combativité, sa contestation et sa disposition à la dispute, et s'est senti découragé à cause de cela, qu'il remercie Dieu et prenne courage. Qu'ils réalisent que cette disposition constitue une qualification pour l'enrôlement et le service sous les ordres du Capitaine de notre salut, bien que ce service implique la mise en accord de cette disposition contradictoire avec l'esprit d'amour, ce qui, en fin de compte, signifiera que la disposition à la dispute sera maîtrisée et que la combativité sera utilisée convenablement dans une autre direction.

Mais tout en prenant tout l'encouragement que nous pouvons tirer de la pensée que le Seigneur souhaite, recherche et appelle une classe de « conquérants », qui ne pourraient pas être des conquérants s'il n'y avait pas quelque chose à conquérir, et qui ne pourraient pas conquérir s'ils ne possédaient pas quelque chose de la disposition à la conquête ou à la combativité, prenons néanmoins rapidement les choses en main, en réalisant que la bonne qualité de la combativité a été à chaque fois mal utilisée, et qu'à partir du moment où nous nous enrôlons comme soldats de la Croix du Christ, notre combativité doit être redirigée vers de nouvelles directions. Nous devons apprendre, tout d'abord, que notre combativité ne doit pas s'exercer à l'égard du Seigneur, et que nous ne devons pas résister à Sa volonté ; mais que, au contraire, nous devons Lui remettre entièrement nos pensées, nos paroles et notre conduite. Nous devons nous rappeler que la combativité ne doit pas être utilisée contre les frères ; car lutter contre les frères, c'est lutter contre Dieu, contre la vérité, contre les membres de notre propre brigade. Au lieu de lutter contre les frères, nous devons les aimer et lutter pour eux, tout comme nous devons lutter pour le Seigneur et pour la Vérité. Nous devons également nous rappeler que notre combativité ne doit pas être exercée contre nos amis, nos voisins ou le monde en général. Non, tous ces gens-là ont bien assez à se défendre sans avoir besoin de notre opposition. Au contraire, ils ont besoin de notre sympathie, ils ont besoin de notre aide, ils ont besoin de nos encouragements, ils ont besoin de tout ce que nous pouvons leur apporter pour les élever.

COMBATTRE LE BON COMBAT DE LA FOI - 1 TIMOTHÉE 6 : 12.

Comment donc et contre quoi exercerons-nous notre combativité, afin qu'elle soit bien dirigée pour le plaisir du Seigneur et au service de Sa cause ? Nous répondons que notre combativité doit être tournée contre le péché, et que son premier exercice doit commencer avec nous-mêmes : Le combat contre soi-même est le plus grand combat. Conformément à cela, la Parole de Dieu nous dit que « celui qui gouverne son esprit [son propre entendement, sa propre volonté] vaut mieux que celui qui prend des villes » parce qu'il a appris jusqu'à ce point à exercer la combativité d'un vrai caractère dans la bonne direction, dans l'empire sur soi-même. Après avoir acquis une grande expérience en combattant contre le péché et l'égoïsme en nous-mêmes, en ôtant la poutre de nos propres yeux, en vainquant la colère, la malice, la haine, la querelle dans notre propre cœur et notre propre chair - nous serons en mesure d'assister les frères et nos semblables dans leurs difficultés - de les aider à vaincre leurs péchés et leurs faiblesses (Manne du 6 Décembre).

Celui qui commence à combattre les péchés des autres avant d'avoir fait une campagne vigoureuse contre ses propres faiblesses et erreurs, commet une erreur. Il a besoin d'humilité et de sympathie pour aider les autres à mener leurs batailles, et cela, il ne peut l'obtenir sans se battre d'abord avec lui-même et sans apprendre à apprécier la force de l'ennemi à combattre, et à quel point le péché et l'égoïsme sont profondément enracinés dans toutes les voies de la chair. Il a même besoin d'être battu dans certaines de ses batailles avec lui-même afin d'avoir une claire appréciation de sa propre incapacité à vaincre et de le forcer à aller au Trône de la Grâce céleste pour obtenir la miséricorde et trouver la grâce pour l'aider. Il en a besoin parce que, comme le dit l'Apôtre, c'est quand nous sommes faibles que nous sommes forts ; et quand nous sommes forts dans notre confiance en nous-mêmes, et que par conséquent nous négligeons d'aller au Seigneur, alors nous sommes faibles et susceptibles d'échouer dans la bataille, et d'être vaincus par l'ennemi - le péché - Héb. 4 : 16 ; 2 Cor. 12 : 10.

