R 2555 (EB 228 p.41)
« LA PAROLE DEVINT CHAIR »
- LUC 2 : 1-16 -
« Et tu appelleras son nom Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » - Matthieu 1 : 21.

L’étude de ce sujet devrait être très profitable, car plus nous connaissons notre cher Rédempteur à la lumière des Ecritures, plus nous L'apprécierons, L'aimerons et chercherons à L'imiter. Aucune autre vie que la Sienne ne peut supporter un examen aussi continuel et rigoureux, et cependant être toujours pleine de révélations supplémentaires sur la dignité morale et le caractère - toute autre vie étudiée de la même façon et soumise à la critique révélerait un côté peu flatteur de faiblesse, de péché et de tendance ignoble.

Des récits des quatre Évangiles, seul celui de Jean essaie de remonter la généalogie de notre Seigneur jusqu'à Sa source céleste et de nous montrer qu'avant d'être chair Il était un être spirituel avec le Père et un participant de Sa gloire - un dieu avec le Dieu. Mais tous les Évangélistes déclarent clairement qu'Il « fut fait chair » - non qu'Il resta un être spirituel, et qu'Il prit la chair comme vêtement dans lequel Il apparut aux hommes - mais (bien que ce soit inexplicable) que la puissance de vie [life-power] d'un être spirituel, le Logos, devint la puissance de vie d'un être humain - né d'une femme, sous la Loi et soumis à toutes les conditions et circonstances des Juifs. Matthieu remonta la généalogie de Joseph et, bien qu'il soit clairement dit que Jésus n'était pas le fils de Joseph, étant cependant adopté par lui en tant que fils, Il pouvait sans inconvenance hériter de lui. Luc montre la généalogie de Marie, par laquelle notre Seigneur était en réalité apparenté selon la chair à la race humaine et par Nathan à la famille royale de David. (Pour plus de détails, voir Les Etudes dans les Ecritures, Vol. 5, chap. 6).

Le temps de la naissance de notre Seigneur fut propice sous plusieurs aspects, et la sagesse divine a manifestement dirigé les affaires du monde en le préparant à cet événement important :

1) L'esprit de conquête du monde qui débuta avec le royaume de Nébucadnetsar, lui fut favorable, dans le sens qu'il amena les différentes familles ou nations en contact plus étroit les unes avec les autres, élargissant leurs idées.

2) Cette politique eut pour résultat la transplantation des gens d'un pays à l'autre, les rendant plus cosmopolites dans leurs opinions.

3) Israël et Juda, ainsi déplacés dans leur captivité à Babylone, s'attachèrent tant à leurs nouvelles conditions que, comparativement, peu d'entre eux (plusieurs millions, seulement environ cinquante mille de toutes les tribus) profitèrent de l'offre du roi Cyrus de retourner dans leur propre pays. Les Juifs se trouvant parmi les Gentils n'avaient en aucun cas, ni perdu, ni abandonné tous leurs espoirs dans l'Alliance abrahamique, ni toute leur fidélité à la Loi mosaïque. Bien qu'ils fussent négligents dans ces affaires et trop enclins à l'amour pour le gain et le confort pour pouvoir développer l'esprit comme de vrais Israélites, ils possédaient néanmoins une certaine influence sur les peuples parmi lesquels ils vivaient, et témoignaient des espérances d'Israël dans le Dieu unique et dans la venue du Messie, le Fils de Dieu, pour être le Libérateur du monde.

4) Le triomphe, pour un temps, de l'Empire grec, a apporté au monde civilisé une littérature hautement développée ; la langue grecque atteignit son apogée et fut la langue littéraire du monde civilisé.

5) L'Empire romain a conquis le monde et s'est trouvé au sommet de sa puissance ; comme conséquence, il y eut un temps de paix universelle, et plus qu'à n'importe quel moment auparavant ce fut la période la plus favorable pour annoncer l'Évangile et pour la sécurité de ses représentants voyageant d'une nation à l'autre.

6) Israël lui-même a probablement atteint son degré de développement le plus élevé, intellectuellement, moralement et religieusement. De plus, les Écritures nous disent que « Le peuple était dans l'attente » de la venue du Messie (Luc 3 : 15).

LE RETOUR DE JOSEPH ET MARIE A BETHLEHEM.

