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DIVERSES VOIX NOUS APPELLENT
« Elles ne connaissent pas la voix des étrangers » - Jean 10 : 5.

Il y a dans le monde de nombreuses voix qui invitent l'humanité à rechercher le plaisir, la richesse, la sagesse, etc. ; les raisons insinuées sont diverses, et les jeunes gens et les personnes inexpérimentées sont grandement égarés par tant d'attractions. Cependant, par l'expérience, un grand nombre d'entre nous ont appris que ces voix de sirènes séductrices ne pourraient que nous conduire au naufrage sur des rochers et des bancs de sable cachés, et que « tout ce qui brille n'est pas or ». Nous avons appris que les désirs insatiables de notre propre nature humaine sont totalement indignes de confiance, et que nous sommes des êtres déchus, que nos goûts et nos appétits sont pervers et si dépravés que fréquemment nous désirons les choses qui tendent à nous nuire et que nous sommes portés à rejeter les choses bonnes pour nous. Notre Seigneur parle de ces voix diverses qui appellent l'humanité et l'égarent, et les mettant en contraste avec Son propre appel qu'Il adresse à Ses propres « brebis » qui l'entendent et Lui obéissent. Il dit : « Et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix ; mais elles ne suivront point un étranger, mais elles s'enfuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (Jean 10 : 3-5).

Présentement, tous ne sont pas capables d'entendre et de reconnaître la voix du Berger ; sur ce sujet beaucoup sont sourds, si fine que puisse être leur ouïe quand il s'agit des tentations que leur présentent le monde, la chair et le diable. C'est pour cette raison que les Écritures déclarent : « Qui a des oreilles pour entendre [l'Évangile], qu'il entende ». Mais si nos oreilles s'ouvrent pour entendre « la bonne nouvelle » dont Christ est le sujet central, elles ne sont pas fermées aux diverses voix de l'égoïsme, de l'ambition, de l'orgueil, de l'avarice et de la vanité, et aux autres voix provenant du monde, de la chair et du diable. Il semble, en effet, qu'après avoir accepté de faire partie de Ses brebis et cherché quelque occasion d'apprendre à reconnaître la voix du Berger, nous sommes à dessein exposés aux diverses voix qui nous invitent à quitter notre Berger et à ne plus suivre Ses traces. Hélas ! nombreux sont ceux qui s'égarent « marchant selon leur propre convoitise ! ». Nombreux sont ceux qui se détournent de cette manière du chemin de la Cité céleste ! Combien en arrivent en définitive à être entièrement fourvoyés dans une autre direction ! Combien ont ainsi « rebroussé chemin » et n'ont plus désormais marché avec Lui ! Comme ils sont peu, quel « petit troupeau » forment ceux qui, jour après jour, pour connaître pleinement le Berger, continuent à suivre Ses pas, pour qu'à la fin, avec Lui, ils atteignent le Royaume céleste !

Il est bon de se rappeler que les paroles de Jean 6 : 68 furent provoquées par un certain criblage parmi les disciples. Le ministère de notre Seigneur avait progressé d'une façon considérable. Tout d'abord le peuple fut attentif à Ses paroles en disant : « Jamais homme ne parla comme cet homme », et « une grande foule le suivit ». Mais vers la fin de Son ministère, lorsque la jalousie et l'animosité des « Docteurs en théologie » et des pharisiens commencèrent à se manifester, Il devint moins populaire, et nous trouvons que nombre de Ses auditeurs le quittèrent, et Il dit : « C'est pour cela que je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins qu'il ne lui soit donné du Père ». Dès lors plusieurs de Ses disciples se retirèrent, et ils ne marchaient plus avec Lui. Jésus donc dit aux douze : Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Ces criblages et épreuves des disciples du Seigneur ont été en cours pendant tout l'Âge de l'Évangile, et continuent encore. Beaucoup ont directement ou indirectement, volontairement ou involontairement répudié le grand Berger, Ses conseils et Ses instructions, les uns, à cause des principaux sacrificateurs, des scribes et des pharisiens qui dirent : « Il a un démon et il est fou ; pourquoi l'écoutez-vous ? », les autres parce qu'ils ne comprirent pas Ses enseignements, disant : « Cette parole est dure ; qui peut l'ouïr [la comprendre] ? », et d'autres enfin parce que Son enseignement distinguait d'une façon trop rigide l'équité du péché, et Dieu de Mammon. Par conséquent, nous avons le droit de comprendre au sens littéral la déclaration que fit notre Seigneur, savoir qu'à la fin, seul un « petit troupeau » serait trouvé digne du royaume.

