"Matt_6:24-34" R 2715
R 2715
L’ÉCONOME INJUSTE
- LUC 16 : 1-13 -
« Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » - Matthieu 6 : 24.

Tandis que les paraboles précédentes de cette conversation à table s'adressaient spécialement aux Pharisiens, cette parabole, et celle qui la suit, concernant un homme riche et un pauvre, ne s'adressaient pas aussi exclusivement aux Pharisiens, mais, comme le déclare le premier verset de notre leçon, aux disciples aussi, ainsi qu'aux Pharisiens présents à la même table. La raison pour laquelle les trois premières paraboles étaient adressées aux Pharisiens seulement, et non aux disciples, est évidente : les disciples n'avaient pas besoin d'une telle instruction, n'ayant aucun préjugé contre les classes pauvres, se reconnaissant parmi les « perdus » qui étaient heureux d'être trouvés par le Bon Berger.

L'intendant de cette parabole correspond au fils aîné de la parabole précédente, et à l'homme riche de la parabole suivante ; il représente spécialement les scribes et les Pharisiens, qui, comme notre Seigneur l'a déclaré en une autre occasion, « étaient assis dans la chaire de Moïse » - représentaient Moïse, et l'Alliance de la Loi dont Moïse était le médiateur, et la bénédiction obtenue par cette alliance, dont Moïse était l'intendant originel, et eux maintenant l'intendant, en tant que ses représentants. En quoi consistait cette intendance ? L'Apôtre Paul pose cette question et y répond en disant : « Quel est donc l’avantage du Juif ? Grand de toutes manières, et d’abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés », la connaissance de Dieu, avec la justification typique et la communauté avec Lui, et une participation aux promesses faites aux pères.

Les Juifs, tels qu'ils sont représentés par Moïse et ses successeurs, ont manqué à leur devoir d'intendance - ils n'ont pas su utiliser d'une manière satisfaisante pour Dieu les faveurs confiées à leurs soins. Ils n'étaient pas non plus totalement à blâmer pour cela, comme le fait remarquer l'Apôtre Paul ; ils étaient faibles à cause de la chute, incompétents pour être administrateurs d'une si grande confiance ; et Dieu le savait lorsqu'Il leur donna l'intendance - Il savait qu'ils ne garderaient pas la Loi parfaitement. Il avait pleinement l'intention, en temps voulu, de les destituer de l'intendance et de la donner à celui qu'Il avait prédestiné - au Messie.

Or, le temps était venu où ce changement d'administration allait s'effectuer, et Dieu demandait aux représentants d'Israël de rendre compte de leur gestion, et les informait qu'une nouvelle dispensation était sur le point d'être inaugurée. Notre Seigneur Jésus, dans cette parabole, a voulu leur indiquer quelle serait la voie la plus sage à suivre dans ces circonstances. Il leur montre ce qu'un intendant terrestre ferait dans de telles circonstances, et leur dit qu'il y a de la sagesse dans une telle conduite, en disant : « Les fils de ce siècle sont plus prudents, par rapport à leur propre génération, que les fils de la lumière » : vous, en tant que peuple de Dieu, plus favorisé que tout autre par la lumière sur le caractère et le plan divins, vous n'agissez pas aussi sagement que vous le feriez si vous étiez des intendants terrestres.

Nous nous heurtons ici à cette difficulté que la majorité des gens ne comprennent pas clairement : l'étendue des privilèges d'un intendant dans les temps anciens. Nous n'avons pas de telles fonctions aujourd'hui parmi les peuples civilisés. L'office d'un intendant était confidentiel ; il avait la liberté et la pleine autorité de faire tout ce que le propriétaire lui-même pouvait faire avec ses biens. Il pouvait faire des présents ou annuler des dettes, ou utiliser de la manière qu'il voulait les biens dont il avait la charge, et ne pouvait pas être tenu responsable comme coupable devant la Loi, parce que la nature de sa fonction d'intendant était telle qu'il représentait pleinement son employeur et agissait pour lui. Ce dernier pouvait le décharger de l'intendance comme sanction de son infidélité, mais ce serait sa seule sanction, car en le nommant intendant il l'autorisait pleinement à user de son jugement.