Ce fut précisément dans ce moment approprié (comme cela était divinement prévu) que l'Empereur romain César Auguste émit un décret concernant l'imposition de son empire universel. Le décret n'était pas seulement conçu pour la répartition des impôts, mais plutôt pour le recensement ou inscription pour l'imposition. Mais au lieu d'envoyer les contrôleurs vers la population (selon la coutume d'aujourd'hui), la disposition d'alors obligeait chaque citoyen de sexe masculin à se présenter au siège [ou ville natale - Trad.] de sa propre lignée familiale. Telle était la raison de la venue de Joseph et de son épouse Marie, la mère de Jésus, à Bethléhem, leur ville natale ou familiale - puisqu'ils étaient tous deux originaires de la maison de David (par des lignées différentes) et Bethléhem était « la ville de David ». Ainsi, d'une manière providentielle et par un décret sur lequel ils n'avaient aucun contrôle, Joseph et Marie furent justement amenés dans cette ville (la plus appropriée) dans laquelle devait naître le grand héritier de David ainsi que l'avait prédit le prophète (Michée 5 : 2).

L'observation de ces petits incidents par lesquels la providence divine prépara la naissance de notre Sauveur et la proclamation du message de l'Evangile, fortifie la foi du peuple du Seigneur. Remarquer le soin que Dieu prit, même des petites choses, dans le passé, donne un fondement à la confiance en Sa sagesse et en Son arrangement pour les détails encore futurs de Son Plan - l'accomplissement des grandes et précieuses promesses centralisées en Celui qui naquit à Bethlehem. Remarquer la providence divine dans les plus grandes affaires du divin Plan stimule aussi la foi dans les providences du Seigneur à l'égard des affaires personnelles et plus intimes de Son peuple (Manne du 24 décembre).

Prenons de plus en plus conscience que, comme Jéhovah dirigeait les plus petits détails rattachés à la naissance de notre Sauveur, Il est aussi capable et prêt à diriger toutes les affaires de Ses enfants spirituels. Réfléchissons avec l'Apôtre que, si Dieu nous a aimés alors que nous étions encore des pécheurs, au point de faire tant de préparations soigneuses pour notre rédemption, Il nous aime encore plus maintenant que nous ne sommes plus des rebelles, des étrangers, des inconnus, mais que nous sommes devenus Siens ; nous pouvons donc avoir confiance en Son amour et Ses soins providentiels et que, selon Sa promesse, toutes choses travailleront ensemble pour le bien de ceux qui L'aiment - les appelés selon Son dessein (Rom. 5 : 8-10 ; 8 : 28).

PAS DE PLACE DANS L'AUBERGE.

Le même décret qui conduisit Joseph et Marie à Bethléhem en conduisit beaucoup d'autres de la nombreuse famille de David ; et comme les auberges ou hôtels de ce temps-là étaient en rapport limités en nombre et en capacité d'accueil, il n'est donc pas surprenant que, lorsque Joseph et Marie arrivèrent, les auberges étaient déjà remplies d'invités. En effet, c'était plutôt la coutume pour beaucoup de voyageurs de transporter avec eux un équipement pour dormir et pourvoir ainsi à leur confort dans la cour attenante à l'auberge. Et, par conséquent, les épreuves de Joseph et de Marie ne revêtaient pas un caractère exceptionnel. C'est pourquoi, quand le bébé Jésus naquit, une crèche devint Son seul berceau convenable.

La ville de Bethléhem existe toujours et n'est probablement pas très différente de ce qu'elle était alors, parce qu'il semble que les coutumes de ce pays ont très peu changé à travers les siècles. On prétend qu'une certaine grotte est celle qui, dix-neuf cents ans auparavant, était l'étable de l'auberge, et une certaine mangeoire en pierre est montrée comme étant la seule dans laquelle fut posé le bébé Jésus. Sur ceci fut érigée une église catholique dans laquelle et autour de laquelle se déroulent continuellement des cérémonies en rapport avec cette « crèche sacrée ».

Nous ressentons peu de sympathie pour de telles cérémonies, croyant qu'elles sont plutôt de la nature de l'idolâtrie. Pour nous, le centre d'intérêt n'est pas le sol (saint) sur lequel a marché notre Sauveur, ni la crèche (sainte) dans laquelle Il reposa en tant que bébé, ni Sa (sainte) mère. En vérité, bien que nous nous rappelions Sa chair et soyons grandement intéressés par tout ce qui s'y rapporte, spécialement dans toutes Ses expériences à partir du temps de Sa consécration jusqu'à la mort au baptême, néanmoins notre intérêt plus grand encore est notre Seigneur ressuscité, la Nouvelle-Créature amenée à la perfection, l'Être spirituel, bien au-dessus de l'homme, bien au-dessus des anges, principautés et puissances, de tout nom qui est nommé - le suivant après le Père, et élevé à Sa main droite de puissance.

