« Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » - Matthieu 11 : 28.
Notre Seigneur aurait pu sembler être quelque peu désappointé face au résultat de Son ministère, particulièrement à Capernaüm, où Il avait résidé pendant une très longue période, et notre texte s'ouvre sur un avertissement aux gens de Capernaüm, Chorazin et Bethsaïda, parce que ayant été favorisés de beaucoup d'œuvres puissantes et de beaucoup de preuves de la fonction de Messie de Jésus, et que le Royaume allait leur être offert, etc., ils en seraient tenus proportionnellement responsables. Comme Capernaüm avait été grandement bénie, hautement exaltée, ou, figurativement, « élevée jusqu'au ciel » dans ses privilèges et opportunités, il en résulterait pour elle une plus grande dégradation et finalement, elle serait abaissée dans la poussière - détruite, « abaissée jusqu'en enfer », dans le texte - ce qui signifie abaissée jusqu'au hadès, l’état de mort. Et assurément, ceci fut accompli dans le fait que la cité fut à ce point détruite que sa localisation n'est plus connue.
Mais même si notre Seigneur fut désappointé d'être si généralement rejeté, Il n'a pas pu s'attendre à être très bien accueilli par le peuple. Il devait savoir - comme Il le décrit ailleurs à Ses disciples en citant les prophéties - qu'Il serait rejeté par Israël et que l'offre du Royaume leur échapperait. Effectivement, Son rejet de leur part a permis, soit dit en passant, l'envoi de l’appel bienveillant aux honneurs du Royaume aux croyants parmi les Gentils, et ils sont actuellement favorisés.
Le contraste que le Maître établit entre Bethsaïda, Chorazin, Tyr et Sidon est très fort. Les deux dernières étaient des villes de Gentils florissantes ; cependant, comme c'était courant dans de tels endroits, telles étaient remplies de bassesse et d'immoralité, en sorte que, évidemment, leurs noms étaient synonymes de ce qui était impie, licencieux, impur. Ainsi, le fait pour notre Seigneur de dire que si Ses œuvres puissantes avaient été accomplies dans ces villes impies, celles-ci se seraient dès longtemps repenties sous le sac et la cendre, c'est-à-dire avec une profonde contrition, cette déclaration donc revenait à dire que les gens de Bethsaïda et de Chorazin étaient dans une condition de cœur bien pire que ces Gentils, plus éloignées d'une condition que Dieu pouvait bénir.
À partir de cela, nous pouvons percevoir que Dieu considère ces sujets d'un point de vue différent de celui de la plupart des gens. Il ne dit pas seulement : est-ce une ville morale ou immorale ? Ces gens sont-ils décents ou indécents ? La question examinée par le Seigneur serait plutôt : Quelle est l'attitude de cœur de ce peuple-ci ou de ce peuple-là, de cet individu-ci ou de celui-là ? Que vise-t-il, pour quoi lutte-t-il ? Comment en serait-il affecté sur ce point s'il recevait une plus grande lumière concernant la volonté de Dieu ? Si nous nous considérons nous-mêmes et trouvons que nous ne sommes pas immoraux, vulgaires, sensuels, brutaux, mais plus raffinés que beaucoup d'autres, c'est bien ; c'est ainsi que nous devrions être, eu égard à nos faveurs, privilèges et grâces ; mais nous devons nous souvenir qu'il se pourrait que nous soyons encore très loin d’être à la hauteur de ce qui plairait au Seigneur, et que si Dieu devait nous favoriser de certains privilèges et bénédictions, opportunités et que nous les rejetions, notre attitude pourrait, à Ses yeux, être pire que celle de la personne immorale.
Se tournant vers Capernaüm, la plus favorisée de toutes, notre Seigneur la met en contraste avec Sodome dont la perversité était très grande, en sorte que cela amena sur elle un feu de destruction de la part du Seigneur. Il est clairement dit à Capernaüm que, selon le point de vue du Seigneur, sa population était perverse, moins digne de la faveur divine, méritant plus de châtiment que les habitants de Sodome. C’était une critique sévère et cependant juste, comme nous pouvons le voir ; car les pauvres Sodomites marchaient dans la voie du péché, de l'ignorance de Dieu, etc. Ils étaient descendus graduellement, de plus en plus bas, selon la course de la nature déchue, tandis que les gens de Capernaüm avaient un grand avantage de toute manière en tant que Juifs, que l’Éternel avait bénis par la connaissance de Lui-même et à qui à présent, finalement, Il avait envoyé le Messie, et dont ils avaient vu les miracles de façon répétée, avec les magnifiques caractère et enseignement duquel ils avaient été beaucoup mis en contact par le fait qu’Il résidait au milieu d'eux.
