Saint Paul parle de la pleine assurance de l'espérance et de la pleine promesse de foi, comme étant les conditions nécessaires pour le peuple du Seigneur (Héb. 6 : 11 ; 10 : 22). C'est la pensée exprimée par le prophète dans notre texte - confiance totale que Celui qui a commencé une bonne œuvre en nous est à la fois capable et disposé à l'achever (Phil. 1 : 6). Mais combien peu de chrétiens, comparativement, ont cette pleine assurance de foi ; combien peu peuvent dire : « Oui, sans aucun doute, cette bonté et cette gratuité me suivront pendant la vie, et, par la grâce de Dieu, je gagnerai finalement le Royaume millénaire et les choses glorieuses que Dieu a promises à ceux qui l'aiment ! ». Le peu de personnes qui peuvent être pleinement solidaires de l'Apôtre et du Prophète dans ces expressions ont en cela une grande joie, une grande bénédiction, un grand repos du cœur que les autres ne possèdent pas. Par conséquent, demandons-nous pourquoi ils sont si peu nombreux ceux qui entrent dans le repos de la foi. Quels sont les obstacles pour les autres, et comment ces obstacles peuvent-ils être levés, de sorte qu'un nombre plus grand de membres du peuple du Seigneur puisse recevoir cette faveur.
LES OBSTACLES SONT DE DEUX SORTES :
(1) Beaucoup, qui sont du côté du Seigneur, qui ont été grandement bénis par Lui, qui ont fait un progrès considérable dans la connaissance de Sa Parole, qui mettent leur confiance dans le mérite du sacrifice du Seigneur Jésus comme seule espérance pour une vie future et sont justifiés, n'ont pourtant pas réussi à faire le deuxième pas nécessaire à leur admission totale dans la famille de Dieu et à une communion étroite avec Christ pour obtenir les occasions favorables finales du Royaume. Ce pas, indispensable pour devenir membre de Son peuple, est la résolution de la consécration totale (Rom. 12 : 1) - l'abandon complet de notre propre volonté, y compris tous les desseins, objets et buts de la vie, y compris aussi tout ce que nous avons en matière de temps, d'influence, de moyens et de réputation. N'ayant pas fait cette démarche, n'ayant pas pris la croix pour suivre l'Agneau sans hésitation partout où Il va, cette classe ressent très bien que la mesure dans laquelle leur appartiennent les promesses du Seigneur - soit pour la vie actuelle, soit pour la vie qui doit venir - n'est pas nette. En ceci, ils ont raison ; car aucune des promesses, présentes ou futures, ne leur appartient jusqu'à ce qu'ils viennent sous les termes d'un abandon total de soi, de la consécration, en se présentant eux-mêmes à Dieu, saints, acceptables, par Jésus-Christ notre Seigneur.
Notre conseil à ces personnes est donc, qu'en prenant conscience de la situation, ils ne tardent plus, mais qu'ils se hâtent aussitôt pour profiter de ce privilège venant du Tout-Puissant. S'ils restent tranquilles, ils reçoivent selon les paroles de l'Apôtre, la grâce de Dieu en vain – en négligeant de l'employer dans la période assignée (2 Cor. 6 : 1). La grâce de Dieu, telle qu'elle est librement accordée à ceux qui en sont venus à comprendre que la rédemption qui est en Christ Jésus est la grâce du pardon des péchés, de la justification par la foi ; et le but même de cette grâce est de nous permettre ou de nous qualifier pour être des serviteurs, acceptables à Dieu au moyen du grand sacrifice de notre Rédempteur.
Par conséquent, tous ceux qui s'avancent jusque-là, qui sont au courant de leur privilège, et refusent pourtant de présenter leur petit tout, ont rejeté la faveur divine qui leur est offerte ; et ceci prouve la négligence à soumettre le fragment imparfait de cette vie, afin qu'il puisse obtenir, en échange, une position magnifique dans le Royaume millénaire : ceux-là reçoivent la grâce de Dieu en vain, n'en retirant aucun profit en sus du monde qui, jusqu'ici, demeure dans les ténèbres et l'aveuglement.