Nos paroles peuvent paraître dures à entendre à quelques-uns, à cause de leur conception erronée du sujet, quand nous disons que le message et la direction du Seigneur avaient pour dessein de se débarrasser et de combattre une classe, aussi bien que d'attirer et de soutenir une autre classe. Cela serait inconcevable, si on devait comprendre que ces individus repoussés et combattus sont jetés dans un enfer de tourment éternel, et telle est en général la conception erronée du sujet. Au contraire, l'attraction était faite dans le but d'entrer dans le royaume, et ta répulsion avait pour but d'empêcher cette entrée, et le criblage et la séparation faits au temps de notre Seigneur, et depuis, et de nos jours encore, ont lieu afin que le Seigneur puisse rejeter et séparer de ceux qui professent être Ses disciples et rechercher l'héritage avec Lui dans Son Royaume, tous ceux qui sont indignes de ces bénédictions. Ainsi qu'il est écrit, concernant la fin de l'Âge de l'Évangile et la glorification finale du « petit troupeau », « Ils cueilleront de [la classe de] Son royaumes tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité ... Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur père ». Nous pouvons nous reposer dans l'assurance qu'aucun de ceux qui sont dignes du royaume n'en sera éloigné par le criblage. De ceux-là il est écrit : « Personne ne peut les ravir de la main de mon Père » et aussi « Car en faisant ces choses [en écoutant la voix du Seigneur et en cultivant Son esprit et en marchant sur Ses traces], vous ne faillirez jamais [en agissant ainsi] ; car ainsi l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera richement donnée » - 2 Pi. 1 : 10, 11.

Ainsi quelle importance capitale il y a à ce que nos esprits soient entièrement conformes à la voix à laquelle nous obéirons et aux pas que nous suivrons ; car « un homme incertain (1) est inconstant dans toutes ses voies ». Nous « ne pouvons servir Dieu et Mammon » quels que soient nos efforts dans ce sens. Nous ne pouvons pas entendre la voix de Satan, du péché, du monde, de l'égoïsme et de la chair et y obéir, et en même temps entendre la voix du Bon Berger, la voix de la Vérité, la voix de l'Amour et y obéir. Que ceci soit bien fixé et enraciné dans nos esprits, afin que nous ne soyons pas inconstants après avoir pris une fois place parmi les brebis du Seigneur.

A la seule fin que la décision puisse être celle qui convient en même temps qu'être définitive, de laquelle nous ne penserons pas nous détourner, il est bon que nous considérions les différentes voix qui nous appellent et que nous sachions où elles conduisent. Nous ne considérerons pas ces voix telles qu'elles apparaissent au monde en général, mais simplement telles qu'elles apparaissent à ceux qui ont déjà entendu la voix du Bon Berger. Ces voix insinuent qu'elles ne s'opposeront pas à notre foi au Berger, mais au contraire qu'elles coopéreront avec ardeur avec elle. Cependant, le Berger déclare qu'il n'en sera pas ainsi, mais que les voix égoïstes du monde invitent, appliquent leur influence à détourner de Lui et du sentier dans lequel Il conduit Ses brebis.

VOIX PERFIDES.

