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BÉNIR DIEU ET MAUDIRE LES HOMMES.
« Mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : c'est un mal désordonné, plein d'un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu ; de la même bouche procède la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi » - Jacques 3 : 8-10.

Ces paroles de l’Apôtre inspiré s’adressent au « frères » et non au monde. A vrai dire, l’Épître entière s’adresse à l’Église, et cela n’est pas contredit par le fait qu’au début Jacques s’adresse « aux douze tribus qui sont dans la dispersion ». Nous devons nous souvenir que la grande promesse de Dieu faite à Abraham appartenait à l’origine aux douze tribus d’Israël, la semence naturelle d’Abraham. Par conséquent, par hérédité, l’offre ou la proposition de Dieu de bénir le monde appartenait à Israël selon la chair, comme instrument divin, s’il se soumettait aux conditions divines. Mais l’une des conditions divines était qu’Israël devait avoir la foi d’Abraham, et sans cette foi, il ne devait pas être considéré comme la semence promise d’Abraham, puisque ce dernier devait être le père des fidèles. Dans le Nouveau Testament, notre Seigneur et les Apôtres exposent clairement comment et pourquoi Israël selon la chair, comme nation, fut privé de l’héritage promis ; illustrant la promesse comme une racine d’olivier, l’Apôtre Paul représente tous les Israélites comme des branches poussant de cette racine et montre que la grande majorité des branches naturelles fut arrachée, qu’un reste seulement au Premier Avènement posséda la foi d’Abraham et fut accepté par notre Seigneur comme membres de la nouvelle maison des fils (Jean 1 : 12).

L’Apôtre explique en outre que le rejet des incroyants parmi Israël naturel, a laissé le chemin ouvert pour greffer certains des gentils qui possédaient la foi d’Abraham à la place des branches arrachées. Nous voyons que ce fut l’œuvre de cet Âge de l’Évangile : le greffage des croyants parmi les gentils sur la racine originelle de la promesse, eux qui étaient sans droit de cité et étrangers, n’ayant pas d’espérance et sans Dieu dans le monde, mais qui furent amenés, unis à Christ et par Lui unis à la racine abrahamique de la promesse, héritiers de toutes ses richesses et de sa graisse (Eph. 2 : 12, 13 ; Rom. 11).

Nous voyons ainsi que ces Israélites selon l’esprit sont devenus, du point de vue divin, des Israélites en vérité, les héritiers actuels de la promesse abrahamique ; nous voyons cependant que certaines gracieuses promesses terrestres restent à être accomplies envers la postérité naturelle d’Israël, mais ils ont néanmoins manqué, perdu le grand prix comme nation, comme peuple ; comme l’Apôtre le déclare : « Ce qu’Israël recherche, il ne l’a pas obtenu mais l’élection l’a obtenu, et les autres ont été endurcis » (Rom. 11 : 7).

Les « douze tribus » d’Israël disposaient donc de sûres promesses qui ne s’appliquaient pas simplement à elles-mêmes, mais aussi et en particulier à Israël selon l’esprit qu’elles typifiaient ; d’autre part, l’élection ou la prédestination originale de Dieu quant à la semence abrahamique composée de 144.000 membres ou 12.000 de chaque tribu demeure toujours ; en conséquence, quiconque parmi les gentils a été accepté et a été greffé sur cette racine de la promesse abrahamique, est compté comme prenant la place de l’une de ces branches arrachées des diverses tribus. L’Âge de l’Évangile a ainsi donné le jour à un Israël selon l’esprit, « une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple particulier » - qui proclame les louanges de Celui qui l’a appelé des ténèbres à Sa merveilleuse lumière – ni un de plus ni un de moins que le nombre originel élu, prédéterminé, un Israélite selon la chair ayant été « arraché » pour chaque gentil « greffé ». L’Église est ainsi montrée en Apoc. 7 : 3 à 8 ; il est parlé du sceau de l’Église, 12.000 de chacune des tribus avec le signe avertisseur que tous les membres devaient être « marqués au front » avant le grand Temps de Détresse qui viendrait sur le monde.

Ainsi donc, on doit comprendre que l’Épitre de Jacques s’adresse à ces vrais Israélites, greffés sur la racine de la promesse et prenant la place des Israélites selon la chair. Ceci est en harmonie avec les paroles de l’Apôtre Paul : « Tous ceux qui sont issus d’Israël ne sont pas Israël » (Rom. 9 : 6,7). Et aussi : « Car celui-là n’est pas Juif qui l’est au dehors, et celle-là n’est pas la circoncision qui l’est au dehors dans la chair ; mais celui-là est Juif qui l’est au-dedans et la circoncision est du cœur » (Rom. 2 : 28,29). Et encore, les paroles de notre-Seigneur s’adressant à Son Eglise : « Je connais l’outrage de ceux qui se disent être Juifs ; et ils ne le sont pas, mais ils sont la synagogue de Satan » (Apoc. 2 : 9 ; 3 : 9).

Notre Seigneur a reconnu cette même distinction entre les Israélites naturels et les véritables Israélites : en recevant Nathanaël, Il déclara : « Voici un vrai Israélite » (Jean 1 : 47). Ces deux Israël, selon la chair et selon l’esprit, furent typifiés en Isaac et en Ismaël et encore, comme le déclare l’Apôtre, en Jacob et en Esaü (Rom. 9 : 8-13). Dans chaque cas, l’héritier de la promesse était le plus jeune frère, illustrant ainsi que l’Israël selon l’esprit serait développé après l’Israël selon la chair et prendrait sa place comme héritier des principales bénédictions mentionnées dans l’Alliance abrahamique. Nous devons toutefois nous souvenir qu’une bénédiction fut aussi accordée au frère aîné dans les types ; et ainsi en est-il dans les antitypes : Dieu a choisi Christ pour être héritier de toutes choses, et a appelé l’Église, comme Épouse, pour être Sa cohéritière en toutes choses, mais Il a néanmoins prévu que des bénédictions viendraient par eux sur la semence terrestre, et par cette dernière s’étendraient finalement à toutes les familles de la terre (Rom. 11 : 26 à 33).

Ainsi voyons-nous que le saint Esprit, par le moyen de l’Apôtre Jacques, s’adresse ici à l’Église. [La traduction dans la VP 209 ajoute : Cependant il y a d’autres « frères » consacrés qui se partagent les bénédictions reçues par le saint Esprit de Dieu, et à qui l’exhortation de notre texte s’applique également, à savoir, la Grande Foule (tous ceux qui, individuellement, ont été introduits dans le Corps de Christ à l’origine), les Jeunes Dignes et les Campeurs consacrés de l’Epiphanie]. Considérons l’étonnante déclaration de notre texte et cherchons à nous assurer dans quel sens on doit la comprendre ; en le faisant, si nous trouvons qu’en un sens quelconque ou qu’en un degré quelconque il s’applique à nous individuellement, nous accepterons assurément et rapidement l’enseignement de l’Esprit et nous corrigerons une condition si mauvaise.

PAR LA LANGUE NOUS BÉNISSONS DIEU.

Nous pouvons facilement nous rendre compte de ce que l’Apôtre Jacques veut dire par les membres du peuple de Dieu qui bénissent ou glorifient Son nom par leur langue. Ils le font en prière ; ils le font dans les cantiques de louange ; ils le font en proclamant Sa vérité, et en rendant témoignage de Ses moyens providentiels, en leur faveur. En un mot, nous bénissons Dieu par nos langues en louant Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière.

