- Matthieu 28 : 16-28 -
La manifestation suivante de notre Seigneur à ses disciples eut lieu vers la fin des quarante jours de Sa présence invisible après Sa résurrection. Ce fut, selon nos informations, la sixième apparition de ce genre, et beaucoup plus remarquable à certains égards que les précédentes, car, comme d'autres, nous croyons qu'à ce moment-là, notre Seigneur S'est manifesté non seulement aux onze apôtres mentionnés dans notre leçon, mais aussi à toute la multitude des croyants que l'Apôtre Paul mentionne comme étant « plus de cinq cents frères » (1 Cor. 15 : 6). Cette rencontre, nous dit-on, s'est déroulée en un lieu et à un moment précis, ce qui a permis à tous ceux qui étaient profondément intéressés de se réunir. Le Dr. Bordman pense que certains de ceux qui composaient ce nombre étaient « les onze apôtres, les soixante-dix évangélistes, Marie de Nazareth, Marie de Magdala, Marie de Béthanie, Marie la femme de Cléophas, Marie la mère de Jean Marc ; Marthe, Jeanne, Suzanne, la femme du puits de Jacob, la mère de la femme de Pierre, l'homme infirme de Bethsaïda, le centurion de Capharnaüm, la veuve de Naïn, la femme pénitente du festin de Simon, la femme guérie en chemin ; Jaïrus et sa fille, et Bartimée ; la femme syro-phénicienne, et la sourde-muette de Décapolis ; le lépreux reconnaissant de Samarie, et la femme liée par un esprit d'infirmité ; Zachée et Lazare, qu'Il a ressuscité des morts ; et l'aveugle, le sourd, le muet, le paralysé et le dément qu'Il a guéri ; et Joseph et Nicodème ». Nous nous attendrions certainement à ce que ceux-ci fassent partie des amis de notre Seigneur qui avaient une grande confiance en Lui, et qui, après avoir éprouvé une grande déception au sujet de Sa mort, auraient vu de grands espoirs ravivés dans leurs cœurs par les rapports des Apôtres sur Sa résurrection et Ses manifestations à leur égard.
Sage fut le plan qui donna à Ses disciples les « preuves infaillibles » de Sa résurrection, et les instructions nécessaires pour les apprécier, d'une manière aussi graduelle que nous l'avons vu. Trois manifestations le jour de la résurrection de notre Seigneur ; une autre une semaine plus tard, le huitième jour ; la cinquième probablement deux semaines plus tard, le 22e jour après Sa résurrection, et maintenant la sixième manifestation, probablement dix jours après, vers le trente-deuxième jour. Ainsi, progressivement, les deux leçons nécessaires ont été enseignées : (1) le fait de la résurrection de notre Seigneur, qu'Il n'était plus mort mais vivant ; et (2) qu'Il était « changé », qu'Il n'était plus « l'homme Jésus-Christ », mais qu'Il était maintenant « un esprit vivifiant » , manifestant les pouvoirs et les attributs dont ils savaient qu'ils appartenaient aux êtres spirituels - l'invisibilité et le pouvoir d'apparaître sous diverses formes comme un homme - le pouvoir d'aller et venir comme le vent, sans que personne ne sache d'où il venait ni où il allait - Jean 3 : 8.
Nous notons aussi la sagesse manifestée dans l'ordre des apparitions : d'abord à Marie, qui semble avoir été une femme remplie de foi aussi bien que de zèle, et dont la parole aurait eu de l'influence sur les Apôtres ; ensuite Pierre, un de leurs conducteurs, a été convaincu ; puis le reste des onze, sauf Thomas, qui a douté ; puis les onze, Thomas inclus, et peut-être certaines des femmes avec eux, non mentionnées ; puis ce qui leur paraissait être un long intervalle de non-apparition, pendant lequel certains d'entre eux sont retournés à la pêche ; puis la démonstration à ces derniers que le Seigneur ressuscité avait toute la puissance qu'Il avait toujours possédée, et qu'Il était tout aussi capable d'être avec eux, de les guider et de pourvoir à leurs besoins que lorsqu'Il était un homme, et qu'Il était avec eux chaque jour dans la chair ; puis l'instruction qu'ils devaient encore avoir pour mission de paître Ses brebis et Ses agneaux ; et Sa nomination pour cette assemblée générale, qui serait rendue doublement significative en raison de Sa nomination antérieure.
