R 2351 (EB 2011 327 30)
« EN TOUTES CHOSES RENDEZ GRÂCES »
- 1 Thess. 5 : 18 -
« Etant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : Je ne te laisserai point et je ne t'abandonnerai point ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point : que me fera l'homme ? » - Héb. 13 : 5,6.

Mauvais conseil, très mauvais conseil, dit Monsieur l’homme à la sagesse du Monde ; c’est parce que ce conseil n’a pas été suivi que nous, les Américains, avons fait un tel progrès au cours du dernier siècle. C’est parce que les ouvriers des États-Unis sont ambitieux, énergiques, et non satisfaits des choses qu’ils ont, mais qu’ils essaient continuellement de faire pousser deux brins d’herbe là où n’en poussait qu’un seul auparavant, et de mettre dix dollars en banque là où il n’y en avait qu’un avant, que notre nation est allée rapidement de l’avant, et qu’elle est devenue connue pour le génie, l’épargne et la progressivité de son peuple.

Nous ne discuterons pas la déclaration de Monsieur l’homme à la sagesse du Monde, si ce n’est pour dire que tout le remarquable progrès du siècle actuel n’est pas simplement dû au mécontentement : mais, en grande partie, il est dû à la liberté qui est venue principalement comme résultat d’une plus grande lumière - une lumière qui est venue largement comme résultat de la possession de la Bible, dans leur langue, par les populations. Rares sont ceux qui ont remarqué un autre élément contribuant aux développements merveilleux du siècle passé ; à savoir que depuis 1799 nous sommes entrés dans la période connue dans les Écritures comme « le jour de Sa préparation » : période pendant laquelle l’Éternel a levé le voile de l’ignorance, et laissé briller sur le monde, par des filières naturelles, la lumière d’un courant de génie créatif destiné à faire avancer vers la perfection, à travers la chimie, la mécanique et l’art, des dispositifs et des moyens qui seront, sous peu, le plus merveilleusement, sous le contrôle et le guide d’Emmanuel, pendant le Millénium, et qui feront de cette terre un paradis. Néanmoins, nous sommes disposés à concéder que l’ambition et le mécontentement sont actuels, mais qu’ils sont en train d’aider, à leur manière, à produire les différents moyens qui, finalement, s’avéreront une si grande bénédiction pour l’humanité ; mais d’autre part, nous soutenons le fait que dans la mesure où le mécontentement se répand, dans la même mesure les soucis sont là, et un esprit d’anarchisme a commencé.

LE MÉCONTENTEMENT SE RÉPAND.

Nous comprenons plus clairement que ceux qui regardent les voies de ce monde que le mécontentement s’insinue dans la structure entière de la société, la rend inquiète, et la conduit à grands pas vers la grande catastrophe de la détresse et de l’Anarchie qui, les Écritures l’indiquent, seront la fin de cet âge actuel – « un temps de détresse tel, qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation » (Dan. 12 : 1 ; Matth. 24 : 21). Nous remarquons aussi que le mécontentement et l’ambition égoïste sont à l’œuvre à la maison, à la ferme, à l’usine et dans l’église ; et que partout où ceux-ci touchent et oppriment, quelqu’un est meurtri et accablé, ou tout au moins rendu irrité et impressionnable. Partout où ils abondent, ils flétrissent la paix, la joie et l’attitude révérencielle. Ils sont contraires à l’esprit de Christ – qui enseigne la justice, la patience, la douceur, l’affection fraternelle, l’amour. Ils tendent vers l’esprit de l’Adversaire – la colère, la haine, l’envie, la cupidité, la lutte et la rancœur. Qu’y a-t-il d’étonnant donc que les statistiques montrent que, malgré le grand progrès des compétences médicales, particulièrement dans le traitement des maladies nerveuses et mentales, et en dépit aussi des conditions plus favorables de naissance et de vie, les affections nerveuses et mentales sont en nette augmentation, les asiles sont agrandis et de nouveaux sont en cours de construction. Ces conditions ne se limitent pas à ce pays ; les rapports venant d’Europe vont dans le même sens, et même pire en ce qui concerne la démence et le suicide.