L'Apôtre exprime bien ce sentiment en disant, « si même nous avons connu Christ selon la chair, toutefois maintenant nous ne le connaissons plus [ainsi] » (2 Cor. 5 : 16) - la connaissance que nous avons de Lui comme étant le Seigneur élevé et glorifié éclipse complètement tout notre intérêt concernant Sa vie terrestre. Cependant, celle-ci est intéressante et bénéfique pour nous, comme nous l'avons vu et le verrons encore.

Si les personnes rassemblées à Bethléhem avaient réalisé qui était Celui qui était arrivé dans leur ville - qu'II venait des parvis célestes, qu'II était le Logos fait chair, qu'Il était venu pour « sauver son peuple de leurs péchés » - ils L'auraient accueilli avec joie dans l'auberge et auraient donné leurs plus beaux appartements pour Son usage et pour Son confort ! Mais ils ne Le connaissaient pas et c'est pourquoi ils perdirent ce grand privilège de Le servir. De même, dans chaque ville ou village où sont des membres du peuple de Dieu, beaucoup les auraient accueillis et auraient mis ce qu'il y avait de mieux à leur disposition, s'ils les avaient reconnus comme étant les messagers de Jésus et du Père céleste ; mais comme le dit l'Apôtre, « Le monde ne nous connaît pas, parce qu'il ne l'a pas connu » (1 Jean 3 : 1).

Un disciple ne doit pas espérer être meilleur que son Seigneur, et c'est pourquoi, même quand nous nous rendons avec des missions de miséricorde et de bienveillance en tant qu'ambassadeurs de Dieu, nous ne devrions pas nous attendre à ce que la providence du Seigneur nous assure des conditions grandioses mais, ce qui est plus probable, des conditions très humbles. Quand nous prenons conscience qu'il en est ainsi, nous devrions nous réjouir du fait que, au moins dans une certaine mesure, nous avons les mêmes expériences que celles de notre Seigneur. Les membres du peuple du Seigneur obtiendront des bénédictions dans la mesure où ils sont préparés à recevoir toutes les occasions de service pour Dieu comme faveurs divines, et à les apprécier, aussi humbles que puissent être les conditions. Et il convient de remarquer que ni Joseph, ni Marie, ni Jésus, ni les disciples, ni les Évangélistes qui décrivirent l'événement, ne montrent la moindre marque de mécontentement, ni ne se plaignent des arrangements pourvus par la Providence divine.

LES BERGERS AVEC LEURS TROUPEAUX LA NUIT.

Les alentours de Bethléhem sont des terrains pastoraux, avec de nombreux troupeaux. La coutume de l'époque voulait que les bergers restent la nuit avec leurs troupeaux, comme gardiens contre les voleurs, aussi bien que contre les bêtes sauvages. Ce fut dans cette contrée que David (quand il était berger protégeant ses troupeaux) tua un lion à une certaine occasion et, à une autre, un ours. Les bergers, en tant que classe, n'étaient pas particulièrement cultivés du point de vue éducation scolaire ; pourtant, beaucoup d'entre eux étaient réfléchis et, pendant qu'ils surveillaient leurs troupeaux, ils acquéraient un savoir considérable par la réflexion et la conversation - de telle façon qu'on aurait pu dire d'eux qu'ils étaient une classe de personnes intellectuelles et réfléchies - leurs esprits étant plus tournés vers une réflexion sur des sujets profonds que ne le sont les esprits de certains qui sont toujours plongés dans les affaires et la technique.

Le berger, que Dieu honora en le faisant roi de Son Royaume typique, était un grand poète et, manifestement, pendant qu'il surveillait son troupeau, passait beaucoup de temps à écrire, et un de ses plus beaux poèmes (Psaume 23) représente Jéhovah Lui-même comme Berger de Son peuple, Son troupeau dont Il se préoccupe. Ce fut à cette classe de gens réfléchis et sans doute d'hommes familiarisés avec les Psaumes de David et les Espérances messianiques qui y sont contenues que Dieu envoya le premier message concernant Son Fils fait chair.