Que devraient-ils faire ? Ils devraient immédiatement décider que ce n'est pas seulement une chose raisonnable de donner tout ce que nous avons au service du Seigneur, mais c'est une offrande beaucoup trop petite, bien inférieure à celle que nous aimerions présenter à Celui qui a manifesté tant de compassion et tant de grâce envers nous. Nous devons estimer la chose ainsi, même si aucune récompense ne devait suivre notre consécration. Puisque Dieu y a attaché de grandes récompenses et de grandes bénédictions, comprenons qu'un refus de notre part indiquerait, non seulement un défaut d'appréciation de la miséricorde divine, mais aussi une faiblesse d'esprit, de jugement, l'incapacité d'établir la différence entre les plaisirs insignifiants et passagers de notre propre volonté, lesquels ne durent que quelques années, et l'éternité de joie, de bénédiction et de gloire dans l'union avec le Seigneur (Manne du 6 novembre).
Et plus encore, les consacrés sont les seuls qui apprécient réellement, totalement et véritablement cette vie présente, parce qu'ils ont vraiment une paix du cœur que le monde ne peut ni leur donner, ni leur ôter - une condition que tous les gens dans le monde convoitent et recherchent, mais ne trouvent pas parce qu'ils ne cherchent pas dans la voie du Seigneur de total abandon à Lui. Nous exhortons donc les membres de la classe à laquelle on s'adresse maintenant, à faire promptement leur alliance avec le Seigneur, et à devenir héritiers de Ses bonnes promesses appartenant à la vie présente, et aussi à la vie qui est à venir. Et nous insistons pour qu'ils posent le fondement pour entrer dans la « pleine assurance de foi » et dans la pleine assurance de l'espérance que la miséricorde et la bonté de Dieu les suivront tous les jours de la vie présente, et qu'ils habiteront dans leur future maison pour de longs jours.
(2) Parmi ceux qui sont des chrétiens véritables, et qui ont fait une pleine assurance de consécration au Seigneur, nous en trouvons beaucoup qui disent, et qui plus est, le pensent sans le dire – « 0 si je pouvais être sûr que la bonté et la miséricorde de Dieu resteront avec moi tous les jours de ma vie, et que je parviendrai à Son Royaume ! 0 que je puisse avoir une totale garantie de foi, une pleine assurance que je suis accepté du Seigneur, et que par Sa grâce, je serai finalement vainqueur ! ». Quel est le problème pour cette classe ? Comment se fait-il que ses membres ne possèdent pas cette pleine assurance de foi ? Nous répondons que leur difficulté est un manque de foi en Dieu, et un tel manque de foi ne plaît pas à Dieu, car « sans la foi il est impossible de lui plaire ». De plus, un tel manque de foi est un obstacle constant qui les empêche de vaincre, ainsi qu'il est écrit : « C'est ici la victoire qui a vaincu le monde, [savoir] notre foi ». Le chrétien qui n'a pas le bouclier de la foi - et un grand - est continuellement handicapé face à l'Adversaire (Héb. 11 : 6 ; 1 Jean 5 : 4).
Que doit-on faire pour vaincre ce manque de foi et posséder une foi croissante ? Nous répondons que, comme les Apôtres jadis, il faut prier ainsi : « Seigneur, augmente-nous la foi ». Agissant ensuite en conformité avec cette prière, chacun devrait cultiver la foi en son propre cœur : (a) en rafraîchissant continuellement sa mémoire avec les promesses divines, et en se familiarisant tout à fait avec elles au moyen de la Parole du Père ; (b) en cherchant à se rappeler de plus en plus qu'ayant fait alliance avec le Seigneur ces promesses sont pour lui, il devrait les revendiquer dans son cœur et avec ses lèvres dans la prière, avec actions de grâces. En outre, il devrait s'en réclamer dans ses propres pensées et dans ses entretiens sur les saintes choses avec les frères (Manne du 8 février).
Lorsque des épreuves, difficultés ou perplexités surviennent, chacun devrait penser à ces promesses, en se souvenant qu'elles lui appartiennent parce que Dieu les a promises à ceux qui L'aiment - qui ont fait une alliance par la consécration (Rom. 12 : 1). Il devrait décider de mettre implicitement sa confiance en la Parole du Père céleste. Si quelque accident en apparence lui arrive, qu'il lui revienne à l'esprit la promesse que « toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos », et l'assurent que l'accident apparent ne serait pas survenu si Dieu n'y avait pas vu le canal d'une leçon ou d'une bénédiction nécessaires. Qu'il rafraîchisse son esprit avec la pensée qu'il est soumis aux dispositions de cette promesse parce qu'il aime le Seigneur, et qu'il L'a tant aimé qu'il a fait une pleine consécration de soi à Lui ; en agissant ainsi, il est assuré que cette promesse lui était destinée.