Au vu de ces privilèges et de ces bienfaits, leur rejet du Messie et leur échec à saisir leurs opportunités, les marquèrent au fer rouge, pour ainsi dire, comme étant inférieurs aux Sodomites dans l'appréciation de la droiture et de la Vérité ; car notre Seigneur déclare que les Sodomites n'auraient pas connu la fin qui fut la leur, s'ils avaient eu de semblables privilèges et des bienfaits déversés sur eux.
La question se pose naturellement : pourquoi notre Seigneur n’accorda-t-Il pas aux Sodomites une aussi bonne opportunité qu'aux gens de Capernaüm, et pourquoi n’accorda-t-Il pas aux gens de Tyr et de Sidon qui vivaient toujours, une occasion aussi favorable qu'aux gens de Chorazin et Bethsaïda ? Nous répondons qu'à aucune de ces populations ne fut concédée une épreuve pour la vie éternelle. Les Sodomites n'eurent pas une telle épreuve ; les gens de Tyr et de Sidon n'eurent aucune épreuve de quelque sorte que ce soit ; pas plus que le peuple de Palestine n'eut une épreuve pour la vie éternelle. L'épreuve qui fut la leur fut une épreuve concernant leur amour pour le Seigneur et Sa justice, et leur empressement à être membres de Son peuple et partisans de Son Royaume. Le résultat de l'épreuve montra qu'ils n'aimaient pas suffisamment la droiture pour apprécier le Royaume du Seigneur, ni pour devenir des amis et des serviteurs ; et, en conséquence de cela, le Seigneur rejeta leur ville, leur pays, et eux-mêmes en tant que peuple, pour être Ses agents en relation avec l'établissement de Son Royaume.
Ce fait qu'aucune épreuve individuelle pour la vie éternelle n'avait encore été donnée à l’une quelconque de ces personnes est évident d'après plusieurs faits : (1) le monde entier était sous la condamnation à cause de la transgression d'Adam ; (2) personne ne pouvait être déchargé de cette condamnation, en sorte d'avoir une nouvelle épreuve individuelle pour la vie, jusqu'à ce que le prix de la Rançon fût déposé, et cela n'était pas encore achevé ; (3) il est suggéré plus loin par la déclaration de notre Seigneur en Matth. 11 : 24 qu'il y aurait un jour futur de jugement, un jour de mise à l'épreuve, un jour permettant de voir qui serait digne et qui serait indigne de la vie éternelle (Act. 17 : 31). En ce jour de jugement, l'Âge millénaire, tous doivent avoir une chance pour la vie éternelle, car l’octroi de cette chance à toute la race d'Adam était l'objet de la mort de notre Rédempteur. Dans l'intervalle, les gens de Bethsaïda, Chorazin et Capernaüm, ayant rejeté le Seigneur et ayant été rejetés par Lui, Il en trouva pourtant là quelques-uns, d'une classe spéciale, qu'Il appela à être cohéritiers avec Lui dans le Royaume millénaire, Règne bienfaisant de droiture sous lequel un jugement complet et impartial, ou épreuve pour la vie, sera offert à tous. Il voulait cependant faire comprendre à Ses auditeurs, que lors de ce futur temps d'épreuve, les gens de Tyr, Sidon et Sodome seraient traités avec plus de considération et de tolérance que ceux qui, ayant eu beaucoup plus de privilèges, avaient endurci leurs cœurs contre ce qu'ils voyaient bien et entendaient. « Le sort du pays de Sodome sera plus supportable au jour du jugement que le tien » Capernaüm.
UN REPROCHE CINGLANT.
