R 2417
SUIVEZ L'AGNEAU OÙ QU'IL AILLE - JEAN 1 : 35-46.
« Voilà l’agneau de Dieu ! » - Jean 1 : 36.

La mission de Jean était de rendre témoignage de Jésus. Il L'avait bien connu depuis Son enfance jusqu'à l'âge adulte, et en tant que cousins selon la chair, ils avaient sans doute discuté de divers aspects de la loi divine, et ils étaient d'un même cœur en ce qui concerne le service du Seigneur. Ni l'un ni l'autre ne pouvait commencer un service public avant l'âge de trente ans, car c'était l'une des caractéristiques de la Loi, mais Jean étant l'aîné de six mois, il eut ainsi le privilège de commencer son ministère six mois avant notre Seigneur. Au cours de cette brève période, il avait manifestement fait beaucoup de bruit en tant que réformateur, son message étant : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est approché » - Matth. 3 : 2.

Les Juifs attendaient le Royaume depuis des siècles ; ils se rendaient compte que le Royaume donné à Saül, David, Salomon, etc., n'avait pas accompli les promesses, et qu'il fallait s'attendre à un Royaume plus vaste, et sous un plus grand que David et un plus grand que Salomon. L'Apôtre nous assure que cette pensée était continuellement présente à leur esprit (Actes 26 : 7). La mission de Jean envers cette nation était donc l'annonce que l'accomplissement de la promesse divine était proche, et que pour être prêts à recevoir la faveur divine, ils devaient se repentir de leurs péchés et se tourner vers le Seigneur. Et comme notre Seigneur l'a déclaré par la suite, si cette nation avait cru Jean et agi en fonction de cette croyance, elle aurait été prête à recevoir le Seigneur Lui-même, et à voir s'accomplir pour elle toutes les gracieuses promesses du Royaume auquel elle était héritière, en tant que semence naturelle d'Abraham.

C'est parce qu'ils n'étaient pas dans un état de cœur approprié qu'ils n'étaient pas aptes à recevoir le Royaume, dont la promesse leur a donc été retirée pour être donnée à une nouvelle nation, un peuple particulier, une sacrificature royale, que Dieu a choisie parmi tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues, au cours de cet Âge de l'Évangile, et qui sera bientôt achevée, glorifiée et commencera l'œuvre de bénédiction de toutes les familles de la terre, en tant que semence spirituelle d'Abraham.

Jean n'a pas prêché au peuple qu'il devait croire en Dieu, car il ne s'adressait qu'au peuple croyant et lié par une alliance, Israël. Son message concernait des choses déjà connues d'eux et auxquelles ils croyaient. Il les exhortait donc simplement à se repentir de leurs péchés et à revenir à leur véritable relation avec Dieu, celle de l'alliance. En tout cela, le ministère de Jean est très différent du ministère des Apôtres auprès des païens, qui non seulement n'avaient aucune connaissance des desseins de Dieu, du Royaume, etc. mais aussi aucune foi ni aucun motif d'espérance. Comme le déclare l'Apôtre, ils étaient « sans Dieu dans le monde, et n’ayant pas d’espérance ». Aucune espérance ne leur était parvenue, et le message de l'Évangile ne leur a été envoyé qu'après le rejet d'Israël, conséquence de leur rejet du Messie.

« Le baptême de Jean » était réservé aux Juifs, et était totalement différent du baptême prévu pour ceux qui étaient appelés parmi les Gentils. L'Apôtre le dit très clairement en Actes 19 : 2-5. Le baptême de Jean n'était pas un baptême pour quelque chose ou pour quelque corps que ce soit, alors que notre baptême est un baptême pour Christ, en tant que membres de Son corps. Le baptême de Jean signifiait simplement l'effacement des péchés, et donc le retour à une condition de sainteté et de consécration dont on jouissait déjà. Notre baptême signifie quelque chose de très différent : non pas le rejet des souillures de la chair, mais la soumission de nos cœurs, de nos volontés, entièrement et sans réserve à la volonté du Christ, afin que nous n'ayons désormais aucune volonté propre, mais que nous soyons entièrement guidés par la volonté de notre Tête, en tant que membres de Son Corps. Ainsi morts à la volonté propre, nous sommes considérés vivants comme « Nouvelles-Créatures », comme « membres en particulier » du Corps du Christ - 1 Cor. 12 : 27.

