Tandis qu'ils attendaient à Jérusalem la bénédiction de la Pentecôte promise, les onze Apôtres ont oublié le fait qu'ils ne devaient pas commencer leur travail, ni considérer qu'ils avaient le don de sagesse ou l'autorité d'en haut pour toute partie de celui-ci, avant de recevoir la bénédiction promise. Le choix de Matthias comme douzième Apôtre à la place de Judas fut donc une erreur ; en effet, bien qu'ils aient tiré au sort pour donner au Seigneur un choix, et que le sort soit tombé sur l'un des deux qu'ils avaient désignés, ils ont en cela outrepassé leur autorité. Le Seigneur avait Son propre choix pour celui qui prendrait la place de Judas, et celui-ci avait déjà subi une formation et une discipline spéciales « dès le sein de sa mère » - Gal. 1 : 15 ; Actes 9 : 15 ; Rom. 1 : 1 ; 11 : 13 ; 1 Cor. 1 : 1 ; 9 : 1.
Le nom choisi par le Seigneur pour le douzième Apôtre était, en langue Hébraïque, Saul, et en langue Grecque, Paul. Sous la supervision divine, et en vue de son travail futur, sans toutefois interférer avec sa volonté, le Seigneur avait soigneusement guidé, par rapport au lieu de naissance, aux opportunités, à l'éducation, etc., celui qu'il prévoyait être Son vase choisi pour porter Son message aux Gentils. Il était de bonne naissance, bien éduqué, héritant du droit privilégié de citoyen romain ; il était d'un esprit très religieux, Pharisien, fils de Pharisien.
Paul, comme d'autres de ses compatriotes, était zélé pour la Loi et pour les promesses faites à Israël. Il n'était pas un homme méchant, dans aucun sens du terme, mais, au contraire, il était moral, droit, religieux, ayant un zèle religieux qui l'a conduit à persécuter le Christ et Ses disciples comme hérétiques contre les institutions Mosaïques. Il nous dit lui-même qu'il a persécuté l'Église « en toute bonne conscience », mais il admet volontiers que, dans son langage à l'égard des Chrétiens, il a blasphémé le saint nom, et qu'il a été un adversaire des saints et un persécuteur. Dans son zèle religieux, nous dit-il, il était « extrêmement furieux » contre les Chrétiens, et « il a mis en prison des hommes et des femmes » - Actes 22 : 4 ; 26 : 11 ; 1 Tim 1 : 13 ; Phil. 3 : 5,6.
C'est parce que Paul de Tarse n'était pas un homme méchant, mais un homme bon, souffrant d'aveuglement et de mauvaises compréhensions, « un vrai Israélite », combattant la vérité par ignorance, que notre Seigneur l'a favorisé de la manière miraculeuse relatée dans cette leçon. En effet, nous pouvons supposer que le Seigneur a, d'une certaine manière, favorisé tous les « vrais Israélites », comme nous constatons, par exemple, qu'Il a favorisé Nathanaël, qui était d'abord sceptique quant à Sa condition de Messie, mais qui a reçu des preuves convaincantes en raison de sa sincérité. De même, nous pouvons supposer que certains de ceux qui furent convertis par les manifestations miraculeuses du jour de la Pentecôte et peu de temps après (des milliers), étaient peut-être parmi ceux-là mêmes qui, quelques jours auparavant, avaient pensé et peut-être parlé de Jésus comme d'un imposteur, et de Ses disciples comme des dupes à l'esprit superficiel. Le Seigneur a eu pitié de Nathanaël et l'a aidé d'une certaine manière, tandis qu'Il en a aidé d'autres, à la Pentecôte, d'une autre manière, par la manifestation de l'esprit ; et maintenant, d'une manière encore différente, Il a attiré l'attention de Saul, le convainquant rapidement qu'il était en train de faire tout le contraire de ce qu'il avait l'intention de faire.