Le moment était venu ; les amis de Jésus étaient réunis ; depuis près de cinq semaines, ils avaient étudié les grandes leçons de la providence divine liées à la mort et à la résurrection du Seigneur, et comment tout cela avait pu Lui arriver et qu'Il soit encore le Messie promis - oui, comme Il l'avait expliqué, comment toutes ces choses Lui étaient nécessaires pour qu'Il puisse être le Messie et accomplir toute l'œuvre grande et merveilleuse prédite dans l'Écriture Sainte - comment Il devait d'abord souffrir pour racheter l'humanité, avant que, en tant que Roi de Gloire, Il soit pleinement autorisé et habilité à la bénir avec la vie éternelle et tous les privilèges et bénédictions propres aux rachetés et aux réconciliés.
Quand ils Le virent, ils L'adorèrent, « mais quelques-uns doutèrent ». Nous ne pouvons pas raisonnablement supposer que ceux qui doutaient étaient l'un ou l'autre des onze Apôtres, car ils étaient pleinement satisfaits, complètement convaincus, et s'étaient exprimés ainsi auparavant. Ceux qui doutaient devaient, à notre avis, être certains des « cinq cents frères » présents à cette réunion désignée, qui n'avaient pas eu de rapports préalables avec Lui depuis Sa résurrection, et dont certains, nous pouvons raisonnablement le supposer, étaient beaucoup plus faibles dans la foi que les Apôtres et les amis particuliers avec lesquels ils avaient déjà communié. L'affirmation selon laquelle « certains doutaient » est une preuve de la sincérité du récit de l'évangéliste. Cela nous montre aussi que les disciples du Seigneur n'étaient pas excessivement crédules, mais plutôt disposés à passer au crible et à peser les preuves présentées, et le zèle, l'énergie et l'esprit de sacrifice de ceux qui ont cru par la suite nous donnent des preuves abondantes de la sincérité de leurs convictions concernant la résurrection de notre Seigneur, qu'ils reconnaissent, tout comme nous, comme la clé de voûte de notre foi en Lui. « Et si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés » - 1 Cor. 15 : 17.
Lorsque notre Seigneur est apparu, Son message était celui-là même qu'Il leur fallait faire comprendre, et qu'Il avait fait comprendre dans une certaine mesure lors de Ses précédentes apparitions. C'était que tout pouvoir dans le ciel et sur la terre Lui avait été donné. Nous ne devons pas comprendre par-là que le Père a abdiqué ou abandonné une partie de Son pouvoir ou de Son autorité, mais nous devons plutôt nous rappeler que, comme l'Apôtre Paul le dit ailleurs, dans toute déclaration de ce genre, le Père est toujours exclu (1 Cor. 15 : 27). Nous ne devons pas non plus comprendre que notre Seigneur a voulu dire qu'Il avait le pouvoir et l'autorité de mettre de côté ou d'annuler ou de violer un élément quelconque de la loi et du plan divins. Nous devons plutôt comprendre que Ses paroles signifient ceci : Je suis venu dans le monde pour faire la volonté du Père, et en manifestant Mon obéissance à cette volonté, et en remplissant ses exigences, non seulement pour racheter l'humanité de la condamnation à mort par Adam, mais aussi pour m'assurer le titre et l'autorité promis par le Père comme devant appartenir au Messie. Dès le moment où J'ai fait Ma consécration, J'ai été reconnu comme le Messie, mais Ma qualité de Messie dépendait de Ma fidélité jusqu'à la mort - même la mort de la croix. J'y ai été fidèle et, en récompense, le Père M'a ressuscité d'entre les morts, en Me faisant participer à la nature divine et en Me rendant héritier de toutes les gracieuses promesses et bénédictions mentionnées auparavant et se rapportant au Messie. Tout ce pouvoir et cette autorité messianiques, qui étaient autrefois à Moi de manière imputée ou prospective, M'appartiennent maintenant de manière effective ; car J'ai achevé l'œuvre que le Père M'a donnée à faire, et cela de manière acceptable ; et cette acceptation s'est manifestée dans Ma résurrection jusqu'à Ma condition actuelle de gloire et de pouvoir spirituels - Actes 17 : 31.