Dans la parabole, l'intendant injuste - injuste dans sa gestion antérieure des affaires de son maître, c'est-à-dire injuste, insatisfaisant, imparfait - dès qu'il s'est rendu compte de la situation, n'a pas cherché à se défendre, ni à prétendre qu'il avait agi parfaitement ; mais avant de rendre ses comptes, il a traité avec indulgence certains créanciers de son seigneur, remettant une partie de leur dette. (C'était probablement une sage décision, car, par exemple, de nos jours, les lois sur la faillite libèrent les débiteurs d'obligations qu'ils ne pouvaient pas payer ; et de même, les créanciers acceptent souvent, dans leur propre intérêt, soixante pour cent, cinquante pour cent, quarante pour cent ou toute autre proportion de la somme initiale pour la totalité d'une dette, voyant que le débiteur est incapable de payer le compte en entier, et en vue de l'encourager à faire de son mieux. L'année jubilaire juive de libération totale de toutes les dettes allait dans le sens de l'indulgence et de la politique commerciale avisée représentée dans la « loi sur la faillite » d'aujourd'hui). Ce n'est pas à cause de cette dernière conduite de l'intendant qu'il est qualifié d'injuste (unrighteous) dans la parabole, mais à cause de son intendance précédente, n'ayant pas été à la hauteur des exigences intégrales et parfaites de son maître.

APPLICATION DE LA PARABOLE.

En appliquant la parabole à toute la nation juive et en particulier à ceux qui étaient assis dans la chaire de Moïse, contrôlant les affaires et décidant de ce qui était ou n'était pas approprié concernant les interprétations et exigences de la Loi, notre Seigneur indiqua que si ces conducteurs étaient aussi sages que des intendants terrestres, ils auraient employé leurs opportunités de façon quelque peu similaire. Comment auraient-ils pu faire ? En supposant qu'ils aient reconnu le fait qu'ils n'avaient pas accompli les exigences de la Loi (laquelle est la pleine capacité d'un homme parfait), et en supposant aussi qu'ils aient compris que le temps d'un changement de dispensation était venu et que Dieu leur demandait des comptes et les informait qu'un nouvel intendant allait prendre en charge les affaires - sous de telles circonstances comment auraient agi ceux assis dans la chaire de Moïse ? Nous répondons qu'en harmonie avec la leçon de la parabole ils auraient dû se dire : nous réalisons que nous-mêmes, n'avons pas gardé parfaitement la Loi de Dieu et qu'il n'était vraiment pas en notre pouvoir de le faire. Nous comprenons qu'un changement de dispensation est imminent, que nous sommes appelés à faire le bilan et que nous pouvons seulement admettre devant Dieu que nous avons échoué en ce qui concerne l'accomplissement de la Loi et l'obtention sous elle de la vie éternelle et en ce qui concerne l'emploi des nombreux avantages que Dieu nous a offert de diverses manières. Nous voyons que « par les œuvres de la Loi aucune chair ne sera justifiée et qu'aucun homme n'est juste devant la Loi aux yeux de Dieu » (Gal. 2 : 16 ; Gal. 3 : 11).

Puisqu'il devient bientôt évident à tous que notre économat a échoué, et que nous sommes renvoyés, la plus sage chose à faire pour nous est de changer d'attitude sur le champ en traitant avec gentillesse et générosité ces pécheurs (la classe du fils prodigue). Au lieu de les dénoncer comme pécheur, plutôt que nous-mêmes, nous devrions leur parler franchement : Nous non plus ne gardons pas complètement la Loi parfaite de Dieu et nous savons que nous ne le pouvons pas, mais plutôt qu'être désespérés, découragés et abattus, faites du mieux que vous pouvez. Gardez la Loi au mieux de vos capacités - 80 % ou 50 % ou toute autre mesure - gardez la Loi autant que vous le pouvez dans votre situation et condition.

En adoptant cette position, les scribes et les Pharisiens auraient colmaté les brèches ouvertes entre eux et le peuple juif. En reconnaissant qu'ils ne pouvaient eux-mêmes garder la Loi, leur honnêteté et leur humilité auraient plus tard constitué un avantage notable pour eux en rapport avec le renversement de la nation juive et l'ouverture d'une nouvelle dispensation. Cet aveu sincère et la manifestation de sympathie envers les autres, en les aidant à soulager leur fardeau, auraient placé ces conducteurs dans une condition de cœur propre à recevoir l'évangile et leur auraient permis de développer envers les classes les plus modestes, dont antérieurement ils se tenaient éloignés en les traitant comme des pécheurs, un aimable sentiment et une certaine sympathie pour eux dans les temps de trouble qui vit le renversement politique juif.

