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LA VIGILANCE - LUC 12 : 35-46.
« Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation » - Matthieu 26 :41.

Il est bon de prier, la prière est absolument indispensable à la vie chrétienne. Elle signifie, non seulement une foi vivante, mais une foi croissante. L'expérience prouvera que la négligence de la prière en privé (Matth. 6 : 6) ou de la prière dans l’assemblée du Seigneur (Actes 12 : 12 ; 1 : 14 ; 16 : 13 ; 1 Cor. 11 : 4,5 ; 14 : 13,14) amènera certainement la maigreur de 1'âme et la tiédeur touchant des choses spirituelles - infidélité, froideur, mort. Au contraire, la communion avec le Seigneur par la prière accroît notre confiance dans la surveillance qu'Il exerce sur nos affaires. Elle augmente notre foi dans les plus grandes et plus précieuses promesses de Sa Parole. Elle intensifie notre appréciation de Ses directions passées et présentes, elle développe notre amour pour tous les frères de Christ et notre sollicitude pour leur bien-être et leur progrès spirituel. La prière est activement et intimement liée au progrès dans les choses spirituelles, au progrès dans les fruits de l'esprit envers Dieu, envers les frères et envers tous les hommes (Manne du 24 juillet).

Matthieu 26 : 41 suggère cependant qu'il doit nécessairement être fait autre chose que de prier. La prière qui ne représente pas complètement les sentiments du cœur est capable de dégénérer très vite en une simple formule ; on s'approche du Seigneur des lèvres tandis que le cœur est éloigné de Lui, embarrassé peut-être des affaires, des plaisirs, ou du péché. En conséquence, quiconque veut progresser dans le chemin spirituel doit non seulement prier avec l'esprit et avec l'entendement, mais il doit aussi veiller contre les tendances coupables de sa propre chair, la satisfaction personnelle, l’égoïsme ; il devrait veiller également contre les attraits du monde, appelés à ce sujet : les prétendus plaisirs mondains, les ambitions mondaines, les honneurs parmi les hommes, l'amour de l'argent, etc. ; il devrait aussi veiller contre les artifices de l'Adversaire, dont les attaques trompeuses viennent sur le peuple du Seigneur comme un ange de lumière pour le séduire dans les formes et les cérémonies de la chrétienté, substituant devant l'esprit et les affections et les intentions consacrées, des sentiments humains, des méthodes, des œuvres et des objectifs humains, au lieu de « l’espérance de l'Évangile que vous avez ouï » (Col. 1 : 23) et de ses diverses, excellentes, grandes et précieuses promesses, par l'encouragement desquelles le Seigneur nous a appelés à marcher et à avancer, par la foi et non par la vue suivant les pas de notre Rédempteur, dans la fidélité jusqu'à la mort.

Notre leçon elle-même traite en particulier la vigilance ; mais d'accord avec Matth. 26 : 41, nous savons que tous ceux qui sont de véritables veilleurs doivent aussi être des prieurs et que tous les fervents prieurs seront également des veilleurs. La prière représente la foi ; la vigilance représente les œuvres qui doivent l'accompagner aussi longtemps qu'elle est une foi vivante ; comme l'Apôtre le déclare, la foi sans les œuvres est morte - elle perd rapidement sa vitalité, sa valeur, son existence même.

