R 2235
CONFESSION ET PARDON
- 1 JEAN 1 : 5 - 2 : 6 -
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » - 1 Jean 1 : 9.

L'Apôtre ne s'adresse pas aux incroyants, aux non justifiés, aux pécheurs au sens ordinaire du terme ; il s’adresse au contraire aux justifiés et sanctifiés en Jésus-Christ, et il se classe lui-même parmi eux en disant, « nous ». On a cru trop souvent que ce passage et d'autres analogues s'adressaient aux pécheurs en général. C'est une erreur profonde qui a porté préjudice sur 2 points :

1. Cela a été préjudiciable aux non-régénérés dans la mesure où cela a donné à certains l’impression qu’il n’y a pas de différence entre l’Église et le monde, et que tous ont un accès semblable à Dieu dans la prière et pour le pardon des offenses quotidiennes. Cela a donc empêché certains de réaliser la nécessité de la foi en l’expiation et d’entrer définitivement dans une relation d’alliance avec le Seigneur selon les termes de la Nouvelle Alliance, de l'alliance basée sur le sacrifice. Au contraire, tous devraient être clairement informés du fait que la repentance et une acceptation particulière et positive du Christ comme leur Sauveur personnel sont absolument nécessaires avant qu’ils puissent être acceptés dans le « Bien aimé », être traités comme « fils de Dieu » et jouir des privilèges de cette relation — prières, communion avec Dieu, protection divine ou providence dans la gestion de leurs affaires et de leurs intérêts, et pardon de leurs offenses quotidiennes grâce au mérite du grand Souverain Sacrificateur.

2. La fausse interprétation de ce passage a eu un mauvais effet sur certains chrétiens qui, allant à l'extrême opposé, ont prétendu qu'ils ne commettent plus de péchés depuis que leurs fautes passées ont été pardonnées par la grâce de Dieu et qu'ils ont fait alliance avec le Père. C'est ce qu'enseigne la secte religieuse des cœurs purs ; ces gens prétendent être véritablement parfaits en pensées, en paroles et en actes (et non simplement considérés comme tels par Dieu) ; ils se trompent eux-mêmes et se rendent coupables de graves erreurs, comme le déclare l'Apôtre à ce sujet — versets 8, 10.

L'Apôtre Jean dit quel est son but en écrivant cette épître : « Nous écrivons ces choses, afin que votre joie soit parfaite ». Il est évident que la plupart des chrétiens n'ont jamais compris quelle plénitude de joie, de paix et de bénédiction il leur est possible d'obtenir ; trop nombreux sont ceux qui se contentent des rudiments, des premiers principes de la doctrine de Christ ; c'est pourquoi l'Apôtre Paul dit que ces chrétiens-là sont encore « des enfants en Christ ». Ces personnes reçoivent naturellement une certaine bénédiction d'une communion, si faible soit-elle, avec le Seigneur, mais elles ne possèdent pas la plénitude de la joie qu'elles pourraient obtenir si elles progressaient dans la grâce et dans la connaissance jusqu'à ce qu'elles arrivent à la stature parfaite d'un homme en Christ. Le but de l'Apôtre en écrivant cette épître est de pousser les croyants à apprécier leurs privilèges et à en jouir avec un esprit sincère, afin qu'ils puissent, de ce fait, croître et se développer.

L'Apôtre suit l'exemple de notre Seigneur Jésus en représentant la vérité et la justice par la lumière, et le péché ainsi que tout ce qui est mal par les ténèbres, c'est-à-dire l'opposé. Dieu Lui-même serait ainsi considéré comme la Lumière parfaite, « il n’y a point de ténèbres en lui », il n'y a en Lui ni péché ni imperfection. Avec cette pensée à l’esprit, l’Apôtre souligne que toute croissance dans notre communion avec Dieu à laquelle nous pouvons aspirer, doit être conforme à la vérité, à la bonté et à la pureté, et il souligne que ce serait commettre un péché de dire à d'autres ou de s'imaginer que l'on marche avec Dieu, que l'on a communion avec Lui si, au contraire, l'on marche dans les ténèbres et le péché. Ceux qui disent de telles choses se trompent eux-mêmes et trompent leur prochain. Ils ne peuvent tromper Dieu, et ainsi ils sont privés des bénédictions accordées à ceux qui marchent « dans la lumière ».