Le cœur de Paul étant dans une bonne attitude - de loyauté envers Dieu, de zèle pour Dieu - il n'avait besoin que d'être remis en ordre ; et nous voyons qu'immédiatement le même zèle et la même ferveur d'esprit qui avaient autrefois persécuté l'Église ont été mobilisés en faveur de l'Église ; qu'il a volontiers tout abandonné pour suivre Christ, dès qu'il a reconnu son véritable caractère. Ces choses étant vraies, ceux qui se réfèrent à la « conversion » de l'Apôtre Paul, et qui la comparent à la conversion d'un malfaiteur ordinaire, montrent qu'ils se méprennent considérablement sur les faits. Si Saul de Tarse avait été un homme méchant, nous ne pourrions pas supposer que le Seigneur se serait intéressé à lui de cette manière, ni que des moyens miraculeux auraient été utilisés pour attirer son attention sur sa mauvaise conduite.
Le temps de Dieu pour traiter avec le monde incroyant n'est pas dans cet Âge - ce travail est laissé pour l'Âge millénaire. Il ne S'occupe maintenant que de ceux qui sont « vrais Israélites », honnêtes de cœur ; et c'est pour cette classe, et cette classe seulement, que s'exerce la providence du Seigneur et Son pouvoir d'attraction et de conviction. En d'autres termes, Dieu ne souhaite jamais changer la volonté d'un homme, mais lorsque sa volonté est droite et que ses idées, ses conceptions des convenances, sont fausses, il est en accord avec tous les principes de la justice que le Seigneur favorise ces personnes et ouvre les yeux de leur compréhension : et cette même règle est valable maintenant, comme le Prophète l'a déclaré : « Aucun des méchants ne comprendra, mais les sages comprendront », les vrais sages. Si des méchants acquièrent une connaissance partielle de la vérité, nous pouvons être sûrs qu'ils la perdront, car, comme le déclarent encore les Écritures, « La lumière est semée pour le juste, la joie pour ceux qui sont droits de cœur » (Ps. 97 : 11). Dieu a d'abondantes dispositions pour traiter d'autres classes dans l'avenir, « en temps voulu » - de la manière la mieux adaptée à leur cas.
Notre leçon nous montre Saül sur son chemin vers Damas, muni de l'autorité nécessaire pour faire arrêter les disciples du Seigneur, accompagné d'autres hommes qui, apparemment, étaient sous ses ordres comme une force de police. Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la clarté et l'éclat du soleil de midi en Palestine, d'une brillance éblouissante, noteront la force de l'affirmation concernant la grande lumière qui brilla soudainement sur Saül depuis le ciel vers midi. Il devait s'agir d'une lumière extrêmement brillante ; mais apparemment, elle n'a touché que Saül, et non ceux qui étaient avec lui, bien qu'ils l'aient vue et qu'ils aient noté son effet sur Paul, qui en fut aveuglé en tombant à terre. S'il était à pied, cela pourrait signifier qu'il s'est immédiatement prosterné, comme on dit de quelqu'un qu'il se prosterne devant un roi ; s'il était à cheval, cela pourrait signifier qu'il est descendu de cheval et s'est prosterné ; mais nous ne penchons pas pour l'idée, qui semble être la plus répandue, qu'il est tombé de cheval comme s'il avait perdu connaissance. Au contraire, au lieu d'être étourdi ou de s'évanouir, Saul semble avoir été en pleine possession de ses sens, et avoir compris qu'il était l'objet d'un miracle. La voix qu'il entendit n'était pas une voix d'approbation, comme il aurait pu s'y attendre, puisqu'il était censé participer au service divin, mais une voix de reproche : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». La clarté d'esprit de Paul est manifeste dans sa question : « Qui es-tu, Seigneur ? ». Il reconnut tout de suite que celui qui avait ainsi le pouvoir de l'arrêter dans son voyage était un seigneur, un puissant, mais il ne voulait pas se tromper, il voulait savoir qui était celui qui le réprimandait ainsi, afin d'en tirer le plus grand bénéfice. La réponse a dû être pour lui une surprise, presque un choc : « Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes ».