Il serait inutile de montrer au monde le fait que le bonheur, un état souhaitable, est en déclin alors que la richesse et les spéculations d’affaires sont en progression – que les grands-parents de la génération actuelle, bien qu’ayant des situations moins favorables à tous points de vue, appréciaient mieux la vie parce qu’ils étaient plus satisfaits que leurs petits-enfants d’aujourd’hui. Le monde ne serait pas disposé à revenir aux conditions qui rendaient heureux dans le passé, mais il aurait plutôt un appétit insatiable pour plus de luxe encore dans l’avenir, et l’obtiendra ou tout au moins s’efforcera de l’obtenir, quel qu’en soit le coût. En effet, sachant cela et connaissant aussi la disposition divine pour l’avenir, et comment le mécontentement présent va, sous peu, enseigner à l’humanité une grande leçon à travers la ruine de la structure sociale actuelle bâtie sur l’égoïsme, la convoitise, l’ambition et le mécontentement, nous pensons que le plus sage est de laisser le monde seul, de le laisser agir à sa guise, et récolter la récompense de cette conduite et, en fin de compte, apprendre la leçon que la Providence enseignera. En conséquence, nous parlons peu au monde sur le sujet du mécontentement, sauf si leurs problèmes peuvent nous toucher de près et être correctement soumis à notre critique et notre conseil. Même alors, notre avis ne sera pas que le monde doit tenter la chose impossible d’être content alors qu’il est dans un esprit d’égoïsme et de mécontentement ; mais nous devrions plutôt conseiller de chercher de quelle façon trouver le Seigneur et Son esprit d’amour, de paix, de douceur et de bonté, et, ce faisant, démontrer que « la piété avec le contentement est un grand gain, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir » (1 Tim. 6 : 6 ; 4 : 8).

QUELLES CHOSES PROCURENT LE CONTENTEMENT ?

On ne devrait pas oublier non plus que c’est le point de vue de tout le discours des Écritures : les recommandations et les exhortations inspirées ne sont pas pour le monde, mais pour ceux qui sont devenus le peuple de Dieu, engagé par l’alliance. Le pauvre monde, et particulièrement le pauvre monde qui est sans Dieu et qui n’a pas d’espérance, a assurément très peu de cause de contentement - il n’a ni les plaisirs désirés pour cette vie, ni les précieuses promesses pour la vie future. Sous le faux enseignement du grand Adversaire de Dieu, de la Vérité et de l’homme, beaucoup mènent non seulement une existence besogneuse peu confortable dans l’époque actuelle, mais sont conduits à envisager des tortures effroyables dans l’avenir – un temps de souffrances sans fin, ou une période purificatrice de souffrances durant des centaines ou des milliers d’années. Pauvre monde ! Quoi d’étonnant qu’il soit abattu, mécontent, morbide, anarchiste.

Mais pour le chrétien - le véritable chrétien, suscité par la Vérité (par la Parole de Vérité, non par la parole d’erreur), combien toutes ces choses sont différentes ! Il comprend ce que le monde ne comprend pas, à savoir, la raison pour laquelle Dieu a permis le règne du péché et de la mort pendant les six mille ans passés. Il comprend plus encore, à savoir que Dieu - qui a été juste en infligeant le châtiment du péché et de la mort, avec ses calamités associées de maladies, de douleurs et de détresses - est aussi plein d’amour et de miséricorde, et a préparé une rédemption hors de la sentence divine et une délivrance finale hors du fléau du péché et de la mort. Il se réjouit de savoir que ce prix de la Rançon a déjà été payé et que son paiement a été reçu formellement par Jéhovah à la Pentecôte. Il est instruit par la Parole de grâce que, comme résultat de cette rédemption, le monde entier qui fut d’abord éprouvé et condamné dans le père Adam, doit de nouveau être éprouvé individuellement ; et que les dispositions pour cette nouvelle épreuve furent prises dans « la rançon pour tous » donnée au Calvaire. Il apprend aussi que la période divine, pour cette mise à l’épreuve du monde entier, liée à l’offre d’une vie éternelle par l’intermédiaire de Christ, et aux conditions de la Nouvelle Alliance, est encore future, pendant l’Âge millénaire selon qu’il est écrit : « Dieu a établi un jour auquel il doit juger en partie [accorder une épreuve à] la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné à cela » [Jésus-Christ] (Act. 17 : 31).