D'autre part, si nous marchons dans la lumière, en harmonie et en communion avec Dieu, nous serons aussi en communion avec tous nos frères qui ont les mêmes sentiments. Ainsi donc, si nous n’aimons pas les frères que nous voyons, au point de pouvoir avoir avec eux la communion et la joie spirituelle, cela indiquerait que nous ne sommes pas pleinement en harmonie et en communion avec Dieu. Mais qui sont les frères ? Notre Seigneur nous dit que ceux qui prétendent lui appartenir ne sont pas tous de véritables frères. Il dit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, (ne seront pas tous reconnus comme Mes frères et Mes cohéritiers), mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ». Ce n'est donc pas seulement à cause de ce que nous professons être, que nous sommes acceptés par le Seigneur, mais bien à cause de nos actions. Jésus dit encore « Qui sont mes frères ? ... quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère » — Matthieu 7 : 21 ; 12 : 48-50.

Ainsi, nous ne devons pas envisager la « communion » avec tous ceux qui invoquent le nom de Christ comme une preuve de la communion avec le Père, alors que nous sommes éclairés. Nous devons simplement réserver cette véritable communion avec ceux qui cherchent sincèrement à faire la volonté du Père, de servir sa cause, de mettre en pratique les enseignements de sa parole, tant dans leurs actions que dans ce qu’ils professent être. Il doit y avoir entre ceux-là, un lien « caché ou connu » de communion et d’union — ce lien est la seule foi, le seul baptême dans le seul Seigneur.

Mais alors que cette communion entre nous et le Seigneur et tous ceux qui ont Son esprit repose sur notre marche dans la lumière, si nous suivons ses traces au mieux de nos capacités, cela ne veut pas dire que nous n’avons plus du tout d’imperfections ou que nous ne péchons plus du tout. Bien que, selon les dispositions de la Nouvelle Alliance, rien ne nous soit imputé comme péché sauf dans la mesure où cela a été fait délibérément. Néanmoins, en raison des multiples tentations et de la faiblesse de notre chair, résultat d’une prédisposition héréditaire au péché, il nous est impossible d’éviter les « lacunes » et les fautes. On peut à juste titre qualifier ces actes de péchés dans cette leçon, car « le péché est une transgression de la loi », même s’il est involontaire. Mais l’arrangement divin prévu dans la Nouvelle Alliance, au sujet du peuple du Seigneur, est que ces fautes et ces manquements involontaires ne doivent pas nous être imputés comme des péchés, mais lorsque nous avons recours au grand Souverain Sacrificateur, Il purifie ces fautes par le mérite du sang précieux. Le sang de Jésus-Christ notre Seigneur nous purifie ainsi de tout péché, il nous garde purs du péché, si nous avons recours à lui continuellement pour obtenir le pardon, dans le sentiment de nos nombreuses imperfections de la chair.

Plus loin dans la même épître, l'Apôtre emploie le terme « péché » dans un sens différent de celui de notre texte ; il dit : « Quiconque demeure en lui ne pèche point ; quiconque pèche ne l'a pas vu et ne l'a pas (même) connu ... Celui qui pèche est du diable ... Quiconque est engendré de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu'il est engendré de Dieu ». Il dit encore : « Quiconque est engendré de Dieu ne pèche point ; mais celui qui est engendré de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche point — 1 Jean 3 : 6-9 ; 5 : 18.

Dans ces passages, l'Apôtre emploie le mot péché dans un sens absolu, complet, il signifie péché volontaire, péché commis de propos délibéré, péché commis avec intention ; là le mot péché ne veut pas dire seulement des manquements ou fautes peu graves commises entièrement ou en partie à cause des imperfections héréditaires de la chair.

Selon l'Apôtre, aucun individu qui a été engendré de l'esprit du Seigneur, de l'esprit de sainteté et de vérité ne peut éprouver d'attraction pour le péché et aller jusqu'à le commettre volontairement, intentionnellement et en toute connaissance de cause. Ceux qui aiment le péché au point de le commettre volontairement et de l'approuver, après avoir connu la vérité, sont des enfants des ténèbres, qui aiment les ténèbres et prouvent ainsi qu'ils ont l'esprit ou les dispositions de Satan.