Comme il fut cinglant le blâme de ces paroles, à savoir que les gens de Sodome, notoirement connus pour leur perversité et leur licence, etc., trouveraient plus de faveur, plus de tolérance sous la main du Seigneur - lorsqu'Il commencerait l'œuvre de juger l'humanité - qu'Israël qui avait été le peuple favorisé de Dieu mais n'avait pas apprécié Ses bontés et avait été en violation de Sa bonté ! Mais si quelqu'un suppose à partir de cela que les gens de Capernaüm, lorsqu'ils seront à l'épreuve pour la vie pendant l'Âge millénaire, seront traités durement, ce serait une grande erreur ; car la déclaration de la Parole du Seigneur indique clairement que le monde sera « jugé en justice » - non avec courroux, malice, ni avec le désir de lui faire du tort mais avec le désir de lui faire tout le bien possible - ainsi cela sera supportable, en ce jour-là, pour les gens de Capernaüm, ce sera pour eux une occasion magnifique et bénie de venir à une pleine et claire connaissance du Seigneur ; mais ce sera encore plus supportable pour les gens de Sodome et Gomorrhe, car leurs péchés, même s’ils furent plus grands à certains égards, étaient moins iniques aux yeux de Dieu - c'étaient moins des péchés contre le caractère, et plus des péchés d'ignorance et de faiblesse.
Nous pouvons supposer, par conséquent, que pendant les disciplines de l'Âge millénaire, les gens tels que ceux de Tyr et Sidon et ceux de Sodome, qui n'ont jamais connu Dieu à un quelconque degré, qui n'ont jamais connu Ses lois, seront dans une condition de cœur beaucoup plus aisément soumise aux influences et exigences de ce temps que ne le seront certains autres - les gens de Chorazin, Bethsaïda et Capernaüm qui, ayant eu davantage de connaissance quant à Dieu, avaient mal employé les occasions de la vie présente - qui détruisirent leurs caractères au lieu de les élever.
Ce sont simplement des exemples ; car nous savons que tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de l'homme et en sortiront – « ceux qui auront pratiqué le bien [les Élus, les Plus-que-Vainqueurs] en résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal (toute l'humanité, en dehors des Élus), en résurrection de jugement » (Jean 5 : 28, 29).
En harmonie avec la déclaration de notre Seigneur dans notre texte, nous pouvons facilement comprendre que beaucoup qui, dans cette vie présente, n'ont aucune connaissance et aucune opportunité ne seront pas désavantagés en ce temps de jugement. Au contraire, il se peut qu’ils soient plus sensibles aux bonnes influences du Royaume et à ses lois que certains autres qui, dans une certaine mesure, ont été en contact avec la lumière dans la vie présente, mais l'ont refusée.
Quelle promesse bénie que celle d'un futur jugement ou épreuve ! Quelle signification importante pour toute la création gémissante, de savoir que Dieu - qui a laissé la sentence d'Adam tomber sur tous, sans leur donner une mise à l'épreuve individuelle - a préparé pour tous une rédemption hors de cette première sentence et a pourvu à ce que chaque membre de la race humaine ait, individuellement, au temps convenable, une épreuve et un jugement, entre les mains de Celui qui est mort pour tous. Oh, combien seront favorables les conditions sous lesquelles cette mise à l'épreuve sera accordée ! Satan doit être lié et la terre doit être remplie de la connaissance de l’Éternel, de Sa bonté et de Ses arrangements miséricordieux au profit de Ses créatures déchues, dont Il désire qu'elles ne périssent pas mais qui, si elles se décident pour la meilleure vie, auront la vie éternelle par Christ.
Cependant, comme notre Seigneur l'annonce clairement en Matth. 11 : 25, ces choses relatives au jugement à venir et aux occasions bénies qui seront accordées à chaque membre de la race d'Adam, sont cachées à la majorité – elles semblent particulièrement cachées aux sages et prudents selon le monde qui, au lieu d'accepter un plan si miséricordieux, sont plutôt enclins à enseigner aux gens que les pauvres Sodomites s'en sont allés au tourment éternel sans avoir jamais eu aucune chance, ni aucune perspective d'avoir jamais une chance dans le futur. Cependant, notre Seigneur déclare que s'ils avaient eu une aussi bonne occasion que les gens de Capernaüm, ils se seraient repentis avec une profonde contrition. Les sages et prudents sont aussi enclins à nous dire que les gens de Tyr et Sidon, bien que non favorisés par les bénédictions de notre Seigneur, doivent aussi être considérés comme voués au tourment éternel, alors qu'ils se seraient repentis s'ils avaient eu une aussi bonne opportunité que les habitants de Palestine ; et finalement, ils nous disent que ces gens de Palestine, ayant rejeté notre Seigneur, doivent être victimes du tourment éternel, et pas seulement perdants du Royaume. Ils ne parviennent pas à comprendre ; ils sont aveugles à la Vérité - aveuglés par les traditions de leurs instructeurs religieux.
