La bonté, dans notre texte, a la signification de la faveur. Le prophète, en parlant, représente l'Église - le Christ, Tête et corps. Les mots ne sont applicables à personne d'autre. Personne d’autre que les saints n’estiment la faveur divine plus précieuse, plus estimable, que la vie présente - que les biens terrestres. Si nous demandions au monde de faire le bilan de cette question, de peser d'un côté de la balance les intérêts terrestres, les plaisirs terrestres, les liens familiaux, la position sociale, l'orgueil, les aspirations mondaines, et de mettre de l'autre côté de la balance la faveur divine, la réponse serait que les biens terrestres ont tout le poids, et que la faveur divine n'en a aucun, car les mondains ne connaissent rien ou presque de la faveur divine. Ils ont certes entendu dire que certaines personnes croient en un Dieu, croient en Sa sollicitude providentielle, croient en Son amour, croient en une vie future, etc., mais, pour leur part, ils concluent que ces choses sont possibles, tandis que les choses terrestres sont des certitudes ; et ils ne songeraient pas un instant à échanger des certitudes présentes contre des choses inconnues et intangibles, appelées faveur divine.
Si nous demandons au chrétien moyen de peser cette question, et de nous dire s'il est prêt à faire un échange, en mettant d'un côté de la balance toutes les bonnes choses, les espoirs, les ambitions, les liens familiaux, la position sociale, l'appartenance à une église, les fonctions mineures et l'estime des hommes, et en mettant de l'autre côté de la balance la faveur de Dieu, il hésitera et décidera finalement qu'il ne fera rien de tel. La raison en est que beaucoup n'apprécient pas la faveur divine. Ils ont entendu et cru certaines choses concernant le Tout-Puissant, certaines étant vraies et d'autres fausses ; et les fausses représentations du caractère de Dieu ont tellement compensé, neutralisé et rendu inefficaces les vérités qu'ils ont apprises, qu'ils manquent de confiance dans l'invisible : chez eux, les intérêts mondains l'emportent dix fois sur l'appréciation de la faveur divine. Les vérités qu'ils ont apprises concernaient l'amour de Dieu et les dispositions gracieuses qu'Il a prises pour Ses créatures déchues par la rédemption qui est en Jésus-Christ notre Seigneur ; et qu'Il ne veut pas la mort de celui qui meurt, mais qu'Il veut que tous se tournent vers Lui et vivent, dans la jouissance d'une bénédiction sans fin.
Ces vérités se trouvent dans la sûre Parole de Dieu ; les contrevérités qu'ils ont apprises venaient d'une source humaine, ou plutôt, de façon plus éloignée, du grand Adversaire lui-même, Satan, « le dieu de ce monde », comme l'Apôtre l’appelle. Comme il nous le dit, « Le dieu de ce monde a aveuglé l'esprit de ceux qui ne croient pas » - il les a aveuglés sur le caractère et le plan réels de Jéhovah, et les a trompés en leur faisant penser à Lui de la manière la plus malveillante, la plus déshonorante, nous pourrions presque dire la plus blasphématoire. Il les a aveuglés en leur faisant croire que le Tout-Puissant, tout en déclarant qu'Il a tout pouvoir, a déclaré aussi qu'Il n'exercera ce pouvoir de façon bénéfique que sur une simple poignée des millions d'habitants de la terre - qu'Il prendra cet échantillon pour montrer Sa puissance et ce qu'Il aurait pu faire pour tous s'Il l'avait voulu, et qu'Il exercera Son pouvoir en précipitant la grande masse de Sa création dans le tourment éternel ; qu'Il a pris des dispositions à cette fin avant la création de l'humanité, qu'Il a préparé un grand et affreux lieu de torture, qu'Il a préparé le combustible pour l'éternité et qu'Il a prévu les démons pour que rien ne manque à la pire forme de torture.
Faut-il s'étonner que ceux qui ont ainsi reçu des traditions humaines au lieu de la Parole de Dieu, ceux qui croient des choses aussi terribles concernant le Créateur et Ses projets, des choses qui surpassent en cruauté les doctrines des païens, reçues de la même source satanique, doutent de l'amour d'un tel Dieu ? Il n'est pas étonnant que de telles personnes se trouvent incapables de concilier de telles théories humaines avec la déclaration scripturaire claire que Dieu est amour, très compatissant, très miséricordieux, que Sa miséricorde durera toujours et qu'Il n'afflige pas délibérément les enfants des hommes.
