- MATTHIEU 26 : 36-46 -
Personne ne peut lire d’une manière réfléchie cette leçon de l'heure sombre de notre Seigneur à Gethsémané, et de « ses grands cris avec larmes à celui [le Père] qui pouvait le sauver de la mort » (Héb. 5 : 7), sans sentir qu'il y a quelque chose de complètement incorrect dans l'idée, si prédominante parmi les chrétiens, que notre Seigneur Jésus était Son propre Père céleste, Jéhovah, que c’eût être une feinte, une dérision dans la prière, de L’avoir supplié, comme cela est ici représenté, à moins aussi qu'au lieu d'être à un sens quelconque le Père, Il ne fût simplement que ce qu'Il prétendait être, le Fils, l'Envoyé de Dieu, l'Unique Engendré du Père, le Premier-Né de toute la création, le commencement de la création de Dieu (Jean 10 : 29 ; 1 : 14 ; Col. 1 :15 ; Apoc. 3 : 14). Il n'y a absolument aucun autre point de vue duquel le langage de notre Seigneur et des Apôtres et Sa ligne de conduite soient raisonnablement interprétés. A ce sujet, celui qui cherche sérieusement la Vérité se reportera aux Études dans les Écritures, V.5.
Le récit précédent traitait de notre Seigneur et de Ses disciples quittant la chambre haute, où ils avaient commémoré sa mort. Ils allèrent au Mont des Oliviers, à un verger connu sous le nom de Gethsémané, endroit signifiant « lieu où l'on presse l'huile », probablement parce que les olives y étaient pressées et l'huile extraite employée à la fois à l'éclairage et à la nourriture. L'un des Évangélistes en parle comme étant le « jardin de Gethsémané », mais le mot jardin, employé dans les temps anciens, correspond exactement à notre mot « verger », ce n'était pas un jardin fleuri ni un potager. Il y a maintenant un petit enclos sur le côté du Mont des Oliviers, d'environ 150 pieds carrés (environ 14 m2), qui a la réputation d'être le lieu de la supplication pleine d'angoisse de notre Seigneur. Il contient huit oliviers très vieux et très noueux, et qu'il soit ou non le lieu exact, il le représente suffisamment bien.
Probablement notre Seigneur avait-Il deux raisons pour partir comme Il le fit cette nuit-là. D'abord, discernant qu'Il allait être arrêté par le traître Judas et la bande que ce dernier amènerait, notre Seigneur désira vraisemblablement ne pas jeter l'émoi et le trouble chez l'ami qui Lui avait si aimablement permis l'usage de la chambre haute. Ensuite, Il désirait la tranquillité complète de la nuit, dehors sur la colline où Il pouvait être seul avec Dieu pour exhaler Son âme en prière et obtenir les forces nécessaires à l'épreuve proche.
En harmonie avec cette dernière pensée, nous trouvons que lorsque notre Seigneur arriva à l'entrée du verger, Il quitta huit de Ses disciples, une garde extérieure pour ainsi dire ou un poste pour donner l'alerte ; Il prit avec Lui les trois mêmes Apôtres qu'Il avait particulièrement honorés en d'autres occasions : Pierre, Jacques et Jean ; Pierre, le hardi et l'impulsif, Jacques et Jean, aussi appelés « fils du tonnerre » - les trois plus courageux, les plus zélés, les plus fervents de Ses disciples. Il désirait les avoir plus près de Lui en ces instants d'angoisse. Toutefois, en cette occasion, Il désirait être plus seul encore pour prier, car même ces amis les plus fidèles ne pouvaient pas se rendre compte de la situation : « des gens, il n'y avait personne avec Lui ». Il les quitta donc et alla à la distance d'un jet de pierre, où Il se prosterna sur les genoux, la face contre terre, comme les divers récits le montrent, et ainsi, seul, Il communia avec le Père.
Les différents récits groupés des expériences de notre Seigneur en cette circonstance, nous montrent que l'angoisse mentale sembla s'abattre sur Lui avec une acuité qu'Il n'avait jamais expérimentée auparavant, et que le fardeau devenait de plus en plus pesant – profondément « triste jusqu'à la mort », une tristesse qui anéantissait presque Sa vie même, dit Matthieu. Marc dit (14 : 33) qu'Il était « saisi d’effroi » comme si la tristesse Lui était venue à l'improviste, comme s'Il se trouvait perplexe. Luc, qui était médecin, dit qu'Il était « dans l'angoisse », un combat, une lutte ; le langage employé en grec impliquant un combat d'une force et d'une gravité croissantes, si bien que « Sa sueur devint comme des grumeaux de sang » ; cette sueur de sang n'est pas méconnue des médecins de nos jours, quoi qu'elle soit très rare. Elle marque une extrême tension de l'affliction - comme Il le disait : triste jusqu'à la mort.[Le professeur Tischendorf montre que ce récit de la sueur sanglante de notre Seigneur ne se trouve pas dans le manuscrit du Vatican et que, bien qu'il figure dans le manuscrit sinaïtique original, il a été rayé par un critique ultérieur. Le passage est donc douteux, ou du moins contestable].
