R 2864 (EB 141 p.25)
ISRAËL – UN PRINCE AVEC DIEU
- GENÈSE 32 -
« Ils [les hommes] devaient toujours prier et ne pas se lasser » - Luc 18 : 1.

S’enfuyant de la maison d'Isaac son père, Jacob parcourut une distance de près de 500 miles (environ 800 km) jusqu'en Chaldée, le pays d'origine de son grand-père Abraham, où son oncle Laban vivait toujours. Son estime pour la promesse de Jéhovah avait fait de lui un pèlerin et un étranger, un errant loin de sa demeure, exactement comme la fidélité d'Abraham à l'appel lui avait fait quitter son pays dans la direction opposée.

Alors que les bénédictions que Dieu avait promises à Jacob étaient terrestres et temporelles, et, à cet égard, différaient des promesses qui sont faites aux Israélites spirituels, néanmoins, afin de prouver que Jacob était digne de ces bénédictions - de façon à éprouver sa foi dans les promesses de Dieu - il fut permis qu'il traversât diverses expériences et déceptions pénibles. L'une d'entre elles fut une affaire de cœur avec Rachel, sa cousine, pour laquelle il servit son oncle durant quatorze années, sept avant qu'il ne la prenne pour femme, et sept années ensuite ; son oncle tira de lui un profit malhonnête dans l'arrangement. Néanmoins, nous voyons la patience et la persévérance de Jacob, et nous notons avec plaisir que jamais il ne semble avoir douté un seul instant des promesses de Dieu qu'il serait béni comme héritier de la promesse abrahamique.

JACOB N'A PAS ÉTÉ MALHONNÊTE AVEC LABAN.

« Quant à l'activité, pas paresseux ; fervents en esprit ; servant le Seigneur » (Rom. 12 : 11), semblerait bien s'appliquer à la conduite de Jacob. Il était si énergique au service de Laban, si heureux, si persévérant dans tout ce qu'il entreprenait, que son oncle estima bientôt son service indispensable, et fut heureux de conclure avec lui un arrangement favorable pour qu'il reste et se charge avant tout de ses biens.

Avec perspicacité Jacob négocia comme salaire un intérêt dans l'accroissement des troupeaux, des bandes, etc., et pratiquement il devint un associé. Il n'y avait rien de malhonnête à ce qu'il fasse un marché avec Laban, selon lequel tous les moutons foncés et les boucs marquetés et tachetés seraient à lui (Gen. 30 : 32-43 ; 32 : 5-13) ; il n'y avait rien de mal non plus à ce qu'il augmente scientifiquement en proportion les nombres des animaux colorés et tachetés.

Laban se rendit compte, avant longtemps, qu'il avait un gendre très capable et très avisé et, de plus, que la bénédiction de Jéhovah était sur lui.

Laban l'aurait, avec joie, gardé de manière permanente en Chaldée, mais l'esprit de Jacob était pénétré de la promesse abrahamique et de la réitération qui lui en avait été faite lors de la vision à Béthel, et il désirait retourner dans la terre de la promesse. Il supposa pourtant, non sans juste raison, que son oncle userait d'autorité pour le retenir de partir, ou pour lui prendre une partie du bétail, etc., qui, d'après l'accord, lui appartenait de bon droit, et par conséquent, il saisit l'occasion de partir quand Laban était absent.

Laban était évidemment un cheikh puissant, ayant beaucoup de serviteurs ; et Jacob était en effet devenu si prospère à ce moment, comme le montre le récit, qu'il fut capable peu après de faire cadeau à son frère Esaü, de 220 boucs et chèvres, 220 moutons, 30 chamelles, 50 têtes de bétail et 30 ânes (Gen. 32 : 14,15). Mais quand Laban le poursuivit, avec la ferme intention de ramener Jacob, sa famille, ses serviteurs et ses troupeaux, Dieu s'interposa, mettant Laban en garde, dans un songe, disant : « Garde-toi de parler à Jacob, ni en bien, ni en mal » (Gen. 31 : 24, marge). A la suite de ce songe, et de la déclaration loyale subséquente de Jacob sur sa façon de voir le problème, montrant clairement qu'il n'avait pas porté préjudice à Laban, mais que ce dernier l'avait traité durement à plusieurs reprises, Laban le laissa continuer son chemin en paix.