Tous ceux qui ont eu une certaine expérience en la matière, et qui ont appris comment et où diriger leurs énergies combatives, trouvent qu'il y a un champ considérable pour l'exercice de chaque particule de combativité qu'ils possèdent.

(1) En lui-même, continuellement ; comme l'Apôtre l'a exprimé, « je mortifie mon corps et je l’asservis, de peur qu’après avoir prêché à d’autres, je ne sois moi-même réprouvé » (1 Cor. 9 : 27). O combien d'énergie et de persévérance dans le bon combat de la foi, et de la loyauté envers le Seigneur, sont nécessaires dans la conquête de soi – « amener toute pensée [et autant que possible, toute parole et tout acte] captive à l'obéissance du Christ » (2 Cor. 10 : 5). Il y a ici beaucoup de place pour la combativité ; beaucoup de place pour toutes les contestations et les querelles que nous voulons - le combat avec le péché et la volonté propre, la lutte avec la volonté de la chair et son opposition à chaque étape - en la mortifiant, en supprimant ses affections et ses désirs. Il n'est pas étonnant que l'Apôtre parle de ces expériences actuelles comme d'un combat ; il n'est pas étonnant qu'il nous dise que nous devons être prêts à endurer la rigueur comme un bon soldat du Seigneur Jésus-Christ.

(2) Dès que la victoire sur soi-même a été remportée, et dès que le nouvel esprit a mis une garnison dans tous les coins du corps conquis, pour l'empêcher de se soulever en insurrection, pour le maintenir dans la soumission au Roi des rois et au Seigneur des seigneurs - dès lors toutes les énergies restantes qui peuvent être libérées de la maîtrise de soi trouveront amplement l'occasion d'être utiles dans le combat pour le Seigneur, lutter pour les frères, lutter pour la vérité, lutter contre l'erreur, lutter contre toutes les ruses du diable, « car nous n'ignorons pas ses desseins », comme le déclare l'Apôtre.

(3) Au fur et à mesure que les yeux de notre compréhension s'ouvrent, de plus en plus largement, nous voyons le grand conflit qui se déroule dans le monde entre la justice et le péché, entre notre Seigneur et le dieu de ce monde et ses représentants aveuglés, qui pensent par ignorance qu'ils rendent service à Dieu et se retrouvent souvent à combattre la vérité et les vrais soldats de la Croix, leurs frères, comme dans le cas de Paul. Nous nous rappelons comment, en tant que Saul de Tarse, il a persécuté l'Église, en faisant un mauvais usage de sa combativité. Nous nous rappelons comment le Seigneur l'a interpellé sur le chemin : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Pourquoi luttes-tu contre Dieu, contre la Vérité et sa cause ? Dans le cas de Paul, nous voyons comment, dès que les yeux de son entendement se sont ouverts, il est devenu un très vaillant soldat de la croix, n'hésitant pas à donner sa vie au service du Seigneur et des frères auxquels il s'était autrefois opposé par ignorance.

