LA COMMUNICATION ENTRE LE CIEL ET LA TERRE SERA-T-ELLE RÉTABLIE ?
Question : Si les saints et le Seigneur ne sont pas visibles pour le monde pendant le Millénium, comment leurs amis proches, qui n'ont pas eu la même espérance d'union en Christ, pourront-ils être en communion avec eux ?
Réponse : Dans la vie actuelle, ce sont les « saints » eux-mêmes qui exercent la plus grande partie de l'amour : il est vrai qu'ils sont aussi aimés dans une certaine mesure par certains qui ne sont pas actuellement du peuple du Seigneur, et qui ne sont pas appelés au Haut-Appel, mais l'amour de ces derniers est généralement plus de l'ordre de l'amour égoïste, et moins fervent.
Les saints seront aussi capables qu'aujourd'hui d'aimer leurs proches et le monde en général, et nous pourrions même dire qu'ils en seront plus capables, en raison de leurs pouvoirs perfectionnés. Cependant, leur amour principal est pour le Seigneur Lui-même, leur amour secondaire est pour la Maison de la Foi, et comme ils n'aiment pas le monde, ni les choses du monde, leur amour pour les choses du monde est plutôt un espoir bienveillant - un souhait pour le bien-être de l'humanité en général, et en particulier de tous ceux auxquels ils sont attachés par des liens terrestres. Le Prophète, parlant en leur nom, déclare : « Quand je serai réveillé je serai rassasié de ton image » ; avec nos pouvoirs perfectionnés reçus dans le changement de résurrection, nous comprendrons les longueurs et les largeurs, les hauteurs et les profondeurs de la provision divine pour nos amis et pour tous les hommes, garantie par l'amour et la sagesse de Dieu, par le grand sacrifice d'expiation achevé au Calvaire.
Quant aux gens du monde, ils n'auront généralement que peu de difficultés à surmonter leur chagrin. C'est ce qui ressort du fait que les séparations causées par la mort perdent rapidement leur caractère émotionnel. La cause principale d'une grande partie du chagrin qui se manifeste à l'heure actuelle est la crainte et l'incertitude avec lesquelles la majorité des gens considèrent l'avenir de la vie présente et de celle qui est à venir. Cette dernière crainte naît de mauvaises interprétations des Écritures, inspirées par de fausses traditions humaines. Lorsqu'ils sauront que leurs anciens amis, les saints, sont pour toujours avec le Seigneur, ils seront aussi satisfaits que nous le sommes aujourd'hui de penser que notre Seigneur Jésus, notre meilleur ami, est très élevé et Se trouve sur un plan d'existence différent du nôtre.
Quant à la méthode de communication entre l'Église glorifiée et le monde soumis aux disciplines de la restitution : nous ne devons pas supposer que beaucoup de communication et d'attention personnelle et de soins pour nos proches de la terre seront nécessaires. Ce qui serait bon pour une personne le serait généralement pour toutes, et le plan de notre Père céleste est si abondant dans ses dispositions pour la bénédiction de tous que, comprenant quelque chose de Son caractère et de Son plan, nous nous rendons déjà compte qu'Il Se propose de faire pour toute l'humanité, de façon extrêmement abondante, plus que tout ce que nous aurions pu penser ou demander pour ceux que nous aimons le plus. Ainsi, lorsque le monde disposera de ce que la disposition divine rendra général pendant l'Âge millénaire, il y aura très peu de nécessité, voire aucune, d'interventions spéciales ou de communications spéciales de la part des saints à ceux pour lesquels ils se sentent maintenant si sollicités.
Et pourtant, nous pouvons aisément supposer que Dieu a pris des dispositions pour que, dans le futur, il y ait une communication entre le plan terrestre (restauré) et le plan céleste de l'être, comme il y en avait une en Eden avant l'entrée du péché, lorsque Dieu, soit personnellement, soit par l'intermédiaire d'un représentant, S'entretenait avec nos premiers parents. Nous ne savons pas comment cette communication pourrait s'établir, et cela ne doit pas nous préoccuper spécialement, puisque nous savons que notre Père est infiniment sage, et infiniment puissant, et infiniment aimant, pour faire pour Ses créatures tout ce qui est nécessaire au confort et au bonheur de ceux qui L'aiment et Lui obéissent.