Souvenons-nous aussi des paroles de l'Apôtre, que si Dieu nous aima alors que nous étions encore des pécheurs, au point qu'Il pourvut pour nous au grand salut en Christ Jésus notre Seigneur, bien plus nous aime-t-Il depuis que nous avons été justifiés par la foi dans le grand sacrifice expiatoire, et avons fait une pleine consécration de nous-mêmes à Lui, et que nous sommes soumis aux termes de l'adoption dans Sa famille. Rappelons-nous (aussi) que Celui qui a commencé la bonne œuvre en nous ne change jamais. Si nos cœurs sont toujours en harmonie avec Lui, si notre foi dans la grande expiation est toujours pleine et entière, en sorte que nous ne cherchons pas, dans nos affaires, à accomplir notre propre volonté, mais la Sienne, alors nous pouvons vraiment avoir une pleine assurance de foi, parce que Dieu étant immuable et nous-mêmes étant toujours d'accord avec Ses promesses et Ses arrangements, nous savons que tous Ses gracieux desseins ne cessent de s'accomplir en notre faveur. C'est là la pleine assurance de foi - la confiance parfaite dans le Seigneur (Manne du 5 novembre).
Cependant, il est possible pour le véritable chrétien qui a fait le pas de la justification puis le pas de la consécration et de l'adoption dans la famille de Dieu, et qui a eu la bénédiction d'une pleine assurance de foi - il est possible pour ces chrétiens-là de perdre ceci, s'ils deviennent surchargés par les soucis de cette vie, froids et indifférents concernant le Seigneur, Son Royaume, Ses frères, Sa cause, etc. Ceux-là n'auraient plus, bien sûr, une pleine assurance de foi ; Dieu ne la leur destine pas, mais si nous délaissons l'attitude consacrée convenable, Il a plutôt l'intention que nous perdions aussi les joies et consolations qui en font partie. Ce n'est pas simplement une rétribution ou un châtiment, mais ceci est destiné spécialement à nous ouvrir les yeux sur une prise de conscience de ce que nous sommes en train de perdre, dans le but que ceux qui ont « abandonné leur premier amour » puissent être ranimés, puissent renouveler leur vœu de consécration, et revenir au Seigneur, qui leur pardonnera abondamment et rétablira pour eux les joies de Son salut.
Ainsi donc, en examinant notre texte, nous disons que cette assurance de foi - que la bonté et la miséricorde de Dieu nous suivront tous les jours de notre vie, et que, finalement, par Sa grâce nous atteindrons le Royaume - est pour la classe mentionnée dans ce Psaume, à savoir les brebis du Seigneur, c'est-à-dire ceux qui Le suivent, et qui ont les expériences exposées à grands traits dans ce Psaume. L'une de ces expériences est que, en suivant le Berger, ils ne sont pas abandonnés à la faim ni à la soif, mais ils sont généreusement alimentés dans les verts pâturages et par les eaux paisibles de la Vérité. De plus, le texte s'applique à ceux qui font l'expérience du soin du Berger, de Sa houlette et de Son bâton, qui les corrigent, les réprimandent ou les guident. Ces brebis qui apprennent à aimer le Berger et à avoir confiance en Lui et en Sa direction, et qui retirent du réconfort et de la bénédiction de toutes les afflictions et épreuves de la vie qui peuvent être autorisées à les toucher, en comprenant qu'elles sont providentielles, et pour leur avantage – ces brebis continuent à suivre le Berger, continuent à avoir les expériences de brebis, et peuvent se réjouir de la pleine assurance de foi que Celui qui a commencé la bonne œuvre pour les surveiller et les conduire hors des voies détournées du péché et de l'égoïsme dans la bénédiction complète du Père céleste, continuera cette œuvre et l'achèvera, si elles demeurent en Lui (Ps. 23 : 4-6).