Ayant bien appris tout cela, nous nous réjouissons dans l’espérance de la vie éternelle, et désirons ardemment la libération hors des conditions actuelles de faiblesse et de la chute, et une délivrance complète dans la liberté (libération du péché) des enfants de Dieu ; tout en nous réjouissant dans cette espérance récemment découverte, et en envisageant avec plaisir l’attente de la Seconde Venue du Rédempteur pour inaugurer les temps de rétablissement de toutes choses (Act. 3 : 19-23). Nous recevons un message supplémentaire dans le sens que puisque nous apprécions la bonté divine qui est déjà connue, nous sommes privilégiés d’être au courant et de prendre part à une bénédiction supplémentaire. Les étapes de la grâce sont expliquées ci-dessous, par la Parole Divine :

(1) Le pas de la foi et de l’acceptation du grand sacrifice de rédemption que vous avez déjà accepté, et qui vous est compté comme justification aux yeux de Dieu ; et, par votre foi, vous êtes considérés non seulement comme affranchis de la sentence de mort en Adam, mais aussi affranchis de vos imperfections, héritées de la chute qui sont maintenant « couvertes ».

(2) Tout ceci dans le but que vous puissiez faire le second pas, qui est maintenant approprié ; à savoir que vous pouvez vous présenter à l’Éternel par une entière consécration, et sans restriction : pour souffrir, et non prendre plaisir plus longtemps aux choses de cette vie actuelle ; pour vous dépenser et être employé, avec tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes, au service du Seigneur, au service de la Vérité, et au service de tous ceux qui sont en harmonie avec la Vérité (Rom. 12 : 1).

(3) Il vous est fait remarquer que, à de nombreux égards, ceci est semblable au chemin sur lequel marcha le grand Rédempteur, et cette marche sur ce chemin peut être définie comme un « chemin étroit ». Vous suivez d’une manière générale, la marche chrétienne.

(4) En outre, l’assurance est donnée que, si vous suivez fidèlement ce chemin jusqu’à la fin du voyage de la vie, toutes vos imperfections involontaires et non intentionnelles continueront à être couvertes par le mérite du sacrifice de votre Rédempteur : si bien que, à la fin du voyage, à tous ceux qui sont maintenant « appelés » et qui ont donc joyeusement obéi à « l’appel » est octroyé aussi le privilège de participer avec le Rédempteur aux joies et aux honneurs de Son Royaume terrestre millénaire ; et dans le futur, ils seront faits des instruments de Dieu, avec le Rédempteur, pour conférer au monde de l’humanité tous les bénédictions et avantages miséricordieux achetés par la mort du Rédempteur, et achevés au Calvaire. C’est alors que nous aiderons le monde à retrouver, par le rétablissement, tout ce qui fut perdu en Adam et en sa transgression (Act. 3 : 19-21).

Quiconque a entendu ce message glorieux dans la signification véritable, qui l’a compris et reçu avec les oreilles de la foi et de l’acceptation, a vraiment reçu une grande bénédiction. Si le pardon de nos péchés et la réconciliation avec l’Éternel par le sang de la croix, en tant que notre première expérience chrétienne en grâce, fut une grande bénédiction qui pouvait à peine être comprise ou mesurée, ainsi aussi cette bénédiction supplémentaire d’être accepté dans le Royaume millénaire avec, à la fin des 1000 ans, l’opportunité de recevoir la vie éternelle, est une cause de plénitude de joie, en ce qu’Il nous a amenés au bord des « âges à venir » avec ses multiples bénédictions d’éternité qui suivent.

Non seulement nous devrions apprécier les endroits calmes le long du « chemin étroit », dans lesquels l’Éternel donne du repos à nos pieds fatigués, mais nous devons aussi être reconnaissants pour toutes les épreuves et tribulations. Si, par la foi, nous avons saisi en premier la justification et, en second lieu, la consécration et les précieuses promesses, nous devons, en troisième lieu, saisir aussi par la foi les assurances de la Parole de Dieu que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui ont fait alliance avec Lui, et qui cherchent à l’accomplir, de ceux qui aiment Dieu et qui furent appelés selon Son dessein (Rom. 8 : 28). Considérées d’un point de vue approprié, toutes les épreuves et difficultés qui nous viennent seront considérées comme des grâces et des bénédictions, destinées à nous façonner selon les traits de caractère montrés dans notre Seigneur et Tête, à nous polir et à nous rendre propres pour le Royaume. Par conséquent, alors que nous ne devons pas nous jeter dans les tentations, ni amener sur nous-même de la persécution par une conduite malavisée, néanmoins quand ces choses nous arrivent comme récompenses pour la fidélité aux principes de vérité et de droiture, exercés dans un esprit de soumission et de douceur, de patience et d’amour, nous devons nous réjouir en elles, comme autant de ministères du mal envers nous, qui, sous la direction divine, nous ajustent et nous préparent à refléter davantage la ressemblance à l’Éternel, et à être Ses représentants et ministres de la droiture, maintenant et à l’avenir. Se dérober et esquiver les épreuves et difficultés et persécutions liées à la fidélité à l’Éternel et Son Service, serait, dans une certaine mesure au moins, se retirer de notre consécration, qui est de souffrir pour la droiture.