La réponse de Notre Seigneur nous montre combien Il est intimement lié à tous ceux qui sont vraiment à Lui ; ceux qui touchent Ses saints Le touchent, car ne sont-ils pas, comme le déclare l'Apôtre, « les membres particuliers du corps du Christ » ? Il est en effet « la Tête de l'Église, qui est son corps », et la Tête élevée Se soucie et S'intéresse même aux plus faibles et aux plus humbles de ceux qu'Il reconnaît comme Siens. Si nous gardons cela à l'esprit, cela nous sera d'un grand secours au milieu des épreuves et des persécutions - la pensée que nous « complétons ce qui reste des afflictions de Christ », que « comme il était, nous sommes aussi dans ce monde », et que pendant que nous sommes dans la chair, Christ est dans la chair, et que cela continuera jusqu'à ce que les derniers membres, même les membres pieds du corps, aient souffert et soient entrés dans la gloire. Souvenons-nous aussi, et surtout, de cela si, à quelque moment que ce soit, nous sommes tentés de nous montrer durs, de parler grossièrement ou de penser mal de l'un de nos « frères ». Considérons que, de même que nous sommes, avec toutes nos faiblesses et nos imperfections involontaires, des membres du Seigneur et des sujets de Son intérêt et de Ses soins, ainsi en est-il de tous les frères ; et que, dans la mesure où nous faisons, ou ne faisons pas, à l'un des plus petits de Ses frères, nous Lui faisons, ou ne Lui faisons pas, à Lui. Si cette pensée de la relation intime entre la tête et les membres pouvait être toujours vivante dans notre esprit, combien l'influence serait favorable ; combien de fois nous aurions l'occasion, non seulement de souffrir, en tant que corps du Christ, mais de souffrir avec les autres membres, et d'aider à porter leurs fardeaux. « Nous devons aussi donner notre vie pour nos frères » - 1 Jean 3 : 16 ; Héb. 2 : 11 ; Col. 1 : 24.
Il nous est dit que les compagnons de Paul virent aussi la lumière, mais n'entendirent pas la voix. Ailleurs, il est dit qu'ils entendirent la voix, mais ne virent personne. Ces déclarations ne doivent pas être considérées comme contradictoires, mais peuvent être comprises comme harmonieuses, si l'on se souvient que l'expression « entendre la voix » est parfois utilisée de deux manières différentes. Nous pouvons dire à un ami : « Je n'ai pas entendu ce que tu as dit ». Et encore, en parlant de la même chose, nous pourrions dire : « J'ai entendu une voix ou un son, mais je n'ai pas distingué les mots ». Ces deux affirmations peuvent sembler contradictoires, mais elles sont en réalité tout à fait en harmonie ; il en est ainsi de ces deux comptes rendus des paroles de l'Apôtre. La voix a été entendue par tous, mais le message par Saul seulement.
Paul était un homme très pratique, et dès qu'il comprit qui l'avait ainsi arrêté dans sa course à l'erreur, il demanda immédiatement : « Seigneur, que dois-je faire ? ». Ceci représentait beaucoup ; ceci signifiait : je suis impatient maintenant de me défaire de ce que j'ai fait jusqu'ici par erreur ; je suis impatient d'être Ton serviteur ; je Te demande des ordres ; je suis prêt à obéir. Il dit, tremblant et étonné : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Actes 9 : 6). Ceci, le langage et l'attitude de toutes les âmes sincères, signifiait un abandon total. Cela signifiait : je ne suis pas plus sincère maintenant que je ne l'étais avant, mais les yeux de mon intelligence ont été ouverts, bien qu'il m'en ait coûté la perte de ma vue naturelle. Laisse-moi démontrer, ô Seigneur, que mon crime contre Toi n'était pas de cœur, mais simplement une mauvaise compréhension de la tête ; laisse-moi donner ma vie à Ton service.