Les Juifs en tant que nation avaient déjà été baptisés pour Moïse (1 Cor. 10 : 2), le médiateur de leur Alliance de Loi, et pour le Juif, le Christ a pris la place de Moïse, et Sa Nouvelle Alliance a pris la place de l'Alliance de Loi, de sorte que tout Juif, déjà baptisé pour Moïse, et déjà ainsi en relation d'alliance, pourrait, en acceptant simplement le Christ comme le Messie, l'antitype de Moïse, et le Médiateur de la Nouvelle Alliance (et, en harmonie avec sa foi, en se repentant de ses péchés), serait adopté, compté comme un membre du Corps du Christ, au lieu d'un membre du Corps de Moïse. Tous les autres, cependant, qui étaient des païens, et non de la postérité naturelle d'Abraham, ne doivent pas venir d'abord à Moïse et à la Loi, et ensuite, par le baptême de Jean, au Christ, mais ils doivent ignorer entièrement l'Alliance de la Loi pour se saisir directement de la meilleure alliance, et c'est pourquoi ils sont instruits d'être baptisés pour le Christ, en étant ensevelis dans Sa mort, et de témoigner de cette consécration extérieurement, à leurs compagnons et devant Dieu, par une immersion dans l'eau - Rom. 6 : 3,4. [Nos amis des « Disciples du Christ » comprennent mal cette question, et pratiquent le baptême de Jean de repentance et de rémission des péchés, au lieu du baptême du Christ. Ils devraient prendre note des paroles de l'Apôtre et corriger cette situation, comme il a demandé aux autres de le faire à son époque - par un nouveau baptême - Actes 19 : 2-5].

Nous n'avons aucune information sur une éventuelle immersion de Jean-Baptiste lui-même - et nous n'en aurions pas besoin, puisqu'il était manifestement un homme pieux, vivant au mieux de ses capacités, selon les normes de l'Alliance de la Loi. Son baptême, comme il l'a lui-même expliqué, n'était destiné qu'aux pécheurs, c'est-à-dire à ceux qui avaient vécu sciemment en violation des principes de la justice. C'est pourquoi Jean s'est d'abord opposé au baptême de Jésus, Lui assurant qu'Il n'était pas un pécheur, et que si Jésus avait besoin d'être baptisé, il serait bien plus approprié que Jean lui-même soit immergé. « J'ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ? ». Mais notre Seigneur, tout en admettant la force de l'argument de Jean selon lequel un baptême de repentance et de rémission des péchés ne serait pas approprié dans Son propre cas, lui demanda de poursuivre quand même, laissant entendre qu'il avait quelque autre raison pour laquelle cela serait juste. Le fait est que le baptême de notre Seigneur a été le commencement du baptême chrétien : il symbolisait la consécration qu'Il venait de faire (à la première heure de Sa vie d'homme), Sa pleine consécration à faire la volonté du Père, même jusqu'à la mort - l'abandon de Sa vie humaine, un sacrifice en faveur du monde. Il a fallu tout le ministère du Seigneur, qui a duré trois ans et demi, pour achever ce qui était symbolisé ici, et Il a dit juste avant Sa crucifixion : « J'ai à être baptisé d’un baptême, et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli » (Luc 12 : 50). Il en est de même du baptême de consécration, de « mort », dans lequel nous devons être baptisés : en tant que membres de Son Corps, nous devons devenir des sacrifices vivants, morts au monde, vivants pour Dieu, comme cela est exposé en particulier dans Romains 6 : 3-5.