C'est la même combativité qui a fait de Paul un persécuteur violent qui, par la suite, a fait de lui le plus vaillant des Apôtres dans la défense de la Vérité. Et il en fut de même pour d'autres Apôtres. Ceux qui avaient par nature la plus grande combativité, lorsqu'elle était canalisée, devenaient ainsi les plus forts et les plus vaillants pour la Vérité. Pierre, par exemple, plein de combativité, et d'abord sérieusement diminué par celle-ci, prêt à défendre le Seigneur en frappant l'oreille du serviteur du grand prêtre, fut ensuite très courageux dans l'utilisation de ses talents à la louange du Seigneur. Jacques et Jean, deux autres personnages spécialement favorisés et reconnus par le Seigneur, et spécialement utilisés au service de la Vérité, étaient d'un tempérament combatif, au point qu'on les appelait les « fils du tonnerre » ; et ce sont ces deux-là qui furent si remontés contre les Samaritains qui refusaient de recevoir notre Seigneur dans leur ville, et qui étaient si pleins d'amour et de zèle pour le Maître qu'ils demandèrent : « Seigneur, veux-tu que nous fassions descendre du feu du ciel pour consumer ces hommes et leur ville ? ». Ils avaient la combativité, ils avaient le courage, ils avaient le zèle ; mais ils n'avaient pas encore appris à les diriger, et c'est ce que le Maître a laissé entendre, quand il a dit : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. Le Fils de l'homme est venu non pas pour détruire la vie des hommes, mais pour les sauver ». Peu à peu, lorsqu'ils furent oints du saint Esprit à la Pentecôte et qu'ils eurent appris progressivement de quel esprit ils étaient (de quel esprit était le Maître et de quel esprit ils devaient être en tant que Ses disciples), ils comprirent mieux comment utiliser leur combativité et leur zèle. Et c'est ainsi que nous les trouvons loyaux soldats de la croix, ne fuyant pas le danger, supportant la dureté comme de bons soldats du Seigneur Jésus, jusqu'à la mort.

C'est cette combativité naturelle, consacrée à Dieu et dirigée par l'esprit, qui a conduit Pierre et l'un des autres, lorsqu'ils ont été menacés par le Sanhédrin qui leur a ordonné de ne plus prêcher au nom de Jésus, à résister courageusement à cette restriction illégale de leurs libertés et de leurs droits en tant que Juifs sous la Loi, à obéir à la voix de l'appel céleste et à déclarer : « Jugez s'il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu. Car, pour nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues ou entendues » (Actes 4 : 19-20). Le Seigneur savait qui Il choisissait pour Ses apôtres, et nous voyons clairement que des hommes faibles, vacillants, sans courage, n'auraient pas servi la cause comme l'ont fait ceux que Jésus a choisis. Et il est raisonnable de conclure que le Seigneur, de la même manière, à travers cet Âge, recherche et choisit des personnages forts, ceux qui osent faire le bien, qui osent encourir le froncement de sourcils du monde, ses insultes et ses sarcasmes, ses railleries et ses persécutions, à cause de leur fidélité au Seigneur et aux frères. C'est cela être vainqueur ; et dans la mesure où certains se rendent compte qu'ils sont déficients dans ces qualités, qu'ils cultivent cette combativité dans cette direction appropriée - pour combattre la faiblesse, combattre le péché, combattre l'asservissement à ces choses qui sont contraires au Seigneur et à Sa Parole.

LA FOI ET LES MESSAGES SONT ÉGALEMENT ESSENTIELS.

Mais la combativité seule ne serait pas suffisante. Il faut une foi proportionnelle, afin d'utiliser cette combativité à bon escient. C'est pourquoi nous entendons la parole de notre Seigneur : « La victoire sur le monde, c'est votre foi ». La foi dans le Seigneur doit être la puissance qui fera bouger Son peuple et le dynamisera. Non pas la foi dans les croyances, ni la foi dans les hommes, ni la foi en nous-mêmes, mais la foi dans le Seigneur et dans Ses promesses extrêmement grandes et précieuses. De même que les roues du bateau à vapeur représentent sa combativité, grâce à laquelle il lutte contre l'eau et la pousse, et peut ainsi remonter le courant, de même sa force motrice, par l'intermédiaire du moteur, représente la foi, qui doit être derrière la combativité, pour exercer la combativité - pour nous amener à supporter la dureté, pour nous diriger à combattre le bon combat et à espérer les récompenses à atteindre.