Notre Seigneur donna une parabole, comme c’était Sa manière d'enseigner, pour illustrer cette leçon de la nécessité de la vigilance. Un riche maître de maison est montré absent de chez lui pendant une importante partie de la nuit à un repas de noces, espérant à son retour que les serviteurs de la maison seraient éveillés et vigilants pour le recevoir ainsi que toute personne qu'il pourrait ramener avec lui. Il espérait de tels domestiques que non seulement ils ne seraient pas couchés, mais même qu'ils ne seraient pas somnolents. Pour donner une réception convenable à leur maître, ils devraient être parfaitement éveillés, prêts à l'entendre, à répondre à son appel et à « lui ouvrir immédiatement ». Par suite, dans la parabole, de tels serviteurs sont représentés ayant leurs reins ceints et leurs lampes brillamment éclairées. La coutume des orientaux de ce temps-là était le port de longues robes, amples et flottantes. Lorsqu'ils se reposaient ils se desserraient à la ceinture, mais lorsqu'ils s'occupaient d'un travail, ils se serraient fortement à la taille par une ceinture afin de ne pas être gênés par ces robes dans leur travail. Les lampes, qui étaient le mode d'éclairage, étaient également nécessaires la nuit et ne devaient pas s'affaiblir, mais être arrangées, s’il était nécessaire.

Notre Seigneur indique que de tels fidèles serviteurs seraient appréciés de leur maître et qu'il leur donnerait une récompense : Il les honorerait on les traitant comme ses amis et leur servirait de bonnes choses de son garde-manger. En vérité, il se ceindrait lui-même comme un serviteur et servirait ces fidèles : pour le maître de la maison, ceci impliquerait l'apport des meilleures choses qu'il possédait. Mais en vue de remplir complètement les conditions et d’être ainsi acceptables à leur maître, il faut qu'ils soient prêts à n'importe quelle heure de la nuit où il pourrait venir.

Sans nul doute, la parabole se rapporte à la Seconde Venue de notre Seigneur Jésus, et indique à chacun de Ses fidèles disciples l’attitude convenable de vigilance et les préparatifs en vue de Le recevoir, quel que soit le moment de Son Second Avènement. Elle indique également que ce fut le bon plaisir du Seigneur de ne pas révéler à Son peuple le moment d’attendre Son arrivée d'une manière déterminée et positive, mais plutôt que tout le chemin à travers cette nuit que nous désignons par l'Âge de l'Évangile et qui doit nécessairement précéder le matin du Jour millénaire, il devrait être continuellement éveillé, vigilant, L’attendant, prêt à Le recevoir à chaque instant. Chacun devrait avoir les reins de son entendement ceints et être actif en pensée, en action, dans chaque matière pertinente du service du Maître, afin qu'il pût être approuvé de Lui, la lampe de la Parole de Dieu, si nécessaire à son instruction, devrait être avec lui bien approvisionnée de l'huile du saint Esprit, bien arrangée, dans le sens de « découper » droitement la Parole de Vérité et de chercher à comprendre par elle son attitude de cœur et de conduite convenable, pour être agréable au Maître.

La parabole est très simple et pourrait difficilement être mal comprise de la classe à laquelle toutes les paraboles sont destinées - l'Église consacrée. Les membres de celle-ci discernent de suite que la pensée centrale pour eux, comme serviteurs du Seigneur, doit être cette promptitude du cœur, de l'esprit et du caractère telle qu’elle sera agréable au Maître lorsqu'Il viendra pour rassembler Ses « joyaux » - Ses serviteurs vigilants et fidèles. Cette pensée du retour du Seigneur et des bénédictions qu'Il a promises à Ses fidèles serviteurs à ce moment-là est le grand stimulant placé devant les appelés de cet Âge de l’Évangile. C’est en vue des faveurs du Maître et de l’élévation qui en résulte avec Lui à une part dans Son Royaume, lorsqu'il sera établi, et à une part dans le grand travail de bénédiction du genre humain tout entier, quand il sera effectué, que tous les saints cherchent, veillent, prient et luttent.

L’Apôtre l’a bien dit : « Quiconque a cette espérance en lui, se purifie comme lui [le Maître attendu] est pur ». C'est cette espérance qui conduit continuellement les fidèles serviteurs à la lampe de la Parole de Dieu, à l’arranger et en conséquence à se garder parfaitement éveillés, l'ouïe fine et la vue pénétrante relativement à chaque chose, et à toutes choses se rapportant à la volonté du Maître attendu, et les conditions de pureté du cœur et des robes de justice telles qu'elles seraient agréables et acceptables à Sa vue à Son arrivée.