Les incrédules ont suggéré que ce récit de la tristesse de notre Rédempteur, de Ses larmes, de Ses prières atteste Sa faiblesse. Ils concluent qu'il y a eu beaucoup de martyrs dans les différentes religions qui ont affronté la mort avec vigueur, une fermeté stoïque, parfois avec le sourire, et que ce récit montre Jésus poltron et inférieur au lieu d'être supérieur aux autres. Mais il y a une philosophie liée à cette question qu'ils ne semblent pas saisir. Il y a une faiblesse et un engourdissement rattachés au genre humain tombé, dégradé, vil, dont les membres peuvent considérer les peines et la mort avec indifférence, laquelle leur permet soit de les supporter eux-mêmes sans grande émotion, ou de les faire subir impitoyablement aux autres sans compassion. Nous sommes heureux que Jésus n'était pas un de ces « icebergs » froids et stoïques, mais qu'Il était rempli de sentiments et de sensibilités cordiaux, aimants et compatissants ; en conséquence, nous pouvons apprécier qu'Il soit capable de sympathiser avec les plus compatissants, les plus délicats, les plus raffinés, les plus sensibles, plus qu'aucun être humain. Il devait avoir senti profondément les conditions sous lesquelles Il s’était placé, en déposant Sa vie en notre faveur ; car plus l'organisme est parfait, plus la sensibilité est grande et délicate, plus grande est la capacité de joie et plus grande celle de la douleur : notre Seigneur étant absolument parfait, Il doit avoir été infiniment plus sensible que les autres aux influences de la peine.
En outre, Il avait une vie parfaite, sans tache, et le savait, et Il réalisait qu'Il était sur le point de la quitter, tandis que les autres membres de la famille humaine ne possèdent qu'une existence déchue ou condamnée et réalisent qu'ils doivent la perdre de toute façon à un moment donné. C'était donc une question bien différente pour notre Seigneur de laisser Sa vie que pour Ses disciples de laisser la leur. Supposons que le nombre cent représente une vie parfaite, notre Seigneur possédait les cent unités complètes à abandonner, tandis que nous, nous ne pouvons tout au plus qu’abandonner la centième partie, étant morts aux plus des quatre-vingt-dix-neuf centièmes par les fautes, les péchés et la condamnation. Une indifférence froide, stoïque à la perte de la vie, basée sur la connaissance que cela ne pourrait durer de toute façon que peu de temps, serait, par conséquent, une chose bien différente de la connaissance claire que notre Seigneur avait, basée sur Ses expériences avec le Père « avant que le monde fût », et l’appréciation que la vie qu'Il devait abandonner à présent n'était pas perdue par le péché, mais qu’elle était Son propre sacrifice volontaire.
NOTRE SEIGNEUR CRAIGNIT LA SECONDE-MORT.
Il ne peut y avoir aucun doute que cette pensée de l'extinction de la vie ne fût un facteur important dans la tristesse de notre Seigneur. L'Apôtre l'indique clairement dans ces paroles (Héb. 5 : 7) : « Qui durant les jours de sa chair … ayant offert des prières et des supplications, avec de grands cris et avec larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort et ayant été exaucé concernant ce qu'Il craignait » - l’extinction. Toujours très attentif à faire la volonté du Père, des jours avaient passé dans le sacrifice, jusqu'à maintenant, et dans quelques heures tout serait accompli ; la pensée en apporte une autre, à savoir : « Avait-Il accompli parfaitement la volonté du Père ? Pouvait-Il prétendre recevoir la récompense promise, la résurrection d'entre les morts et la recevrait-Il ? ».