C'est à l'occasion du baptême d'eau symbolique de notre Rédempteur, qui suivit immédiatement Sa consécration à la mort à l'âge de trente ans, et qui fut la déclaration publique de cette consécration jusqu'à la mort, que le Père céleste rendit témoignage de Son adoption à la nature divine. Il ne nous est pas dit que quelqu'un d'autre que Jean ait été témoin de la descente de l'Esprit Saint sur Lui, mais Jean a témoigné qu'il avait vu l'Esprit descendre ainsi, et que le Seigneur, en l'envoyant prêcher, avait auparavant témoigné que ce serait le signe par lequel il reconnaîtrait sûrement le Messie (Jean 1 : 32,33). C'est en harmonie avec cela qu'il déclara ensuite à ses disciples, alors que Jésus passait, « Voilà l'agneau de Dieu ». Jean savait sans doute et s'attendait à ce que certains de ses disciples cessent de collaborer avec lui, pour suivre le Messie. En effet, il leur déclara : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue ».

Les deux qui ont entendu le témoignage de Jean ont promptement suivi Jésus dans le but de s'approcher le plus possible de la source de la vérité ; et chacun doit admettre la pertinence de leur démarche. Comme cela nous suggère notre propre voie, celle de suivre le Seigneur le plus près possible, et de chercher autant que possible à entrer en fraternité et en communion avec Lui. Et le noble parcours de Jean, qui s'ignore, interpelle tous ceux qui ont l'esprit droit sur le sujet, à savoir que, de la même manière, tous les serviteurs de Dieu doivent attirer l'attention sur le Seigneur et non sur eux-mêmes. Que toutes nos énergies soient tendues pour faire connaître l'Agneau de Dieu aux hommes, non pour satisfaire notre profit ou notre plaisir personnels. [*] Rappelons-nous aussi que la meilleure manière de suivre Jésus c'est de marcher sur Ses traces, nous efforçant, autant que nous en sommes capables, de faire ce qu'Il ferait Lui-même aujourd'hui, tirant nos leçons de ce qu'Il a dit et fait personnellement et des instructions qu'Il nous a laissées par les Apôtres au sujet de la voie à suivre pour communier dans Ses souffrances, ou du sentier qui conduit à la gloire et à la récompense avec Lui dans le Royaume (Manne du 7 juillet). Le Seigneur trouve tous ceux qui Le recherchent avec ardeur et avec des motifs justes, et ceux-là sont appelés à devenir Ses cohéritiers à part entière. « Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande » - Jean 15 : 14.

L'évangéliste ne nous fournit que le nom d'un seul des deux qui entendirent Jean le Baptiste parler de Jésus pour la première fois. Il est possible que l'Apôtre Jean lui-même ait été l'autre et que, par modestie, il se soit abstenu de se mettre particulièrement en évidence dans ses propres écrits, de même qu'en un autre endroit, il parle de lui comme du « disciple que Jésus aimait et qui était contre son sein ». [*] La modestie est un joyau partout où elle se rencontre, une des grâces de l'esprit que tous ceux qui sont consacrés au Seigneur devraient chercher à voir largement développée et bien façonnée.

Le récit de la manière dont André a trouvé Pierre et dont Philippe a trouvé Nathanaël (supposé être le disciple appelé Barthélemy) est intéressant, et montre que le véritable dévouement au Seigneur est désintéressé : il désire conférer aux autres toutes les bénédictions et les vérités dont ils jouissent. C'est encore l'esprit du vrai disciple : ayant trouvé la grande Lumière du monde, et ayant vu par là quelque chose des longueurs et des largeurs, des hauteurs et des profondeurs du caractère et du plan divins, nous sommes et devrions être désireux de servir la même faveur aux autres. Et ce désir de servir le Seigneur, la vérité et nos semblables devrait être si fort en nous qu'il nous serait impossible de retenir la bonne nouvelle pour toute considération égoïste. En effet, si nous avons l'esprit du Seigneur, qui est l'esprit de vérité, l'esprit du véritable disciple, nous serons si désireux de faire connaître la bonne nouvelle que nous serons prêts à « donner notre vie pour les frères », à les aider à « passer des ténèbres à son admirable lumière ».

