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LE SOUPER MÉMORIAL

Combien sont sacrés les souvenirs qui entourent l'anniversaire de la mort de notre Seigneur ! Il nous rappelle l'amour du Père tel qu'il s'est manifesté dans tout le plan du salut, dont le centre était le don de Son fils comme notre Rédempteur. Il nous rappelle tout spécialement Celui qui S'est donné en rançon - un prix correspondant - pour tous. Puis la foi se rapproche encore de Celui qui « a souffert, le juste pour les injustes », et avec des cœurs reconnaissants et débordants, avec des yeux baignés de larmes, nous murmurons : Mon Sauveur ! Mon Rédempteur ! Mon Seigneur et Maître ! « Il m'a aimé et s'est donné lui-même pour moi ». Ah, oui !

« Doux moments, riches en bénédictions,
que je passe devant la croix :
La vie, la joie et la paix que je possède
De mon meilleur et plus fidèle ami ».

Quelle bénédiction de penser qu'Il Se soucie que nous pensions à Lui et que nous L'appelions nôtre ; Il est si grand – « bien au-dessus des anges » et de tous les titres qui se nomment, à côté du Père Lui-même - et nous sommes si insignifiants, si imparfaits, si indignes d'une telle amitié. Et pourtant, penser qu' « il n'a pas honte de nous appeler frères » et qu'Il est heureux de nous voir commémorer Sa mort ; et qu'Il nous a donné le pain pour symboliser Sa chair brisée, et le vin pour symboliser Son sang versé, l'un pour représenter les droits et privilèges humains achetés pour tous et auxquels tous peuvent participer, l'autre pour représenter la vie qu'Il a donnée et qui assure la vie éternelle à tous ceux qui veulent l'accepter ! Quel plaisir aussi de compter, comme Lui et les Juifs, les jours et les heures, jusqu'à ce que finalement, « l'heure étant venue », il s'assoie avec Ses disciples pour célébrer la mort de l'agneau pascal typique, et pour considérer la délivrance des premiers-nés d'Israël de la grande destruction qui s'abattit sur l'Égypte, et la délivrance ultérieure accomplie par ces premiers-nés pour tout l'Israël typique de Dieu.

Combien il est précieux de regarder au-delà du type qui a été commémoré, et d'entendre le Maître, en prenant de nouveaux emblèmes, dire : « Ceci [la célébration de la Pâque], faites-le [désormais] en mémoire de moi ! » Ah oui ! dans le crucifié, nous pouvons maintenant voir « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». « Le Christ, notre Pâque [agneau], a été sacrifié pour nous ; c’est pourquoi célébrons la fête » ; car, chaque fois que nous faisons cela, nous annonçons la mort de notre Seigneur jusqu'à ce qu'Il revienne - jusqu'à ce que, Son Royaume étant venu, il nous soit permis de boire avec Lui le vin nouveau (la vie et la joie nouvelles) dans le Royaume – Matth. 26 : 29 ; 1 Cor. 5 : 7,8 ; 11 : 26.

Mais nous ne sommes pas seulement privilégiés de jouir des faveurs du sacrifice de notre Seigneur (en participant à Son mérite et aux avantages qui en découlent, c'est-à-dire à la justification et à la restitution des droits et privilèges par la foi, en tant que rachetés), mais plus encore : nous sommes invités à participer avec notre Maître au sacrifice et à Sa glorieuse récompense. Il nous dit : Quiconque est en sympathie avec Mon œuvre et ses résultats - quiconque veut partager Mon Royaume et participer à son œuvre de bénédiction du monde - qu'il soit aussi brisé avec Moi, et qu'il boive avec Moi la coupe de l'abnégation, jusqu'à la mort. A tous ceux-là, il dit : « Buvez-en tous ». L'Apôtre confirme cette pensée en disant : « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion [fraternité] du sang [mort] de Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion du corps du Christ ? Car nous qui sommes plusieurs [membres du corps du Christ], sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons à un seul et même pain » - 1 Cor. 10 : 16,17.