DE GRANDS SACRIFICES ET DE GRANDES SOUFFRANCES SONT-ILS NÉCESSAIRES POUR ÊTRE COHÉRITIER ?
Question : Qu'en est-il de la majorité des Chrétiens qui, croyant en Christ, ne sont pas encore appelés à faire de grands sacrifices pour Lui ?
Réponse : Pour une réponse générale, nous nous référons à l'article de notre numéro du 1er mai 1895, intitulé « La perfection par la souffrance ». Tous ceux qui cherchent à marcher prudemment et honnêtement devant le Seigneur, sur les traces de Jésus, constateront certainement qu'il leur faudra faire quelque sacrifice de soi - le sacrifice des objectifs, des plans ou des préférences humaines.
Mais cette question peut être considérée sous un autre angle. Il se peut que l'auteur de la question veuille insister sur le mot « grand », et qu'il ait à l'esprit l'endurance de persécutions telles que celles qui ont frappé notre Seigneur, les Apôtres et d'autres fidèles dans le passé - emprisonnements, « moqueries et coups » et morts violentes. Notre réponse, de ce point de vue, est qu’il ne nous appartient pas de contrôler les épreuves et les difficultés qui peuvent nous assaillir ; notre rôle est de nous consacrer au Seigneur sans réserve et de Lui laisser décider ce que doivent être nos épreuves et nos embarras, et quelle doit être l'étendue de notre sacrifice dans l'obéissance à suivre Ses directions. Le Seigneur peut trouver que certains ont besoin d'épreuves spéciales moins nécessaires à d'autres. Celles-ci, qui seraient pour les premiers de grandes épreuves et impliqueraient de grands sacrifices, pourraient n'être pour les autres, comme l'exprime l'Apôtre en parlant de lui-même, que de « légères afflictions du moment présent [qui] produisent [pour eux] au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire », et ce, à cause de leur plus grand amour pour le Seigneur et pour Sa cause et d'un zèle plus intense pour le service (Manne du 6 juillet). Si nous nous acquittons fidèlement de notre part, si nous sommes fidèles au Seigneur, à Son peuple et à Sa vérité, au mieux de nos connaissances et de nos capacités, Dieu veillera sûrement sur nos affaires, de sorte que nous ayons exactement les bonnes expériences pour nous développer, les bonnes occasions de sacrifice que Sa sagesse juge appropriées et nécessaires pour nous. Il ne laissera aucun vrai fils sans châtiments, sans discipline, et Il ne nous abandonnera pas non plus dans nos épreuves, mais Il se tiendra à nos côtés, afin que nous ne soyons pas tentés au-delà de nos forces, ayant prévu une issue de secours.
En ce jour éclairé, les flagellations physiques ne sont pas acceptées par le monde, mais il se peut que nous soyons appelés à supporter avec patience et sans plaintes les « cruelles moqueries » de la langue ; il se peut que nous soyons emprisonnés dans le sens d'être mis au ban de la société pour l'amour de la vérité ; comme notre Seigneur l'a prédit : « Ils vous excluront des synagogues et on vous séparera de leur compagnie ; et quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu ». Beaucoup aujourd'hui sont ainsi emprisonnés et tués dans leur influence pour l'amour de la vérité. C'est ainsi que l'Apôtre a déclaré : « Je meurs chaque jour ». Et tous ceux qui constitueront l'Église victorieuse élue, doivent mourir ainsi. Dans le langage symbolique de l'Apocalypse, cela s'appelle la décapitation, et nous avons l'assurance que tous ceux qui participeront à la première résurrection et au Royaume auront été ainsi décapités symboliquement - Apoc. 20 : 4.