Que tous les veilleurs apprécient pleinement cette parabole, qu'ils soient en garde contre chaque piège de l'Adversaire, contre l'influence engourdissante du monde et de son esprit, et contre l'égoïsme et les faiblesses de leur propre chair ; que chacun revête les grâces de l’Esprit et aide ses compagnons de service dans ces préparatifs pour que l'entrée lui soit ainsi procurée dans le Royaume éternel de Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (2 Pi. 1 : 4-12), à qui soient nos louanges à toujours !

AVEUGLE QUANT AU SECOND AVÈNEMENT.

Quel profond aveuglement et quel engourdissement spirituel concernant une parabole aussi simple sont manifestés chez beaucoup que l'on considère comme des instructeurs de la Sion nominale touchant cette leçon ! Notez son interprétation par l’un des principaux : « Guides pour les instructeurs des écoles du dimanche ». Evidemment l’auteur n’est pas assez aveugle pour ne pas voir que la parabole se rapporte de quelque manière à la Seconde Venue de notre Seigneur ; mais il est si aveuglé par ses méprises, ses fausses doctrines, etc. qu’il en donne l’explication suivante :

« Les venues du Seigneur sont toujours inattendues pour nous ; Sa venue au moment de la mort, Sa venue pour juger le monde, Sa venue dans Son Royaume, Sa venue au temps de la Moisson des hommes, Sa venue dans les crises de nos vies, Sa venue par des occasions favorables de service et des portes ouvertes, Sa venue avec la puissance du saint esprit ». Cet instructeur aveugle croit ainsi à sept venues de Christ ajoutées à Sa Première venue, il y a dix-huit siècles. Bien plus, les paroles que nous citons signifient que cet auteur croit qu’une venue de Christ s’opère chaque fois qu’une mort se produit (ou peut-être limite-t-il celle-ci à la mort de Ses saints ; mais d’autres instructeurs de la même école de ténèbres, en prêchant des sermons funèbres, ont l’habitude d’annoncer la venue du Seigneur dans la mort, non seulement des saints, mais à peu de choses près, de tous). Cet auteur proclame de plus une venue de Christ dans toutes les crises aussi bien que dans toutes les circonstances de la vie humaine. Il croit évidemment, (ne pouvons-nous pas dire - il rêve ? Il n'est certainement pas éveillé, et sûrement sa lampe n'est pas arrangée et brillante, ni les reins de son entendement ceints) qu'il y a des millions de venues de Christ. En outre, parlant (dans ses rêves) comme un porte-parole du grand Adversaire, il parle du temps de la Moisson des hommes - évidemment pour détourner l’attention de l’explication du Maître que le temps de la Moisson sera « la fin de cet Âge » dans lequel Il sera Lui-même le grand Moissonneur et associera avec Lui Ses fidèles serviteurs dans l'œuvre de ramassage du blé (Ses fidèles) dans Son grenier (la condition spirituelle, Matth. 13 : 30).

Notez une autre méthode de tordre les Écritures, de détourner l'esprit du peuple du Seigneur de la grande vérité exposée partout dans les Ecritures et énoncée en particulier dans cette parabole : la Seconde Venue de notre Seigneur comme Roi et le devoir de tous Ses fidèles disciples d'être prêts, espérant et attendant joyeusement cet événement. Cette perversion et la torsion des Écritures sont faites dans l’intérêt de la tempérance et représente la vigilance comme impliquant l'œuvre de la tempérance de la façon suivante : « Non seulement ceux qui travaillent et prient pour une réforme de tempérance, mais spécialement les jeunes gens, devraient être bien éveillés et vigilants quant à la tempérance. Ils devraient observer attentivement l'effet de la boisson forte sur les autres. Ils devraient observer ses effets sur la communauté. Ils devraient être sur leurs gardes contre les moindres débuts de l'habitude d'user de liqueurs enivrantes. Ils devraient guetter les occasions favorables d'aider à la cause de la modération par la parole et l’exemple, en public et en privé ».