S'Il avait failli sur un point particulier quelconque pour parvenir au niveau même de la perfection, Sa mort aurait signifié à ce moment l'extinction ; et bien que tous les hommes craignent la mort, aucun ne pourrait connaître la pleine profondeur et la pleine force de sa signification comme le pouvait Celui qui non seulement possédait la perfection de vie, mais avait le souvenir de Sa gloire antérieure avec le Père avant que le monde fût. Pour Lui, la pensée même de l'extinction apportait l'angoisse, la tristesse de l'âme. Cette pensée ne semble pas être venue auparavant à notre Seigneur avec la même force. Ce fut celle-ci par conséquent qui Lui pesait si lourdement à présent comme une tristesse surprenante jusqu'à la mort. Il se voyait sur le point de souffrir selon la Loi comme un malfaiteur, et la question Lui venait naturellement : Avait-Il été entièrement irréprochable, et le Juge céleste L'acquitterait-Il, Lui, que beaucoup étaient disposés à condamner ?
Après avoir prié quelque temps, il vint vers les trois disciples en qui il avait la plus grande confiance et qui, plus que d'autres, étaient Ses compagnons éprouvés et sûrs, mais Il les trouva endormis. Luc explique que leur sommeil était le résultat de l'affliction. La nuit avait été émouvante ainsi que ses leçons ; le souper mémorial qu'ils ne comprenaient pas entièrement, laissait néanmoins un poids de tristesse sur eux, car le maître avait montré qu'il représentait Sa mort, et Il avait dit un peu plus tard que l'un d'entre eux Le trahirait. La réaction de l'affliction apporte un degré de stupeur. Très doucement notre Seigneur leur reproche : « Ne pourriez-vous pas veiller une heure avec Moi ? Veillez et priez afin que vous n'entriez pas dans la tentation ». Non seulement vous devez veiller à Ma cause, mais vous avez besoin de vous trouver dans une attitude veillante sur vous-mêmes. Une heure d'épreuves sévères est sur nous tous ; veillez et priez afin que vous ne trébuchiez pas dans ces mauvais moments.
Puis, notre Seigneur s'éloigna de nouveau pour prier. Il nous est dit que Ses prières furent exprimées dans les mêmes termes ; c.à.d., que les mêmes sentiments y furent exprimés ; puis une troisième fois encore : la même question Lui pesait au cœur. Pouvait-Il compter sur cela à présent qu'ayant cherché à faire la volonté du Père, qu'ayant terminé Sa course, Il l'avait accomplie d'une manière acceptable ? Pouvait-Il avoir une pleine assurance de foi que Dieu Le sauverait de la mort en Le ressuscitant ? En réponse à Sa demande, un messager céleste fut envoyé pour Le réconforter, pour Le rassurer, pour Le fortifier. Nous ne sommes pas informés de la nature du message de l'ange, mais nous pouvons nous rendre compte que c'était un message de paix, qu'il apportait l'assurance que la cause de notre Seigneur était approuvée du Père et qu'Il serait ramené d'entre les morts par une résurrection. Cela fut tout à fait suffisant pour donner à notre Seigneur toute la force et le courage nécessaires en vue de l'épreuve à venir ; dès ce moment, nous Lui trouvons la plus reposante et la plus calme des figures remarquables qui soient portées à notre attention. Lorsque Judas et sa bande approchèrent, Il fut de tous le plus calme et le plus maître de soi, ainsi que lorsqu'Il fut devant le souverain sacrificateur Caïphe ; devant Pilate ; lors de la crucifixion ; Il avait trouvé la paix dans le message qu'Il était approuvé du Père et que toutes les gracieuses promesses de gloire, d'honneur et d'immortalité étaient siennes, et désormais Il pouvait passer par n'importe quelle épreuve.
Les Ecritures nous assurent que notre Seigneur fut tenté en toutes choses comme nous (Ses frères), et nous y voyons, dans Ses expériences à Gethsémané, une illustration d'une des plus sévères épreuves qui viennent sur le peuple du Seigneur. De temps en temps, l'Adversaire essaye de nous décourager en nous suggérant la pensée que les épreuves et difficultés du « chemin étroit » du sacrifice seront de toute façon infructueuses et que nous ferions tout aussi bien d'abandonner. Lorsque de telles pensées viennent à l'idée de ceux qui cherchent sérieusement et fidèlement à exécuter les conditions des vœux de leur consécration, elles constituent une des épreuves les plus sévères qui puissent les surprendre ; s'ils ont abandonné ce monde et ses affections, espérances, desseins, devoirs, échangeant tous ceux-ci pour les choses célestes, alors toute chose qui semble obscurcir leurs espérances célestes, les abandonne dans les ténèbres plus complètes, plus denses que celles qu'ils auraient pu avoir connues s'ils n'avaient jamais vu ni apprécié les glorieuses promesses. Que faire dans de tels moments ? Nous imiterons notre Seigneur et rechercherons la face du Père, désireux de savoir si oui ou non nos intérêts sont bien placés en Lui ; désireux d'avoir quelque assurance de ce que nous avons toujours Son approbation, bien que le monde nous haïsse et dise faussement contre nous toute sorte de mal ; désireux d'avoir quelque certitude nouvelle que tout ira bien pour nous et que le Seigneur nous accordera une part dans la meilleure résurrection des justes - à la vie éternelle (Manne du 22 Janvier).