Alors, pour ajouter à leur confusion, ils commencent à essayer d'appliquer les paroles du Seigneur quant à un jour de jugement, et, bien sûr, les interprètent comme signifiant un jour de damnation, au lieu d'un jour de mise à l'épreuve. Ils ne réussissent pas à remarquer que leur prétention est que les Sodomites étaient déjà en enfer, souffrant des tourments de la forme la plus sévère depuis près de deux mille ans, au moment où notre Seigneur prononça ces paroles. Pensent-ils que les Sodomites pouvaient souffrir encore plus, après le Jour du Jugement, que ce qu’ils les décrivent comme souffrant maintenant ? D'ailleurs, que comprennent-ils par le « jour de jugement » ? De toute évidence, ils n'ont pas une conception appropriée du sens des mots. Ils comprennent que notre Seigneur en parlait comme d'un temps futur, et ils sont désespérément confus et parfaitement incapables de donner la moindre explication raisonnable du sujet, que ce soit en harmonie avec le caractère de Dieu, ou en harmonie avec leurs propres théories scélérates et infamantes envers Dieu.
Combien réconfortantes sont les paroles de notre Seigneur à propos de cette précieuse vérité que Dieu a révélée aux petits enfants, à ceux qui ne sont ni grands, ni sages, selon les voies de ce monde ; à ceux qui sont humbles d'esprit, prêts à être enseignés par le Seigneur, au lieu de vouloir enseigner le Seigneur. Cette grande bénédiction, chers bien-aimés, est nôtre, et ayons grand soin de conserver une attitude de ressemblance à un enfant, et de simplicité, afin que nous puissions continuer à être enseignés de Dieu et à connaître « les choses qui nous ont été librement données par Dieu ». Réjouissons-nous en elles, utilisons-les et que la lumière brille sur les autres. L'explication du fait que le Plan de Dieu est caché pour la grande majorité des gens instruits, les docteurs en divinité, etc., est qu'il a plu au Père de laisser « les sages être pris dans leur propre ruse » et de révéler Son dessein aux humbles d'esprit. « Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Matth. 11 : 26). Le Père a amené au Fils, lors de Son Premier Avènement, non pas les docteurs de la loi, les scribes et les notables, mais certains « Israélites en vérité », en qui il n'y avait point de fraude, même s’ils n’étaient qu'un petit nombre. Et cette même classe a reçu la bénédiction tout au long de l'Âge.
Le Maître comprit que Ses instructions spéciales devaient être destinées à ceux que le Père Lui avait donnés, plutôt qu'à ceux qui n'étaient ni prêts ni disposés, qui ne recevraient pas Son témoignage parce qu’ils n'étaient pas dans une condition de cœur convenable pour l'apprécier. À Ses disciples fidèles, par conséquent, et à tous ceux de la même classe depuis, Il déclara que toutes les choses qu'Il possédait, Il les avait reçues du Père ; Jésus ne déclarait rien de Lui-même ; et plus loin Il affirma que personne ne Le connaissait véritablement, complètement, intimement, hormis le Père, et que personne ne connaissait le Père, excepté Lui-même, le Fils, et celui à qui le Fils Le révélerait. Le lecteur ordinaire accorde très peu d'importance à ce passage de prime abord. Le Chrétien, qui a progressé pendant des années, croissant en grâce et dans la connaissance du Seigneur, peut l'apprécier beaucoup mieux. Il réalise que tandis qu'il avait au départ une certaine connaissance à propos de Jésus et à propos du Père, dès le commencement de son expérience chrétienne, ce fut cependant autre chose d'en venir à connaître le Père et connaître le Fils dans le sens de devenir leurs proches, connaissant Leur esprit comme quelqu'un connaît l'esprit, le cœur d'un ami intime. C'est un privilège d’entrer dans une telle relation. Cela n'est pas donné à n'importe qui ; cette relation exige qu’on la recherche et que l’on frappe pour l'obtenir ; et rechercher et frapper impliquent un ardent désir d'avoir une amitié et une communion profondes. Une telle croissance en grâce devrait être ardemment recherchée par tous les véritables disciples du Seigneur qui veulent être à Sa ressemblance dans le Royaume ; car sans cela ils ne peuvent progresser. Dans la proportion de notre connaissance du Père et de notre connaissance du Fils, nous Les aimerons et chercherons de plus en plus à faire ce qui est agréable à Leur vue.