LES PROVIDENCES DIVINES PEU ESTIMÉES.

Mais manifestement, seul un tout petit nombre de ceux qui ont pris le nom de Christ et qui ont fait une consécration de la vie, du temps, de l’influence et de toutes les choses pour Lui, a jamais apprécié ces sujets dans leur vraie lumière ; et non seulement les nations prétendues chrétiennes sont les peuples les plus mécontents du monde, mais les soi-disant chrétiens sont souvent parmi les individus les plus insatisfaits et les plus malheureux. Certains ont fait une entière consécration au Seigneur et en sont venus à une connaissance considérable de la Vérité présente concernant le temps merveilleux dans lequel nous vivons, le Rétablissement et son but, et les gloires qui vont suivre les souffrances de ce temps actuel, et beaucoup de ceux-là aussi, nous le craignons, font partie des mécontents du monde, malheureux, inquiets, n’appréciant pas le repos que Dieu procure à Son peuple, n’ayant pas « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence » pour régner dans leurs cœurs et garder toutes les autres affaires de la vie assujetties et en ordre.

Frères, ces choses ne devraient pas être telles. Veillez à ce qu’elles ne fassent pas partie de vous. Le Seigneur promet que nous aurons les choses nécessaires. Si nous apprenons correctement les leçons de la nécessité, nous trouverons que les choses indispensables à notre subsistance peuvent se résumer à un menu d’une variété très limitée et de nourriture très peu chère ; et cela pourrait signifier une garde-robe d’une grande simplicité et à très bas prix ; et cela pourrait signifier une maison d’apparence très humble, très petite et peu abondamment meublée. Tout ce que nous avons en plus du nécessaire est en plus de ce que l’Éternel nous a promis dans ce temps présent ; et c’est un motif de reconnaissance et de gratitude du cœur.

Ces choses étant correctement considérées, où est l’occasion ou le désir de murmurer ou de se plaindre sur les choses que nous possédons ? Où serait le désir de souhaiter, d’espérer ou de demander plus que ce que l’Éternel a promis de nous donner, plus que ce que Son infaillible sagesse a estimé qu’il serait le mieux pour nous ? Si ces leçons de la Parole de Dieu sont reçues dans le bon terrain des cœurs honnêtes, elles produiront rapidement, sous le soleil de la faveur divine et la bénédiction de la grâce divine, un centuple de joie, de paix, de confiance, de contentement, de bonheur et d’amour dans la vie de tous ceux qui en donnent une bonne expression ; et l’influence sur nos familles, nos voisins et collègues sera une bonne influence pour leur bonheur aussi bien que pour le nôtre.

Au lieu de nous plaindre à propos du temps - qui est trop chaud ou trop froid, trop humide ou trop sec, trop clair ou trop sombre, trop brumeux ou nuageux ou obscur, ou autre - soyons contents du temps tel que nous l’avons. Nous ne l’avons pas fait et nous ne pouvons pas le changer. Et puisque notre Père céleste sage et aimant considère qu’il est mieux de permettre qu’il soit tel qu’il est maintenant, nous devons comprendre qu’il est mieux qu’il en soit ainsi maintenant. En Son propre temps favorable, Sa faveur atteindra non seulement le monde de l’humanité, pour la relever, la bénir et la guérir, mais elle touchera également la demeure de l’humanité, la terre, pour l’amener dans la condition paradisiaque qu’Il a promis qu’elle aurait dans « les temps de rétablissement de toutes choses ».

Si votre santé n’est pas au mieux, ne vous lamentez pas et ne vous plaignez pas à longueur de journée ; soyez reconnaissants ; reconnaissants que ce ne soit pas pire, vous souvenant qu’en tant que membre de la race déchue, le châtiment complet du péché à votre encontre est la douleur et la souffrance jusqu’à la mort. Quoique vous ayez, que ce soit modéré ou supportable ou dans une certaine mesure agréable, soyez très reconnaissants, plein de gratitude et tirez en le meilleur parti possible.