« C'est pourquoi allez, faites de toutes les nations des disciples ». Leur mission d'aller le faire connaître comme Messie était fondée sur le fait que le Père avait accepté Son œuvre, achevée au Calvaire, et L'avait reconnu avec pleine autorité comme Messie, par Sa résurrection d'entre les morts : pour cette raison nous pouvons prêcher Jésus, la puissance de Dieu et le canal de toutes Ses miséricordes et bénédictions promises à tous ceux qui ont « une oreille pour entendre », à toutes les nations, et non, comme auparavant, à la seule nation Juive.
Après avoir affirmé Son autorité en tant que Messie, notre Seigneur, S'adressant en particulier aux onze Apôtres, mais indirectement, avec eux et par eux, à tous Ses disciples, Il leur a donné, ainsi qu'à nous, la grande mission sous laquelle nous, Son peuple, avons opéré depuis lors. On pourrait qualifier cela d'ordination de Ses apôtres et de tous Ses disciples comme prédicateurs, ambassadeurs, membres de la Sacrificature Royale, parlant et enseignant au nom du Maître, le Messie pleinement investi de pouvoirs. La mission se divise elle-même en trois parties : (1) « Faites de toutes les nations des disciples » ; (2) « baptisez-les » ; (3) « enseignez-les ». Le mot enseigner, dans la version commune (vs. 19) n'est pas issu du même mot grec rendu par « enseigner » au vs. 20. Le mot du verset 19 signifie prosélytisme ou faire des disciples. Le mot « enseigner » du verset 20 signifie instruire.
Beaucoup d'étudiants des Écritures tirent de ce texte une idée fausse, lorsqu'ils considèrent qu'il signifie : Allez et convertissez toutes les nations. Telle n'est pas la pensée, mais plutôt : Allez et rassemblez des convertis de toutes les nations, baptisez-les et enseignez-les, etc. Cette conception est en accord avec la déclaration de notre Maître en d'autres occasions, dans laquelle Il a témoigné qu'ils ne seraient pas convertis lors de Sa Seconde Venue, mais tout le contraire : « Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Cette interprétation est en harmonie avec la déclaration de notre Seigneur dans Matthieu 24 : 14, « Cet Évangile du Royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin ». Quiconque a une fausse idée de la mission est susceptible de prendre de mauvaises mesures pour s'y conformer. Ceux qui ont conclu que le Seigneur avait l'intention de convertir le monde sont conduits à divers subterfuges, tant dans leur esprit que dans leur conduite, pour tenter d'exécuter la mission qu'ils ont mal comprise. Cela conduit certains, à l'heure actuelle, à ignorer la définition scripturaire des conditions d'appartenance au Royaume du Christ - à abaisser le niveau de la foi et de la conduite, afin d'admettre une plus grande proportion de la famille humaine et afin, si possible, de se convaincre eux-mêmes et de convaincre les autres que le monde s'améliore et se convertit. Certains ont non seulement conclu que la prédication de la croix du Christ et de la foi en la rédemption n'est pas nécessaire, mais ils sont même allés plus loin, et ont prétendu que même une connaissance historique du Christ n'est pas nécessaire, et que les religions païennes doivent être considérées comme faisant partie de la prédication de l'Évangile, et que l'obéissance des païens à leurs coutumes religieuses doit être considérée comme une obéissance à l'Évangile. C'est ainsi que des conceptions plus ou moins fausses de la mission égarent beaucoup de gens qui ne voient aucun espoir de parvenir un jour à ce que notre Seigneur a ordonné il y a près de dix-neuf siècles, et qui, autrement, leur semblerait avoir jusqu'ici échoué lamentablement et n'avoir aucun espoir d'être jamais accompli.
D'autre part, nous considérons que la mission, lue et comprise correctement, a été accomplie ; que le message du Christ et du Royaume a été proclamé, directement ou indirectement, avec plus ou moins de force et d'énergie, dans toutes les nations sous le ciel, et que, par conséquent, des hommes de chaque nation sont devenus des disciples ; et qu'accessoirement, un « témoignage » a été rendu à tous les peuples de la terre concernant la rédemption et les dispositions divines pour le salut par le Rédempteur. Parmi ces disciples rassemblés de toutes les nations par le message du Seigneur, on trouvera un « petit troupeau » à qui le Père aura le bon plaisir de donner le Royaume, en cohéritage avec Jésus dans la gloire comme la Semence d'Abraham, par laquelle, dans l'Âge millénaire qui suivra, toutes les familles de la terre seront bénies. Ce n'est que de ce point de vue que la mission de notre Seigneur peut être appréciée à sa juste valeur et son accomplissement reconnu.