Est-il étonnant que nous entendions la prophétie du Maître relative à l'infidélité parmi Son prétendu peuple de ce moment, disant : « Lorsque le Fils de l 'homme viendra, trouvera-t-Il la foi sur la terre ? » La forme de la question impliqua la réponse : non ; Il ne trouvera pas la foi prospère sur la terre - elle ne prédominera pas. Cependant, d'autres passages des Ecritures nous assurent qu'au temps de Sa venue Il trouvera un Petit Troupeau de fidèles veilleurs - peu de grands, de sages ou de savants, mais surtout « les pauvres de ce monde, riches en foi, héritiers du Royaume ». Quant à Babylone, en général, elle dit, d'une voix plus forte que jamais : Que n'avons-nous pas fait ! fait ! fait ! Ne sommes-nous pas riches et ne nous sommes-nous pas accrus de bonnes choses ! N'avons-nous pas parcouru mers et terres pour faire des prosélytes !

Mais le Maître dira : « Et que tu ne connais pas que, toi, tu es le malheureux et le misérable, et pauvre, et aveugle, et nu » (Apoc. 3 :17). Tes collèges, dont tu te vantes, ne sont-ils pas les véritables foyers de l’infidélité, niant Ma Parole - niant que Mon œuvre fut parfaite au commencement, que les conditions présentes du péché, de la dégradation, de la mort sont les châtiments de la violation de Ma juste loi ; niant aussi la valeur de Mon sacrifice pour les péchés, de façon que le Père céleste puisse être juste et être toujours le Justificateur de celui qui croit en Moi ; niant que de saints hommes ont parlé et écrit dans les temps anciens, poussés par le saint Esprit, et proclamant une sagesse supérieure en leur qualité de « hauts critiques » par laquelle ils déterminent que Moi-même et Mes Apôtres choisis et inspirés étaient ignorants, incompétents et déçus lorsque Nous citions les paroles des Prophètes et les appliquions ; niant aussi Ma Seconde Venue, pour rassembler Mon Petit Troupeau, l'Église, pour Me l'associer dans le Royaume promis par l'intermédiaire des prophètes, lequel bénira bientôt toutes les familles de la terre ; proclamant, au contraire, que toutes continuent comme elles existent depuis le commencement - qu'un processus d'évolution est en progrès, qu'aucun Rédempteur, aucune rédemption et aucune restitution ne sont nécessaires, quelques-uns allant encore plus loin pour proclamer qu'aucune déité personnelle n'est nécessaire, mais que ce qu'ils appellent les lois de l'évolution sont le créateur, le préservateur et le sauveur de la race.

Est-ce étrange que sous de tels faux enseignements dans les lieux élevés, et les mêmes enseignements répétés avec plus ou moins d'habileté, d'un bout à l'autre de la longueur et de la largeur de Babylone - est-ce étrange que Mon peuple « périt faute de connaissance » ? (Osée 4 : 5). Ils ont « dissimulé la clef de la connaissance », et non seulement manqué d'entrer dans les privilèges et occasions favorables de cet Âge de l'Évangile et de son appel, mais à ceux-là qui voudraient y entrer, ils leur font obstacle par leurs faux enseignements et leurs faux rapports, rendant les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres (Luc 11 : 52 ; 2 Pi. 2 : 1 ; 3 : 3,4 ; Amos 8 : 11 ; Matth. 23 : 13 ; Es. 5 : 20).