UNE INVITATION À TOUS CEUX QUI SONT LOURDEMENT CHARGÉS.
S'adressant encore à cette même classe, et sous-entendant qu'il y avait des personnes présentes convenablement disposées qui n'étaient pas encore devenues Ses disciples, notre Seigneur lança un appel individuel à Ses auditeurs : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matth. 11 : 28). La difficulté avec la plupart des gens semblerait être qu'ils ne sont ni fatigués, ni chargés, mais au contraire, assez contents d'eux-mêmes. Nous ne pouvons supposer que la pensée que notre Seigneur avait à l’esprit était celle des faiblesses physiques et des fardeaux physiques, mais il s’agissait plutôt du fardeau du cœur et la lassitude du péché, que tous les véritables Israélites avaient dû ressentir s'ils étaient honnêtes envers eux-mêmes.
Nous devons nous rappeler qu'ils étaient sous l'Alliance de la Loi, que ses conditions étaient très exigeantes et qu'elle ne montrait aucune tolérance à l'égard des faiblesses, imperfections, erreurs, etc. ; en conséquence, tous ces Juifs auraient dû se sentir continuellement condamnés dans leur effort à porter le fardeau de la Loi du Sinaï. Non que la loi fût injuste ou impossible à être respectée par un homme parfait, mais, parce que, étant tous imparfaits et déchus, ils étaient incapables d'accomplir l'Alliance de la Loi. Ainsi, nous pouvons supposer que parmi les Juifs de cette époque, alors que dans leur majorité ils professaient être des saints, observant la Loi, et ne péchant pas, il y en avait certains qui, honnêtement, admettaient pour eux-mêmes et pour d’autres qu'ils n'observaient pas, étaient incapables de respecter la Loi parfaitement et qui, par conséquent, se sentaient accablés et fatigués dans leurs efforts infructueux. Ces personnes ressentaient leur besoin d'un porteur de fardeau, elles sentaient leur maladie de l’âme et leur besoin d'un bon Médecin, et à celles-ci Jésus S'adressa, les invitant à venir à Lui et à recevoir le repos, l'apaisement.
Cette venue à Christ pour obtenir le repos est la première étape vers une vie de Chrétien ; c'est la justification, l'acceptation de Lui en tant que satisfaction pour nos péchés ; et à partir du moment où nous L'acceptons, comme le déclare l’Apôtre, nous avons la joie et la paix au moyen de la foi (Rom. 5 : 1 ; 15 : 13). Mais ayant donc été reçus et bénis, il y a quelque chose de plus à faire pour nous, à savoir, d’apprendre qu'il existe un autre fardeau et un autre joug que nous devrions prendre sur nous volontairement.
Un joug est un symbole de servitude, et donc notre Seigneur suggère que ceux qui sont rendus libres (soit du joug de l'Alliance de la Loi comme l'étaient les Juifs croyants, soit du joug de Satan comme l'étaient les Gentils croyants) devraient devenir Ses serviteurs, devraient prendre Son joug, devraient apprendre à faire Sa volonté. Généralement un joug est fait pour deux, et notre Seigneur en parle comme de Son joug, ce par quoi nous devons comprendre que Lui aussi est un serviteur ; en en étant venu à accomplir la volonté de Son Père et ayant revêtu le joug de servitude, Il nous invite à devenir de vrais compagnons porteurs de joug avec Lui dans l'accomplissement de la volonté du Père, des collaborateurs, ensemble avec Christ dans la grande œuvre de délivrance du monde hors du péché et de la mort.
Le secret de la capacité à porter ce joug, d'avoir la compagnie de Christ à Son service et d'avoir comme résultat une grande bénédiction dans notre propre cœur, le repos pour notre âme, se trouve dans notre apprentissage à être doux et humbles de cœur, comme Il l'était. Il sera impossible à ceux qui sont fiers, hautains, de disposition égoïste, ambitieux, sages selon le monde, etc. de travailler sous le même joug avec Jésus ou de trouver le véritable repos de l'âme que nous recherchons à juste titre. Mais si nous sommes doux, dociles, d'esprit humble, prêts à connaître et à faire la volonté du Seigneur à tout prix, alors vraiment nous trouverons le repos, à la satisfaction de notre âme - la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence régnera dans notre cœur.