Mais les scribes et les Pharisiens ont-ils suivi une telle course ? En aucune façon ! A la place ils ont revêtu une façade cuivrée, élargissant leurs phylactères (Matth. 23 : 5) faisant résonner encore plus fort leurs prétentions concernant leur propre perfection de cœur et de vie, se trompant eux-mêmes probablement autant ou plus qu'ils ne trompaient les autres. Ils se vantaient qu'ils seraient toujours les intendants de l'infinie grâce de Dieu. Et comme le déclare notre Seigneur, au lieu d'aider le peuple à porter sur ses épaules les fardeaux et les condamnations de la Loi, lequel était assez honnête pour confesser son incapacité à la garder parfaite, ces scribes et Pharisiens liaient sur eux de lourds et affligeants fardeaux supplémentaires pour lesquels ils n'apportaient aucune aide, pas même à lever le petit doigt (Matth. 23 : 1-4).

En agissant ainsi, ils devinrent de plus en plus hypocrites et endurcis jusqu'à la dernière présentation qu'en fit notre Seigneur lorsqu'Il leur dit qu'ils sont comme des sépulcres blanchis paraissant beaux extérieurement mais corrompus à l'intérieur. Extérieurement ils arguaient et se vantaient d'être parfait, alors qu'ils se savaient eux-mêmes en infraction avec la Loi ; intérieurement ils étaient emplis de malhonnêteté et d'hypocrisie. Le fait que cette parabole fut dite non seulement aux Pharisiens, mais « aussi » aux disciples implique qu'ils pouvaient observer combien la parabole était appropriée et combien cette classe d'intendants agissait imprudemment.

Les Pharisiens, qui étaient avides et aimaient les richesses et les honneurs des hommes, remarquant quelques traits au moins du commerce de la parabole, « tournèrent en dérision » et ridiculisèrent Jésus (v. 14). Mais Il insista sur la leçon en disant : « Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes [vous réussissez à obtenir des hommes qu'ils pensent que vous êtes très saints] ; mais Dieu connaît vos cœurs [que beaucoup de ce que vous faites n'est qu'une façade] » (v. 15). Vous êtes l'intendant injuste et bientôt tous seront témoins de votre rejet. « La Loi et les prophètes [desquels vous êtes les représentants] ont été jusqu'à Jean [le Baptiste ; jusqu'alors, les Pharisiens et autres conducteurs juifs servaient comme intendants de Dieu, la moisson juive, le temps pour eux de rendre compte de leur économat, n'était pas encore venu] ; dès lors le royaume de Dieu [la nouvelle dispensation de l'Évangile] est annoncé et chacun force (devrait forcer) pour y entrer » (v. 16 ; Matth. 11 : 13). Matth. 23 : 13 : « Mais malheur à vous scribes et pharisiens hypocrites ; car vous fermez le royaume des cieux devant les hommes car vous n’entrez pas vous-mêmes et ne permettez pas à ceux qui veulent entrer d’entrer ». Vous devriez voir que votre système et ceux qui y adhèrent sont attachés par Moïse et la Loi comme une femme l’ait à son mari – aussi longtemps qu’il vit. Par conséquent il est nécessaire que la Loi (que vous représentez et à laquelle vous êtes liés) doive mourir, que le Messie – non en ignorant les justes exigences de la Loi, mais en l’accomplissant – devrait venir. La fin de la Loi pour la justice à tout croyant en Lui. Ainsi ceux qui sont libérés de la Loi peuvent être unis (mariés) (vs. 17, 18 ; Rom. 7 : 1-4 ; Rom. 10 : 14).

Nous ne sommes pas informés que cette parabole ait eu une application spéciale à la fin de l'Âge de l'Évangile, mais puisque nous savons par d'autres Écritures que l'Israël naturel et le temps de la Moisson étaient un modèle ou une illustration de l'Israël spirituel, de cet âge et du temps de la Moisson actuel, nous sommes donc justifiés de chercher un parallèle entre la condition de l'intendant injuste au temps de notre Seigneur et une classe similaire à l'époque actuelle. Et si nous cherchons aujourd'hui une classe correspondant à ceux qui étaient assis dans la chaire de Moïse, nous trouvons une classe qui est aujourd'hui assise dans la chaire de Christ, pour ce qui est de l'Église de l'Évangile. Cette classe est composée d'anciens, de professeurs et de surintendants de l'école du dimanche, de ministres, d'évêques, d'archevêques, etc. L'ensemble de ces personnes représente une grande intendance de la faveur divine à l'égard du peuple du Seigneur aujourd'hui. Ils perçoivent qu'un changement de dispensation est en cours, que leurs croyances et traditions du passé sont remises en question et qu'ils doivent rendre des comptes. Ils se doutent que le compte rendu ne sera pas très flatteur, et que si toute la vérité était connue du peuple comme elle est connue de Dieu, ils seraient trouvés négligents, infidèles à leur intendance à bien des égards. Ils craignent la crise ; ils repoussent autant que possible le jour des comptes ; ils étouffent les murmures du peuple et les questions concernant les croyances, et comme le Seigneur a dit de l'intendant de Son temps, il en sera de même pour eux : « Ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (verset 15).