Si nous devons retirer une leçon de ces incidents en ce qui nous concerne, comme héritiers des promesses de Dieu, Israélites spirituels, c'est qu'alors que nos cœurs sont remplis d'allégresse dans les promesses de Dieu, nous ne devons pas attendre qu'elles viennent à nous entièrement sans un effort de notre part pour nous les assurer. Si Dieu nous a promis des bénédictions spirituelles, nous devons déployer un effort pour les atteindre, tout comme Jacob a déployé des efforts pour parvenir aux bénédictions temporelles qui lui étaient promises.

Si l'adversité semble nous accompagner, et si nous rencontrons des contretemps et plus ou moins de conspiration déloyale pour nous éloigner de nos bénédictions spirituelles, tout comme Jacob rencontra un obstacle qui semblait, sur le moment, être une entrave à ses bénédictions temporelles, comme lui, nous devons, avec patience, nous attendre au Seigneur, nous confier en Lui, espérer et travailler, sachant que Dieu produira finalement les résultats promis, sachant aussi qu'Il est de notre côté, et plus grand que tous ceux qui sont contre nous (1 Jean 4 : 4).

JACOB, UN HOMME PACIFIQUE.

Nous avons constaté la disposition pacifique d'Abraham et aussi celle d'Isaac, et maintenant nous notons que Jacob n'avait pas seulement quitté la maison et abandonné sa part de la maison de son père et des biens de famille appartenant au droit d'aînesse qu'il avait acheté, plutôt que de se disputer avec son frère, mais que de même, dans son comportement avec son oncle, il refusa de quereller ; il se soumit ; il s'en remit au Seigneur pour amener les conséquences plutôt qu'à sa propre force pour entrer en conflit, mental ou physique.

Manifestement Jéhovah voudrait que les Israélites spirituels apprennent cette leçon convenablement : « Cherche la paix, et poursuis-la » ; « attends-toi à l'Eternel », et Il la fera venir (Ps. 34 : 14 ; 37 : 7). L'arrangement de Dieu n'est pas que les Israélites spirituels combattent avec des armes charnelles, mais plutôt qu'ils se soumettent aux autorités qui existent, qu'ils apprennent les leçons qui accompagnent une telle soumission, et qui font développer en eux la foi, la confiance, l'espérance en Dieu, nécessaires au maintien de leur parenté avec Lui, et à leur croissance dans Sa grâce.

Alors que Jacob et sa caravane approchaient de la Terre Sainte, sa confiance en Dieu et dans Ses promesses de le bénir, ne l'empêchèrent pas de prendre une voie sage, généreuse et raisonnable pour se réconcilier avec son frère. II ne s'en tint pas à ses droits, se disant : J'ai acquis l'héritage, et j'ai été obligé de m'enfuir ; et maintenant j'ai une situation différente et je vais saisir la première occasion de prendre à Esaü le bétail et la fortune provenant des biens de mon père, et qu'il a reçus, mais qui sont légitimement les miens ; et devrait-il y avoir quelque dispute à ce sujet, qu'il s'occupe de ses affaires ; parce que le bon droit est de mon côté et je peux utiliser toute la force nécessaire pour obtenir ce qui m'est dû.

Bien au contraire, Jacob se dit : Je me moque de l'héritage terrestre, j'ai abandonné tout cela quand j'ai quitté la maison, et je n'ai pas l'intention d'y prétendre, ni maintenant, ni jamais. J'ai purement et simplement obtenu ce qu'Esaü n'appréciait pas ; et maintenant, s'il peut en venir à prendre conscience que je ne recherche pas les biens, cela apaisera son courroux, sa rancune, son envie.

Au contraire, je serai généreux envers lui ; je lui enverrai un cadeau de valeur, lui montrant ainsi que loin de souhaiter lui prendre des biens terrestres, je suis prêt à lui donner davantage. Au reste, je lui enverrai par mes serviteurs un message propre à lui montrer que je le considère comme mon supérieur - mon maître - et que je me place comme son inférieur. Il verra que je ne désire prendre ni les honneurs de son droit d'aînesse, ni ses émoluments terrestres, bien que toutes ces choses soient acquises - j'abandonne de plein gré toutes ces bonnes choses temporelles et ces honneurs, afin que je puisse avoir la faveur du Seigneur, telle qu'elle est représentée dans l'alliance originelle avec mon grand-père Abraham.