La description de l'apparition de l'ange et de la peur provoquée par l'éclat de son visage est à la fois simple et naturelle. Toute l'humanité ressent plus ou moins instinctivement de la peur devant le surnaturel, une vive inquiétude à la pensée même d'être en présence des saints anges. Et ceci est juste aussi bien que naturel, car tous ont conscience de leurs propres imperfections à cause de la chute, craignant pour eux, dans une mesure plus ou moins grande, des conséquences qui leur seraient défavorables si la Justice divine était appliquée selon le cordeau et le plomb en ce qui les concerne.

Il semble que tous prennent instinctivement conscience de leur besoin de miséricorde des mains de Celui avec qui nous avons tous affaire. Il en était de même avec ces bergers : ils s'étaient effrayés quand ils avaient aperçu le visiteur céleste parmi eux ; mais son message n'était pas un message de justice ou d'une quelconque condamnation, mais un message de miséricorde divine. Il les apaisa avec ces mots : « N'ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ». Pouvons-nous nous étonner qu'en entendant ces paroles bienveillantes la joie ait remplacé la peur dans leurs cœurs ? Sûrement non. Il en est de même pour tous ceux qui, à partir de ce jour jusqu'au temps présent, ont entendu le vrai message de l'Évangile, non seulement avec les oreilles extérieures, mais vraiment, avec les oreilles de leur entendement - en le comprenant.

Combien est fausse et triste la compréhension de beaucoup de membres du peuple de Dieu au sujet du message qui a retenti vers eux à travers les âges ! Qu'ils sont rares ceux qui l'ont entendu avec joie et appréciation ! Combien est remarquable le fait que presque toutes les différentes églises et leurs milliers de ministres et leurs centaines de milliers d'instructeurs de l'École du Dimanche se sont unis pour une contradiction complète de ce message des anges - une contradiction qui, non seulement blesse leurs propres sentiments et afflige leurs propres cœurs, mais qui vole à la mission de notre cher Sauveur quatre-vingt-dix-neuf pour cent de Sa majesté, et déshonore et calomnie complètement le nom de notre bienveillant Père céleste par une présentation fausse du salut qu'Il a prévu en Jésus-Christ.

Certains seraient peut-être surpris et même choqués d'une telle accusation contre le message qu'eux-mêmes et d'autres chrétiens bien intentionnés mais aveugles livrent au nom de l'Évangile - car le mot « évangile » vient des mots bonnes nouvelles. Nous sommes tout à fait prêts à croire que la grande majorité de ceux qui proclament les mauvaises nouvelles de malheurs éternels comme étant les divins message et sentence à la grande majorité de l'humanité, sont complètement inconscients de la façon grave dont ils dénaturent le caractère et le gouvernement divins dans le message qu'ils apportent aux hommes. Ils altèrent l'Évangile, non pas avec intention, mais avec aveuglement, le même aveuglement mentionné par l'Apôtre comme provenant du grand Adversaire - l'aveuglement avec lequel il aveugle les esprits de la grande majorité, les empêchant de prendre conscience de la lumière glorieuse de la bonté de Dieu révélée en Jésus-Christ notre Seigneur (2 Cor. 4 : 4).

LES BONNES NOUVELLES POUR TOUT LE PEUPLE.

« Je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ». Oh ! Si seulement nous pouvions inciter tous les vrais chrétiens à étudier le verset 10 de notre leçon et à voir les profondeurs de sa signification, cela révolutionnerait rapidement les enseignements de la chrétienté ! Mais, comme le déclarait notre Seigneur, certaines des choses profondes du Plan divin sont cachées devant beaucoup de sages et prudents selon le cours [ou conduite] de ce monde, et sont révélées seulement aux humbles - aux petits enfants. Néanmoins, le témoignage de Dieu reste sûr, et tous ceux dont la compréhension a été ouverte et qui ont été rendus capables de comprendre quelque peu des longueur, largeur, hauteur et profondeur de l'amour de Dieu, peuvent se réjouir du fait que l'ignorance générale du monde sur ce sujet et l'opposition du grand Adversaire qui les aveugle ne peuvent continuer plus longtemps mais doivent céder la place, quand le temps convenable du Seigneur viendra - quand Celui qui mourut au Calvaire pour la rédemption du monde commencera Son Règne glorieux en liant ce vieux serpent, le diable, Satan, afin qu'il ne trompe plus les nations pendant les mille ans du Règne millénaire.