Mais tandis que nous tirons ce parallèle entre nos expériences et celles de notre Seigneur, nous ne devrions pas oublier qu'elles sont différentes d'une façon démesurée ; que nous faisons partie des mourants et déjà morts aux quatre-vingt-dix-neuf centièmes, et que par conséquent nous ne pouvons pas apprécier si profondément la signification de la mort ni celle de la vie éternelle ; à côté de tout ceci, nous avons l'exemple de notre Seigneur et de plus l'assurance que notre part dans la première résurrection ne sera pas atteinte par notre perfection, mais par Sa perfection, à condition de montrer au Seigneur une pleine loyauté de cœur, d'intention, de volonté, quelque imparfaits que soient les résultats de nos efforts à Le glorifier dans nos corps et nos esprits qui Lui appartiennent.
L'Evangéliste rapporte que notre Seigneur priait : « Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ». Notre Seigneur ne voulait pas dire par là : Si Ton amour et Ta miséricorde infinis voient la possibilité d'accomplir d'une autre manière Tes desseins de salut pour le genre humain sans qu'il Me soit nécessaire de mourir, alors qu'il en soit ainsi. Si telle avait été la pensée du Seigneur, elle aurait impliqué qu'Il n'avait pas compris complètement le plan du Père d'une restitution du genre humain, rendue possible uniquement par le prix de la rançon pour Adam et son péché, car, voyant ceci, notre Seigneur n'aurait pas pu supposer qu'autre chose inférieure à une rançon complète pouvait garantir les résultats. Au contraire, la pensée qui Lui pesait lourdement était le discernement venant à présent nettement à Son esprit que s'Il était considéré comme blasphémateur, la politique de Ses ennemis serait, non pas de Le faire mourir en secret, mais de Le livrer aux Romains ; Il pouvait Se représenter l'influence et le pouvoir qu'ils exerceraient pour garantir l'accomplissement de leurs désirs, et Il savait que la méthode romaine d’exécution était la crucifixion, et Il connaissait aussi ce que les Ecritures disaient explicitement : « Maudit est quiconque est pendu au bois ».
C'est ici que se concentre Sa pensée : Je serai estimé de tous Mes compatriotes comme abandonné de Dieu, comme le maudit par Lui ; Je mourrai comme blasphémateur, rebelle, malfaiteur, tandis que chacun de mes sentiments est et a toujours été la fidélité, la loyauté au Père. Nous croyons que ceci fut l'aspect spécial de l'angoisse de notre Seigneur, appelée la « coupe » d'affliction qu’Il désirait, si cela était possible, qu'elle soit éloignée de Lui. Nous croyons qu’Il avait connaissance que Sa mort était nécessaire, inévitable ainsi qu’Il en avait maintes fois informé Ses disciples ; mais que c'était cette forme ignominieuse de la mort, « la mort même de la croix », qui Le déconcertait ; car elle marquait non seulement une honte et un faux rapport devant le peuple et devant ceux qu'Il aimait et envers qui Il cherchait à faire du bien, mais elle apportait avec elle la pensée que peut-être Il était maudit de Dieu ; et s'Il était maudit de Dieu, Il ne pouvait avoir aucune espérance de la réalisation de la glorieuse promesse d'une résurrection. Mais lorsqu'Il fut assuré par l'ange qu’Il ne serait pas éternellement maudit de Dieu, bien que, pour quelque temps, Il prendrait la place de l'Adam maudit et serait « fait malédiction pour nous », Sa race, alors même la croix et Sa honte pouvaient être endurées avec courage.
AFIN QUE VOUS N’ENTRIEZ PAS EN TENTATION.
Dans le cas de notre Seigneur et des Apôtres, nous voyons la valeur de la vigilance et de la prière illustrée dans l'heure sombre de l'affliction. Notre Seigneur suivit l'instruction qu’Il donnait aux disciples : Il veilla, pria, reçut une bénédiction, fut fortifié et sortit victorieux. Ils ne veillèrent pas et ne prièrent pas, manquant d'apprécier les nécessités de l’heure, et, comme résultat, nous les trouvons dispersés, déconcertés ; l'un d’eux, le plus fort d'entre eux, qui avait même dit par vantardise quelque temps auparavant : « Si tous étaient scandalisés en toi, moi, je ne serai jamais scandalisé », fut si dominé par son entourage et si faible, manquant de la véritable force qu’il aurait gagnée par la vigilance et la prière, qu'il renia le Seigneur en blasphémant.