Et telle semble être l'attitude du vrai peuple du Seigneur aujourd'hui : ceux qui ont été aveuglés pendant des années par des conceptions erronées du caractère et du Plan divins, et qui ont blasphémé le saint nom de Dieu par ignorance, en Le représentant mal, Lui et Son Plan, et qui ont persécuté Jésus en s'opposant à Sa vérité et à ceux qui la soutiennent - ceux-là, quand maintenant les yeux de leur compréhension s'ouvrent, sentent comme Saul ; que le reste de la vie n'est que trop petit et trop court pour manifester les louanges de Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière ; de Celui qui a eu pitié de nous, et qui a gracieusement brillé dans nos cœurs pour donner la lumière de la connaissance de la gloire de Dieu, telle qu'elle brille sur le visage de Jésus-Christ notre Seigneur (2 Cor. 4 : 4). Ceux qui ne sentent pas leur cœur s'enflammer, et qui n'éprouvent aucun désir de s'engager au service du Seigneur et de Sa vérité, n'ont pas l'esprit de l'Apôtre - n'ont pas l'esprit qui est le plus agréable au Seigneur et le plus estimé parmi ceux qui ont l'esprit du Seigneur. Et si nous avons cet esprit ou cette disposition dans une certaine mesure, cultivons-le, en pensant aux grandes choses que le Seigneur a faites pour nous, et en considérant le peu que nous sommes capables de faire en retour pour manifester la reconnaissance que nous ressentons et que nous devrions ressentir.
La réponse du Seigneur, qui envoie Paul à Damas et l'informe que « il te sera dit ce que tu dois faire », nous montre que Paul était dans la pensée et le plan divins à l'avance. Le Seigneur savait qu'il était honnête, et qu'il était de ceux qui, lorsque la vérité brillerait dans leur cœur, ne désobéiraient pas à la vision céleste, mais seraient prompts à consacrer leur vie, leur tout, au service du Seigneur et des frères. En vérité, « le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ». La même pensée nous est suggérée en notant la réponse du Seigneur à Ananias, lorsque celui-ci craignait d'aller vers Saul. Le Seigneur dit : « Va, car il m’est un vase d'élection pour porter mon nom devant les nations et les rois, et les enfants d'Israël ; car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom ». Un tel langage ne pouvait être utilisé par le Seigneur à l'égard de quelqu'un dont le cœur n'était pas déjà pleinement consacré à la volonté et au service divins, quelle que soit l'ignorance avec laquelle il avait été détourné. Ainsi, aujourd'hui, nous pouvons avoir plus d'espoir pour certains qui sont franchement opposés et hostiles à la vérité et à ses serviteurs que pour d'autres qui sont ses amis très froids et indifférents. Les premiers peuvent être sincèrement consacrés, mais aveugles, et si c'est le cas, le temps du Seigneur viendra pour que leurs yeux mentaux s'ouvrent, et alors nous pouvons être sûrs qu'ils seront parmi Ses plus fidèles disciples.