Ces représentants de l'église nominale, qui occupent une position d'intendance à l'égard des masses du peuple du Seigneur, sont disposés, comme les Pharisiens, leurs prototypes, à afficher une attitude intransigeante, à braver les obstacles plutôt que de confesser la vérité. Par exemple, en ce qui concerne les credo qui sont remis en question : Beaucoup, même parmi ceux qui étaient d'abord favorables à la révision de la Confession de foi de Westminster, ont conclu que cela reviendrait à dévoiler la plume blanche, à admettre qu'ils avaient été dans l'erreur dans le passé, et imparfaits dans leur interprétation de la Parole divine, et donc à les discréditer auprès du peuple ; et maintenant le vent tourne rapidement, et ceux-là mêmes qui demandaient une révision votent maintenant le contraire, que le credo est bon, tout à fait satisfaisant pour eux, qu'ils ne le changeraient pour rien au monde. Ils sont si désireux d'être estimés des hommes qu'ils semblent oublier complètement Celui dont ils ont reçu l'intendance et qui est sur le point de la leur reprendre.

Quelle serait la conduite appropriée pour cette classe d'intendants de l'Âge de l'Évangile ? Nous répondons que la ligne de conduite à suivre serait de faire ce que notre Seigneur a recommandé aux intendants juifs, c'est-à-dire qu'ils devraient confesser franchement au peuple les erreurs des credo et leur propre imperfection dans les tentatives d'exposition de la Parole divine, et leurs propres échecs dans le passé en ce qui concerne un usage approprié des oracles de Dieu et une application correcte des promesses extrêmement grandes et précieuses. Et tout en reconnaissant leurs propres erreurs et insuffisances, ils devraient modifier les demandes faites au peuple et les rendre conformes à leur capacité. Par exemple, ils devraient dire au peuple : Combien avons-nous dit que vous deviez à Dieu, et quelle peine avons-nous dit qu'il vous imposerait ? Si nous avons dit que vous deviez recevoir une peine de tourments éternels, considérez cela maintenant comme une erreur, et écrivez à la place : « Une juste rétribution ». Si nous vous avons enseigné que vos obligations envers Dieu sont selon la loi juive, telle qu'elle est représentée dans les dix commandements, et que si vous ne les respectez pas parfaitement à la lettre et à l'esprit, vous n'aurez aucun espoir de vie éternelle, modifiez et amendez cet aspect de votre foi, et écrivez plutôt que, sous la Nouvelle Alliance, Dieu acceptera les œuvres les plus imparfaites de ceux qui se sont consacrés à Lui, à condition que ces œuvres imparfaites soient les meilleures qu'ils soient capables d'offrir ; et à condition qu'elles soient offertes au nom et par les mérites de Celui qui nous a aimés et qui nous a rachetés par Son précieux sang.

Si les intendants actuels suivaient cette voie, ils seraient sans aucun doute respectés à l'avenir, mais s'ils continuent à suivre leur voie actuelle, le temps viendra certainement où ils seront méprisés comme des hypocrites et des guides aveugles, qui égarent leurs brebis confiantes dans le fossé du scepticisme et la grande période de détresse.

Cette parabole peut être considérée comme se terminant au huitième verset, les instructions qui suivent étant séparées et distinctes, et suivant une ligne quelque peu différente, et adressées spécialement à ceux qui ont accepté l'enseignement du Seigneur, Ses disciples.

« VOUS NE POUVEZ SERVIR DIEU ET MAMMON ».

Cette leçon complémentaire a pour sujet l'impossibilité d'avoir deux maîtres, Dieu et Mammon. Mammon représente les richesses terrestres, non seulement la richesse financière, mais aussi l'honneur parmi les hommes, etc. - ce qui empêchait particulièrement les Pharisiens de prendre la bonne attitude, de reconnaître leur erreur, de demander et d'obtenir la miséricorde. Mammon est encore un grand obstacle pour tous ceux qui désirent être des disciples du Seigneur. Quiconque vénère Mammon - et il peut s'agir de soi-même, de la richesse, de la gloire, de la position et de l'honneur parmi les hommes, de l'un ou de tous ces éléments - quiconque vénère Mammon ne peut être en même temps un véritable adorateur de Dieu, un véritable disciple du Christ, car Dieu et Mammon sont rivaux devant nos cœurs. Si nous essayons de diviser notre amour et notre attention, et d'en donner une partie à Dieu et à Son service, et une partie à Mammon, les résultats seront insatisfaisants pour Dieu, insatisfaisants pour Mammon et insatisfaisants pour nous-mêmes.