DISCIPLINER LE MONDE.
Le travail de l'évangéliste vient en premier - Allez, faites des disciples de tous ceux qui écouteront votre message. Le mot « disciple » signifie élève, et ceux qui sont intéressés par l'évangéliste ne sont censés être que des élèves à l'école du Christ, dans le stade primaire. Au fur et à mesure qu'ils sont instruits dans la justice, leur consécration complète est requise, comme le représente le baptême - mort à soi-même et au monde - enseveli avec Christ par le baptême dans Sa mort (Rom. 6 : 3-5). Puis vient la troisième étape, qui consiste à leur apprendre à observer tout ce que le Christ a commandé. Toute négligence de cette mission et de son ordre de procédure signifie un échec complet ; et pourtant, nous voyons partout que ses caractéristiques spécifiques sont négligées. Nous constatons que la majorité des chrétiens déclarés procèdent d'abord au baptême, dans un ordre erroné et d'une manière erronée. Deuxièmement, ils font d'eux des disciples dans des dénominations sectaires et les font membres de celles-ci, et les amènent à consacrer leur argent et leurs énergies à celles-ci plutôt qu'au Seigneur. Troisièmement, après les avoir ainsi mis dans un état d'esclavage sectaire, ils les négligent et vont à la rencontre des autres, en omettant totalement de leur donner l' « enseignement » que le Seigneur indique comme étant nécessaire pour les préparer à devenir cohéritiers dans Son Royaume - un enseignement concernant le caractère et le plan divins, les grâces de l'Esprit Saint et la nécessité d'extirper l'esprit de mondanité et d'égoïsme, et de développer l'Esprit du Seigneur - la douceur, la bienveillance, la patience, la bonté fraternelle, l'amour.
Pour suivre les instructions du Seigneur, la Sacrificature Royale doit d'abord, lorsqu'elle exerce la discipline, informer ceux qui ont des oreilles pour entendre qu'ils sont des pécheurs par la chute, imparfaits en pensée, en parole et en acte, et par conséquent inacceptables pour Dieu et sous le coup d'une sentence de mort, de destruction, mais que Dieu a pris des dispositions pour les sauver et les ramener en harmonie avec Lui et à la vie éternelle : que le Christ Jésus, en harmonie avec le plan du Père, a payé la peine du péché et de la condamnation adamiques, et a ainsi racheté toute la race d'Adam, et Se propose de rendre la liberté à tous ceux qui Lui obéissent. Il offre maintenant la libération par la foi à tous ceux qui ont une oreille qui entend – « tous ceux que le Seigneur votre Dieu appellera », et ceux qui entendent et acceptent l'appel peuvent se considérer comme « justifiés par la foi », comme ayant leurs péchés couverts, et comme étant ainsi réconciliés avec le Père par la foi en Christ ; et maintenant, s'ils deviennent des disciples du Christ, ils peuvent devenir des co-sacrificateurs avec Lui, et être faits cohéritiers dans Son Royaume, et dans Sa grande œuvre de bénédiction du monde.
Ceux qui s'intéressent au message demanderont comment ils peuvent y parvenir, et la réponse doit être que la pleine acceptation de la condition de disciple doit être exprimée par une consécration totale, du cœur, de l'esprit et du corps, au Seigneur - même jusqu'à la mort ; et que cette soumission de la volonté au Seigneur est considérée comme un baptême, un enterrement, une immersion avec Lui dans la mort ; et que, dès qu'ils ont accompli ce baptême ou cette immersion réelle de la volonté, ils devraient se soumettre à une immersion extérieure dans l'eau, qui en serait le symbole, représentant leur mort et leur enterrement à eux-mêmes, au péché et au monde, et leur résurrection à une vie et une conduite nouvelles en tant que membres du corps du Christ.
Il faut les inciter à faire cette démarche de consécration jusqu'à la mort, non pas en leur propre nom ou force, ni au nom de leur instructeur ; mais il faut leur faire remarquer que cette démarche est autorisée par le Père, par le Fils et par l’Esprit Saint. Il doit donc être fait « au nom de » ou par l'autorité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, et non au nom d'une secte ou d'une dénomination ou d'un enseignant humain. C'est une erreur de la part de certains de considérer ce texte comme signifiant que les convertis doivent être baptisés dans le nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint. Au contraire, l'Apôtre déclare clairement que nous sommes baptisés dans le Christ comme membres de Son corps - Rom. 6 : 3-5.