La lumière merveilleuse qui frappa ses yeux détruisit sa vue. « Saül se leva de terre et, les yeux ouverts, il ne vit personne ; mais on le prit par la main et on le conduisit à Damas ; il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but ». Nous pouvons être sûrs, cependant, que pendant ces trois jours, il a beaucoup réfléchi - s'efforçant de saisir, autant que possible, les leçons de ses merveilleuses expériences. Il nous dit qu'il a compris que son expérience n'était rien d'autre que sa vision de Jésus. Nous ne devons pas supposer qu'il ait vu le corps spirituel de notre Seigneur dans sa merveilleuse gloire, car nous devons nous souvenir de la déclaration biblique selon laquelle notre Seigneur est maintenant l'image expresse de la personne du Père ; et nous nous souvenons aussi qu'il est déclaré que nul ne peut voir Dieu et vivre ; qu'Il demeure dans une lumière dont nul ne peut s'approcher. Et puisque notre Seigneur Jésus est Son image et Sa ressemblance expresses, ceci doit être également vrai pour Lui. Saul n'était qu'un homme, et ne pouvait donc pas voir ce qu'aucun homme ne peut voir, et vivre. Qu'a-t-il donc vu ? Nous répondons qu'il a vu une représentation de la gloire de Jésus. Comme il ne pouvait pas voir la plénitude de cette gloire et vivre, il ne lui a été permis d'en voir qu'une partie, et cette partie a détruit sa vue. Ceci nous démontre la vérité de l'affirmation selon laquelle la gloire divine, si elle était pleinement révélée à l'homme, provoquerait la mort. Néanmoins, une telle apparition de la gloire du Seigneur à Paul a fait de lui un témoin aussi réel de la résurrection de Jésus que les onze autres Apôtres, car eux non plus n'ont pas vu Jésus, en réalité, dans Sa glorieuse personne spirituelle ; ils L'ont vu tel qu'Il apparaissait dans des corps de chair, revêtus dans le but même d'apparaître et d'instruire ; Paul L'a vu partiellement, c'est-à-dire qu'il a vu une partie de la lumière de Sa présence glorieuse, suffisante pour lui donner l'assurance absolue que Jésus n'était plus, comme il l'avait supposé, le Nazaréen mort, mais le Seigneur céleste, ressuscité, glorifié, un esprit vivifiant.
Remarquons comment le Seigneur a choisi un homme dévoué parmi les disciples, lorsqu'Il a voulu envoyer un message à Paul, le rapport étant qu'Ananias était considéré parmi les Juifs comme un homme de bien ; et ainsi nous devrions toujours nous attendre à ce que ceux que le Seigneur choisirait comme Ses messagers spéciaux soient des hommes de bien, des hommes dévoués, des hommes pieux - pas frivoles, pas mondains, pas immoraux. Et si jamais nous en trouvions qui, se prétendant être les ministres de la vérité, étaient d'un caractère immoral, nous aurions de bonnes raisons d'en douter, ou de supposer que si le Seigneur les avait utilisés une fois, Il ne les utiliserait plus après qu'ils aient quitté des voies de la justice. Néanmoins, nous devons nous rappeler que nous ne devons pas juger hâtivement d'après le témoignage des mondains, et surtout pas d'après le témoignage des ennemis de la vérité, quelque religieux que ces ennemis puissent prétendre être, mais nous devons nous rappeler la parole de notre Seigneur : « Ils diront faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi ».
Bien que le Seigneur, par les mains d'Ananias, ait fait un miracle aux yeux de Saul, de sorte que des écailles en tombèrent, et qu'il put regarder Ananias, nous avons néanmoins toutes les raisons de croire que ses yeux ne retrouvèrent jamais leur ancienne force, et que c'est pour cette raison que les frères chrétiens auraient volontiers arraché leurs propres yeux pour lui (Gal. 4 : 15) ; c'est aussi pour cette raison que, bien qu'il soit un homme érudit, il n'a écrit que très peu de ses propres épîtres, et qu'il était largement dépendant de ses compagnons, bien qu'il soit lui-même toujours le principal orateur et rédacteur. C'était l' « écharde dans la chair », que le Seigneur n'a pas voulu enlever entièrement, et dont l'Apôtre a appris à se réjouir en fin de compte, lorsqu'il a su que, grâce à elle, la miséricorde et la grâce de Dieu abonderaient d'autant plus à son égard - Gal. 6 : 11 ; 2 Cor. 12 : 7-9.