De même, le combustible et la chaudière qui produisent la vapeur représentent la Parole et les providences de Dieu, qui produisent en nous la force de la foi qui nous donne l'énergie nécessaire pour endiguer le courant. Les promesses extrêmement grandes et précieuses de la Parole divine nous ont été données comme base de la foi, comme combustible pour produire en nous la puissance de vouloir et de faire le bon plaisir de Dieu (Phil. 2 : 13). C'est pourquoi ces gracieuses promesses ne doivent pas être négligées ; elles doivent être continuellement utilisées et doivent continuer en nous pour nous dynamiser. Et cette énergie doit être appliquée, et nous devons progresser proportionnellement contre le cours de ce monde, si nous voulons atteindre les conditions glorieuses auxquelles nous avons été appelés.

Bien que nous devions toujours nous rappeler (de peur de nous décourager) que la réalisation du contrôle de nos propres esprits, de nos propres pensées, et leur mise en plein accord, en pleine harmonie, avec le Seigneur et, autant que possible, en accord avec tout le peuple du Seigneur qui est en accord avec Lui, doit être « enfin », néanmoins nous ne devons pas retarder notre effort pour atteindre ce développement final et grandiose auquel l'Apôtre nous exhorte dans notre texte. Nous devons l'avoir continuellement devant nous comme la norme, l'idéal, le but, et bien que nous puissions échouer à maintes reprises, si nous sommes correctement exercés en la matière, nous serons plus forts à la suite de chaque échec ; car chaque échec nous montrera plus clairement que nous ne l'avions discerné auparavant les points faibles de notre caractère, résultant tout naturellement de la chute. Et si nous notons soigneusement chaque point faible et que nous nous en protégeons pour l'avenir, nous parviendrons peu à peu, par la grâce de Dieu et sous la direction de notre grand Maître, par Sa Parole, Son exemple et Ses directives providentielles, à cette condition maîtrisée, cette condition harmonisée, qui correspondrait à l'expression du texte. Et pour ceux-là, en regardant en arrière, même les échecs qui, reconnus par la suite, ont conduit à une plus grande fortification contre les ruses de l'Adversaire et les faiblesses de la chair, peuvent être considérés comme ayant été surmontés par le Seigneur pour notre bénédiction, selon Sa promesse que toutes choses concourent au bien de ceux qui L'aiment.

Au fur et à mesure que nous parviendrons finalement, dans une mesure de plus en plus grande, à l'harmonie, à la maîtrise de nos dispositions naturelles à la dispute, en mettant progressivement ces tendances combatives en accord avec le Seigneur, Sa Parole et Son Esprit, et en accord avec ceux qui sont les Siens, nos compagnons de combat dans cette bataille pour le droit, notre condition sera ce que l'Apôtre décrit ici, c'est-à-dire que nous aurons de la compassion les uns pour les autres. Nous nous attendrons à voir et nous verrons « les frères » s'efforcer de maîtriser leur propre moi et nous serons solidaires, compatissants ; de sorte que s'ils s'égarent par faiblesse de la chair, nous serons heureux de les rétablir dans un esprit de douceur, nous gardant nous-mêmes, de peur d'être tentés aussi (Gal. 6 : 1). Nous les aimerons comme des frères devraient aimer - de tout cœur, profondément - d'un tel amour et d'une telle sympathie, d'une telle compassion, qui nous conduiraient à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour leur venir en aide - surtout dans le domaine de l'aide spirituelle, dans la victoire sur le péché, et dans la croissance en grâce et en connaissance et en amour - mais, néanmoins, aussi dans les affaires temporelles, selon que nous en avons l'occasion, selon que cela nous est possible.

Cette compassion et cet amour fraternel entre les frères spirituels, même en ce qui concerne les questions temporelles, ne peuvent certainement pas être moindres qu'ils ne le seraient entre frères naturels. En effet, dans la mesure où la relation spirituelle est la plus élevée, la plus noble, la plus grande des deux, sans rien enlever à l'amour, à l'affection et aux obligations envers la famille charnelle, cela impliquerait que le spirituel nous attire encore plus fortement, de sorte que nous ferions tout pour un frère en Christ sur le plan temporel que nous ferions pour n'importe quel frère terrestre - et plus généreusement. L'Apôtre établit cette norme en disant que nous devons « faire du bien à tous, comme nous en avons l'occasion, mais surtout à ceux de la maison de la foi ».