Ceux qui vont jusque-là, qui répondent à la prédication de l'Évangile, qui s'enquièrent du chemin, de la vérité et de la vie, et qui, avec une véritable repentance de leurs péchés et une contrition de leur cœur, désirent devenir des disciples du Christ, et qui font ensuite ce pas de consécration, sont baptisés par là même dans l'Église, « le corps du Christ » - non pas l'église baptiste ni aucune autre institution humaine, mais la seule véritable Église, l'Église du Dieu vivant, dont les noms sont inscrits dans les cieux (Héb. 12 : 23). Ils n'ont pas besoin que leur nom soit inscrit dans un quelconque registre terrestre. Leurs noms, nous dit-on, sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau, et s'ils sont fidèles à leur alliance, Il n'effacera pas leurs noms, nous assure-t-Il. Le sceau de leur acceptation est l'Esprit Saint, dont les directives, les instructions et les traits de caractère deviennent de plus en plus perceptibles pour eux et pour les autres chaque jour, à mesure qu'ils cherchent à marcher sur les traces de Jésus.
Mais ils auront encore besoin d'être instruits : en fait, tout ce qui a précédé dans leur expérience chrétienne n'a fait que les préparer à recevoir l'instruction ; et lorsqu'ils ont atteint la condition de la justification par la foi, puis de la sanctification (consécration au Seigneur, baptême), ils sont devenus simplement des « enfants en Christ ». En tant que tels, ils sont prêts pour la nourriture spirituelle, et doivent d'abord être nourris du lait sincère de la Parole, afin qu'ils puissent grandir, et à mesure qu'ils progressent, le Seigneur Lui-même S'engage à ce qu'ils aient « de la nourriture du temps convenable », et à mesure qu'ils sont capables de la supporter, la « nourriture solide » qui appartient à ceux qui sont développés, forts dans le Seigneur et dans la puissance de Sa force, « vainqueurs », soldats du Christ, ayant revêtu Son armure et combattant un bon combat, levant haut la bannière royale, et actifs pour aider les autres à atteindre les mêmes conditions.
C'est à Satan, notre adversaire rusé, qu'il faut attribuer la perversion de cette grande mission, si explicitement énoncée, en la vidant de son sens, comme nous l'avons vu : premièrement, en lui faisant signifier la conversion du monde ; deuxièmement, en détruisant la véritable idée du baptême ; troisièmement, en embrouillant le peuple du Seigneur quant à la question de la discipline, et en lui faisant croire qu'il s'agit de rassembler les membres en bottes sectaires ; quatrièmement, en leur faisant croire que c'est tout ce qui est nécessaire, et que l'enseignement dans l'Église est une perte de temps, qui devrait être consacré à ce que l'Adversaire appelle « sauver les âmes », mais qui en réalité est un effort pour rassembler les personnes non régénérées dans des systèmes sectaires et pour les tromper en leur faisant croire qu'elles sont, dans tous les sens du terme, membres de la véritable Église du Christ, et sauvées ; cinquièmement, en induisant en erreur ceux qu'il ne peut pas tromper ainsi, mais qui se rendent compte qu'il doit y avoir une croissance dans la grâce et dans la connaissance, en les amenant à mal comprendre la déclaration de l'Apôtre (mal traduite dans notre version commune) : « L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que personne vous enseigne » -1 Jean 2 : 20, 27.
Sous l'effet de cette dernière tromperie, beaucoup se détournent de l'instruction que le Seigneur a voulu donner par l'intermédiaire de maîtres qu'Il a suscités, et se tournent vers des fantaisies, des rêves, des imaginations et des interprétations erronées des Écritures, qu'ils croient leur être chuchotées par l'Esprit Saint, mais qui donnent souvent l'impression d'être des suggestions soit de leur propre esprit, soit des anges déchus.