Il en va de même pour nous : nous pourrions être enclins à penser que si nous avions plus de talents et de capacités, ou si nous étions soulagés de certaines faiblesses de la chair, ce serait mieux pour nous et pour la cause du Seigneur ; pourtant, nous devons nous rappeler les paroles du Maître, à savoir que nous devons « chercher d'abord le Royaume des cieux », et que toutes les choses nécessaires d'ordre terrestre nous seront données en plus. Nos désirs et nos prières ne doivent pas porter sur les choses terrestres que recherchent les païens, mais principalement sur les choses spirituelles. Nous devons nous rappeler qu'en ce qui concerne nos intérêts terrestres, ils ont tous été confiés au Seigneur, et qu'il sait de quoi nous avons besoin avant que nous le Lui demandions, et qu'Il a promis de faire pour nous, dans tous les domaines, des choses bien meilleures que ce que nous pourrions demander ou penser, du point de vue de nos intérêts spirituels et éternels. Nous ne voudrions sûrement pas de bénédictions temporelles qui nous empêcheraient, à quelque degré que ce soit, d'atteindre les promesses extrêmement grandes et précieuses - les choses spirituelles que Dieu réserve à ceux qui L'aiment.
Notons bien le message que Dieu a envoyé à Paul par l'intermédiaire d'Ananias. « Le Dieu de nos pères t'a choisi d’avance pour connaître sa volonté, et pour voir le Juste, et entendre une voix de sa bouche ». Ah ! combien peu réalisent en effet la vérité de la déclaration du Maître : « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ». Combien peu se rendent compte que Dieu, durant le temps présent, ne cherche pas à rassembler le monde dans Ses bras, mais simplement, comme le déclarent abondamment les Écritures, à prendre parmi les gens un peuple particulier, un Petit Troupeau, pour constituer l'Épouse, la femme et la cohéritière de l'Agneau. Si tous ceux qui ont entendu la voix de Jésus leur parler par Sa Parole, et qui, avec l'œil de la foi, L'ont vu, et dans le cœur desquels la lumière de la gloire de Dieu, supérieure à l'éclat de toute lumière terrestre, a brillé, pouvaient seulement se rendre compte de la grande faveur qui leur est accordée, ce serait en effet un grand stimulant pour apprécier les privilèges ainsi mis à leur disposition. Ils verraient que tout cela signifie que nous sommes appelés à collaborer avec Dieu, à être des compagnons de souffrance avec Jésus dans cet Âge de l'Évangile du sacrifice pour la justice, et à être des cohéritiers avec Lui dans l'Âge à venir, dans lequel le règne de la justice prévaudra pour la bénédiction de toutes les familles de la terre, et la suppression de Satan et du péché.
Telle était la pensée transmise à Paul : l'expérience qui lui était parvenue signifiait qu'il avait été trouvé dans un état de cœur tel qu'il était digne d'être témoin pour Dieu et pour Jésus des choses qu'il avait vues et entendues. Il en va de même pour chacun de nous : nous ne devons pas essayer de raconter aux autres des choses que nous n'avons pas vues et entendues nous-mêmes ; mais il faut d'abord ouvrir l'œil de l'appréciation et de la foi, et déboucher l'oreille de l'entendement, puis, à partir de ce que nous entendons nous-mêmes du Seigneur, par l'intermédiaire de Ses agences et de Ses ministres désignés, nous devons à notre tour le redire aux autres - en dispensant la faveur divine selon notre capacité d'appréciation et d'expression.
La déclaration du Seigneur à Ananias au sujet de Paul était la suivante : « Il m’est un vase d'élection ... Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Actes 9 : 15,16). Ainsi en est-il de tous les élus du Seigneur, comme le Capitaine de notre salut, Jésus, chacun doit apprendre et prouver son obéissance et sa loyauté au Plan divin en souffrant dans le temps présent, afin d'être ainsi équipé et préparé pour la gloire, l'honneur et l'immortalité du Royaume. Et le fait d'être choisi pour souffrir beaucoup implique une qualification pour la gloire supérieure qui suivra. C'est ainsi qu'il en a été pour notre Seigneur et pour les Apôtres ; et c'est ainsi qu'il est écrit, pour notre encouragement, que les souffrances du temps présent nous procurent « un poids éternel de gloire, en mesure surabondante » - 2 Cor. 4 : 17.