Hélas ! que tous ceux dont les yeux de la compréhension ont été ouverts, à quelque degré, se trompent en supposant qu'ils peuvent faire le service de Dieu en coopérant avec Babylone, en quelque mesure, sens ou degré. Certainement ils sont sous l'influence aveuglante et trompeuse de l'Adversaire lorsqu’ils n'entendent pas nettement et distinctement le message du Seigneur à tous ceux de Son véritable peuple de ce temps, afin de sortir de Babylone, de ne pas partager ses péchés, ses erreurs, ses faux enseignements et le crime impliqué en ceux-ci, et pour le compte desquels de sévères châtiments viendront sur Babylone et tomberont avec une sévérité toute spéciale sur ceux qui avaient quelque chose de meilleur et qui, pour quelque raison, ont refusé d'obéir à la voix de Celui qui a parlé des cieux - Notre Seigneur présent, notre Roi, notre Époux (Héb.12 : 25-27 ; Apoc.18 : 4), béni à toujours !

VOUS DONC AUSSI SOYEZ PRÊTS.

Notre Seigneur explique la parabole en quelques mots, disant : « Vous donc aussi soyez prêts ; car, à l'heure que vous ne pensez pas, le Fils de l’homme vient ». Ceci signifie que pour le grand événement du retour du Roi, la vigilance serait absolument indispensable et constituerait une marque ou une indication des membres dignes d’être appelés de vrais serviteurs ou des « frères ». Nous ne devons pas commettre la faute de supposer que notre Seigneur a voulu dire : « Veillez incessamment, car vous ne saurez pas quand je viendrai ». Ce serait une absurdité. La pensée dominante de la parabole est que les fidèles disciples debout et veillant au temps convenable, entendront frapper, reconnaîtront la présence du Seigneur, Lui ouvriront, dans le sens de croire et d'accepter Sa présence, et d’être récompensés par Lui-même à ce moment, étant approvisionnés d'une connaissance spéciale concernant les choses célestes qui constitueront « la nourriture du temps convenable » pour leur bien-être et leur joie. Tous ceux qui veillent fidèlement sauront quand se produira l’événement aussi sûrement que ceux qui ne veillent pas ne le sauront pas.

L'Apôtre Paul parle de ce même grand événement et de la même classe de veilleurs, les désignant par « frères » ; et après avoir expliqué que la Seconde Venue de notre Seigneur surviendrait sur le monde comme un voleur, et un piège, et que le monde n'échappera pas à la détresse certaine et à la destruction certaine de son système et de sa politique, il montre qu’au contraire « Vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, en sorte que le jour vous surprenne comme un voleur » - vous avez vos lampes arrangées et brillantes. Comme il l’explique ensuite, les frères dignes de connaître les afflictions survenant en ce temps-là et d’y échapper ne dorment pas comme font les autres, ils veillent ; ils sont vigilants, et à cause de cette vigilance ils connaissent l'arrivée de l’époux, de laquelle le monde ne connaît rien, et, au temps de Sa présence, ces frères sont nourris d'aliments spirituels spéciaux, que le monde ignore. Le Maître Lui-même, par les mains de Ses disciples, envoie la nourriture nécessaire du temps convenable, des choses anciennes et nouvelles, afin de fortifier les gens de Sa maison pour ce temps actuel d'épreuves et pour le perfectionnement des saints dans l’œuvre du ministère pour lequel Il les a appelés (1 Thess. 5 : l-6).

À QUI LA PARABOLE S'APPLIQUE-T-ELLE PARTICULIÈREMENT ?

Ceci fut la question de Pierre. Il se demandait si le Seigneur ne voulait pas dire ou s'Il voulait dire que les douze Apôtres choisis spécialement étaient ces serviteurs qui devaient veiller et L'attendre à Sa seconde venue, ou si la parabole avait ou non une application générale et signifiait que chaque membre devait veiller. Notre Seigneur ne répondit pas directement à cette question, car le faire eût été contraire au Plan divin, répondre directement, montrer qu'Il ne venait pas dans les premières veilles de la nuit de l’Évangile, eût été en contradiction avec les enseignements mêmes de la parabole, qu'Il devait être guetté par tous à travers la nuit de l'Évangile.