PAR LA LANGUE NOUS MAUDISSONS LES HOMMES.

Dans quel sens l’Apôtre veut-il dire que des Israélites selon l’esprit maudissent les hommes par leurs langues ? et cela de façon si habituelle, si générale, qu’une réprimande publique soit nécessaire. Certainement, aucun chrétien ne maudit son prochain en jurant et en faisant un serment profane ! Mais n’y a-t-il pas d’autres moyens par lesquels nos langues peuvent être une malédiction et un préjudice au prochain ? Nous devons nous souvenir que la signification du mot anglais « curse » (malédiction) a été quelque peu altérée dans l’usage courant, en perdant généralement le sens de préjudice et en l’admettant complètement dans le sens de : habitude de jurer, de blasphémer.

Dans la langue grecque on emploie différents mots se rapportant à un serment de malédiction (par ex. anathema et anathematizo, employés 10 fois dans le Nouveau Testament) et à une condamnation verbale comme influence néfaste ou malédiction (par ex. katara et kataraomai qui signifie condamnation - parler contre quelqu’un, médire de quelqu’un, faire tort à autrui). C’est ce dernier sens qu’emploie l’Apôtre Jacques ; il veut donc réellement dire ceci : Avec la même langue par laquelle nous louons et honorons Dieu, nous causons un préjudice au prochain, en parlant mal de lui, en le calomniant, etc.

Ainsi notre Seigneur a dit en employant le même mot : « Bénissez ceux qui vous maudissent [parlent mal de vous] » (Matt. 5 : 44). L’Apôtre Paul exhorte le peuple de Dieu en employant aussi ce même mot : « Bénissez et ne maudissez pas » - parlez favorablement d’autrui mais ne lui causez aucun préjudice (Rom. 12 : 14). Nous avons appris d’autre part que notre Seigneur maudit (le même mot grec) le figuier en disant : « Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi » (Marc 11 : 14, 21) - Il lui fit du tort ; Il ne fit pas une déclaration favorable à son développement futur. Ainsi, l’Apôtre déclare également que les Juifs, sous la Loi, étaient sous une malédiction – non pas que la Loi fût mauvaise, mais à cause des imperfections de la chair, les Israélites venaient sous la condamnation (malédiction) de la Loi. Il déclare aussi : « Christ nous a rachetés [les Juifs premièrement] de la malédiction [condamnation] de la Loi, étant devenu malédiction pour nous » - ayant souffert pour nous la condamnation entière ou la destruction que la Loi imposait au transgresseur (Gal. 3 : 10 à 13). Il illustre la même pensée en rapport avec le mot « malédiction » lorsqu’il déclare que la terre qui avait été recouverte d’épines et de chardons est « près de la malédiction » (Héb. 6 : 8) - non pas près du blasphème, mais pour la condamnation, impropre à l’agriculture jusqu’à ce qu’elle soit brûlée et ses mauvaises herbes détruites - Matth. 5 : 44 ; Rom. 12 :14 ; Marc 11 : 21 ; Heb. 6 : 8.

Ayant ainsi à l’esprit la signification réelle du mot employé par l’Apôtre Jacques, nous voyons que le mot malédiction est une traduction assez convenable de l’original, tandis que la difficulté vient de ce que l’usage courant et l’instruction primaire ont considérablement caché cette signification (de même le mot « evil » (mal) a perdu sa signification originale et il est presque invariablement employé pour signifier l’immoralité, la méchanceté, la perversité ; tandis que dans toute la gamme des définitions il peut être employé pour tout ce qui est indésirable, mauvais, comme les calamités, etc.).

Examinant la déclaration de l’Apôtre de ce point de vue, nous discernons clairement que son accusation s’applique dans une mesure alarmante aux chrétiens de nos jours. Combien y en a-t-il qui causent préjudice à leurs compagnons par leur langue et qui emploient la même langue pour louer Dieu ! Nous ne connaissons aucun mal auquel le peuple de Dieu soit plus exposé que celui-ci. Pour beaucoup, il est aussi naturel de jaser que de respirer ; ils le font inconsciemment. Nous avons même connu des gens qui ont eu connaissance de l’injonction des Écritures contre la calomnie et la médisance, qui étaient si complètement confus à ce sujet, et si peu attentifs à leur propre conduite, qu’ils proclamaient leur horreur de la calomnie dans le même temps qu’ils calomniaient eux-mêmes. Nous mentionnons ceci pour prouver que ce mal est si enraciné dans la nature humaine déchue qu’il échappe parfois pendant des années à l’attention de la nouvelle nature et en même temps à la correction dans la justice que la Parole de Dieu ordonne et que désirent tous ceux qui sont réellement membres du peuple du Seigneur.

Nombreux sont les subterfuges particuliers que la nature déchue emploie dans ses efforts pour étouffer la voix de la conscience et pour maintenir malgré tout l’usage de ce canal du mal et ce, longtemps après que ce canal ait été empêché de commettre des choses mauvaises, moins communes, moins populaires, mais plus généralement reconnues comme coupables.

MEDIRE POUR DES RAISONS SOCIALES.

(1) On dit : je ne veux faire de mal à personne ; mais je dois dire quelque chose, et rien ne serait aussi intéressant pour les amis et voisins que ce qui revêt plus ou moins le caractère de commérage (médisance). Mais la médisance, la calomnie sont-elles convenables pour les enfants de lumière ? Pas du tout. C’est pourquoi les Ecritures nous enseignent : « Conduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile du Christ ». « Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun ». « Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent » (Phil. l : 27 ; Col.4 : 6 ; Eph. 4 : 29).

Aussi raffinées que soient ses méthodes et ses paroles, le colporteur de médisances sait bien que loin d’administrer la grâce à l’auditeur, la médisance administre le mal ; il sait que celui qui écoute est poussé par les forces de sa nature humaine déchue à aller promptement raconter la médisance aux autres ; que ce soit vrai ou faux, il n’en sait rien et n’y prend pas garde ; il a allumé dans son cœur une flamme de sentiment charnel qui sort de ses lèvres pour « enflammer tout le cours de la nature » chez les autres, faibles comme lui à cause de la chute. Leur nature déchue se régale et se délecte précisément de ces choses, trouvant d’autant plus de liberté à agir ainsi qu’ils se trompent eux-mêmes en croyant qu’ils font œuvre de morale, en prêchant contre le péché et qu’en discutant et en dénonçant ainsi implicitement les dites transgressions d’un autre, ils parlent de choses qui répugnent à leur âme droite. Hélas ! les pauvres et faibles raisonnements de l’humanité déchue sont bien défectueux lorsque les conseils de justice du Seigneur sont ignorés !

Quant à la question qu’il y aurait peu de choses à raconter si les médisances étaient radicalement éliminées de la conversation du chrétien, et si tous devaient se conformer strictement à l’injonction de l’Apôtre de « ne pas dire de mal de personne », nous répondons : N’y a-t-il pas un vaste champ de conversation parmi les chrétiens sur le sujet des richesses de la grâce de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur exprimées dans les excellentes, grandes et précieuses promesses de la Parole divine ? Dans ces choses nous avons, en vérité, non seulement ce qui administre la grâce à celui qui écoute, mais ce qui ajoute aussi à la grâce de celui qui parle. Elles déversent des bénédictions de toutes parts en ce qui concerne « la Nouvelle-Créature » ou le nouveau cœur et le nouvel esprit, et aident à faire mourir la vieille nature avec ses désirs, ses goûts et ses appétits dépravés.