Mais revenons à l'autre emploi du mot péché que nous trouvons dans cette leçon ; là il désigne les fautes, les imperfections contre lesquelles les enfants de Dieu luttent de tout leur cœur, cherchant à les extirper de leur corps mortel. C'est contre ces fautes qu'ils combattent continuellement le bon combat, ils deviennent des vainqueurs, et des Plus-que Vainqueurs par Celui qui les a aimés, qui les a rachetés par Son sang précieux. L'Apôtre laisse entendre que certains aillent jusqu’à nier qu’ils ont des défauts ; se trompant ainsi eux-mêmes et tombant dans le piège de l'adversaire. On peut se demander quelle différence cela peut faire s’ils cherchent à vivre pieusement, qu’ils prétendent qu’ils ont atteint la perfection dans leur vie ou qu’ils admettent être imparfaits et demandent continuellement à être purifiés par le sang précieux. Nous répondons que cela fait une grande différence. Ce n’est qu’en confessant nos péchés qu’ils peuvent être pardonnés ; par conséquent, ceux qui nient avoir commis des péchés, des fautes, des imperfections, en ont un lourd fardeau qui n’est pas effacé, qui n’est pas pardonné, qui leur est imputé ; et à cause de cela, ils seraient jugés indignes d’être emmenés plus loin sur le chemin de la lumière, sous la conduite du saint Esprit, vers les hauteurs, les profondeurs, les longueurs, les largeurs de l'amour et de la sagesse de Dieu, tels qui sont révélés dans Sa Parole comme une nourriture au temps convenable pour la maison de la foi. Ainsi nous voyons qu’il n’y a qu’une seule voie dans la foi et conduite appropriée, dans laquelle nous pouvons avoir communion complète avec le Seigneur. Ceux qui suivent une autre voie font Dieu menteur ; Dieu dans ce cas ne peut avoir aucune communion avec eux, mais Il les laisse dans les ténèbres et dans leur propre voie. Nous ne nous étonnons plus donc, si tant de personnes sont encore dans les ténèbres et ne donnent aucune preuve qu'elles jouissent de la communion avec Dieu, lorsque nous constatons combien le nombre est petit des chrétiens qui confessent leurs fautes, cherchent à les vaincre et à en être purifiés de la seule manière voulue de Dieu et approuvée par Lui.

Ces choses ne sont pas écrites pour nous suggérer l'idée que nous pouvons pécher impunément, nous laisser entraîner à des fautes par notre insouciance et notre légèreté, sans prendre garde aux enseignements de la Parole divine, et que nous pouvons aller ensuite auprès du Seigneur pour obtenir le pardon. Ces promesses de la Parole de Dieu, qui nous parlent de Sa faveur, de Son désir de nous pardonner, sont destinées à produire dans notre cœur une douce influence qui nous aidera à éviter soigneusement le péché et à maintenir une communion constante avec Celui qui est la perfection de la lumière et de la sainteté. « Je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point », nous dit Jean, afin que vous ne deveniez pas orgueilleux, pleins de vos propres mérites, pleins de votre propre justice et ainsi abominables aux yeux du Seigneur ; je vous écris ces choses afin que vous vous corrigiez de vos faiblesses, de vos imperfections, afin que vous vous appuyiez sur la grâce de Dieu en Christ, pour être pardonnés et recevoir la force de combattre le bon combat contre le péché.

« Si quelqu'un (qui est en Christ) a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le Juste ». Ces paroles « si quelqu'un » font allusion à ceux qui sont en Christ, à ceux qui ont accepté les conditions de la Nouvelle Alliance ; cette épître s'adresse à ceux là seuls. Le monde n'a pas d'Avocat auprès du Père, parce qu'il n'a pas accepté Christ. Jésus n'est l'Avocat que de ceux qui L'ont accepté et qui font leurs efforts pour vaincre le péché.