Evitant cet aspect de la question de Pierre, notre Seigneur saisit l’occasion de donner quelques instructions complémentaires, et explique à Pierre et à nous tous qu'en ce temps-là, « car », c-à-d. au moment de Son retour, à Son Second Avènement, Il veillerait à désigner un économe pour dispenser la nourriture spirituelle à la maison de la foi, qu’une bénédiction spéciale serait sur cet économe s'il était fidèle, et qu'il serait relevé de sa charge d'économe en cas d'infidélité. De la part de cet économe, la fidélité impliquerait un service plus important et continu dans la dispensation de la nourriture à la maison de la foi de cette époque. Mais l'infidélité de sa part et une disposition à battre les gens de la maison, apporterait sûrement pour résultat dans son existence de lui ôter les futures occasions de servir la maison, et l'amènerait à avoir une sévère épreuve avec les incroyants dans le temps de détresse qui doit venir alors sur le monde. Et bien que ce ne soit pas exprimé, on doit comprendre avec juste raison qu’un tel économe étant déposé de sa charge, un autre prendrait sa place, soumis aux mêmes règles et aux mêmes conditions quant à sa fidélité, car telle est la volonté du Seigneur.

Dans un certain sens du mot et sous certains aspects, chaque enfant de Dieu est un économe - un économe de ses propres talents, occasions, privilèges et sa capacité au service du Seigneur ; comme intendant chacun doit reconnaître que ses responsabilités sont envers le Maître qui lui a donné les talents et qui exigera un compte de ses mains - un accroissement à cause d'un bon usage. En conséquence, et dans un certain sens du mot, nous ne devons pas comprendre que la réponse de notre Seigneur à Pierre implique que personne de la maison sauf un seul doit être considéré comme économe. Une telle interprétation est en opposition avec de nombreux passages des Ecritures. Nous devons noter que la charge d'intendant mentionnée n'est pas une fonction de talents ou d'occasions, mais simplement une charge de nourriture spirituelle. Elle n'implique pas non plus qu’à la fin de cet Âge, et au temps de la présence de notre Seigneur et de la dispensation de la nourriture du temps convenable, l'économe spécial seul aura la charge de dispenser la nourriture à la maison, car, comme le montre le récit de cette parabole par Matthieu (Matth. 24 : 45-51), il a des « compagnons de service » dont le devoir et le privilège seront de coopérer avec cet intendant à la distribution des aliments, la nourriture de la maison de la foi. La pensée semblerait être que dans l'intérêt de la maison, pour son bien-être, sa joie et sa bénédiction, le Maître, à un moment approprié, fournirait à l'un de Ses serviteurs une clef des précieuses choses de Sa Parole, approvisionnant ainsi de « choses anciennes et nouvelles » en vue de l'alimentation et de la joie de la maison, et les procurerait par de nombreux compagnons de service, aussi bien que par celui à qui la clef de cette charge serait spécialement confiée à ce moment.

A propos, nous devons nous souvenir que chaque charge apporte avec elle d'importantes responsabilités, et tandis que celles-ci ne doivent pas être évitées, ni aucune d'elles entreprise à la légère, sans estimer le fait que tout membre qui devient disciple de la maison de la foi a par là un plus grand degré de responsabilité, non seulement envers les gens de la maison, mais envers le Maître de la maison de qui vient chaque mandat. Chaque disciple doit se souvenir que l'infidélité conduit à la révocation, tout autant que toute manifestation d'humble fidélité de sa part le fera chérir par le Maître et par tout membre fidèle de la maison, et impliquera sa continuité dans le service jusqu'à ce que le Maître dise : « C'est bien, bon et fidèle esclave ; entre dans les joies de ton Seigneur ».

Soldat loyal, franc et fidèle
Qui, faible et las lutte bon train,
A manier l'épée excelle,
Donnant sa vie avec entrain.

Soldat dans un combat sévère
Contre le mal et pour le droit
Il tient haut sa noble bannière
Et de son Chef la cause accroît.