Il exécuta son programme avec succès et Esaü devint son ami. Dans cet ordre d'idées, la leçon à retirer pour les Israélites spirituels est celle-ci - nous ne devrions pas être à cheval pour obtenir la justice absolue et jusqu'au dernier sou dans les affaires terrestres. Au lieu de cela nous pouvons utiliser généreusement le mammon terrestre pour établir et conserver la paix, et pour favoriser nos intérêts spirituels. Notre empressement à faire cela mesurera ou jaugera notre appréciation des intérêts spirituels, en comparaison desquels, les bénédictions terrestres, « mammon », devraient être estimées comme une perte et de la lie.

LA PRIÈRE MODÈLE DE JACOB.

La prière de Jacob au moment où il envisageait une rencontre avec Esaü est relatée dans cette leçon, et peut être considérée comme l'un des meilleurs exemples de prière que l'on puisse trouver dans la Parole de Dieu. Elle est si pleine de confiance et d'espérance en Dieu. Elle raconte la promesse originelle à Abraham, son renouvellement à Isaac, sa seconde répétition à Jacob à Béthel, et la promesse du Seigneur qui lui fut donnée là, qu'Il le ramènera dans sa terre natale. Elle montre l'humilité de l'esprit de Jacob, - qui criait : « Je suis trop petit pour toutes les grâces et pour toute la vérité dont tu as usé envers ton serviteur ; car j'ai passé ce Jourdain [lorsque j'ai quitté mon pays] avec mon bâton [uniquement] ; et maintenant je suis devenu deux bandes [deux grandes troupes] ».

Jacob dit au Seigneur sa crainte et son désir d'être délivré de la main d'Esaü, montrant toutefois que sa crainte est compensée par sa confiance dans le Tout-Puissant. Ce fut à ce moment-là, et sans aucun doute en réponse à cette prière, que l'ange de l'Éternel apparut à Jacob ; et Jacob était tellement rempli de foi dans la puissance de Dieu, et dans les promesses de Dieu qu'il se saisit physiquement de l'ange et le retint, déclarant qu'il ne le laisserait pas aller jusqu'à ce qu'il ne reçoive sa bénédiction.

LA LUTTE DE JACOB AVEC L'ANGE.

Ici intervient la leçon spéciale relative à la lutte de Jacob avec l'ange. L'ange apparut sous les traits d'un homme, comme c'était fréquemment le cas autrefois ; Jacob l'avait néanmoins reconnu, et le saisissant, lui fit valoir que, comme représentant de Dieu envoyé à sa rencontre, il devait lui accorder une bénédiction. Nous ne pouvons supposer un seul instant que l'ange n'était pas assez puissant pour se libérer de l'étreinte de Jacob, et donc que la lutte, le combat entre eux se poursuivit ainsi jusqu'à l'aurore, l'ange implorant en vain : « Laisse-moi aller », et Jacob le maintenant avec persistance et déclarant : « Je ne te laisserai point aller sans que tu m'aies béni ».

Nous devons supposer, au contraire, que le Seigneur se plaisait à bénir Jacob, qu'Il avait envoyé l'ange dans ce but même, et que les circonstances étaient disposées comme une occasion de faire ressortir les désirs ardents de Jacob à cet égard, de lui manifester combien il désirait véritablement la faveur de Dieu, Sa bénédiction. Et quand le résultat souhaité eut été obtenu - quand Jacob eut révélé l'intensité de son désir d'être en harmonie avec Dieu et d'une bénédiction telle que Dieu seul pouvait la donner - alors la bénédiction vint - la victoire de Jacob. Non pas que Jacob réussit à obtenir de Dieu, par l'intermédiaire de Son ange, quelque chose que le Seigneur n'était pas heureux d'accorder ; mais qu'il réussit à obtenir la bénédiction convoitée en manifestant le zèle, l'énergie, la patience et la foi que Dieu se plaisait à voir et à récompenser.

La leçon pour l'Israélite spirituel dans cette circonstance est en harmonie avec les paroles de notre Seigneur : « Les hommes devraient toujours [continuellement] prier et ne pas se lasser ». Dieu désire que nous persistions, et notre persistance mesure et indique la profondeur de nos désirs. Si la bénédiction en réponse à notre prière ne vient pas au moment de la demande, nous devons continuer, « pressant en prière » - attendant patiemment le temps convenable du Seigneur, ayant fidèlement confiance qu'II donnera la bénédiction qu'II a promise, même si, pendant un temps, Il peut la retarder dans l'intention de nous voir devenir le plus pressant possible pour l'obtenir.

Bien que Jacob ait été un homme naturel, non une « nouvelle créature en Christ-Jésus », sa prière est néanmoins un modèle, en ce qu'il ne spécifiait même pas les choses terrestres qui lui avaient été promises. Tout ce qu'il demandait était une bénédiction, quelle que soit la manière qu'il ait plu au Seigneur d'employer pour la lui donner. Hélas, combien d'Israélites spirituels semblent avoir une appréciation beaucoup moins vive des convenances dans de telles questions, que celle possédée par Jacob ! Beaucoup demandent et ne reçoivent pas parce qu'ils demandent mal, pour des choses à consommer par leurs désirs égoïstes - la richesse, la réputation ou de bonnes choses temporelles (Jacq. 4 : 3).

Combien oublient que le Seigneur a déjà promis de prendre soin des nécessités temporelles de Ses enfants éclairés par l'Esprit, et de faire pour eux mieux qu'ils ne sauraient le demander ou le penser. Combien peu semblent se souvenir que, en tant que Son peuple, nos conditions et désirs devraient spécialement être tournés vers les choses qui appartiennent aux nouveaux cœur, esprit et volonté, et que c'est cette catégorie de bénédictions que le Seigneur nous invite à demander et à chercher à obtenir, nous assurant que comme les parents charnels sont heureux de faire de bons cadeaux à leurs enfants, de même notre Père céleste se plaît à donner un Esprit saint à ceux qui le Lui demandent ( Luc 11 : 13).

Quelle bénédiction cela impliquerait pour tous ceux qui se sont consacrés au Seigneur, s'ils pouvaient en venir au point où le principal but de leur vie, l'objet de toutes leurs prières, serait de posséder une plus grande mesure de l'Esprit du Seigneur, de l'esprit de sainteté, de l'esprit de la Vérité, de l'esprit de Christ, de l'esprit de sobre bon sens ! Si, ensuite, ils luttaient avec le Seigneur jusqu'au lever de l'aurore, leur ferme attachement à Lui leur apporterait certainement la bénédiction désirée. Le Seigneur S'est révélé à Ses enfants dans le but même de leur donner cette bénédiction ; néanmoins, Il la retient jusqu'à ce qu'ils apprennent à l'apprécier et à la désirer ardemment (Manne du 4 décembre).

LE NOM DE JACOB CHANGÉ EN ISRAËL.

Jacob obtint la bénédiction, et avec elle, un changement de nom. Après cela, il fut appelé Israël, ce qui signifie « un prince avec Dieu », ou « vainqueur de Dieu » [note D.]. Ce nouveau nom serait par la suite et continuellement une source d'encouragement pour lui, un stimulant pour un zèle spontané et pour la confiance en Celui dont il avait obtenu la bénédiction. Toute la postérité de Jacob adopta ce nom. Ils furent tous connus comme les enfants d'Israël, ou Israélites ; car Dieu reconnut le nom comme applicable à tous les membres de la nation. De même, dans l'antitype, nous avons Christ-Jésus notre Seigneur, le véritable, le Jacob-antitype, ou Israël, celui qui par la foi et l'obéissance au Père, a prévalu, a vaincu le monde, la chair et l'Adversaire, et a reçu la bénédiction divine, à la suite de Son combat. Il a été hautement exalté et est proclamé maintenant comme étant le Prince ou gouverneur des rois de la terre. Il est assis avec le Père sur Son trône (Apoc. 1 : 5).

L'analogie ne s'arrête pas ici non plus ; car, de même que Jacob eut douze fils, ainsi notre Seigneur Jésus eut douze Apôtres ; et ceux-ci, et tous ceux qui viennent à Christ à travers leur ministère de l'évangile, sont acceptés comme le véritable, l'Israël spirituel. Le même nom est propre à tous ceux qui appartiennent à la Tête. De même que dans Israël selon la chair quelques-uns étaient des « Israélites véritables » et d'autres n'en étaient pas, mais appartenaient plutôt à la synagogue de Satan, ainsi dans Israël spirituel y a-t-il des Israélites nominaux et des Israélites véritables ; et seuls les derniers obtiendront finalement la bénédiction et une part dans le Royaume avec Jésus-Christ leur Seigneur.

Le nom « Vainqueur » ou « Prince avec Dieu » [ou lutteur avec Dieu - Trad.] sera un nom qui s'appliquera à chacun des fidèles du Seigneur de la même manière qu'il s'appliqua à Jésus Lui-même. Chacun sera tenu de manifester sa loyauté envers le Seigneur, sa foi, sa confiance ; et seuls ceux qui aiment le Seigneur et la promesse qu'II a faite, qui se tiendront à Sa promesse, et ne Le laisseront pas s'en aller sans avoir reçu une bénédiction - ceux-là seuls recevront la grande bénédiction, ceux-là seuls seront capables de vaincre le monde, la chair et l'Adversaire. Telle est la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi (1 Jean 5 : 4) - en Dieu et en Ses promesses.

REMARQUE : Les trois paragraphes suivants ne figurent pas dans le texte original (R 2864) et ont été ajoutés dans l’article de l’EB.

L'ANTITYPE CONNEXE.

L'histoire de Jacob retracée dans ce numéro peut être entièrement considérée comme un type connexe et approprié de l'histoire des serviteurs de Dieu pendant l'Âge de l'Évangile, particulièrement dans leurs relations avec Israël selon la chair. Esaü est un type d'Israël selon la chair, dont les membres, à la fin de l'Âge judaïque, sauf de rares exceptions (Jean 1 : 11, 12), n'ont pas apprécié convenablement leur droit d'aînesse (Héb. 12 : 16), leur privilège de devenir les élus spirituels de Dieu, et l'ont ainsi vendu au figuré à Jacob-antitype, Israël selon l'Esprit. La fuite de Jacob à cause d'Esaü typifie les véritables serviteurs chrétiens de Dieu fuyant, pendant et juste après la Moisson de l'Âge judaïque, la persécution d'Israël selon la chair. Le songe de l'échelle typifie leur examen appréciatif de la merveilleuse doctrine du « rétablissement [restitution] de toutes choses » (Actes 3 : 19-21).

Jacob servant Laban typifie le ministère des véritables serviteurs de Dieu pour des conducteurs sectaires durant l'Âge de l'Évangile. Jacob ayant été uni par tromperie à Léa, et la naissance de leurs enfants et de ceux de ses servantes typifie les véritables serviteurs de Dieu s'unissant d'abord à des vérités et à des serviteurs qui les appliquaient à l'érection de sectes afin de gagner des fruits dans le service. Le fait qu'il ait été uni plus tard seulement à Rachel, et la naissance de Joseph et de Benjamin après une longue période de stérilité, typifie les véritables serviteurs de Dieu s'unissant définitivement à partir de 1846 aux vérités et aux serviteurs qui les ont appliquées à susciter le mouvement fécond, non confessionnel, du Petit Troupeau et aussi un mouvement de la Grande Foule, avec son point culminant se produisant dans la Grande Détresse (Apoc. 7 : 9-17), depuis 1914.

Jacob s'approchant d'Esaü avec tact, avec des présents (dissipant ainsi son inimitié) et se réconciliant donc avec lui, typifie les serviteurs chrétiens de Dieu, particulièrement depuis la fin du « double » d'Israël, à partir de 1878, s'approchant avec tact d'Israël selon la chair, en mettant l'accent sur leurs promesses (dissipant ainsi leur inimitié), et se réconciliant de plus en plus avec lui (Esaïe 40 : 1,2). Tous les vrais chrétiens devraient déployer d'ardents efforts dans cette voie.

LA RECONNAISSANCE DE JACOB POUR LES FAVEURS DIVINES.

Jacob avait une méthode pour noter les manifestations spéciales de la providence divine - comme lorsqu'il appela Peniel le lieu où il avait combattu avec l'ange, rappelant qu'il avait eu là le privilège de voir, par représentation, la face du Seigneur, de recevoir la bénédiction du Seigneur, la lumière de Son visage. De même, il est profitable pour les Israélites spirituels que nous prenions note d'une certaine manière spéciale de tous les bienfaits et de toutes les providences du Seigneur à notre égard. Beaucoup ont le sentiment de recevoir peu de faveur et de bénédictions du Seigneur, simplement parce qu'ils ont oublié de les laisser faire de l'effet sur leur cœur au moment où ils les avaient reçues.

Les faveurs divines s'échappent vite de nos vases terrestres fuyants à moins que nous ne les notions spécialement au moment même, soit sur les tablettes de notre mémoire, ou de toute autre manière permettant de nous rafraîchir la mémoire. Sans aucun doute, nous aurions tous plus de Béthels et plus de Peniels si nous suivions cette ligne de conduite d'ériger une sorte de monument symbolique et de commencer là une alliance spéciale ou un vœu avec le Seigneur en retour de Ses bienfaits.

Tout à fait en ligne avec cette pensée, ces chrétiens ont généralement de très nombreuses bénédictions et faveurs, plus qu'ils ne le reconnaissent vraiment ; nos assemblées depuis beaucoup d'années ont tenu des réunions de témoignages dans divers endroits chaque mercredi soir, pour la prière, la louange et le témoignage. Et les témoignages demandés ne sont pas ceux datant « d'il y a des années », quoique bons, mais ceux des expériences fraîchement vécues de la semaine. Et comme chacun recherche des preuves récentes de l'amour divin et des soins attentifs quotidiens, chacun trouve qu'il a largement plus de motifs de réjouissance, d'actions de grâce et d'encouragement qu'il n'en aurait eu conscience sans une telle vigilance et une telle notation. Élevons à Dieu, quotidiennement, et chaque semaine, aussi bien qu'annuellement, nos Eben-Ezer (1 Sam. 7 : 12), si nous voulons accroître notre foi, notre joie et notre amour.

« LE TENDON QUI SE CONTRACTA » DE JACOB.

Comme pour Saul de Tarse, qui, lorsqu'il reçut sa bénédiction du Seigneur, reçut aussi une épine dans la chair qui le gêna continuellement pendant toute la durée du reste de ses expériences (2 Cor. 12 : 7-9), mais qu'il apprit finalement à estimer comme un canal de la bénédiction divine, comme un rappel de la faveur divine, ainsi en fut-il pour Jacob. Au moment même où il luttait avec l'ange et obtenait la bénédiction, il recevait une blessure, un rappel gênant de la bénédiction, qui persista certainement pendant le reste de ses jours, le faisant claudiquer.

Le récit dit que l'ange le toucha à l'emboîture de la hanche, probablement sur le nerf sciatique, provoquant la contracture du tendon et une légère luxation de l'articulation. La leçon n'était pas uniquement pour Jacob lui-même pour le reste de ses jours, le conduisant à se souvenir de sa dépendance à l'égard du Seigneur et qu'il devait tout ce qu'il possédait à la bénédiction divine, mais cette leçon servit aussi ensuite à sa postérité comme rappel continuel de la même chose ; parce que le récit dit que par la suite les Israélites ne mangèrent plus de ce tendon d'aucun animal.

« L'épine dans la chair » de Jacob servit sans aucun doute à le maintenir humble, comme celle de l'Apôtre Paul servit à lui rappeler qu'il était ce qu'il était par la grâce de Dieu, et en aucune manière par lui-même. De même, le Seigneur permet que certaines faiblesses de la chair affectent favorablement Ses enfants spirituels. Sans aucun doute, certaines de nos difficultés et épreuves, physiques aussi bien qu'autres, comptent parmi nos plus grandes bénédictions, aboutissant à une meilleure part dans l'avenir, en développant en nous la foi, la patience et la confiance véritable dans le Seigneur. Rendons grâces pour toutes les expériences, aussi éprouvantes soient-elles (1 Thess. 5 : 18) !

(B.S. no 520)