Notre texte n’est donc pas seulement un bon remède pour donner une santé et une joie spirituelles dans le Seigneur, mais il est aussi très profitable pour notre santé physique ; car c’est un fait incontestable que la majorité des gens aggravent leurs maux et maladies physiques par leur irritabilité et leur esprit chagrin. Si vous êtes l’un des enfants de Dieu, souvenez-vous des paroles de notre Rédempteur, Maître et Précurseur dans le chemin étroit, à propos des Gentils (ceux qui ne connaissent pas Dieu, qui ne font pas partie de Son Alliance) qui cherchent continuellement ce qu’ils vont manger, ce qu’ils vont boire et comment ils vont se vêtir, et que nous ne devrions pas être comme eux parce que notre Père céleste sait de quoi nous avons besoin avant que nous le Lui demandions ; et Il a déjà promis que nous aurons ce qui est le mieux pour nous.

Si votre situation dans la vie est modeste, et requiert un travail incessant pour assurer les choses nécessaires, ne vous plaignez pas, mais, au contraire, rendez grâces, rendez grâces pour la santé et la force pour accomplir ce travail nécessaire ; rendez grâces pour avoir compris que la brève vie actuelle est seulement un temps d’instruction, et que les leçons du présent, correctement apprises, apporteront les richesses de grâces et de gloire que le monde ne peut ni donner ni enlever. D’autre part, réfléchissez alors sur le fait que votre condition est, à certains égards, plus favorable que celle de certains autres qui semblent plus prospères ou mieux situés : combien sont nombreux ceux qui possédaient la richesse et les loisirs et qui ont trouvé en eux une malédiction ! Comme ils sont nombreux ceux qui n’ont pas été affligés par la richesse et qui ont trouvé que la tromperie des richesses et leur orgueil sont enclins à susciter des obstacles à la place de l’aide sur le « chemin étroit » ; comme ils sont nombreux ceux qui ont trouvé la signification des paroles du Seigneur : « Je vous dis qu’un riche entrera difficilement dans le royaume de Dieu ».

Souvenez-vous aussi des paroles de l’Apôtre qu’il n’y a pas beaucoup de riches, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de sages qui font partie des élus de Dieu ; que principalement les pauvres de ce monde, riches en foi, seront les héritiers du Royaume. En comprenant que les richesses de foi, les richesses de confiance, les richesses du contentement et les richesses de piété avec les fruits de l’esprit qui les accompagnent, constituent les véritables richesses. Rendez grâces à l’Éternel que, dans Sa sagesse et Sa grâce, Il vous a si favorablement placés.

« SEIGNEUR, AUGMENTE-NOUS LA FOI ».

Le même principe s’applique bien en ce qui concerne toutes nos affaires, quelles qu’elles soient. La leçon de foi, pour ceux qui sont devenus le peuple consacré du Seigneur, n’est pas seulement la foi dans les doctrines et les théories, ni véritablement, cette foi principalement. La caractéristique principale de la foi est la confiance en Dieu ; qu’Il est capable et disposé à accomplir ce qu’Il a promis. Cette foi comprend non seulement les choses à venir, mais aussi les choses actuelles ; cette foi se réjouit non seulement dans la récompense de la vie éternelle qui sera accomplie, mais se réjouit aussi dans les souffrances, les épreuves et difficultés et dans toutes les riches expériences qu’un Père plein de sagesse estime qu’il est mieux de permettre. Comme l’exhorte l’Apôtre, réjouissons-nous toujours « rendant toujours grâces pour toutes choses » (1 Thess. 5 : 18 ; Éph. 5 : 20).

La meilleure illustration de cette foi véritable, de cette confiance permanente en Dieu, se trouve, comme nous devions nous y attendre, dans les expériences de notre cher Rédempteur et dans Son histoire. Se rendant compte qu’Il était dans le monde dans le but de servir le Plan divin, Il comprenait aussi continuellement le contrôle de la sagesse divine à l’égard de toutes Ses affaires : en conséquence, non seulement Il allait au Père fréquemment par la prière, et allait à la Parole de l’Éternel pour être guidé, mais Il reconnaissait que toutes les expériences qu’Il traversait, et toutes les oppositions qu’Il rencontrait, étaient sous le contrôle divin. Il savait qu’Il était entièrement consacré au Père, et ne cherchait pas Sa propre volonté mais la volonté de Celui qui L’avait envoyé ; Il savait par conséquent que les soins providentiels du Père dirigeaient toutes les affaires de Sa vie.