Cela ne signifie évidemment pas que nous devons négliger les membres de notre famille terrestre et nos responsabilités particulières à leur égard ; mais cela signifie qu'en dehors de ceux-ci, les frères spirituels doivent avoir la première place dans nos cœurs, dans nos sympathies et dans notre amour, et dans tout ce que cela implique comme partage avec eux des biens spirituels et temporels dont nous jouissons, selon leurs besoins. Ceux qui ont atteint cet état d'harmonie du cœur avec le Seigneur et Son plan gracieux auront fait une telle expérience en atteignant cette position eux-mêmes que cela les rendra compatissants envers les autres, empathiques aux difficultés et aux épreuves des autres ; et cela les rendra « courtois », polis, « aimables envers tous ».

En un mot, d’après l'idéal présenté par les Écritures, les membres du vrai peuple de Dieu devraient être les plus policés, les plus raffinés, les plus complaisants, les plus généreux, les plus aimables des hommes dans le monde. Ils devraient être tout cela dans le sens le plus absolu ; non pas revêtir la forme et l'apparence purement extérieures de bonté, d'amabilité, etc., si communes au monde, mais manifester une douceur, une obligeance procédant du cœur, ayant leur source dans l'appréciation de l'esprit du Seigneur, de l'esprit de la Vérité, de l'esprit d'amour et aussi, de l'esprit de justice (Manne du 8 Janvier). Il est très important que nous apprenions à être parfaitement justes, et à faire aux autres, dans toutes nos affaires, ce que nous voudrions qu'ils fassent pour nous, que nous leur accordions les mêmes libertés que celles dont nous voudrions jouir. En vérité, la loi de Dieu est une loi merveilleuse, et en vérité le peuple qui est enseigné par le Seigneur et formé en harmonie avec la volonté divine, doit être un peuple particulier, zélé pour les bonnes œuvres.

Les personnes combatives seront toujours (tant qu'elles seront dans la chair) disposées à se venger ; mais ceux qui ont appris du Seigneur la leçon de la maîtrise de soi, et qui ont développé la douceur, la bonté fraternelle et la pitié, seront ainsi préparés à remplir les exigences de notre texte, c'est-à-dire à ne pas rendre le mal pour le mal, ou la colère pour la colère. Et en regardant le Seigneur comme modèle, ils verront comment Il a agi en cela : « Lui qui, injurié, ne rendait point d’injures.

Ce n'est pas parce que Ses ennemis avaient trouvé en Lui quelque chose qui leur permit avec juste raison de L'injurier et de médire de Lui, ni parce qu'ils étaient très près de la perfection que Jésus ne trouva rien en eux qui Lui permit d'en faire autant. S'Il ne le fit point, c'est parce qu'Il était tellement rempli de soumission à la volonté divine qu'Il fut capable d'endurer les moqueries et les railleries du peuple, de les supporter humblement, avec patience et de Se souvenir que c'est à cela qu'Il avait été appelé. II souffrit patiemment, apprit les leçons, Se montra fidèle, développa et démontra Son vrai caractère, ressentit et manifesta Sa pitié et Son amour pour les gens aveuglés et ignorants (Manne du 7 Décembre).