Evidemment, c’est ce que l’Apôtre avait à l’esprit lorsqu’il dit que le peuple du Seigneur devrait annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière (1 Pi. 2 : 9). Un cœur rempli de l’esprit d’Amour, de l’Esprit de Dieu, de l’esprit de Vérité, et débordant d’une manière semblable par la bouche, sera certain de faire couler ce qui est à l’intérieur, car « c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Matth. 12 : 31). Par conséquent, une mauvaise bouche, une bouche qui cause préjudice à autrui, soit à des frères du « corps du Christ », soit à d’autres personnes, indique un cœur mauvais - implique que le cœur n’est pas pur. « Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » (Matth. 5 : 8).

MÉDIRE AVEC LES MONDAINS.

(2) Une autre excuse pour commérer au sujet des affaires des autres nous est offerte par ceux qui disent : je peux parler de questions religieuses avec ceux qui sont disposés à la religion, mais lorsque je me trouve en compagnie de mondains, ou avec ceux qui professent être religieux et qui ne prennent aucun intérêt aux sujets religieux, je dois être agréable, accommodant, et pouvoir au moins entendre leurs potins et leurs nouvelles ; si je ne participe pas à pareille conversation, je serai considéré comme étant très bizarre, et ma compagnie ne sera pas désirée. Oui, répondons-nous ; mais c’est précisément là une des particularités du peuple du Seigneur ; il ne doit pas seulement être différent du monde, mais également différent des religieux de nom. Sa religion ne doit pas être simplement une religion superficielle, celle d’un jour seulement de la semaine et sous un certain genre de vêtements ; mais elle doit procéder du cœur, se rapporter à toutes les affaires de la vie, à chaque jour et à chaque instant. Suivre strictement l’injonction divine vous séparera en vérité de certains qui sont actuellement vos amis et qui aiment de telles mauvaises choses interdites à nous qui sommes devenus des fils de Dieu et qui avons reçu de Son esprit de filiation, l’esprit d’Amour.

Le Seigneur a compris et a voulu dire ceci évidemment, car Il nous a prédit que le chemin qui conduit à la condition de disciples est « un chemin étroit ». En conséquence, si votre échec à devenir un visiteur, un voisin ou un ami divertissant, vient de votre fidélité à la loi de Christ - l’Amour qui « ne fait pas de mal au prochain », soit en parole, soit en action - alors, vraiment, vous avez un motif de vous réjouir, parce que vous souffrez un peu, parce que vous expérimentez une perte à cause de Christ, à cause de la justice. La perte peut d’abord sembler lourde, mais si vous l’endurez à cause de Christ, en obéissant à Sa juste loi d’Amour, vous serez bientôt en mesure de dire avec l’Apôtre que de telles pertes sont « de légères afflictions » qui ne sont pas dignes d’être comparées aux bénédictions à venir (Phil. 3 : 7, 8 ; 2 Cor. 4 : 17).

Votre motif de réjouissance est d’avoir la promesse du Seigneur qu’une telle souffrance travaillera pour votre bien. La fréquentation de ceux qui ne cherchent pas à marcher selon l’intention de l’Esprit, mais selon la « voie commune à ce monde », cause un préjudice au peuple du Seigneur, à ceux qui cherchent à marcher en harmonie avec le nouvel entendement. Ils se portent bien mieux sans de tels compagnons et de tels amis du monde, et, en proportion qu’ils s’en sont séparés, ils trouveront une communion plus intime avec le Seigneur Lui-même et avec Sa Parole, avec tous ceux qui sont Ses véritables disciples, sous la direction de Son Esprit.

Les Écritures déclarent dans de nombreux passages en harmonie avec ceci que la compagnie du monde signifie l’inimitié contre Dieu (Jacq. 4 : 4). C'est à dessein que Dieu a arrangé les choses de telle manière que Ses enfants doivent faire leur choix et perdre soit l'amitié et la communion divines, soit l'amitié et la compagnie du monde. Il en est ainsi parce que les choses que le Seigneur aime déplaisent au monde et que les choses que le monde aime, les mauvaises actions, les mauvaises pensées, les mauvaises paroles, sont en abomination à l'Eternel. Ceux qui aiment et pratiquent ces choses perdent Sa communion, ils n'ont pas Son Esprit : « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Rom. 8 : 9) (Manne du 8 septembre).

MÉDIRE À LA LUMIÈRE DE LA VÉRITÉ.

(3) Un autre moyen par lequel certains, par ailleurs de bons chrétiens, esquivent cette question et se justifient dans cette faute commune à l’humanité, est (ainsi pensent-ils) qu’ils s’en tiennent à la vérité, bien qu’ils ne sachent jamais que leur amour du commérage pervertit fréquemment leurs jugements et les conduit à accepter pour vraies des choses dont ils ont peu ou pas connaissance. Ils ne sont pas non plus désireux d’en savoir davantage après avoir propagé la médisance sous l’estampille de la sincérité : la trouver inexacte prouverait qu’ils sont de « faux témoins » et les mettrait en souci de corriger le mensonge ; l’orgueil de l’esprit naturel s’y oppose et refuse de croire la vérité dans de telles circonstances. Ainsi un mal conduit-il à un autre mal.

Ceux-là diront : Oh ! je n’annonce jamais rien pour vrai à moins de le savoir formellement - par ma propre observation, par ma connaissance personnelle. Je prends toujours soin d’annoncer ce que je ne connais pas de moi-même pour être vrai de la manière suivante : j’ai entendu telle et telle chose ou l’on m’a dit telle et telle chose ; je n’affirme pas cette chose pour être vraie. Je suis donc certain de toujours éviter de dire du mal de quelqu’un. Il n’y a peut-être pas d’illusion plus commune sur ce sujet que celle ainsi exprimée. Le goût dépravé s'abrite derrière la conscience pour affirmer qu'il est toujours bien de dire la vérité, et que, par conséquent, Dieu n'a certainement pas voulu dire que l'expression de la vérité est de la diffamation, mais qu'en condamnant la médisance et la calomnie comme des œuvres de la chair et du diable, il doit avoir entendu le fait de raconter des choses fausses, ou perfides.

C'est une grande erreur. Que la diffamation soit vraie ou fausse, c'est toujours de la diffamation. Elle est ainsi considérée, non seulement par la loi de Dieu, mais aussi par les lois des nations civilisées. En effet, dans la loi humaine, si un procès est intenté pour calomnie et s’il est prouvé que les accusations du calomniateur reposent sur des bases certaines qui seront probablement considérées par le tribunal comme circonstances atténuantes, les dommages seront réduits lors du verdict. Diffamer, c'est dire une chose vraie ou fausse avec l'intention de nuire à un autre. Les lois des hommes s'accordent avec la loi de Dieu pour déclarer que c'est une chose mauvaise que de causer un tel préjudice à autrui (Manne du 10 septembre).