Notre Avocat est plus qu'un avocat, plus qu'un représentant auprès de la justice divine, s'intéressant à notre bonheur, à notre pardon ; il est aussi Celui qui donna Sa vie pour nous et qui, au Calvaire, acheva de devenir la propitiation (satisfaction) pour nos péchés ; c'est pourquoi nous pouvons aller « avec assurance au trône de la grâce » ; nous pouvons alors comprendre que Dieu est pour nous et que le Seigneur Jésus a compassion de nous, qu'Il est notre Avocat ; nous pouvons comprendre surtout la grandeur des mérites du sacrifice que Jésus a déjà déposés devant la justice divine et qu'Il a rendu pleinement applicable à tous ceux qui L'aiment et Lui obéissent sur demande.

Mais l’Apôtre dit : Il est « une victime expiatoire pour nos péchés (les péchés de l'Église), non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier », nous dit l'Apôtre. Qu'est-ce que cela signifie ? Jésus est-il l'Avocat du monde entier ? Non ; le monde n'a pas été appelé et attiré à la sainteté et à la vérité. Pendant l'Âge actuel, nul ne peut venir à Christ si le Père ne l'attire. Maintenant, celui qui a des oreilles pour entendre, est seul attiré par l'influence de la vérité. Le plus grand nombre des humains n'ont jamais entendu parler de la grâce de Dieu, ni de la propitiation et du pardon préparés pour tous par Christ. Le nombre est en effet restreint de ceux qui ont goûté combien « le Seigneur est bon » et miséricordieux.

La propitiation est faite pour les péchés du monde entier ; chaque membre de la race humaine doit arriver à connaître ces choses et aura la possibilité de jouir des bénédictions qui lui sont réservées par Dieu. C'est dans ce but que l'Âge millénaire grandiose a été promis et préparé ; c'est de cet Âge de bénédictions pour « toutes les familles de la terre » que le Seigneur parle par la bouche du prophète en ces termes : En ce jour « les yeux des aveugles s'ouvriront et les oreilles des sourds seront ouvertes ». C’est à cette époque que notre Seigneur a également déclaré : « Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi ». C'est parce que Jésus a été élevé comme une victime expiatoire, comme une offrande pour le péché, « pour les péchés du monde entier », qu'Il aura un jour le privilège, ayant été glorifié, d'être le Juge du monde, de pouvoir accorder le pardon, la réconciliation, et offrir le rétablissement à tous ceux qui Lui obéiront de tout leur cœur ; « quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du milieu du peuple » dans la Seconde-Mort —Actes 3 : 23.

Maintenant, Dieu n'attire pas à Lui les gens par force, mais Il les presse de venir à Lui par le moyen de la connaissance de la vérité ; dans l'Âge millénaire, Dieu n'attirera pas non plus les humains à Lui par la force, mais par l'influence de la justice et de la vérité qu'Il exercera ; il pressera les hommes d'aimer la justice et d'aimer aussi la récompense du juste qui est la vie éternelle.

L'Apôtre semble montrer dans l'épître, d'où notre texte a été tiré, que nombre d'humains prétendront faussement qu'ils connaissent Dieu ; Jean dit catégoriquement : « Celui qui dit : Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui ». L'Apôtre ne parle certainement pas là de quelqu'un qui prétend savoir quelque chose d'un Dieu, mais de quelqu'un qui prétend avoir une pleine connaissance de Dieu, qui prétend aussi jouir de Sa communion. Jean nous montre un moyen de reconnaître si nous sommes de Nouvelles-Créatures dans le Seigneur et si nous possédons en quelque mesure l'amour de Dieu dans nos cœurs. L'obéissance constitue l'épreuve. Dans la mesure où nous gardons la Parole, l'amour de Dieu s'accomplit en nous. Si nous avons reçu l'Esprit de Christ, le saint Esprit, l'Esprit de Dieu, le vouloir et le faire opéreront en nous selon Son bon plaisir et en raison de notre capacité. Celle-ci devrait croître d'année en année. Quoique nous ne puissions espérer être parfaits avant d'avoir été réveillés et mis en possession de nos nouveaux corps de la résurrection, néanmoins nous pouvons, en attendant, rester si étroitement en rapport avec le Seigneur dans « l'esprit de notre entendement » que nous jouirons d'une communion continuelle avec Lui - 1 Jean 1 : 7 (Manne du 15 février); et en confessant nos fautes et en recherchant son pardon, nous pourrons continuer jusqu’à la fin de notre course, purifiés du péché, même si nous devons encore reconnaître les imperfections de la chair — qu’en notre chair ne réside aucune perfection.