La richesse nous invite, faisant miroiter ses charmes dorés et promettant de grandes choses, suggérant en attendant que notre zèle religieux est assez convenable, mais trop poussé, fanatique, et qu'à cet égard seulement il s'oppose à la richesse ; que même, si nous étions obligés de quitter le Seigneur pour rechercher la richesse, ce ne serait que temporaire, et que bientôt, ayant acquis la richesse, nous pourrions le rechercher avec un redoublement d'énergie et obtenir ainsi le royaume. Hélas ! quelle illusion ! et cependant combien sont attirés par cette invitation et cette tentation ! C'est avec raison que l'Apôtre déclare que « c'est une racine de tous les maux que l'amour de l'argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs ». Et puis, aussi, comme ces espérances sont fausses, et combien d'hommes parmi la multitude qui recherchent la richesse l'ont atteinte un jour ! En vérité, ce n'est pas la richesse qui constitue le mal, car Dieu est immensément riche ; c'est l'amour des richesses terrestres et la manière avec laquelle il absorbe les affections du cœur en les éloignant de la Vérité et de son service et des choses célestes, qui constituent le mal et le piège de la richesse auquel bien peu résistent, que peu vainquent et assujettissent à la volonté divine.

Beaucoup entendent la voix de la renommée qu'ils recherchent, si d'aventure ils deviennent célèbres, hautement estimés parmi les hommes. Dans ce cas, dans une certaine mesure tout au moins, le mobile générateur est l'orgueil et la présomption - l'ambition personnelle - ni pour Dieu ni pour la justice. Et comme ils sont rares ceux qui se détournant de la voie du Seigneur, complètement ou en partie, pour obtenir la célébrité, la renommée dans le monde, l'honneur des hommes, arrivent un jour à atteindre la célébrité dans une mesure considérable ! C'est une voix perfide qui conduit à de fausses espérances, lesquelles sont bientôt anéanties par la mort, sinon avant. Elle désirerait nous persuader de nous détourner de l'humble sentier de l'obéissance et de l'abaissement de soi-même dans le service divin, dont la récompense est « la gloire, l'honneur et l'immortalité » à la main droite de la faveur de Dieu.

D'autres entendent la voix des plaisirs du monde, et remarquent les millions de la terre, les recherchant pour le contentement de leur chair : il y a un grand courant qui cherche à nous entraîner dans la multitude pour obtenir le plaisir par l'assouvissement de nos appétits naturels pervertis. Comme nous sommes lents à apprendre d'une façon certaine que les plaisirs du monde sont passagers, que l'amertume qu'ils laissent contrebalance les moments agréables et que les attractions de la Foire aux Vanités (Le voyage du Pèlerin - John Bunyan - Réd.) sont tout à fait contraires aux nouvelles ambitions, aux nouvelles espérances, aux nouveaux désirs de notre nouvelle nature ! Combien d'efforts le peuple du Seigneur n'a-t-il pas faits pour réunir ou mélanger les plaisirs du monde avec les joies célestes, pour arriver seulement à trouver que ces joies différentes ne se mélangent point, et que pour ceux qui voudraient habiter en Christ et suivre Ses traces, ce bonheur véritable signifie le rejet de tous les plaisirs qui ont un mélange ou une tendance impurs. Comme nous sommes lents à apprendre que les seuls plaisirs dont la Nouvelle-Créature peut jouir sont ceux dans lesquels notre Seigneur peut être notre compagnon, ceux que nous pouvons discuter avec Lui et dans lesquels nous pouvons jouir de Sa communion !