Notons aussi et appliquons les paroles d'Ananias : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi et sois baptisé, et te lave de tes péchés, invoquant son nom ». Cette allocution a un caractère direct digne d'être imité par tous ceux qui ont une influence sur les autres et qui cherchent à les amener dans le droit chemin. Exhortez-les à la promptitude, à une pleine et complète obéissance, à une entière confession du Seigneur et de la Vérité. S'ils ne sont pas enclins à obéir promptement après que les yeux de leur foi ont vu le Seigneur, après que leurs oreilles ont entendu Sa voix, il est bien moins probable qu'ils le seront après un certain temps, lorsque le monde, la chair et le diable leur diront : N'allez donc pas à l'extrême : soyez modérés ; ne vous consacrez pas complètement au Seigneur. Vos voisins, vos amis penseront que vous êtes fous, cela gênera vos espérances, vos perspectives et fera de vos amis des ennemis. Cela vous coûtera trop ; allez doucement (Manne du 2 décembre). Le bon chemin à suivre pour toute personne qui veut donner une instruction est celui d'Ananias, pour favoriser une obéissance rapide. Le temps passé de notre vie nous suffit pour avoir déformé le Seigneur, Son caractère et Son plan dans une certaine mesure. Le reste de la vie est bien trop court pour mettre en valeur la louange de Celui que nous voyons maintenant comme le glorieux, l'auteur et le finisseur de notre foi.
Le baptême de Jean, qui fut instauré pour les Juifs, était un baptême de repentance et de rémission des péchés - non pas du péché originel, mais des péchés contre l'Alliance Juive, et des péchés contre Jésus, le Messie qui a accompli cette alliance. Ce baptême de Jean était celui qui convenait aux Juifs ; car tout Juif qui était en harmonie avec son Dieu et avec son alliance avait son péché originel couvert sous l'arrangement de la Loi Mosaïque, dans les sacrifices qui avaient lieu année après année, continuellement, jusqu'à ce que vienne le grand sacrifice, l'antitypique, qui supplantait tous les autres. Tout véritable Israélite, qui était en Moïse sous l'Alliance de la Loi Juive, en vertu de l'œuvre du Christ qui a pris la place de Moïse et qui a substitué la Nouvelle Alliance à l'Alliance de la Loi, a été, pour ainsi dire, transféré de l'ancienne à la nouvelle, de Moïse au Christ, et la couverture typique du péché originel est devenue réelle en Christ. C'est pourquoi les Juifs étaient partout appelés à se repentir et à être baptisés pour la rémission de leurs péchés contre leur alliance, afin d'être ainsi en plein accord avec le Seigneur. Ce baptême pour la rémission des péchés, le baptême de Jean, était destiné aux Juifs seulement, et non aux Gentils, qui n'étaient pas sous l'alliance Mosaïque ni en Moïse (baptisés en Moïse - 1 Cor. 10 : 2), et donc, dans le transfert de l'institution Mosaïque dans la Chrétienne, nous n'avons pas été transférés en Christ. Le baptême pour les païens signifie une admission dans le Christ - dans le corps ou l'Église du Christ, comme l'explique l'Apôtre - Rom. 6 : 3-5.
Notant que l'Apôtre Paul était un disciple si fidèle du Seigneur Jésus, et que son illumination, à bien des égards, illustre si clairement notre propre illumination spirituelle en ce temps de moisson, prenons à cœur le Texte d'Or, les paroles de l'Apôtre : « Je n'ai pas désobéi à la vision céleste ». Nous, chers frères et sœurs, qui avons vu dans la lumière de ce temps de moisson la lumière de la présence du Seigneur (parousie), brillant plus que toute lumière terrestre, donnant une lumière de la connaissance de la gloire de Dieu, nous montrant quelque chose du caractère et du Plan divins - ne soyons pas désobéissants à la vision céleste, mais fidèles à nos privilèges et à nos possibilités en laissant la lumière qui a brillé dans nos cœurs et nos esprits briller aux yeux des autres dans nos paroles et dans les épîtres vivantes de nos vies, afin que les hommes puissent glorifier notre Père qui est dans les cieux.