Les deux pensées sont en conflit violent ; l'une représente Dieu comme aimant et bon ; l'autre Le représente comme un démon du pire caractère imaginable ; et il n'est pas étonnant que ceux qui ont dans leur esprit ce mélange de traditions humaines qui annulent la Parole de Dieu, soient incapables de voir Dieu du juste point de vue impliqué dans notre texte, incapable de voir Sa bonté aimante, si grande, si douce, si bienfaisante, envers toutes Ses créatures, incapable de réconcilier une telle théorie humaine avec la déclaration scripturaire, que Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, a goûté la mort pour chaque homme, et que cette grâce de Dieu dans le Christ doit encore être témoignée en temps voulu à chaque créature, et qu'ainsi tous finiront par parvenir à la connaissance de la vérité, et donc tous finiront par avoir une occasion de vivre éternellement - 1 Tim. 2 : 4.
Faut-il s'étonner que ceux qui ont une conception si mitigée du caractère du Tout-Puissant, lorsqu'ils essaient de mettre en balance la faveur aimante de Dieu avec les biens terrestres, trouvent que la balance penche du côté des biens terrestres, parce que, bien qu'ils apprécient certains traits du caractère divin, ceux-ci sont pratiquement neutralisés par de telles représentations erronées de l'Adversaire au moyen de fausses théories. L'Apôtre explique bien l'objet de cet aveuglement de la part de Satan, en disant : « Le dieu de ce monde a aveuglé les pensées des incrédules, pour que la lumière de l’Évangile de la gloire du Christ qui est l'image de Dieu, ne resplendit pas pour eux » (2 Cor. 4 : 4). Ah oui, nous y voilà ! La bonté de Dieu, l'amour de Dieu, la faveur de Dieu, ne brille pas dans le cœur de beaucoup de personnes, et si elle brille un peu dans certains cœurs, les ténèbres épaisses de l'erreur empêchent leur cœur de recevoir le plein bénéfice de la lumière, de Sa bénédiction et de Sa joie. Ceux qui sont dans cette position trouvent impossible d'aimer le Seigneur de tout leur cœur, de tout leur esprit, de toute leur âme, de toute leur force ; car d'après tout ce qu'ils savent de Lui, à travers cette fausse représentation de Son caractère, Il n'est pas digne de beaucoup d'amour. La crainte du Seigneur peut agir sur eux dans de telles circonstances, et peut être mise en balance avec le monde et ses bonnes choses, mais Sa « bonté » a comparativement peu de poids dans leur vie.
Devons-nous donc supposer qu'il n'y avait pas de saints dans le passé, parce que dans le passé ces fausses idées sur Dieu régnaient en maître parmi Ses enfants professants ? Devons-nous supposer que Luther, Melanchthon, Zwingli, Calvin, Knox, les Wesley et d'autres n'étaient pas des saints, et pas des cohéritiers de Christ dans le Royaume ? Non ; au contraire, nous présumons qu'ils étaient des saints, et qu'ils ont donné leur vie au service du Seigneur ; et nous ne mentionnons ces noms éminents qu'à titre d'illustration, et non pour dire qu'ils étaient les seuls saints de leur temps, et sans contester non plus qu'il y a eu des saints avant eux, tout au long des Âges des Ténèbres, ainsi que dans l'Église primitive.