En d’autres termes, les lois divine et humaine s’accordent pour dire qu’un premier tort n’en justifie pas un second. La loi humaine dit : si un préjudice a été commis, les tribunaux sont ouverts à celui à qui le tort a été causé pour en obtenir réparation ou pour requérir le châtiment du malfaiteur ; mais il ne sera pas permis à la personne à qui le préjudice a été causé de se rendre justice elle-même, soit en se portant à des voies de fait contre lui, soit en employant l’arme la plus subtile, la langue, pour assassiner sa réputation avec le stylet empoisonné de l’envie et de la malice.

Il est vrai que beaucoup de calomniateurs n’ont jamais été poursuivis ; il est vrai également que beaucoup de journaux ont également évité de lourds dommages et intérêts pour des articles scandaleux en affirmant qu’ils ne publiaient pas les diffamations intentionnellement, mais simplement comme des nouvelles qui, prétendaient-ils, appartenaient à bon droit au public comme par ex. dans le cas des politiciens qui recherchent les suffrages en vue d’obtenir des postes de responsabilité publique. De même, sachant que nombre de fausses déclarations faites par la presse de l’opposition seront reçues comme étant fausses, des hommes publics considèrent de bonne politique de ne poursuivre aucune diffamation commune devant les tribunaux. Il en résulte parmi les gens une croissance graduelle de la diffamation qui leur fait certainement du tort ainsi qu’aux institutions, car des fonctionnaires, des tribunaux et tous ceux qui ayant une influence sont la cible de telles diffamations (que nous croyons inexactes en général) perdent leur bonne influence vis-à-vis des classes inférieures, qui doivent ainsi être aidées jour après jour dans la voie d’un plus grand dérèglement préparatoire à la période d’anarchie qui est proche, selon les Écritures et les signes des temps.

Mais la Loi de Dieu, la Loi de Christ, pénètre naturellement plus avant et plus profondément dans de tels sujets que les lois des hommes ; car elle a affaire avec ceux qui sont transformés par le renouvellement de leur entendement et, sous les rapports d’une alliance spéciale, liés à la loi de l’Amour qui « ne fait point de mal au prochain » (Rom. 13 : 10) en toutes circonstances, sous n’importe quelle provocation ; mais qui, au contraire, rend le « bien pour le mal », « la bénédiction pour la malédiction ».

La loi d’Amour ordonne le silence à tous ceux qui reconnaissent cette loi et le Législateur, disant : « Ne dites du mal de personne » (Tite 3 : 2). Elle va même plus loin, et elle se déclare contre toutes mauvaises pensées, contre tous mauvais soupçons, contre toutes mauvaises conjectures à l’adresse du prochain. Elle déclare que l’amour, remplissant nos cœurs, empêchera non seulement une mauvaise conduite et des paroles outrageantes, mais empêchera de mauvaises pensées : « L’amour ne pense pas au mal » - il ne peut qu’être convaincu du mal que par des preuves indiscutables. En vérité, pour bien graver cette leçon et son importance à Ses yeux, le Grand Instructeur déclare aux élèves de Son école : « Car, du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ! » (Matth. 7 : 2). Il leur révèle ensuite de prier le Père : « Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs » (Matth. 6 : 12). Il proclame encore : « Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur chacun à son frère » (Matth. 18 : 35).

Ah ! en vérité, selon le modèle du Seigneur, tout Chrétien avancé à l’école de Christ et préparé à enseigner les autres, est celui qui est net, non seulement extérieurement, mais intérieurement également : lavé par l’eau de l’instruction divine, séparé de la bassesse, de la souillure de la chair. Il n’est plus désormais l’esclave du péché, ni dominé par les désirs et les faiblesses de sa chair déchue et de l’esprit, de cette dernière qui apportent des fruits d’iniquité : la colère, la malice, la haine, les dissensions, la calomnie et les paroles honteuses (Col. 3 : 8 ; 1 Pi. 2 : l,2). Le chrétien avancé, appréciant hautement la Loi divine, voit qu'aux yeux du Seigneur, la haine est un meurtre, la calomnie un assassinat et la destruction de la bonne réputation du prochain, un vol et une rapine. L'une quelconque de ces choses faites dans l'Église, parmi le peuple de Dieu professant, est doublement mauvaise - puisqu'elle constitue l'assassinat et le dépouillement d'un frère (Jean 3 : 15 et Matth. 5 : 21, 22) (Manne du 14 juillet – 1).

Faire une remarque diffamatoire ou outrageante pour le prochain et ajouter en suite : « je ne sais pas si cela est vrai ou non », c’est montrer que l’interlocuteur fait preuve d’un mauvais esprit et non de l’Esprit de Christ, l’esprit d’Amour ; il souhaite faire tort à (ou maudire) son semblable, il est très désireux d’agir ainsi. Il devrait éprouver une certaine retenue à dire ce qu’il sait être absolument faux, mais il prend plaisir à médire, et il est heureux d’être informé d’une chose mauvaise qu’il puisse rouler comme un délicieux morceau sur sa langue, et c’est pourquoi il parle même de médisances dont il ignore si elles sont réelles, en essayant de s’excuser comme nous l’avons montré plus haut. En vérité, c’est avec conviction et force que les Écritures déclarent que le cœur naturel est trompeur en toutes choses et désespérément mauvais. Ceux qui parlent ainsi et essaient de justifier leur mauvaise conduite ne sont jamais entrés à l’école de Christ, ou ne sont encore que dans la classe enfantine, et ne savent pas qu’ils ont l’esprit de meurtre et non l’esprit d’amour fraternel. Oh ! que tous les vrais Chrétiens puissent apprendre la portée de cette loi d’Amour, dans ses relations non seulement avec Dieu mais aussi avec ses semblables ; quelle domination de la langue cela signifierait ! Quelle prudence dans le langage ! Comme le dit David : « je prendrai garde à mes voies, afin que je ne pèche point par ma langue ». Celui qui veille sur sa langue place un « détective » sur son cœur et peut mieux le connaître et le maîtriser, car « c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Ps. 39 : 1 ; Jér. 17 : 9 ; Matth. 12 : 34).

LA SEULE EXCEPTION À LA RÈGLE.

La seule exception à cette règle, de ne « médire de personne », est quand nous nous trouvons dans la nécessité absolue de faire connaître le mal - dans le cas où la révélation du mal serait contraire aux désirs de notre cœur et seulement faite par nécessité - à cause de l'amour pour les autres qui, n'étant pas informés, pourraient en subir le préjudice (Manne du 14 juillet – 2). Par exemple, la loi du pays exige que, si nous avons connaissance d’un meurtre commis, ce n’est pas considéré comme une médisance mais au contraire, comme un devoir de faire connaître aux magistrats les faits (non les soupçons) que nous avons constatés. De même si nous connaissions quelque faiblesse chez un frère ou une sœur, et discernions qu’ils vont se placer dans une position dangereuse à cause de quelque autre frère ou sœur ignorant cette faiblesse, il pourrait être de notre devoir de faire connaître, soit à l’individu, soit à l’assemblée susceptible d’être lésée, ce que nous connaissons des faits (et non des soupçons) dans la proportion nécessaire pour les protéger contre le préjudice que pourrait leur causer la faiblesse précitée.