Il doit en être de même pour nous à mesure que nous grandissons dans la ressemblance avec le caractère de notre Seigneur. Nous serons aussi moins disposés à nous moquer de ceux qui se moquent de nous et à injurier ceux qui nous injurient. Nous serons aussi prêts à souffrir la perte de toutes choses, et à le faire avec joie, et même à nous réjouir des épreuves et des difficultés du temps présent, sachant, comme le déclare l'Apôtre, qu'elles produisent pour nous un poids éternel de gloire bien plus grand. Nous notons ici l'harmonie entre la déclaration de Pierre à ce sujet et celle de notre Seigneur : « Bénissez ceux qui vous maudissent ; bénissez et ne maudissez pas » (Phil. 3 : 8 ; 2 Cor. 4 : 17 ; Matth. 5 : 44 ; Rom. 12 : 14). L'Apôtre dit donc que nous devons plutôt rendre la bénédiction. Si nous ne sommes pas encore parvenus à cette norme élevée qui se trouve à la fin de la course, la marque de l'amour parfait, où nous aimons nos ennemis et sommes prêts et désireux et anxieux de les bénir, de les aider, de désirer qu'ils sortent des ténèbres et de la dégradation, et de souhaiter et de faire tout ce que nous pouvons en harmonie avec ce plan divin, ne nous décourageons pas ; mais allons de l'avant, afin d'atteindre le plus tôt possible ce point, qui est la marque du caractère parfait. Car, comme le dit l'Apôtre, « c'est à cela que vous avez été appelés, que vous héritiez de la bénédiction ».

L'HÉRITAGE BÉNI POUR LEQUEL NOUS SOMMES PRÉPARÉS.

Nous avons été appelés à être la Sacrificature Royale, sous Jésus, le Souverain Sacrificateur de notre profession. Les Écritures nous enseignent que cette prêtrise royale doit être le canal de Dieu au cours de l'Âge millénaire pour apporter la bénédiction au monde de l'humanité, et que « c'est à cela que nous avons été appelés » afin d'être aptes à cette prêtrise. L'Apôtre nous dit que, dans la préparation de notre Seigneur Jésus et dans l'examen de Son aptitude à la fonction de Souverain Sacrificateur, il était nécessaire qu'Il soit tenté, éprouvé, et qu'Il souffre, afin qu'Il soit un Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle lorsque le moment serait venu d'exercer l'autorité et le pouvoir de Sa fonction.

De même, il est nécessaire que tous ceux qui veulent faire partie de cette Sacrificature Royale fassent dès maintenant des expériences qui développent en eux ces principes de vérité, de droiture - des expériences qui les amènent à aimer la justice et à haïr l'iniquité - des expériences de lutte contre soi-même et de maîtrise de soi (du moins en ce qui concerne l'esprit, la volonté) qui les rendent victorieux et développent en eux ces grâces de l'esprit mentionnées par l'Apôtre, la bonté fraternelle, la pitié, la compassion. Toutes ces qualités seront nécessaires pour traiter avec le monde au cours de l'Âge millénaire. Ils seront des grands prêtres miséricordieux et fidèles, parce qu'ils sauront compatir avec le pauvre monde dans sa condition déchue, et faire preuve d'indulgence à son égard dans les divers efforts qu'il déploie pour retrouver le niveau de perfection qui sera alors établi par des processus de restitution.

Nous serons alors des rois ainsi que des sacrificateurs. En tant que rois, nous serons dotés du pouvoir de gouverner le monde. Ce sera un autre usage approprié de la combativité ; mais nous ne sommes pas aptes et préparés à gouverner ainsi le monde à l'heure actuelle ; c'est pourquoi le Seigneur ordonne à Son peuple d'attendre, de désirer ardemment et de prier pour que Son Royaume vienne, et que Sa volonté soit faite, c'est-à-dire qu'elle soit appliquée avec la puissance et l'autorité célestes. Ces rois et sacrificateurs « très élus » seront pleinement qualifiés pour exercer leur pouvoir avec modération, car ils auront alors les nouveaux corps en parfait accord avec les nouveaux esprits ; les nouveaux esprits qui sont maintenant développés, disciplinés et amenés à cette norme d'amour parfait, qui est pleine de pitié, de compassion, de bonté fraternelle et d'harmonie. Combien il est nécessaire, chers frères, que nous apprenions ces leçons, si nous voulons être préparés à être utilisés dans le glorieux service du Royaume qui doit être établi sous peu.