Ceci est montré avec force dans Sa réponse à Pilate, lorsque ce dernier lui dit : « Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te relâcher, et que j’ai le pouvoir de te crucifier ? ». Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut ». Par ailleurs, Il déclara à propos de la coupe de souffrances et d’ignominie : « la coupe que le Père m’a donnée, ne la boirais-je pas ? ». Vraiment, il était suffisant pour Lui de savoir que dans n’importe quelle affaire que ce soit, le Père dirigeait ; cette pensée Lui donnait le courage d’agir, de souffrir et de supporter.

Une confiance semblable en la Providence divine est nécessaire pour tous ceux qui veulent sortir vainqueurs par Lui qui nous aima et mourut pour nous. Si nous pouvons avoir la certitude que nous sommes entièrement abandonnés à Dieu selon Son appel, nous pouvons aussi avoir la certitude que toutes choses concourent à notre bien ; nous pouvons nous rendre compte, dans chaque circonstance de la vie, que le Père a préparé la coupe et nous soutiendra et nous bénira pendant que nous la buvons. Notre Seigneur Jésus, le représentant du Père, surveille nos épreuves, l’ignominie et la souffrance ; Il permet que la coupe soit préparée pour nous par les serviteurs aveuglés de Satan. Cette connaissance devrait nous rendre capables non seulement de considérer joyeusement la spoliation de nos biens (tout ce que nous tenons pour précieux, l’influence, la renommée, etc.), mais devrait aussi nous rendre capables de traiter avec douceur et gentillesse, et avec un esprit de pardon ceux qui préparent et administrent la coupe de nos souffrances. Mais personne ne peut avoir cette assurance de la foi, si ce n’est les vrais consacrés qui attendent le Royaume.

« QU’EST-CE QUE LA FORCE DE LA FOI ? »

Dans notre texte, après que l’Apôtre nous ait exhortés à être « contents avec ce que nous avons », il ajoute la raison ou le fondement sur lequel est donné ce conseil, disant : « Car lui-même a dit : Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ». Oui ; c’est le véritable fondement du contentement, la prise de conscience des soins du Seigneur, que la sagesse et la grâce de l’Éternel sont exercées envers nous, et que ces choses qu’Il accorde sont les choses qui sont les meilleures pour nous, et que nous choisirions pour nous-mêmes si nous avions la sagesse et la perspicacité suffisantes dans toutes les circonstances de la situation.

L’Apôtre ajoute : « En sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point : que me fera l’homme ? ». Le monde entier s’étonne du courage avisé des humbles du peuple du Seigneur. Le secret de notre courage et de notre force réside dans la confiance que l’Éternel est notre aide avec la sagesse et l’amour qui sont infinis, et tous deux capables et disposés à faire concourir toutes choses ensemble pour notre bien.

Il est possible que certains puissent être enclins à se demander pourquoi une telle attention a été donnée récemment, dans ces colonnes, à des thèmes similaires à celui discuté ici, et à des sujets analogues propres à développer de plus en plus l’esprit d’amour et les différents fruits de cet esprit, et à neutraliser l’esprit d’égoïsme, et les mauvais fruits de cet esprit. Nous répondons que c’est parce que nous croyons que ces leçons doivent être particulièrement opportunes dans le temps actuel. Par Sa grâce, l’Éternel a ôté beaucoup d’erreurs aveuglantes de notre esprit, Il nous a donné un aperçu plus clair de Ses glorieux plans, et nous a révélé Son glorieux caractère en rapport avec Son Plan ; et il y a peut-être eu plus ou moins de danger, que dans une telle étude de théologie, l’objectif véritable de toute cette connaissance, l’objectif de l’Évangile puisse être perdu de vue. Le dessein de Dieu n’est pas de trouver tout simplement un peuple intellectuel, ni d’instruire un peuple par rapport à Ses plans, mais de sanctifier un peuple avec la Vérité, et ainsi donc les rendre capables pour leur place dans le Royaume éternel de droiture où le péché et la mort n’en feront plus partie. Nous sommes de l’avis que les épreuves que l’Éternel destine à Son peuple ne sont pas simplement des tests de doctrine et, par conséquent, nous nous attendons de plus en plus à ce que les criblages et les séparations de la moisson parmi ceux qui viennent à la connaissance de la Vérité seront davantage dus aux traits de caractère, et aux fruits de l’esprit.