On remarquera que ceux qui ont trouvé le Seigneur étaient pleins de foi en ce qui concerne le Messie, dont Moïse a parlé dans les cinq premiers livres de l'Ancien Testament, appelés la Loi, et dont tous les prophètes ont également parlé - Jésus de Nazareth, le fils déclaré de Joseph. Ils n'avaient pas encore appris que Joseph n'était pas le père de Jésus.

La réponse de Nathanaël, « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » nous rappelle les préjugés qui existent aujourd'hui au sujet de certains milieux dont on peut ou non attendre de bonnes choses. Par exemple, certains de nos amis anglais nous disent que, lorsque la Vérité Présente a été portée à leur attention pour la première fois, ils étaient enclins à la négliger et à la considérer comme indigne d'une enquête spéciale, simplement parce qu'elle venait d'Amérique ; car s'ils pouvaient s'attendre à ce que de nombreuses choses utiles viennent d'Amérique, produit de « l'habileté des Yankees », ils ne s'attendaient pas du tout à ce qu'une nouvelle lumière sur les Écritures vienne d'Amérique, où ils semblaient imaginer que tout le monde était livré à la tricherie et à la recherche de la richesse, et que par conséquent ce serait l'un des derniers endroits de la chrétienté où le Seigneur ferait briller la lumière de la moisson pour la bénédiction de Son peuple. Cela a sans aucun doute empêché de nombreux étrangers d'étudier les vérités qui sont maintenant de la nourriture de saison pour la Maison de la Foi. Pour eux, l'Amérique est Nazareth, et ils n'attendent rien de tel de ce côté.

De même, d'autres demanderont : « Quelle dénomination soutient ces enseignements religieux ? », et lorsqu'on leur répondra qu'aucune secte ou aucun groupe n'a approuvé ces choses, et qu'il n'y a pas beaucoup de grands, de riches ou de sages qui s'y sont intéressés, dans tous les sens du terme, ils se diront, sinon aux autres : « Que pouviez-vous espérer ? - Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? ». Néanmoins, tous ceux qui sont du genre de Nathaniel, « un vrai Israélite, en qui il n'y a pas de fraude », trouveront une raison suffisante pour enquêter, et lors de l'enquête, ils trouveront des preuves suffisantes pour les satisfaire, « comme rien d'autre ne le ferait ». Notre réponse à toutes ces objections devrait être celle de Philippe : « Viens et vois ! » - testez, examinez, vérifiez par vous-même.

Une autre leçon, qui devrait s'avérer utile, se trouve dans les mots concernant André : « Il trouva d'abord son propre frère Simon ». Ainsi, tous ceux qui trouvent le Seigneur, et qui sont désireux de le faire connaître aux autres, devraient commencer de la même manière dans leur propre foyer, avec leurs propres frères et sœurs, leur père ou leur mère, leur mari ou leur femme. Il y a souvent une certaine hésitation à mentionner le Seigneur et la vérité à ceux qui font partie de la famille et du cercle familial, ce qui est certainement très déplacé. Le véritable amour pour nos proches devrait nous amener à faire un effort supplémentaire et spécial en leur faveur.

En conclusion, souvenons-nous que ceux qui suivent l'Agneau dans le mal comme dans le bien - ceux qui suivent Ses enseignements et Son exemple - sont ceux qui finalement seront avec Lui et partageront Sa gloire en tant que membres de Sa Sion élue – Apoc. 14 : 4.

« Amis de César ? ou amis de Jésus ?
Question solennelle pour aujourd'hui !
Amis de César ! Amis de Jésus !
Prenez votre parti sans tarder.
Si vous vous arrêtez devant l'interdiction de l'homme,
vous vous assurez l'amitié de César ;
Si vous faites ce que le Père vous demande,
Vous subirez le mépris et l'opprobre.

Libres de César, amis de Jésus !
Tenez-vous debout en phalange, sans crainte !
L'amour, durement éprouvé, augmente ;
Courage encore ! Le Seigneur est proche !
En avant encore, confessant son nom,
Tissant des couronnes pour orner son front ;
Voici ! ses mains sont pleines de bénédictions,
Levées pour votre secours maintenant. »