Tous ces manquements, chose à remarquer, ont leurs sources dans l'égoïsme - ils sont tous sous une forme ou une autre, des penchants à la satisfaction personnelle. D'un autre côté, la voix du Bon Berger nous invite à quitter notre condition, notre humeur, nos désirs déchus et égoïstes pour gagner un plan supérieur de sentiments, un plan de bienveillance, d'amour de Dieu, de la justice et des autres hommes, lequel cherche à pratiquer « la bienfaisance et à faire part de » ses « biens ». Nous voyons aussi qu'après nous avoir exposé les nouvelles conditions, notre Seigneur, notre Instructeur, permet que les penchants égoïstes de nos cœurs naturels et du monde en général nous appellent vers d'autres directions ; de cette manière, en apprenant à résister à ces penchants, nous pouvons de plus en plus établir en nous-mêmes des caractères forts, enracinés, fondés, fixés dans la justice et l'amour, forts et capables de résister aux faiblesses de notre propre chair ainsi qu'aux influences des amis et du monde en général.

Seuls ceux qui développent de cette manière un caractère ont la possibilité d'être des « Plus-que-Vainqueurs » du monde, et ceux-là seuls seront acceptés du Seigneur pour être Ses cohéritiers dans le Royaume. On voit ainsi que le Seigneur ne recherche pas simplement ceux qui font alliance avec Lui, mais que, par des leçons d'expérience, de discipline et d'épreuves appropriées Il cherche à s'assurer Son peuple - à trouver et à séparer pour Son propre service, non pas ceux qui sont forts en obstination, forts selon la chair, mais ceux qui, abandonnant la volonté de la chair, se donnent si entièrement au Seigneur qu'ils arrivent à être transformés par le renouvellement de leurs esprits » - « forts dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ».

Les paroles que le Seigneur adresse à Israël selon la chair, le peuple-type, sont d'accord avec cette pensée : « L'Éternel, votre Dieu, vous éprouve, pour savoir si vous aimez l'Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme » (Deut. 13 : 3). Ceci explique l'objet et le dessein de la conduite divine à notre égard, nous le véritable Israël, pendant tout l'Âge de l'Évangile. Il a jusqu'ici éprouvé Son peuple, le mettant à l'essai, pour se rendre compte du degré et de la force de son amour pour Lui. Il nous apprend que « ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux », que beaucoup de ceux qui font l'alliance d'une pleine consécration manqueront de l'observer, manqueront d'obéir à ses exigences, et que leur échec prouvera un certain manque d'amour pour Lui, que la volonté personnelle règne toujours dans le cœur, n'accordant à Dieu qu'une place secondaire. Le Royaume est uniquement réservé à ceux qui, par la grâce de Dieu, deviendront absolument semblables au Seigneur Jésus, en aimant Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme et étant capables de dire : « Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne ». Nulle autre condition que celle de la soumission complète au Seigneur ne peut nous rendre propres au Royaume, car aucune autre ne représente la pleine soumission de soi-même à Dieu et l'amour parfait envers Lui. N'oublions pas, en outre, que toutes les choses célestes : « ce que l’œil n'a pas vu et que l'oreille n'a pas entendu et qui n'est pas monté au cœur de l'homme », Dieu les a réservées pour ceux qui L'aiment par-dessus tout (Manne du 18 février) (1 Cor. 2 : 9).

Par conséquent, si désirable soit-il que nos amis et notre prochain se rendent au Seigneur sur leur lit de mort, s'ils ne le font pas plus tôt, il apparaît néanmoins avec évidence que ceux qui se repentent ainsi dans leurs derniers moments ne peuvent, en aucune façon, être considérés comme « héritiers du royaume » ; on ne peut, en effet, supposer que dans les quelques heures ou dans les quelques jours qui suivent leur repentance, ils pourraient développer les caractères forts tels qu'ils sont exigés : ils ne sont pas passés par des épreuves de foi et d'amour et de zèle pour le Seigneur telles qu'elles puissent développer en eux les caractéristiques des « Plus-que-Vainqueurs » - la classe du Royaume. Ceux qui se rendent an Seigneur sur leur lit de mort peuvent néanmoins être encouragés à espérer Sa bénédiction dans l'Âge millénaire et une occasion de parvenir à une connaissance plus complète du Seigneur, ainsi qu'à cultiver un caractère dans cette condition du paradis, comme le Seigneur le promit sur la croix au brigand mourant.