Ce que nous affirmons, cependant, c'est que la théologie mixte, qui représente Dieu comme moitié amour et moitié diable, n'a jamais produit l'effet sanctifiant que nous voyons dans la vie de la classe que nous avons mentionnée. Nous soutenons que tous ceux qui ont atteint le point de sanctification décrit dans notre texte, et qui ont été capables de mettre en balance la vie présente et ses biens terrestres avec la faveur aimante de Dieu, et de préférer la faveur de Dieu plutôt que la vie, de sorte qu'ils étaient prêts à sacrifier les intérêts terrestres, afin d'avoir la faveur divine, à la fois en ce qui concerne la vie présente et celle à venir - que ceux-ci n'ont jamais atteint cette position grâce à leur théologie mixte, mais ont atteint cette haute position seulement dans la mesure où ils étaient capables d'oublier ou d'ignorer les blasphèmes humains et sataniques concernant le caractère divin, et de penser à Dieu du point de vue de la justice et de l'amour purs. Certains d'entre eux nous ont dit dans leurs écrits combien cette théologie inspirée par le diable leur pesait terriblement ; comment ils ont trouvé la théorie si contraire à toutes leurs conceptions de la justice, de la miséricorde et de l'amour divins, que la seule chose qu'ils pouvaient faire dans ces circonstances était de fermer les yeux de leur esprit au cauchemar de l'enfer, des démons et des tourments, et de dire au Seigneur : Seigneur, je ne peux pas comprendre cela, mais je T'accepte comme un Dieu d'amour et de justice, et je sais que lorsque je Te verrai tel que Tu es, et lorsque je verrai toutes les œuvres de Ton grand et merveilleux plan, alors je réaliserai, comme je ne peux pas le faire maintenant, dans quelle mesure la justice et l'amour divins sont compatibles avec cette terrible théorie des tourments éternels pour tous, sauf pour le Petit Troupeau, les élus.
C'est ainsi qu'en fermant les yeux sur l'erreur, et en ouvrant les yeux par la foi sur le vrai caractère de Dieu, corroboré par tant de déclarations de Sa Parole, la classe à laquelle nous nous référons, à travers toutes les obscurités de l'Âge des Ténèbres, a été en effet rendue capable d'aimer Dieu suprêmement, de sorte qu'elle n'a pas tenu compte de sa vie pour avoir Sa faveur ; elle était prête à renoncer à la vie et aux avantages terrestres, aux espoirs et aux faveurs, afin d'avoir la faveur divine maintenant et pour toujours. Et si, dans le passé, le peuple de Dieu a pu triompher malgré l'aveuglement, que dirons-nous de notre position aujourd'hui, maintenant que le temps est venu d'enlever ce voile qui a été étendu sur toutes les nations, afin que la vraie lumière de la connaissance de Dieu, qui brille dans le visage de Jésus-Christ notre Seigneur, brille dans nos cœurs et nous donne de voir par Sa Parole, et libérés de la tradition humaine et de la déformation satanique, la justice et la bonté de notre Dieu !
Comment allons-nous aujourd'hui mettre en balance cette question de la vie terrestre, de ses avantages, de ses privilèges, de ses espoirs et de ses buts avec la faveur de Dieu ? Eh bien, ce sera un test pour nous, tout comme cela a été un test à travers les âges. Ceux qui sont simplement heureux de découvrir qu'il n'y a pas de tourments éternels, et dont les cœurs ne sont pas touchés par la « bonté aimante » de Dieu, poursuivront leur route dans le monde, se réjouissant d'avoir été délivrés d'un esclavage d'erreur, mais ne retourneront pas rendre gloire à Dieu et s'offrir à Son service. Et ceux-ci, hélas ! sont la majorité ; comme les dix lépreux qui furent purifiés par notre Seigneur, dont un seul revint pour rendre grâce et devenir un disciple de Jésus. C'est ainsi que l'épreuve se poursuit aujourd'hui, comme par le passé ; car aujourd'hui, le Seigneur ne cherche que la classe du Royaume, que le Petit Troupeau, et il souhaite n'avoir en son sein que ceux qui L'aiment suprêmement - que ceux qui, ayant goûté à la bonté du Seigneur, désirent Ses faveurs et s’en régalent, les appréciant, les savourant, les estimant bien au-delà de tout plaisir terrestre, de tout espoir terrestre, de toute ambition terrestre, de tout amour terrestre.