Mais ce ne serait pas là médire, mais au contraire, parler poussé par de bons mobiles, dans l’intention de préserver l’une des parties d’une tentation extraordinaire et ensuite de préserver l’autre partie contre un préjudice possible. Avant de dire quoi que ce soit sur le sujet, nous devons satisfaire d’une manière la plus positive notre conscience, en nous assurant que le mobile qui nous fait parler est bon et non mauvais, et que nous allons employer notre langue pour bénir, et non pour nuire. Et même alors, poussé par l’esprit d’amour et de bonté envers le frère faible, aussi bien qu’envers les autres, nous devons éviter de mentionner un seul détail qui ne serait pas nécessaire au but recherché.

[La partie qui suit est ajoutée dans la traduction de la VP : En outre, même poussé par les meilleurs mobiles en s’acquittant de ce qui peut être un devoir en prévenant quelqu’un en danger, soyons très prudents ; car si nous ne nous en tenons pas avec soin aux faits, mais que nous les embellissons si peu que ce soit par notre imagination ou nos soupçons, nous pourrions facilement transformer en calomnie ce qui, autrement, ne serait pas une calomnie mais un simple avertissement pour ceux qui sont en danger, ou la simple production d’un rapport opportun nécessité pour la protection du peuple du Seigneur.

Un grave préjudice peut aussi être occasionné en bavardant sur ce que nous avons entendu et en le répétant inexactement. A cause de mémoires imparfaites, nous sommes presque sûrs de répéter un sujet avec certaines inexactitudes, certaines omissions ou certaines additions qui peuvent jeter une lumière tout à fait différente sur lui. En voici un exemple : un cas est récemment venu à notre attention dans lequel un frère éminent dans la Vérité avait fait une certaine transaction financière avec une veuve, sœur dans le Seigneur : une certaine somme d’argent qu’elle lui avait confiée avait été perdue, bien qu’apparemment aucune faute n’ait été commise par ce frère. Cependant le récit se propagea de bouche en bouche et le résultat fut qu’il était devenu une grave calomnie accusant le frère de solliciter les investissements des veuves et d’être malhonnête dans ses transactions. Une grave injustice fut ainsi commise envers le frère, et il serait vraiment difficile, sinon impossible, de repérer les omissions ou les additions ou d’autres divergences qui s’insinuèrent pendant que le récit passait d’une bouche à l’autre. En conséquence, quelque bonnes ou honnêtes qu’aient pu être les intentions de ceux qui répétèrent l’affaire, nous voyons qu’une grave injustice fut commise.] Mais quelques-uns trouveront à redire si on limite leur liberté aux cas de connaissance formelle, et feront valoir que la connaissance absolue étant réduite en général, on pourrait dire peu de chose. Nous répondons que cela est en accord avec la loi divine : « Aime ton prochain comme toi-même ». Vous ne voudriez pas que votre prochain usât son cerveau et sa langue à de mauvais soupçons et à la diffamation contre vous ; vous non plus, vous ne devriez pas agir ainsi à son égard. La loi humaine ne commande pas de dire plus que ce que l’on sait la connaissance personnelle contre le prochain : elle ne demande pas vos doutes et vos mauvais soupçons. D’autre part, la loi du Seigneur commande à tous ceux qui sont sous Son Alliance, de se garder de jeter aucune suspicion sur leur prochain. Si, par un ensemble de circonstances, la suspicion au-delà des faits connus s'impose à l'esprit, le nouvel entendement, avec sa bienveillance naturelle, la contrebalancera promptement en suggérant qu'il y a peut-être eu mauvaise information ou fausse interprétation et accordera toujours le bénéfice du doute à celui qui, en apparence, est coupable (Manne du 1er décembre).

Un autre objectera : Oh ! Je ne pourrais jamais gaspiller autant de temps pour découvrir les faits. La vie est trop courte ! Eh bien ! Je n’aurais plus de temps du tout pour mes propres affaires, si j’allais avec précaution à la recherche des faits afin de toujours parler d’après la connaissance et jamais d’après ouï-dire ! Parfaitement ! Et la leçon pour vous devrait être de suivre la règle des Ecritures : « Ne dites du mal de personne ».

(1) Parce que vous n’avez pas le temps de découvrir les faits, et très probablement aussi que vous êtes incapable de juger d’une manière impartiale, même si vous aviez les faits devant vous.

(2) Parce que, si vous avez l’Esprit de Christ, l’amour, habitant en vous richement, vous préférerez ne pas parler des faits à quelqu’un, même si vous possédez la preuve complète : vous éprouverez d’autant plus de dégoût pour le sujet que les faits connus seront défavorables. Quelle doit donc être la condition de ceux qui ont des démangeaisons de connaître les médisances et de ceux dont la langue trouve ses délices dans la médisance comme d’un morceau délicieux, et qui désirent fortement divulguer un mauvais rapport de ce dont ils n’ont aucune connaissance mais seulement un ouï-dire partial ? L’idée la plus généreuse que l’on peut avoir de telles personnes est qu’elles ont peu de l’Esprit de Christ, qu’elles ne possèdent pas suffisamment d’amour fraternel et qu’elles n’ont jamais véritablement appris « la règle d’or ».

DES FONTAINES FOURNISSANT DEUX SORTES D’EAU.

L’Apôtre demande : « Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et l’amer ? » (Jacq. 3 : 11). Sous cette forme, sa question implique une réponse négative : c’est soit de la bonne eau, soit de l’eau amère. Il désire évidemment suggérer que la même règle soit appliquée à notre cœur et à notre bouche : si notre cœur a été régénéré, comment est-il possible que notre bouche fasse entendre la douceur aimante envers Dieu et l’amère acrimonie, l’envie, la haine, la querelle envers nos semblables ?

Il n’y a qu’un moyen de comprendre cela et de l’expliquer selon les Écritures. Il est exprimé par l’Apôtre Paul (2 Cor. 4 : 7) : « Mais nous avons ce trésor [le nouveau cœur - la nouvelle nature] dans des vases de terre ». Non pas que des Chrétiens soient de deux natures, car cette pensée est contraire à la science de la Bible. Aucun mélange de natures ne peut être reconnu ; c’est pourquoi il fallait que notre nature humaine fût d’abord justifiée par la foi et un renoncement au péché et ensuite qu’elle fût consacrée ou sacrifiée jusqu’à la mort, afin qu’à sa place nous eussions une nature spirituelle et devînmes une « nouvelle créature dans le Christ Jésus ». Toutefois, la Nouvelle-Créature n’est encore qu’embryonnaire : c’est seulement le nouvel entendement engendré de l’Esprit qui demeure dans le corps mortel considéré comme mort quant à la volonté de la chair, et se propose de le régler et de le gouverner. [Ajouté dans la VP : Les Jeunes Dignes ont aussi le nouvel entendement, bien qu’ils ne soient pas engendrés de l’Esprit.]

Chaque Chrétien peut donc employer convenablement le langage de l’Apôtre et parler et penser de lui-même et des autres chrétiens de deux points de vue différents : le nouvel entendement considéré comme vivant et revêtu de l’autorité, et le vieil entendement considéré comme mort et destitué de la direction. Mais comme le nouvel esprit n’est vivant que considéré comme tel par la foi, de même le vieil entendement n’est mort que considéré comme tel par la foi. Comme le déclare l’Apôtre, ces deux sont opposés l’un à l’autre. Il ne peut y avoir de progrès spirituel si le règne est divisé. Par conséquent, le nouvel entendement qui est pour nous « le trésor » [Ajouté dans la VP : et dans le cas des nouvelles créatures,] engendré de l’Esprit par la Parole de Vérité, doit garder mort le vieil entendement ou entendement naturel, la vieille volonté ou disposition, ses goûts et ses appétits, afin que le nouvel esprit puisse dominer et employer totalement et complètement ces corps mortels dans des œuvres, des paroles et des pensées en harmonie avec le nouvel entendement, en harmonie avec la nouvelle loi d’amour, en harmonie avec l’esprit de justice et de vérité.