La décision finale du Seigneur n’est pas : si vous ignorez certaines choses vous ne faites pas partie des Siens ; ni : si vous avez une connaissance particulière, vous êtes acceptés par Lui ; mais plutôt : « si quelqu’un n’a pas l’Esprit [disposition et mentalité] de Christ, celui-là n’est pas l’un des Siens ». Si nous avons raison en cela, chers lecteurs, il est d’une suprême importance que nous, en tant que soldats de la croix, mettions non seulement la protection intellectuelle, le casque du salut, mais aussi la protection du cœur, l’amour de la droiture, de la Vérité, de la bonté et la pureté, avec le bouclier de la foi. La cuirasse de la droiture s’avérera l’une des pièces les plus importantes de l’armure dans la bataille qui est devant nous, et à propos de laquelle il vous est dit qu’« il en tombera mille à ton côté » (Ps. 91 : 7 ; Matth. 24 : 24 ; 2 Thess. 2 : 11).

Non seulement cela, mais nous croyons que la leçon antérieure est d’une grande importance parce que le temps est court ; et ceux du peuple du Seigneur qui ne commencent pas tôt à développer un esprit de contentement et de gratitude, non seulement ne seront pas acceptables pour le Royaume, mais en tant que participants à l’esprit de mécontentement du monde, ils seront dans une douloureuse détresse avec le monde dans le grand Temps de Détresse qui est maintenant manifeste dans la société humaine. Le contentement et la foi qu’il implique sont nécessaires à la piété : et quiconque s’essaie à la piété sans lutter pour cultiver le contentement ira sûrement au-devant d’un échec. La piété et les fruits de l’esprit - la résignation, la patience, la douceur, la longanimité, la bienveillance fraternelle, l’amour - ne pousseront pas dans le jardin de l’âme qui permet aux mauvaises herbes de miner la force et de polluer l’air de leurs présence et influence nocives.

Le sentiment de l’un de nos hymnes précieux est tout à fait à propos, et nous désirons, pour nous-mêmes et pour tout le peuple du Seigneur, cette condition de foi, de consécration et de contentement qui nous permettent de chanter du fond du cœur, avec l’esprit et avec l’entendement, les paroles :

« Heureux de contempler sa face,
Mon tout se courbe à son plaisir ;
Nul changement de temps, de place,
Ne peut sur mon esprit agir :
Quand Il m’entoure de Ses grâces,
Un petit rien est tout pour moi ;
Les prisons semblent des palaces,
Quand Jésus y soutient ma foi ».

Qui peut dire s’il n’est pas possible que le Seigneur ne donne pas en fin de compte ces épreuves, semblables à celles mentionnées par le poète, et qui s’appliquèrent à lui-même et à d’autres fidèles dans le passé ? Souvenons-nous que nous ne serons pas fidèles dans les grandes choses si nous n’avons pas appris à être fidèles dans les petites choses. Que chacun commence et continue fidèlement une transformation de sa vie en matière de piété avec contentement dans les affaires les plus insignifiantes de la vie. Non seulement il fera de lui-même mais aussi des autres, les plus heureux dans le temps présent, mais il se préparera pour les expériences et épreuves plus grandes qu’il peut plaire au Seigneur de lui imposer plus tard, pour démontrer dans quelle mesure nous sommes vainqueurs du monde et de son esprit.

« C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi » ; parce que la foi se trouve sur le fondement de toute loyauté envers Dieu et Sa cause. La foi dans le contrôle divin de toutes nos affaires nous donne non seulement la paix et le contentement, mais elle mine la racine de toutes les ambitions égoïstes, de la vaine gloire et de la vanité. C’est à cause de notre foi en la Parole du Seigneur que « quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé ». La foi dans le contrôle de l’Éternel préfère l’arrangement de l’Éternel à tout autre quant aux souffrances de ce temps actuel et de la gloire qui doit venir ; et elle ne nous gonfle pas d’orgueil mais nous affermit dans la ressemblance au caractère de notre Rédempteur.