En tant que peuple du Seigneur, cherchant les anciens sentiers, notons bien l'instruction du Maître à ce sujet, et que chacun de nous qui cherche à servir Sa cause travaille exactement selon les lignes tracées ici - sans penser que son propre jugement imparfait ou celui de ses compagnons mortels est supérieur à celui du Seigneur, mais au contraire, que le Seigneur, la Tête de l'Église, était seul qualifié pour donner la mission appropriée qui doit être suivie implicitement.
Le fait que notre Seigneur ait donné cette mission, non seulement aux Apôtres, mais à tous ceux qui croiraient en Lui par leur parole, est clairement démontré par les mots par lesquels il a terminé Sa mission : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin de l'âge ». Les Apôtres n'ont pas vécu jusqu'à la fin de l'âge, et c'est pourquoi les paroles du Seigneur signifient qu'Il sera avec tous Ses disciples qui se saisissent de Sa mission, et qui s'efforcent de présenter Son message à ceux de toutes les nations qui ont des oreilles pour entendre. Il ne voulait évidemment pas dire qu'Il serait en personne présent avec eux, car Il leur avait déjà dit qu'Il S'en irait en personne, et qu'Il reviendrait personnellement à la fin de l'âge (Jean 14 : 2), et Ses paroles ne doivent pas être comprises comme contradictoires. Dans le cas présent, Il voulait manifestement dire qu'Il superviserait leur travail, qu'Il serait la véritable tête de l'Église, qu'Il surveillerait toutes leurs affaires, qu'Il serait avec eux dans le sens où Il soutiendrait, guiderait et conseillerait ceux qui suivraient Sa voie et proclameraient Son message, et ce, dans la mesure où ils seraient fidèles à la charge. Cette assurance de la présence du Seigneur était destinée à donner aux Apôtres le courage de l'œuvre qu'Il leur confiait. Pendant qu'Il était avec eux dans la chair, ils s'étaient contentés de suivre Ses directives, et dès qu'Il avait été touché, ils s'étaient sentis comme des brebis sans berger, et maintenant Il S'en allait, mais Il voulait qu'ils se rendent compte que Sa puissance serait avec eux et que la direction de leurs affaires leur serait accordée, aussi sûrement que pendant qu'Il était avec eux dans la chair - ce qui n'est apparent que pour l'œil de la foi. Selon leur foi, cela devrait être pour eux une force, une puissance.
Et tout au long de l'âge, le peuple du Seigneur a également dû marcher par la foi et non par la vue, et la leçon a sans aucun doute été précieuse pour leur édification spirituelle, bien plus que s'Il était resté dans la chair avec nous. Et si la pensée de la surveillance spirituelle du Seigneur sur Son œuvre devait être une source d'encouragement et de force pour ceux qui tenteraient d'enseigner en Son nom tout au long de l'âge, à plus forte raison pouvons-nous, à l'heure actuelle, nous rendre compte de Sa présence effective dans la Moisson de cet Âge de l'Évangile, bien que nous ne le voyions pas autrement qu'avec l'œil de la foi, et pourtant, en croyant, nous avons une joie indicible et la force et le courage pour l'œuvre. Il est avec nous dans l'œuvre de la moisson comme Il était avec les Apôtres dans la semence.
Il est certain que Celui qui surveille attentivement l'ensemencement, n'est pas moins intéressé et attentif à l'égard de la récolte. Lançons donc la faucille de la Vérité avec énergie et courage, nous rappelant que nous servons Christ, le Seigneur, que nous ne sommes pas responsables de la moisson, mais simplement de l'énergie dont nous disposons pour rassembler le froment mûr que nous pouvons trouver. Si le travail est grand pour trouver quelques grains de froment mûr, nous devons nous réjouir d'autant plus de ceux que nous trouvons et apprendre à aimer, à apprécier ce qui est rare et précieux. Rappelons-nous aussi, pendant que nous employons toute la sagesse dont nous sommes capables dans ce service, que le Seigneur nous donne une part dans Son œuvre, moins pour ce que nous pouvons accomplir, que pour la bénédiction que le travail nous apportera (Manne du 30 novembre). Cette pensée sera encourageante pour les êtres chers qui sont engagés dans le travail des « volontaires » ; et s'ils trouvent beaucoup de découragements et peu de résultats, la réflexion que le Maître connaît ceux qui sont à Lui, et qu'Il apprécie chaque effort sincère fait pour servir Sa cause et pour donner notre vie au nom des frères, donnera du courage et de la force à ceux qui autrement pourraient défaillir en chemin.