Donc, lorsque notre bouche exprime une louange sincère à Dieu qui nous a bénis, qui a tiré nos pieds de l’horrible abîme et du bourbier fangeux, qui nous a placés sur le Roc, Christ Jésus, qui a mis un nouveau cantique dans notre bouche, notre louange implique que le nouvel entendement domine à ce moment-là, que le trésor dans le nouveau cœur inonde le corps mortel et publie par les lèvres la louange et l’édification, le réconfort et l’encouragement à ceux qui écoutent. La fontaine produit ainsi dans notre cœur des eaux douces, portant en elles la vie, la bénédiction et le rafraichissement.

Mais lorsque notre langue dit du mal de quelqu’un, que ce soit vrai ou faux, cela implique que la nouvelle nature est vaincue temporairement du moins par la vieille nature ; cela implique qu’une autre fontaine fonctionne à présent et emploie la langue, la bouche pour répandre des paroles de malice ou de colère ou de haine ou de querelle ou de critique ou de mal de toutes sortes, maudissant ou blessant autrui à n’importe quel degré si élevé ou si infime soit-il. Ceci implique que la vieille nature, la vieille volonté, la volonté de la chair, n’est pas maîtrisée (1 Cor. 9 : 27), comme l’Apôtre Paul l’exprime, maintenue morte, ensevelie, mise à l’abri des regards : il y a soit une trêve entre le nouvel entendement et le vieil entendement, par laquelle ils emploient ensemble le corps mortel, parfois pour le bien, parfois pour le mal, soit un engourdissement, une léthargie qui est venue sur le nouvel entendement à l’avantage de l’esprit charnel. Une telle condition implique donc un lent développement spirituel ou une régression, un dépérissement du nouvel entendement. De telles personnes devraient se souvenir que l’on ne doit pas vivre « le reste de son temps dans la chair pour les convoitises des hommes, mais pour la volonté de Dieu. Car il nous suffit d’avoir accompli, dans le temps déjà écoulé (de notre vie), la volonté des nations » (1 Pi. 4 : 2,3) ; « Ne livrez pas vos membres au péché comme instruments d’iniquité, mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d’entre les morts étant faits vivants, et vos membres à Dieu, comme instruments de justice » (Rom. 6 : 13).

[Ajouté dans la VP : Même chez les meilleurs de la race imparfaite déchue, nous trouvons la condition décrite par l’Apôtre avec précision selon le langage de Rom. 7 : 15,19,20 : « Car ce [cette imperfection] que je fais, je ne le reconnais [n’approuve] pas ; car ce n’est pas ce [cette perfection] que je veux, que je fais ; mais ce [cette imperfection] que je hais, je le [la] pratique. Car le bien [la perfection] que je veux, je ne le [la] pratique pas ; mais le mal [l’imperfection] que je ne veux pas, je le [la] fais. Or, si ce que je ne veux pas [l’imperfection] moi - je le [la] pratique, ce n’est plus moi qui l’accomplis, mais c’est le péché qui habite en moi ».] De ce point de vue, nous pouvons nous consoler si, en jetant un coup d’œil sur le passé, nous nous apercevons que, dans notre cas personnel, de la même bouche sont sorties la louange envers Dieu, et l’offense, la diffamation, la calomnie, la médisance, la malice, la colère, la querelle, ou l’une quelconque de celles-ci envers autrui. Ceci ne prouve pas que notre cœur ne soit pas réellement justifié et sanctifié par le saint Esprit ; ceci ne prouve pas que nous ne sommes pas fils de Dieu et participants de Son Esprit. Toutefois, ceci prouve bien que nous sommes dans une triste condition, peut-être malades spirituellement et dans la nécessité de prendre un purgatif, comme l’Apôtre l’exprime, en disant : « Otez [avec le sens de purifier - note D] le vieux levain [la malice, etc.] afin que vous soyez une nouvelle pâte [naturelle, pure], comme vous êtes sans levain » (1 Cor. 5 : 7) - des représentant propres du Corps du Christ.

Nous pouvons savoir assurément que nous ne serons pas des Plus-que-Vainqueurs avant que le nouvel entendement ait gagné une victoire complète sur la volonté de la chair. Toutefois, cette condition ne sera pas atteinte dans la perfection de la chair, mais dans la perfection du cœur - la volonté, les intentions. Quant aux défauts de la chair, malgré tout effort de notre part pour les déraciner, quelques-uns nous suivront sans doute aussi longtemps que nous serons dans la chair. La perfection espérée, vers laquelle tendent, s’attendent et obtiennent les Plus-que-Vainqueurs, est la perfection de la volonté, du cœur, des intentions. « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ». De plus, nos faiblesses et nos défauts physiques varient, non seulement en genres, mais aussi en intensité. Par nature, quelques-uns sont enclins à la douceur, à la bienveillance, etc. ; d’autres ont pu être des vases terrestres très maladroits, grossiers, brutaux, violents jusqu’au moment où ils ont été acceptés par Christ ; tandis que l’influence du trésor, le nouvel entendement, produira sûrement dans chaque cas un effet modifiant et transformant sur le vase terrestre, nous ne pouvons pas nous attendre à un changement au même degré chez les uns que chez les autres. Nous ne devons pas nous attendre à une correction dans la justice de l’homme extérieur où la grossièreté, la rudesse, le manque d’amabilité enracinés pour ainsi dire dans les os et la nature, aussi complète que celle que nous pourrions espérer chez celui qui est né avec une sensibilité délicate.

Tout en reconnaissant cette différence de « vases terrestres », nous devons naturellement employer, chacun, nos efforts les meilleurs à la correction de notre vase personnel. Souvenons-nous que nos relations mutuelles n’existent pas selon la chair, mais selon l’Esprit ; en conséquence, comme le déclare l’Apôtre, nous ne nous connaissons plus selon la chair, avec ses faiblesses, ses imperfections, ses tendances naturelles gauches et sans grâce. Nous nous connaissons selon l’Esprit, selon les intentions, selon le cœur, - comme « Nouvelles-Créatures », et non comme vieilles créatures (2 Cor. 5 : 16). Cela nous conduira à être très compatissants vis-à-vis des imperfections de la chair chez les autres, aussi longtemps que nous avons l’assurance que la chair ne représente pas la véritable personnalité de notre frère, son esprit, sa volonté. Nous devons donc être doux envers tous, affectueux et bienveillants les uns envers les autres, afin que, loin de désirer nous blesser les uns les autres, de nous faire du tort les uns aux autres ou de nous dévorer les uns les autres par notre langue, nous compatissions les uns envers les autres, en nous faisant mutuellement du bien par des paroles de grâce et de réconfort, ou de conseil et de réprimande dans l’amour, cherchant à nous édifier les uns les autres dans la très sainte foi, à la ressemblance de notre Seigneur et Maître.

DEUX SORTES DE SAGESSE.