Alors tous sortiront de l'obscurité ; alors tous distingueront ce que, maintenant, seul le petit nombre de favorisés ont le privilège de voir, concernant le caractère et le Plan divins : que le message de l'ange était vrai, chaque mot de celui-ci - que les merveilleux résultats découlant de la naissance du Sauveur à Bethléhem justifiaient le message envoyé par le grand Jéhovah, un bon message de grande joie qui, en fin de compte, sera pour tout le monde - tous ceux dont l'instruction et les bénédictions ne rencontreront ni obstacle, ni limite, le résultat étant que tous viendront à la connaissance de la Vérité et profiteront de la possibilité de grâce, miséricorde et paix pourvues pour tous par le grand salut assuré par le sacrifice en rançon de notre Seigneur Jésus.

L'ange expliqua ensuite le grand message de l'Évangile, montrant ses bases, et déclarant que toutes les bonnes choses mentionnées se dérouleront grâce à la naissance du Sauveur, le Messie - le seul si longtemps attendu en Israël, la semence promise d'Abraham, dans laquelle non seulement Israël serait béni et élevé à l'honneur, la dignité et la coopération, mais aussi dans laquelle « toutes les familles de la terre seront bénies ».

Remarquons ici que la continuité de la présentation de ce sujet, utilisée par le messager céleste et manifestement choisie par Dieu, est la seule présentation qui devrait être adoptée par tous ceux qui cherchent à être utilisés par le Seigneur comme Ses ambassadeurs dans l'appel de Son peuple particulier. En premier lieu, il y a une grande déclaration sur la faveur et la bénédiction divines, ce qui est un motif de joie et qui, à la fin, s'étendra à chaque créature ; en second lieu, il y a une explication précise sur la façon dont tout cela sera accompli - par un Sauveur, un Libérateur qui, (comme l'énonce notre texte) pour délivrer Son peuple du salaire du péché, de la mort, et lui donner la vie et la bénédiction éternelles, doit d'abord les sauver tous de leurs péchés. Par d'autres passages des Écritures nous voyons que le salut de nos péchés signifie non seulement le paiement en notre faveur de la peine pour le péché adamique, mais aussi plus tard l'instruction de l'homme dans la justice et l'aide à le relever du péché - élévation pour laquelle la coopération de chacun sera réclamée, dans la mesure de sa volonté et de sa capacité.

Ainsi, tout enseignement sur la grâce qui doit arriver sur l'humanité devrait être lié à la philosophie du salut - le Sauveur fait chair, chair qui a été consacrée ou sacrifiée pour nos péchés, et le Sauveur glorifié, pour qu'au temps convenable, après la sélection de Son Église, Il puisse établir avec elle, selon le Plan divin, Son Royaume de justice pour relever tous les humains de l'ignorance, de la superstition et de la dégradation générale dans lesquelles les a plongés le grand Adversaire par la chute et par l'aveuglement et la tromperie qui suivirent. A ce propos, il est bon de rappeler que le nom de notre Seigneur, Jésus, signifie Sauveur, et que tous ceux qui voudraient appartenir à Son peuple particulier doivent avoir l'esprit de l'Époux (et par la foi être recouverts de la parure de Sa justice imputée) : et que Son esprit est celui de l'opposition au péché jusqu'au point de son propre sacrifice. Nous devons aussi « résister jusqu'au sang [mort] en combattant contre le péché » (Héb. 12 : 4) [Ecrit en janvier 1900 - Trad.].

L'HUMBLE MESSAGE CONCERNANT LE GRAND ROI.

Puis, l'ange donna des informations aux bergers sur les conditions humbles dans lesquelles ce grand Roi de la terre vint au monde - comme un bébé, enveloppé dans des langes et reposant dans une crèche. Cela était nécessaire, non seulement pour leur permettre d'identifier Jésus, mais aussi pour ramener leurs pensées du grand et merveilleux résultat à son humble commencement, afin qu'ils ne soient pas déçus dans leurs attentes. Et comme il en est ainsi de chaque partie du divin Plan, de même devrait-il en être de toutes nos proclamations de celui-ci.

Nous ne devons pas seulement parler de la gloire, de la grandeur et de la splendeur futures, mais nous devons aussi parler de la présente humiliation – non seulement de notre Sauveur qui S'abaissa pour prendre une condition humble parmi les hommes et pour mourir pour nos péchés, mais aussi pour souligner que les « élus » étaient appelés à marcher sur Ses pas, dans des circonstances pareillement humiliantes pour souffrir avec Lui afin de régner avec Lui ; mourir avec Lui, s'ils voulaient vivre avec Lui. C'est ainsi que parlaient les prophètes, non seulement de la gloire qui suivrait, mais aussi des souffrances de Christ (Tête et Corps) qui doivent précéder la gloire (1 Pi. 1 : 11). La leçon pour tous ceux qui ont des oreilles pour l'entendre est, « pas de croix, pas de couronne ». Humilions-nous donc sous la puissante main de Dieu, et réjouissons-nous de chaque étape de l'humiliation, afin qu'au temps convenable Il puisse nous permettre de prendre part au grand travail de bénédiction de toutes les familles de la terre.

Ce fut bien l'apogée car, alors que le premier ange était prêt à repartir après avoir annoncé aux bergers surpris la bonne nouvelle de grande joie pour tout le monde, il fut rejoint par une nuée d'anges, chantant « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ». Ce n'était qu'une répétition du message de l'Évangile déjà délivré. Cela témoignait que le travail qui serait accompli par le bébé qui venait de naître contribuerait à la gloire et l'honneur les plus grands de Jéhovah Dieu, Son Père. Il déclarait aussi que par ce travail (qui allait être accompli par Jésus) viendrait sur terre la bonne volonté divine et, par conséquent, la paix - et tout ce que ceci impliquerait dans la voie de bénédictions du Rétablissement et dans le privilège d'obtenir la vie éternelle.

Mais combien ces fausses théories qui ont acquis la croyance dans la chrétienté sont en contradiction avec ce qui précède ; elles enseignent aussi que (malgré la Rançon donnée par notre Seigneur Jésus, et malgré la libération de la sentence originelle sur notre race comme résultat de l'expiation, acceptée par le Père, pour nos péchés), la grande majorité de la famille humaine sera quand même pour toute l'éternité en rébellion contre Dieu et, dans les tourments, blasphèmera continuellement Son nom - tout cela sans avoir eu une pleine et juste chance de connaître le Sauveur ou d'accepter Son salut. Comme il est étrange que quelqu'un puisse penser qu'un tel plan serait « la gloire à Dieu dans les lieux très-hauts » !

LE SALUT PAR CHRIST.

Comme il est étrange que l'on puisse refuser de voir la déclaration très claire des Écritures que Dieu a donnée par Christ, que chaque membre de la famille humaine aura une pleine occasion favorable de venir à la connaissance de la Vérité, d'abandonner le péché et d'accepter une nouvelle vie de droiture [righteousness] sous la Nouvelle Alliance - et qu'alors quiconque refusera encore et ne se soumettra pas à cet arrangement juste sera complètement détruit du milieu du peuple (dans la Seconde-Mort) ; alors il ne sera permis à personne de continuer à vivre dans le péché et dans l'opposition à Dieu pour souiller une partie quelconque des dominations de Dieu, car tous les incorrigibles seront comme s'ils n'avaient jamais existé. Nous ne pouvons imaginer une autre façon par laquelle le temps viendra où régnera une paix complète parmi les hommes. « Il n'y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants ».

La seule solution que Dieu propose concernant l'établissement de la paix est liée à l'établissement de Son Royaume, pour lequel notre Rédempteur nous demanda de prier « que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre ». Cela signifiera la paix dans son sens le plus complet et le plus absolu. La proposition scripturale ne comporte pas la violation de la volonté de quiconque, mais plutôt l'offre par Christ d'une chance de bénédiction et de paix éternelles, ou bien le retranchement dans la Seconde-Mort s'il manque d'apprécier l'offre divine.

Ayant entendu parler de la grâce de Dieu, les bergers montrèrent leur intérêt en visitant et en rendant hommage au Sauveur ; c'est ainsi que chaque individu ayant entendu parler de la grâce de Dieu avec un cœur aimant ne peut faire moins que chercher le Seigneur, Le révérer et servir Sa cause, en proclamant le message miséricordieux qui lui a été accordé. Que chacun de nous fasse de même pour qu'ainsi les joies du Seigneur croissent dans notre cœur, avec notre appréciation de Son grand Évangile (Gal. 3 : 8, 16, 29).

En ce qui concerne la date de naissance de Jésus, nous pensons qu'elle eut lieu entre le 25 septembre et le 1er octobre environ de l'an 2 avant J. -C., et l'annonciation (Luc 1 : 28-31) 9 mois auparavant, à savoir le 25 décembre de l'an 3 av. J.-C. Les preuves de cette affirmation sont données en détail dans les Études dans les Écritures, Vol. 2, pages 48-56.