Nous remarquons une différence entre les deux repos de Matth. 11 : 28 et 29. Du premier, il est dit que le Seigneur le donnera à celui qui vient à Lui par la foi ; du second il est dit qu'il trouve ce repos de l’âme en devenant un compagnon de joug avec Jésus. Et il en est ainsi : il y a deux bénédictions : la première bénédiction est celle de la justification - la joie d'avoir nos péchés pardonnés, nous rendant désormais compte nous-mêmes, que nous ne sommes plus inconnus et étrangers à notre Père céleste, mais que nous sommes plus proches par le sang de Christ ; la seconde est la joie qui vient plus graduellement, un fruit, une grâce, un développement dans le cœur, la paix et la joie croissantes et durables du saint Esprit. Cette seconde bénédiction, cependant, est atteinte par un très petit nombre ; la majorité des chrétiens nominaux n'en connaissent rien ; et pourtant c'est le but même de l'appel de l'Âge de l'Évangile ; et ceux qui ne réussissent pas à venir au Seigneur et à prendre Son joug et à apprendre de Lui, pour devenir comme des « copies du cher Fils de Dieu », n’aboutiront pas du tout au but et à l'appel spéciaux de cet Âge et n'auront ni rôle ni participation dans le Royaume. La bénédiction de la justification par la foi sert simplement à nous rendre aptes, à nous préparer à prendre le joug et à devenir co-ouvriers avec le Seigneur dans le service du Père.
Ce joug sous lequel Jésus nous invite à nous placer avec Lui est une chose redoutable du point de vue du monde : pour le monde, cela paraît être un joug des plus déraisonnables, un fardeau des plus terribles - consacrer sa vie, son temps, ses moyens, toutes choses au service de Dieu ; mais selon le point de vue de ceux qui sont venus à Jésus, et auxquels Il a parlé de paix et de repos par la justification, la chose est toute différente. Pour eux, il doit s’agir d’un « service raisonnable » que - puisque le Seigneur a miséricordieusement rédimé notre vie et notre tout - nous devrions utiliser ce qu'il nous reste de cette vie à Sa louange et à Sa gloire ; et lorsque nous avons placé le joug sur nous-mêmes, nous trouvons qu'il est aisé et qu'avec lui, tout fardeau et devoir, toute épreuve, toute difficulté, tout tracas d'esprit, tout fardeau de n’importe quelle sorte qui pourraient venir sur nous, seraient vraiment légers en raison de ce joug.
Pourquoi ? Parce que ceux qui portent ce joug sont assurés par la Parole divine que toutes choses concourent ensemble à leur bien ; que plus le fardeau est lourd, plus la bénédiction et la récompense prochaines seront grandes ; plus les épreuves du temps présent sont pénibles, plus resplendissante sera la gloire et plus brillant le caractère. Ceux-là seront, par ce moyen, mieux accomplis et polis pour le Royaume. En considérant les choses à ce point de vue, tout fardeau semble léger parce que nous apprécions notre joug, nous le trouvons tout à fait aisé et raisonnable ; d'ailleurs, s'il est si léger, c'est que le Seigneur Lui-même le partage avec nous (Manne du 17 février). Il est le grand Porteur de fardeau et ne permettra pas que nous soyons tentés ou assaillis de plus de fardeaux de la vie que nous ne devrions vraisemblablement pouvoir supporter. Il est attentif aux intérêts de tous ceux qui prennent Son joug sur eux. Leurs fardeaux sont Ses fardeaux, leurs épreuves sont Ses épreuves, leurs intérêts sont Ses intérêts ; oui, toutes choses travailleront pour leur bien parce qu'ils L'aiment.
Rappelons-nous toutefois que le Seigneur ne prend aucun esclave sur cette voie ; Il n’assujettit personne sous un joug ; Il nous invite simplement à venir, et ensuite à placer Son joug sur nous-mêmes, pour faire une pleine consécration de nous-mêmes à Lui et à Son service.
Present Truth N° 741 - Printemps 2013