Poursuivant-ce sujet, l’Apôtre Jacques (3 : 13 à 18) fait ressortir deux sortes de sagesse : une céleste et une terrestre, et que tous les membres du peuple du Seigneur devraient les discerner et veiller à ce que la leur soit céleste. L’avis de l’Apôtre est qu’il peut y en avoir quelques-uns avec l’Église, qui ont pu s’y compter, qui ont pu s’y associer par des mobiles selon la sagesse mondaine - certains qui ont saisi le fait qu’il y a un caractère raisonnable et une sagesse dans les enseignements des Écritures qu’ils admirent et qu’ils peuvent peut-être employer à leur propre avantage. Ceux-ci, implique-t-il, seront enclins à être fougueux, à faire montre de leur sagesse et « s’enfler » à cause d’elle et, tandis qu’ils reconnaissent, en apparence, la convenance des grâces chrétiennes - l’affection fraternelle, la douceur, l’humilité (« meekness »), la patience, l’amour, leur cœur est rempli de jalousie amère et d’esprit de querelle - de querelle pour se faire un nom et une célébrité - enviant ceux qui peuvent leur sembler en avoir davantage.

L’Apôtre fait comprendre que ceux-ci trouveront difficile, et même impossible, d’éviter de maudire les frères (de parler mal d’eux, de leur faire du tort). Il leur sera si naturel d’agir ainsi qu’ils ne pourront s’en empêcher, parce qu’ils n’ont pas le cœur pur - ils n’ont pas le cœur régénéré. Si leur cœur a été régénéré à un moment quelconque, ils sont retournés comme la truie s’est vautrée au bourbier - comme le chien à ce qu’il a vomi. Le conseil de l’Apôtre pour ceux qui trouvent avoir des sentiments d’envie et d’amertume dans leur cœur est qu’ils n’ont aucune raison de se glorifier ou de se vanter, mais qu’au contraire ils devraient reconnaître qu’ayant ces mauvaises conditions dans leur cœur, ils ne sont pas du tout des chrétiens et qu’ils devraient cesser de mentir contre la vérité - qu’ils devraient cesser d’agir frauduleusement, hypocritement - qu’ils devraient cesser de prétendre qu’ils ont un cœur régénéré, sanctifié dans le Christ Jésus. Il déclare nettement à ceux-là que leur sagesse, leur connaissance ne vient pas de Dieu, ne vient pas du saint Esprit - « Ce n’est pas là la sagesse qui descend d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique. Car où il y a de la jalousie et un esprit de querelle, là il y a du désordre et toute espèce de mauvaises actions » - Jacq. 3 : 15, 16.

Bien que la condamnation de l’Apôtre ne s’applique à aucun de ceux qui professent être des Israélites en vérité, il semble évident néanmoins qu’il dirige ses remarques vers ceux qui professent être des instructeurs dans l’Église, qui professent avoir une sagesse à un degré important. Ses paroles nous rappellent celles de l’Apôtre Paul ; lorsqu’il parle des différents dons distribués à l’Eglise, il indique d’une manière similaire les dangers qui menacent ceux qui ont une grande connaissance et, comme illustration de ce principe présenté par l’Apôtre Jacques, il dit :

Si je pouvais parler dans la langue des hommes et des anges, mais que je n’avais pas l’amour, cela impliquerait que je suis devenu comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante, faisant réellement du bruit, mais n’éprouvant moi-même aucun sentiment, n’ayant aucune part ni aucun lot avec ceux qui possèdent l’Esprit de Christ. Si j’ai le don de prophétie, et que je comprends tous les mystères et toute la connaissance, et que j’ai toute la foi mais que je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais en aliments tous mes biens pour la nourriture des pauvres, que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien (1 Cor. 13 : 1 à 8).

L’Apôtre indique ainsi distinctement que la connaissance et l’art oratoire ne sont pas les témoignages les plus vitaux, mais que l’amour procédant du cœur, s’accroissant pendant tout le cours de la vie, agissant et opérant dans notre corps mortel, est le vrai témoignage - la preuve réelle de notre parenté avec Dieu. Il indique que ceux qui avaient reçu des dons de Dieu avant de parvenir à l’harmonie avec Lui pouvaient devenir comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante, et devenir ainsi « rien », s’ils perdaient l’Amour, s’ils perdaient l’Esprit de Christ ; car « si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui » - Rom. 8 : 9.

Il est bon que le peuple du Seigneur remarque avec soin les instructions divines données par deux des principaux Apôtres, et se souvienne que, si précieux soient-ils, ni l’art oratoire ni la connaissance ne doivent être considérés chez les « frères » comme des preuves certaines de leur marche dans le droit chemin. Leur influence pourrait être nuisible au lieu d’être utile. La principale caractéristique qu’on devrait trouver en chacun de ceux qui sont acceptés comme serviteurs de l’Église, pour servir les choses saintes, devrait être avant tout l’esprit d’Amour. Nous ne voulons pas dire que la connaissance et la capacité devraient être complètement ignorées, mais nous voulons dire qu’elles devraient être considérées d’importance secondaire et non de première importance. Recherchez au milieu de vous de saints hommes, remplis du saint Esprit, afin qu’ils puissent avoir la charge des intérêts spirituels des différentes classes du peuple du Seigneur. Et pour l’explication divine de la manifestation de ce saint Esprit, des qualités que doivent donc se trouver chez les serviteurs de l’Église, voyez 1 Cor. 13 : 4-8 ; 1 Pi. 1 : 22, 23 ; 2 Pi. 1 : 13. Pour leur bien personnel, aussi bien que pour celui de l’Église, tous ceux qui donnent l’évidence d’être « enflés » et désireux de domination sur l’héritage de Dieu, l’Église, ou qui manifestent l’envie, l’esprit de querelle, l’irritation, la médisance, devraient être mis de côté, comme donnant la preuve qu’ils ont un mauvais esprit qui ne vient pas d’en haut, mais qui est terrestre, animal, diabolique quand bien même ils auraient d’autres qualifications. Ce sont de dangereux instructeurs qui feraient probablement plus de mal que de bien, quelle que soit la connaissance qu’ils puissent posséder.

LES FRUITS DE LA SAGESSE DIVINE.