Si seulement nous pouvions garder à la mémoire que le fait que chaque épreuve, chaque persécution, chaque difficulté de la vie permise pour ceux qui ont fait l'alliance de sacrifice avec le Seigneur a pour but de les éprouver, de vérifier leur amour, de voir si, oui ou non, leurs caractères sont affermis, enracinés, fondés dans la justice et édifiés dans l'amour, cela placerait toutes ces épreuves, difficultés et tentations dans une nouvelle lumière à nos yeux et nous aiderait grandement à combattre le bon combat et à vaincre. Nous dirions : Si par ces petites épreuves le Seigneur éprouve mon amour, mon attachement à Lui, alors, qu'elles soient légères ou importantes, j'en profiterai diligemment comme d'occasions favorables pour démontrer à mon Seigneur la plénitude de mon amour et de mon dévouement envers Lui et envers Sa cause (Manne du 9 décembre). Vues et affrontées de cette manière, toutes épreuves et difficultés se trouveraient être une bénédiction, comme le dit l'Apôtre : « Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses tentations ; vous vous réjouissez, tout en étant affligés maintenant pour un peu de temps par diverses tentations, si cela est nécessaire, afin que l'épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l'or qui périt et qui, toutefois, est éprouvé par le feu, soit trouvée à louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation [Épiphanie] de Jésus-Christ ». « Bienheureux est l'homme qui endure la tentation ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l'épreuve, il recevra la couronne de vie, qu'Il a promise à ceux qui l'aiment ». Car notre légère tribulation d'un moment opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire, si nous savons l'utiliser convenablement (1 Pi. 1 : 7 : Jacq. 1 : 2, 12 ; 2 Cor. 4 : 17).

Aussi nous avons de nouveau l'assurance que ceux qui aiment le Seigneur, et qui, en conséquence, recevront le royaume, seront ceux dont l'amour aura été démontré par des épreuves et des tentations au cours de leur voyage. Ceux qui n'aiment pas le Seigneur de tout leur cœur, en qui le moi ou quelque autre idole tient la première place, seront séduits par le monde, la chair ou le diable dans quelque forme de rébellion contre la parole divine ou contre la providence divine : ils auront des plans et des théories qu'ils préféreront au Plan du Seigneur ; et en analysant leurs théories et leurs plans personnels, on pourrait trouver généralement qu'ils sont basés soit sur l'égoïsme, ou l'ambition, soit sur un esprit mauvais d'envie, de haine, de jalousie, etc...

Pour ceux-là, la direction du Seigneur et Ses paroles perdent de leur séduction et, dans la même proportion, ils perdent leur intérêt ; comme ceux qui s'éloignèrent du Seigneur lors de Son Premier Avènement disant : « Cette parole est dure », ils ne marchent plus avec Lui. Cependant, quelques-uns continueront à marcher avec le Seigneur ; quelques-uns ne seront pas détournés de Lui par aucun des artifices et des ruses du Malin. Ce sont ceux qui, du fond du cœur, sont pleinement au Seigneur et non à eux-mêmes ; ils iront partout où le Seigneur les conduira, parce qu'ils n'ont comme volonté que la sienne. Ceux-là suivront le Seigneur dans l'étroit sentier de l'épreuve, de la discipline et des expériences au cours de cette vie, et dans peu de temps, ainsi qu'Il l'a déclaré : « Ils marcheront avec moi [en vêtements blancs], car ils en sont dignes ». Cette compagnie ne manquera pas non plus de membres par suite de la chute de quelques-uns. Non, elle sera entière, complète, formée du nombre prédestiné que Dieu, dans Sa prescience, ordonna qu'Il choisirait pour être les cohéritiers de Son Fils, notre Seigneur Jésus. Sa préconnaissance Lui permit de considérer le cas de ceux qui se détourneraient, de même qu'Il connut à l'avance la possibilité d'obtenir le nombre nécessaire.