Nous devons donc décider soit de vivre pour nous-mêmes et pour les choses terrestres, soit d'y renoncer et de les sacrifier dans l'intérêt de Dieu et des choses célestes. Les adorateurs de Mammon peuvent avoir certains avantages dans la vie présente, en termes de prospérité terrestre, mais Mammon ne peut donner la vie éternelle. Il s'agit du don de Dieu, et ceux qui veulent avoir le don de Dieu doivent être les amis de Dieu, les enfants de Dieu ; et Il demande à ceux-là de Lui manifester leur amour et leur dévouement en renonçant à Mammon, en sacrifiant joyeusement le prestige, la gloire, la faveur et les intérêts terrestres, montrant ainsi qu'ils apprécient davantage Son amour et Sa faveur, les richesses de Sa grâce, et les choses extrêmement grandes et précieuses qu'Il a promis de leur donner dans la vie à venir.

Ceux-ci doivent « se faire des amis », c'est-à-dire s'amasser des trésors dans le ciel, par le sacrifice du Mammon de l'injustice, c'est-à-dire le sacrifice des divers intérêts de ce temps présent d'injustice, « ce présent monde mauvais ».

Certains peuvent avoir très peu de Mammon à leur disposition pour faire des sacrifices ; mais le Seigneur nous encourage tous en disant que celui qui est fidèle dans les moindres choses, donne ainsi la preuve de la fidélité qu'il aurait s'il en avait beaucoup ; et le Seigneur accepte les petits sacrifices que nous sommes capables de faire comme s'ils étaient plus grands. « Elle a fait ce qu'elle a pu » est le meilleur des témoignages en ce qui concerne l'utilisation des opportunités présentes dans le service du Seigneur, qu'il s'agisse d'une pièce de monnaie ou d'un million, d'une petite influence ou d'une grande. Ce n'est pas la quantité que Dieu recherche, mais le caractère, la disposition du cœur ; et quiconque a la bonne disposition de cœur et prend soin, dans les petites affaires de la vie, de servir le Seigneur avec tout ce qu'il possède et dans la mesure de ses capacités, celui-là aura en sa possession la vraie richesse - la richesse céleste. Non seulement il peut s'attendre à entrer dans les gloires du Royaume céleste, mais même dans la vie présente, il commencera à recevoir les premiers fruits de ces richesses dans son propre cœur, dans ses propres expériences ; car il est incontestable que les héritiers de la gloire, ceux qui sont dans une juste relation avec Dieu et qui courent fidèlement dans la course, non seulement obtiendront le prix à la fin de la course, mais obtiennent déjà la bénédiction que le monde ne peut ni donner ni enlever : les joies du Seigneur, la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, régnant dans leurs cœurs, de sorte qu'ils peuvent chanter de joie, même dans la maison de leur pèlerinage, même dans l'état actuel insatisfaisant du tabernacle, dans lequel nous gémissons aussi, étant chargés de ses faiblesses.

Mais si nous ne sommes pas fidèles dans les petites choses qui ne nous appartiennent pas, et qui nous sont simplement données en intendance - les biens, les occasions, les talents, qui sont simplement mis à notre portée en tant qu'intendants du Seigneur - si nous ne sommes pas fidèles à les utiliser avec un unique regard pour la gloire du Seigneur, comment pouvons-nous nous attendre à ce qu'Il nous donne jamais de vraies richesses de grâce, qui nous appartiendront pour toujours, soit dans l'avenir, soit dans la vie présente.

Le résumé de cette leçon aux disciples est donc que comme nul ne peut servir deux maîtres, les satisfaire tous deux, leur rendre à tous deux justice lorsque leurs intérêts sont opposés, nous ne pouvons pas davantage servir Dieu et la justice et en même temps plaire à l'Adversaire et être agréables à ceux qui ont partie liée avec celui qui règne dans cette dispensation présente, « le prince de ce monde ». Tous ceux qui se sont consacrés au Seigneur, qui veulent s'amasser des trésors dans le ciel et être riches en Dieu, doivent être disposés à la déconsidération [à la perte de leur réputation] parmi les non-consacrés qui, quelles que soient leurs prétentions, servent réellement Mammon, l'égoïsme, la vie présente, et ne sacrifient pas ces intérêts pour parvenir au Royaume (Manne du 4 novembre).