Cette classe a toujours été la même, aujourd'hui et de tout temps, d'un seul esprit avec sa Tête. L'Apôtre Paul exprime leurs sentiments ; parlant de ce même sujet, et pesant la vie terrestre avec la faveur divine, il dit : « Mais les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte. Et je regarde même aussi toutes choses comme étant une perte, à cause de l'excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur, à cause duquel j'ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ et que je sois trouvé en lui ... pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort, si en quelque manière que ce soit je puis parvenir à la résurrection d'entre les morts » (Phil. 3 : 7-11). Le sentiment de l'Apôtre est celui de tous les saints ; c'est celui de tous ceux qui seront considérés comme des « vainqueurs », et qui seront considérés comme héritiers de la promesse d'être cohéritiers de Jésus. Rien de moins que cela ne suffira. Nous devons apprécier la faveur aimante de Dieu comme étant meilleure que la vie terrestre, sinon nous ne sommes pas dignes de Lui et ne sommes pas de la catégorie qu'Il recherche. Et il en est de même pour tous ceux qui ont l'esprit du Seigneur, comme pour l'Apôtre : dès qu'ils commencent à peser et à opposer la communion avec Dieu et les espérances éternelles qui y sont liées, aux amours et aux liens familiaux terrestres, aux ambitions et aux plaisirs terrestres, ces derniers leur paraissent tout à fait insignifiants en comparaison, comme des scories par rapport à l'or pur. Et de ce point de vue, ils renoncent volontiers à tout, abandonnant la vie elle-même pour la faveur de Dieu.
ATTEIGNANT LA MATURITÉ CHRÉTIENNE.
Mais ce plein développement ne se situe pas au début de l'expérience chrétienne chez nous, pas plus qu'il ne l'était au début de l'expérience de Paul. C'est un développement atteint par la croissance. Au tout début, cependant, il était nécessaire, avant que Paul ou nous-mêmes puissions être acceptés par le Seigneur, comme engendrés de la nouvelle nature, que nous mettions d'abord en balance la faveur aimante de Dieu et les biens terrestres, et que la balance penchât du côté de la faveur divine, afin que nous renoncions à l'autre, à la vie terrestre, aux espoirs terrestres, aux buts terrestres, aux plaisirs terrestres, en les consacrant au sacrifice, et ce, dans la mesure nécessaire pour conserver la faveur et la bénédiction divines.
A partir du moment où la balance a ainsi basculé du côté du Seigneur, et où nos cœurs Lui ont été consacrés, les choses terrestres ont commencé à perdre leur poids et leur valeur, à perdre leur appréciation à nos yeux, à mesure que nos yeux s'ouvraient plus largement aux choses célestes ; et ces dernières devenaient de plus en plus importantes pour nous, de plus en plus réelles, jusqu'à ce que nous puissions voir avec l'œil de la foi Celui qui est invisible à la vue naturelle, et la couronne de gloire, et les choses extrêmement grandes et précieuses que Dieu réserve à ceux qui L'aiment, et être de plus en plus fortifiés par ces choses. Ainsi, pour certains, ce n'est qu'après des semaines, des mois ou des années qu'ils sont parvenus à la position atteinte par l'Apôtre lorsqu'il a écrit, comme ci-dessus, que toutes les choses terrestres n'étaient désormais que perte et scories lorsqu'elles étaient comparées au Christ et à la bonté ou la faveur de Dieu à notre égard en Lui.
Cette faveur aimante de Dieu, si appréciée par les saints qu'ils consacrent tout ce qu'ils ont sur terre pour l'obtenir, n'est pas seulement une faveur en ce qui concerne les perspectives et les espoirs futurs - pas seulement en ce qui concerne le Royaume à venir et la gloire, l'honneur et l'immortalité qui seront alors accordés à ceux qui sont dans la faveur divine, mais elle s'étend à la vie présente. Peu à peu, nous en venons à apprécier la communion et la communauté avec le Père à un degré tel que l'interruption de cette communion provoque la détresse de l'âme. Et ce sentiment est magnifiquement exprimé dans l'hymne que nous chantons parfois :
« Soleil de mon âme, mon cher Père,
Je ne connais pas de nuit quand Tu es près de moi ;
O ne laisse aucun nuage terrestre se lever
pour Te cacher aux yeux de Tes serviteurs. »
Le véritable enfant de Dieu sera en si étroite communion avec le Père, et avec l'esprit de vérité, de droiture et d'amour, que tout ce qui pourrait interrompre ou entraver cette communion serait considéré comme une calamité, quelque douce ou précieuse qu'elle puisse être pour l'homme naturel. La Nouvelle-Créature est prête à la couper, même si elle lui est aussi chère qu'une main droite, à l'arracher, même si elle lui est aussi précieuse qu'un œil droit, plutôt que de laisser une chose terrestre s'interposer entre elle et la faveur divine dont elle a appris à jouir au point de la considérer comme meilleure que tout le reste de la vie.
« C'EST POURQUOI MES LÈVRES TE LOUERONT ».
Beaucoup de Chrétiens, confus dans le vacarme Babylonien des théories fausses et contradictoires, ont senti qu'ils voudraient faire connaître la louange du Seigneur ; mais alors, pour compenser cela, surgissent dans leur esprit de terribles erreurs qui, comme un grand cauchemar, obscurcissent leurs âmes et font taire leurs lèvres, de sorte qu'en règle générale, on trouve peu de gens prêts à parler du Seigneur et de Ses sujets, sauf ceux qui parlent soit par sens du devoir, soit par amour de l'argent et de la position mondaine. Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, si l'on supprimait les avantages de l'honneur et du salaire, et s'il fallait, pour être ministre du Christ, suivre l'exemple de l'Apôtre Paul et travailler de ses mains à quelque fabrication de tentes, presque tous les ministres de Babylone cesseraient de prêcher. En l'état actuel des choses, les plus doués et les plus intelligents d'entre eux ne peuvent être retenus dans le service qu'en faisant en sorte qu'il leur rapporte mieux en argent et en honneur des hommes que toute autre occupation qu'ils connaissent.
En revanche, ceux qui ont goûté à la grâce du Seigneur, qui ont compris que Sa faveur est meilleure que la vie, qui ont joyeusement placé sur Son autel tous biens, espérances et ambitions terrestres, se réjouissent d'annoncer la bonne nouvelle aux autres et de proclamer les vertus de Celui qui les a appelés des ténèbres à Son admirable lumière. Le message est trop bon pour le garder. Non seulement ils n'ont pas besoin d'être payés pour le publier, mais ils veulent que la proclamation de ce message et la jouissance de la faveur de Dieu qui en résulte pour eux leur coûtent quelque chose : de l'affliction, de l'argent, la perte des amitiés terrestres, la tension sinon la rupture de quelques liens de famille, la disgrâce du monde et des gens d'église (Manne du 31 octobre) ; oui, ils se réjouissent, en disant, dans la langue du Prophète : « Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu ».
Quelqu'un, peut-être, dira que c'est exagéré ; cela ne coûtera pas les amitiés terrestres ni les liens familiaux ; cela apportera le respect et l'honneur des hommes, et un salaire. Nous répondons : Non ! La Parole du Seigneur est toujours vraie ; Il demeure l'exemple pour tous ceux qui marcheront sur Ses traces. Pour quelle raison le Maître a-t-Il souffert la perte de Sa position sociale ? Pourquoi les docteurs en théologie de Son temps, et les notables du peuple religieux, Lui cachaient-ils pour ainsi dire leur visage ? Pourquoi se sont-ils finalement emportés contre Lui, et L'ont-ils haï au point de Le crucifier ? Est-ce à cause d'une mauvaise action de Sa part ? Non, mais « Il allait de l'avant en faisant le bien ». C'est parce qu'Il disait la vérité - des vérités auxquelles ils croyaient dans une large mesure, mais auxquelles ils avaient mêlé les « traditions des anciens », qui les aveuglaient et en faisaient des enfants des ténèbres. Notre Seigneur nous donne la clé de la situation lorsqu'Il dit : « Les ténèbres haïssent la lumière ». Les ténèbres ne haïssent pas la lumière au point de ne pas porter un vêtement de lumière pour tromper, et ainsi l'Adversaire, en inculquant les ténèbres d'une fausse représentation du caractère divin, prend soin que cette fausse doctrine soit toujours enrobée, dans une certaine mesure, d'un vêtement d'amour et de charité, comme une couverture de sucre. Il associe une fausse représentation blasphématoire du caractère divin, qui enseigne que Dieu précipite les masses de l'humanité pauvre et frêle entre les mains des démons pour la torture éternelle, avec des platitudes morales et des œuvres d'église, et d'autre part satisfait les désirs humains de vie meilleure en instituant des hôpitaux, des asiles, des orphelinats, etc., donnant ainsi à l'humanité l'impression qu'elle est vraiment meilleure que Dieu, car elle prendrait soin et aiderait les pauvres, les faibles et les déchus, alors que le Tout-Puissant les livrerait aux démons et aux tourments, et qu'Il l'a prévu et voulu ainsi dès le début - telle est leur théorie.
Ceux qui ont été trompés par Satan lors du Premier Avènement de notre Seigneur ont tellement détesté le glorieux message qu'Il a apporté, et tellement détesté Sa pureté et Sa véracité, qu'ils L'ont appelé le prince des démons, Béelzébul, et Il déclara à Ses disciples que s'Il était ainsi traité, ils ne devaient pas s'étonner de partager une expérience quelque peu similaire. Et comme Ses persécutions et Ses oppositions ne venaient pas du monde, des Gentils, des païens, mais des professants de sainteté de Son temps, ainsi tout au long des âges sombres, et à l'heure actuelle, ceux qui s'opposent au Seigneur et à la vérité ne sont pas des gens du monde, mais des sectaires que Satan a largement aveuglés par ses fausses doctrines et ses représentations erronées. Nous ne devons donc pas être surpris de constater, comme le Seigneur le déclare, que partout où Sa vérité passe, elle sera comme une épée pour séparer, et cela surtout dans le foyer et la famille. Et comme Il l'a déclaré, « Vous serez haïs de tous à cause de Mon nom » - Matth. 10 : 22.
Ces expériences ont pour but de nous éprouver, comme les expériences du Seigneur avaient pour but de L'éprouver. Il a consacré Sa vie pleinement et entièrement au début de Son ministère, lorsqu'Il a atteint l'âge de trente ans, et a symbolisé Sa consécration par le baptême. Il apprécia si pleinement la bonté et la faveur du Père céleste qu'Il n'eut pas besoin d'un instant d'hésitation pour décider que c'était mieux que la vie - pour décider de sacrifier la vie terrestre ; et Il commença immédiatement à proclamer les vérités concernant l'amour et la provision divins. Et Il comprenait bien, dès le début, que cela Lui attirerait la haine des professeurs nominaux du Judaïsme, et qu'en laissant ainsi Ses lèvres louer le Seigneur, Il le faisait au prix de Sa vie terrestre, et de toutes les bénédictions et privilèges qui y sont associés.
Il en va de même pour ceux qui marchent sur les traces de Jésus dans le chemin étroit ; quelle que soit leur surprise, ils se rendent compte que la proclamation de la bonne nouvelle d'une grande joie pour tous les peuples - la faveur aimante de notre Dieu, manifestée en Jésus-Christ notre Seigneur - racontée dans sa plénitude, suscite la haine, le mépris, la persécution de la chrétienté nominale d'aujourd'hui. Ceux qui aiment la vie présente serrent les lèvres et s'abstiennent de parler de Sa bonté aimante ; mais ceux qui sont fidèles à leur alliance, et qui apprécient la faveur du Seigneur comme étant « meilleure que la vie », manifesteront Sa louange à n'importe quel prix de nature terrestre.
Le message de bonnes nouvelles de la « moisson » qui est maintenant révélé au peuple consacré du Seigneur, par lequel il discerne la bonté aimante de Dieu, qu'il sent qu'il doit annoncer aux autres, non pas pour de l'argent, ni pour la réputation, mais au prix de la réputation mondaine, au prix de la perte financière, au prix des épreuves et des difficultés au foyer - ce message est le « chant nouveau » mentionné par le Prophète, que le Seigneur a mis dans la bouche de Ses consacrés. Il s'agit du même chant nouveau mentionné par notre Seigneur dans l'Apocalypse, que personne d'autre ne peut chanter, à l'exception des 144 000 élus, qui ont le nom du Père sur leur front - professé publiquement. Si d'autres entendent ce chant, ils ne peuvent pas le chanter, car cela coûte quelque chose de chanter ce chant. « Parce que Ta faveur aimante est meilleure que la vie [plus estimée par nous, plus que toute la vie terrestre et ses bonnes choses], mes lèvres Te loueront ».