Toutes les fois que nous trouvons les enfants du Seigneur essayant de vivre une vie de sainteté et de consécration, tout en ignorant l'injonction de notre Seigneur de veiller et de prier, nous savons qu'ils ne sont pas sages ; et que à quel que degré qu'ils puissent être vierges, purs, ils sont déraisonnables : sans aide, seuls, ils ne peuvent espérer gagner la victoire sur eux-mêmes, le péché et l’Adversaire. Si le Maître Lui-même eut besoin d'être fortifié, certainement nous en avons aussi besoin ; s’Il reçut la force en réponse à des supplications avec grands cris et larmes, c’est un indice pour nous du chemin dans lequel Dieu Se plaît à gratifier la pleine assurance de foi qui est capable de nous fortifier comme de bons soldats afin d'endurer tout et n'importe quoi en Son nom et à Son service. Ceux qui cherchent sérieusement le Seigneur en prière sont aussi certains de recevoir une bénédiction que l’était le Seigneur Jésus Lui-même, et bien qu'il ne viendra pas le même genre de messager céleste pour les réconforter et les encourager, néanmoins un messager céleste d'un autre ordre sera sûrement envoyé. Il peut se trouver dans la personne d'un compagnon de service, capable de s’intéresser et de sympathiser avec nous dans nos épreuves et nos difficultés, alors qu'aucun des Apôtres ne put sympathiser avec notre Seigneur ou L'aider. Ou il peut se trouver que le messager envoyé sera l'un des Apôtres mêmes par les très gracieuses paroles d'inspiration que Dieu nous a communiquées par leur moyen dans Sa Parole. Mais ce quelque manière que la force puisse venir, elle doit être l’assurance, non des hommes ni des anges, mais de Dieu, que nous Lui sommes agréables et acceptables - et que nous pouvons prétendre et nous attendre aux surabondantes et précieuses choses qu'Il a en réserve pour ceux qui L'aiment ; ces choses Il les a promises aux fidèles par un serment.
Nous sommes maintenant à l'heure de l'épreuve. Le temps présent est représenté dans les Ecritures comme étant l'épreuve qui vient à la fin de cet Âge. Par conséquent, c'est l'heure à laquelle, comme notre Seigneur, nous devrions chercher la face du Père pour recevoir la pleine assurance que nous sommes Siens et qu'Il est nôtre, et que nous pouvons compter avec confiance sur Sa force pour nous conduire dans cette période. C'est le temps dans lequel nous sommes assurés comme nous le chantons quelquefois :
« Oh, qu’aucun nuage de la terre ne s’élève
Pour Te cacher aux yeux de ton serviteur ».
C'est un temps dans lequel ceux qui négligent les paroles du Maître : « Veillez et priez afin que vous n'entriez pas en tentation », seront certains d'entrer dans la tentation et passablement sûrs d'y tomber. Et la chute sera sévère et même si, comme Pierre, ils devaient ensuite être ramenés, ce sera avec des pleurs.
Certains commettent l'erreur de prier sans veiller ; d'autres ont le tort de veiller sans prier. La seule méthode sûre et convenable est celle indiquée par le Seigneur, savoir, de combiner les deux choses. Nous devons veiller et être en garde contre les empiètements du monde, de la chair et du diable. Nous devons être attentifs aux encouragements de la Parole du Seigneur, à l'évidence de leur accomplissement, aux signes qui marquent Sa présence et annoncent les grands changements de dispensation imminents. Nous devons faire attention à tout ce qui fortifiera notre foi, notre espérance, notre loyauté, notre amour et, pendant que nous veillons, prier sans cesse. Prions ensemble comme peuple du Seigneur, prions dans nos demeures, en famille, et prions dans le secret, en privé (Manne du 3 novembre). Nous devons avoir l'esprit de prière dans tout ce que nous disons et faisons, c'est-à-dire que nos cœurs devraient s'élever continuellement vers le Seigneur pour obtenir Sa direction dans toutes les affaires de la vie, afin d'être capables de faire avec notre force et d'une manière qui Lui soit agréable tout ce que nos mains trouvent à faire, afin d'être protégés par Lui de la tentation qui, autrement, dépasserait notre endurance, et d'être finalement délivrés du malin et d'avoir une place dans le Royaume de notre Seigneur. Frères et sœurs, rappelons-nous et mettons de plus en plus en pratique ces paroles de notre Seigneur : « Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation » (Manne du 27 novembre).