Continuant, l’Apôtre ne laisse aucun doute sur ce qu’il veut dire, car il donne distinctement les grandes lignes de la course et des fruits de la sagesse divine, en disant : « La sagesse d’en haut est premièrement pure » (véridique, honnête, sincère, non un revêtement employé comme un vêtement de lumière pour tromper et pour dissimuler l’égoïsme, la malice, la haine, l’esprit de querelle ; elle ne fait aucun compromis avec le péché, l’impureté sous n’importe quelle forme). Elle est « paisible » (ce qui est loin de la disposition à la querelle, à la dispute, le « nouvel entendement » désire la paix - il soutiendra avec zèle la foi donnée une fois aux saints, mais il ne le fera pas simplement par amour de la controverse, par amour de la lutte ; au contraire, le nouvel entendement est porté vers la paix, et préfère, autant que possible, céder un point secondaire dans une controverse ; il aime ses adversaires et sympathise avec leurs difficultés). La sagesse d’en-haut est « modérée » (non pas rude, grossière, brutale en action, en paroles ou dans le ton ; si le vase terrestre par lequel elle parle possède ces grossièretés enracinées par nature, le nouvel entendement les regrette, les combat et cherche à les vaincre ; et où ces choses portent préjudice à autrui, elle est prête, désireuse et heureuse de faire des excuses et de porter remède à la souffrance causée). Elle est « traitable » (facile à approcher, non hautaine, non méprisante, ni dure ou cruelle ; elle reste cependant ferme sur les principes - les principes ne peuvent être assouplis ou modifiés ; ils appartiennent à Dieu. Mais tandis qu’il affirme ces principes, cet esprit de sagesse marque son propre empressement à la modération, en reconnaissant toute bonne disposition chez son adversaire et en faisant remarquer la raison pour laquelle aucune modification n’est possible selon les lois et les principes divins). La sagesse d’en-haut est « pleine de miséricorde et de bons fruits » (elle prend plaisir à toutes choses poussées par l’amour et la bienveillance ; elle prend plaisir à servir les autres ; elle prend plaisir à la miséricorde non seulement en la démontrant aux animaux inférieurs placés sous sa protection, mais en particulier envers les frères dans son comportement vis-à-vis de leurs fautes ; elle est aussi pleine de miséricorde dans le cercle familial - non exigeante, mais généreuse, bienveillante, charitable ; elle est également généreuse avec ses adversaires et avec les querelleurs - ne désirant pas poursuivre jusqu’à la victoire finale, même pour la Vérité, afin que ce ne soit point outrageant, nuisible, inhumain pour les antagonistes). Elle est « sans partialité » (elle aime le bien, le vrai partout où ils se trouvent ; elle s’oppose au mensonge, à l’impur et à l’impie, que ce soit parmi ses amis ou ses ennemis ; sa justice est de l’espèce la plus rigoureuse, tempérée de miséricorde ; elle n’approuve pas une faute chez un frère, parce que c’est un frère, mais elle réprimande avec douceur et humilité, en se souvenant du danger couru par tous devant les assauts du monde, de la chair et du diable ; elle ne manquera pas de voir une vertu chez un ennemi, ni n’hésitera à la reconnaître ; la vérité est son étendard et non le préjugé, l’esprit de parti, l’esprit sectaire). Elle est « sans hypocrisie » (elle est totalement sincère ; elle n’a pas besoin de feindre l’amour parce qu’elle est amour ; elle n’a pas besoin de revêtir une apparence de bonté et de dissimuler des sentiments de colère, d’envie et d’esprit de querelle, car elle est sans envie, sans esprit de querelle ; de telles œuvres de la chair et du diable ont, par la grâce de Dieu, été discernées comme étant terrestres, animales, diaboliques, et ont été abandonnées, le cœur a été justifié, purifié, sanctifié pour Dieu, renouvelé en pensée, en intention, en volonté et à présent rempli du trésor du saint Esprit).

LE CONTRÔLE CONVENABLE DE NOS MEMBRES.

Avec ces pensées à l’esprit, gardons-nous plus ardemment que jamais contre la vieille nature et ses essais insidieux d’obtenir la domination de notre langue. Cherchons de plus en plus à apprécier, en nous-mêmes et chez les autres, cette sagesse d’en-haut dont l’action est présentée par l’Apôtre avec tant de force. Nous devons combattre très sérieusement nos membres les plus importants, les plus influents, afin de les amener en complète soumission au Seigneur, comme serviteurs. Nos pieds sont des membres utiles, consacrés au Seigneur ; nous pouvons les employer dans de nombreuses œuvres de miséricorde, à la gloire de Son nom et au profit de Son peuple. Nos mains sont également utiles, si elles sont entièrement consacrées au service du Seigneur. Nos oreilles également sont utiles à Son service, pour L’écouter, pour refuser d’écouter le mal (et refuser ainsi de l’approuver) et pour être un bon exemple aux autres. Nos yeux sont une grande bénédiction du Seigneur et ils doivent aussi être gardés du mal, de la convoitise du regard et de l’orgueil de la vie (1 Jean 2 : 16) ; ils doivent être des instruments ou des serviteurs de la justice, en regardant le bien, en l’appréciant, en le facilitant et en nous aidant à connaître la volonté de notre Dieu.

Mais la langue est le plus influent de tous nos membres. Le travail le plus important des membres du Seigneur, en ce qui concerne leur corps mortel et le service que celui-ci accomplit pour le Seigneur, est de gouverner leur langue parce que son influence dépasse celle de tous les autres membres réunis. Que de fois quelques paroles affectueuses, bienveillantes, secourables - ont changé tout le cours d'une vie humaine ! Et quel rôle elles ont joué dans la destinée des nations ! Que de fois aussi, des paroles mauvaises, désobligeantes, médisantes, ont causé de grands préjudices, assassiné des réputations, etc., ou comme l'Apôtre l'exprime, ont « allumé le cours de la nature », éveillant les passions, les querelles, les inimitiés auxquelles on n'aurait pas pensé d'abord ! Il n'y a rien d'étonnant qu'il déclare que de telles langues « allument le feu de la Géhenne », la Seconde-Mort (Manne du 1er août).

Les serviteurs officiels de l’Église sont à un certain degré ses « langues » particulières, et quelle influence elles exercent pour le bien ou pour le mal, pour la bénédiction et pour l’édification du peuple du Seigneur, ou pour son préjudice, sa malédiction ! Combien il est nécessaire que toutes les langues - servantes du Seigneur - soient de Son Esprit et rien que de Son Esprit ! Leur influence ne doit pas seulement s’étendre à ceux qui sont dans l’Église, mais dans une grande mesure, ils sont des porte - parole écoutés au dehors. Le même principe s’applique individuellement à tout enfant de Dieu consacré, pour l’usage qu’il fait de sa langue. Il peut l’employer sagement ou imprudemment, selon la sagesse d’en-haut ou selon la sagesse terrestre. Il peut l’employer pour se quereller, en déchirant la foi et le caractère des frères, en détruisant l’amour et la confiance, ou il peut l’employer en édifiant ces grâces de l’Esprit. Combien ont constaté la véracité des paroles de l’Apôtre, à savoir que la langue a de grandes possibilités, soit pour bénir soit pour souiller autrui et allumer le cours de la nature, pour réveiller les poisons violents et les tendances de la nature déchue ! Combien peu de membres du peuple du Seigneur ont maitrisé la langue jusqu’à l’amener en soumission à la volonté de Dieu, afin de procurer le bien, et rien que le bien, à tous ceux avec lesquels ils viennent en contact ! Bien - aimés, [en harmonie avec le texte-devise de cette année (écrit en 1955 - Trad.) « Purifiez-vous, vous qui portez les vases de l’Eternel »], soyons pleinement déterminés que, par la grâce de Dieu promise pour nous aider, cette année verra de grands progrès dans notre contrôle de ce membre le plus important de notre corps, l’amenant totalement à la soumission, à l’obéissance et au service du Roi des Rois et Seigneur des seigneurs, à Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière.

« VOICI, JE SUIS AVEC VOUS ! »

Que le « Seigneur de la moisson » soit près de toi,
pour te réconforter, te fortifier et t'aider ;
Que sa « présence » soit avec toi pour t'encourager,
Dans la maladie, le chagrin et l'ombre !

Qu'il te conduise vers les sommets de ton ascension :
Au service des grands et des petits ;
Le « feu » de la vie du Christ en toi,
Consumant le sacrifice de tous.

--J. W. WATTS.