C'est joyeusement, Seigneur bien-aimé, que nous mangeons (approprions à nos nécessités) le mérite de Ta pure nature sacrifiée pour nous - pour notre justification. C'est joyeusement aussi que nous voulons participer à la coupe de souffrance avec Toi, réalisant que c'est un bienheureux privilège de souffrir avec Toi, afin qu'au propre temps nous puissions aussi régner avec Toi ; d'être morts avec Toi, afin que dans l'éternel avenir nous puissions vivre avec Toi, être faits semblables à Toi et participer à Ton amour et à Ta gloire. Oh ! puissions-nous être fidèles, non seulement dans l'accomplissement du symbole, mais aussi dans celui de la réalité ! Bien-aimé Seigneur, nous entendons Ta parole nous dire : « Vous boirez à ma coupe et vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé ». Seigneur, nous ne nous sentons pas capables d'un semblable sacrifice ; mais Ta grâce nous suffit parce que nous sommes absolument Tiens, dès maintenant et pour toujours (Manne du 13 avril).

Oh ! quelle pensée ! Si nous sommes fidèles au privilège actuel de boire de Sa coupe et d'être brisés avec notre Seigneur comme Son corps, nous serons bientôt, avec Lui, cette « Église des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux » et, en tant que tels, nous constituerons la Sacrificature Royale qui, sous la direction de notre grand Souverain Sacrificateur, fera sortir de l'esclavage égyptien tous les esclaves du péché dont les gémissements et les prières de délivrance sont parvenus aux oreilles du Seigneur des Sabaoths.

Telles seront quelques-unes des pensées qui pousseront un grand nombre de membres du peuple du Seigneur dans le monde entier à se réunir en petits groupes (et parfois tout seuls avec Jésus) le soir du 26 mars prochain, après six heures, pour célébrer l'anniversaire de l'événement le plus extraordinaire de l'histoire de l'Univers de Dieu. (Nous préférons que la date de cette commémoration anniversaire soit aussi exacte que possible, mais nous ne comprenons pas que cela ait une importance capitale si nous n'avions pas le jour exact : c'est l'événement et non le jour que nous célébrons. Néanmoins, une date annuelle commune est souhaitable). Mangez et buvez, ô mes bien-aimés, dit l'Époux à Son épouse (Cantique des Cantiques 5 : 1). Mangeons et buvons avec révérence, avec dévotion, avec recueillement, avec prière, avec larmes peut-être, tandis que nous pensons chacun à l'amour et au sacrifice de notre Rédempteur, et que nous nous engageons à nouveau à mourir avec Lui. Rejoignez tous ceux qui Le reconnaissent comme leur rançon, et qui sont heureux de faire cela en souvenir de Lui - ou bien faites-le seul. Que votre cœur soit tellement rempli de la réalité que les formes et les cérémonies seront généralement oubliées, sauf celles qui sont nécessaires pour la décence et l'ordre.

Préparez à l'avance un « fruit de la vigne ». Notre préférence va au jus de raisin cuit ou au jus de raisin non fermenté ; et pour le pain, soit du pain juif sans levain, soit des biscuits à l'eau, qui ont à peu près la même substance - farine, eau et sel, sans levain. Le levain étant un symbole de péché ou de corruption, le pain levé n'est pas un symbole approprié de notre Seigneur, « sans tache et séparé des pécheurs ».

L'Église d'Allegheny se réunira à la chapelle « Maison de la Bible », rue Arch, à 19 heures le jour indiqué. Tous ceux qui ont la foi dans le sacrifice de substitution accompli au Calvaire, qui sont pleinement consacrés au service du Rédempteur et qui peuvent se rendre à notre rencontre seront les bienvenus. Certains, qui professent que leur volonté est entièrement immergée dans la volonté du Christ, désirent symboliser leur baptême ; l'occasion leur en sera donnée après le service de 15 heures.

Au sujet du baptême, voir votre TOUR du 15 juin 1893. Pour de plus amples informations sur le Souper Mémorial, voir la TOUR du 1er mars 1898.