Ceux qui continuent auront tous le caractère général de Christ : la fidélité à l'Éternel et à Sa parole de la promesse ; et lorsque des voix diverses appellent vers d'autres directions, loin du sentier étroit de la consécration et du sacrifice, de l'humiliation et du renoncement à soi-même, eux, en réponse à la question du Seigneur : « Voulez-vous aussi vous en aller ? » répondront comme jadis le firent les Apôtres : « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Ils ne savent où aller ailleurs ; ils ne peuvent pas retourner, car ils voient clairement que retourner, quant à eux, serait comme l'expriment les Ecritures, « retourner à la perdition », à la Seconde-Mort. Ayant entendu les appels du monde, de la chair et du diable, ils se sont rendu compte également de la vanité de toutes leurs fausses promesses et de leur impossibilité de pouvoir donner une part de satisfaction. Mais dans l'invitation de notre Seigneur, ils ont reconnu non seulement la justice, mais aussi la récompense promise de la justice par Christ, récompense qu'Il a promise à ceux qui L'aiment, savoir la vie éternelle.

L'ESPÉRANCE LA MEILLEURE ENTRE TOUTES.

Nulle part ailleurs une telle promesse n'est faite ; d'aucun autre endroit ne vient une telle espérance ; en conséquence, dans aucun autre service que celui-ci ne pouvaient-ils penser s'engager. Dans l'espérance d'obtenir ce prix de la vie éternelle ils pouvaient se réjouir même en déposant cette vie présente. En vérité, c'est bien là « cette espérance bénie ». Ayant devant eux de telles espérances, clairement comprises, et l'étroit sentier nettement tracé, sachant pourquoi il est si étroit et pourquoi si peu le trouvent, et pourquoi un plus petit nombre encore continueront à le suive (parce qu'il conduit à la grande élévation du royaume et à son cohéritage avec Christ), qui pourrait songer une minute à s'en aller ou même à écouter les voix les invitant à la richesse, à l'honneur, à la renommée, aux plaisirs de cette vie, etc..., en se rendant compte que même le fait de prêter l'oreille à ces voix interromprait notre voyage vers le royaume, nous frustrerait ainsi de nos espérances et nous empêcherait d'apprécier les très grandes et très précieuses promesses. Nous mettrons plutôt de côté tout fardeau et le péché qui nous obsède si facilement, et nous courrons avec patience la course que l'Évangile placé devant nous.

De même que les disciples fidèles trouvèrent un sens aux enseignements du Maître, et ce, à une époque où la majorité ne pouvaient le faire, ainsi maintenant, à Son Second Avènement, Ses paroles ont une valeur, une signification et une force pour ceux qui sont en harmonie de cœur avec Lui, et elles n'en ont pas pour les autres. En conséquence quelques-uns maintenant, comme au Premier Avènement, trébuchent, et reculent, tandis que d'autres sont attirés plus étroitement que jamais auprès du Seigneur par la Vérité Présente qu'Il dispense comme étant « la nourriture au temps convenable ». Au fur et à mesure que nous avançons dans le sentier, vers la fin de la carrière de l'Église, nous ne serons pas surpris si le sentier devient de plus en plus étroit, plus difficile et, si les dispositions à tomber deviennent plus fréquentes. En conséquence, que chacun d'entre nous soit de plus en plus sur ses gardes contre la ruse de l'Adversaire ; et que l'amour parfait de Dieu règne en nos cœurs et en bannisse l'amour de soi et l'amour du monde, et leur orgueil, leur ambition et leur folie. Que cette dévotion à Dieu apporte dans nos cœurs la plénitude de joie, de repos et de paix telle qu'elle nous fut promise ; et demeurons en Lui, le cep, et soyons des sarments féconds, répondant à toutes les tailles faites par le grand Vigneron, par une production plus abondante de fruits ; et si des séductions s'offrent à nous, considérons le sujet comme le firent les Apôtres, et disons : « Seigneur, auprès de qui nous en irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ».