Le peuple de Dieu, tant dans la dispensation Juive que dans la dispensation de l'Évangile, est décrit comme « pèlerin et étranger » dans le « présent monde mauvais ». Ils sont tels, parce qu'ils ont entendu parler d'un « pays meilleur », dont le souverain est Dieu, et dont la loi est l'amour - « la loi parfaite de la liberté ». Pour de tels pèlerins, la recherche de la richesse et de la vaine gloire, l'orgueil, la fierté et le prestige qui prévalent partout aujourd'hui, est une chose déplaisante ; tandis que la lutte pour la richesse ou la position, surtout lorsqu'elle conduit à l'injustice, à l'oppression, à la calomnie, à l'envie, aux querelles et à toutes les mauvaises actions, est répugnante. Ayant pu entrevoir la perfection du caractère divin, avec sa justice et son amour absolus, ce caractère est devenu leur idéal, et ils ont entendu « la voix de celui qui parle du ciel », leur apprenant que le péché et le mal ne prévaudront pas toujours, mais que le Dieu des cieux établira bientôt Son Royaume qui restaurera et bénira le monde des hommes, et apportera la justice éternelle. Plus ils l'ont entendue, et plus ils apprennent à l'apprécier, et plus ils sont nécessairement en désaccord avec les conditions opposées du temps présent. C'est pourquoi ils se sentent, et sont dépeints dans les Écritures comme l'étant, des pèlerins et des étrangers qui cherchent le pays plus beau de l'âge à venir.
C'est dans cette perspective que l'Apôtre a déclaré qu'Abraham, Isaac et Jacob étaient « des pèlerins et des étrangers sur la terre », qui cherchaient un meilleur pays, une maison dans des conditions plus justes. Ils séjournèrent dans le pays même qui leur avait été promis, mais ce n'était pas leur « maison », car il était encore entre les mains et sous le gouvernement de ceux qui étaient des étrangers et des insoumis à Dieu. Ils attendaient l'accomplissement de la promesse de Dieu de leur donner ce pays sous Sa bénédiction et Ses lois divines, quand il deviendrait pour eux un pays céleste, un pays sous la direction et la bénédiction célestes. Ils étaient obligés d'attendre pour deux raisons : d'abord, comme une épreuve et un développement de leur propre foi et de leur confiance dans le Grand Prometteur ; et ensuite, parce que « la méchanceté des Amoréens n'était pas encore venue à son comble » - Gen. 15 :16.
Commentant cela, l'Apôtre déclare que s'ils avaient eu l'intention, c'est-à-dire le désir, de retourner à Charan, leur pays avant la promesse de Canaan, ils y seraient peut-être retournés - quand ils auraient trouvé la terre de la promesse encore occupée par d'autres peuples, et que Dieu n'était pas encore prêt à leur accomplir Ses promesses (Héb. 11 : 15). Mais ils préférèrent s'en tenir aux promesses de Dieu, et choisirent donc, pour le moment, d'être des pèlerins et des étrangers dans le pays de la promesse. Dans son discours (Actes 7 : 2,5), Étienne rappelle ce pèlerinage et ce séjour, en tant qu'étrangers, d'Abraham et de sa postérité, dans l'attente de la possession de la terre promise. Étienne dit : « Dieu ne lui a donné aucun héritage, pas même où poser son pied, et il lui promit de lui donner en possession, et à sa postérité après lui ».
Nous devons donc comprendre que le pays céleste qu’Abraham, Isaac et Jacob et tous les fidèles de la maison charnelle d'Israël attendaient en tant que « pèlerins et étrangers » sera après tout terrestre, dans le sens où il sera sur la terre ; mais il sera céleste dans le sens où son gouvernement, ses ordonnances, ses lois, etc. seront des lois célestes, etc. et non « terrestres, charnels, diaboliques ». Par conséquent, lorsque l'Apôtre dit qu'ils « attendaient une cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur », et que Dieu « leur a préparé une cité », nous devons comprendre cette promesse, en ce qui les concerne, comme étant en harmonie avec les autres promesses faites à l'Israël charnel.
La « ville » dont il est question n'est pas une ville littérale, mais la ville symbolique mentionnée dans Apocalypse 21 : 2,9-27. En symbole, une ville signifie un gouvernement, et cette ville qui descend du ciel d'auprès de Dieu symbolise le Royaume de Dieu, Sa domination ou Son gouvernement, qui sera établi sur toute la terre. Cette « cité » ou gouvernement sera composée du Christ - « l'Époux » - et de « l'Épouse - la femme de l'Agneau ». « Alors les justes brilleront » - la ville aura la gloire de Dieu. Lorsque ce Royaume sera établi, les nations marcheront par sa lumière – Apoc. 21 : 24.
Abraham, Isaac et Jacob, et tous les fidèles pèlerins et étrangers avant le rachat, même s'ils ne seront pas membres de la compagne de l'Épouse ni de la nouvelle Jérusalem, le Royaume, ils seront néanmoins très étroitement associés à eux dans l'œuvre de bénédiction du monde de l'humanité en général. Et c'est pourquoi ils sont représentés comme attendant cette « cité », ce gouvernement que Dieu établira dans le monde ; préférant avoir leur héritage à ce moment-là, et sous la bénédiction et la brillante illumination de cette cité ou de ce gouvernement céleste, plutôt que de jouir des plaisirs du péché pour une courte période. C'est en harmonie avec cette pensée que l'on nous enseigne à prier : « Que ton règne [la Jérusalem céleste, la cité qui a pour fondations les douze Apôtres - le Christ Jésus lui-même étant la principale pierre angulaire] vienne ! Que ta volonté soit faite sur la terre comme elle est faite au ciel ». Cette cité brillera et bénira le monde jusqu'à ce que tous les hommes de bonne volonté soient aidés et réconciliés avec Dieu. Son règne durera mille ans, après quoi s'ouvrira une nouvelle dispensation, dans des conditions nouvelles, où l'humanité (rendue parfaite) aura le privilège de se gouverner elle-même en harmonie avec la loi divine.
Dans un certain sens, nous pourrions donc désigner la période actuelle, « le présent monde mauvais », comme la maison générale de notre pèlerinage pour tous ceux qui aiment et aspirent à la justice ; et la condition meilleure de l'avenir, « les nouveaux cieux et la nouvelle terre », promise comme la maison ou la condition céleste qui sera trouvée pleinement satisfaisante pour tous ceux qui y parviendront.
« NOTRE MAISON TERRESTRE » ET « NOTRE MAISON DU CIEL ».
Cependant, l'Apôtre Paul (2 Cor. 5 : 1-10), écrivant au sujet de ce pèlerinage et s'adressant spécialement à l'Église consacrée de l'Âge de l'Évangile, utilise un langage qui, tout en n'étant pas en désaccord avec ce que nous venons de voir, peut néanmoins être correctement compris comme se référant aux corps mortels actuels des saints, comme leurs maisons de pèlerinage - leurs maisons temporaires, pendant qu'ils sont en route vers leurs maisons permanentes, les corps spirituels que Dieu a promis à ceux qui L'aiment, et que le même Apôtre a décrit aux mêmes lecteurs dans une épître précédente - 1 Cor. 15 : 38, 42-45.
De plus, comme nous savons bien que beaucoup de Psaumes ont été écrits de manière prophétique, concernant le Christ, tête et corps, l'Église vainqueur de l'Âge de l'Évangile, nous pouvons déduire que le langage de notre texte se référait spécialement à ces pèlerins de l'Âge de l'Évangile. L'Apôtre dit : « Nous savons que si notre maison terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, [non produite par des puissances humaines], éternelle, dans les cieux ». Puisque la terre restaurée, bien qu'elle soit une maison permanente pour le monde des hommes, ne sera pas « dans les cieux », et puisque l'Église, lorsqu'elle aura reçu ses nouveaux corps spirituels à la résurrection, sera ensuite éternellement dans la condition plus élevée ou céleste, il semble juste d'interpréter le langage de l'Apôtre comme se rapportant aux corps terrestres et aux corps célestes de l'Église. Et une telle application semble correspondre parfaitement au discours de l'Apôtre. Il est vrai que dans ce corps présent, ou cette maison temporaire de pèlerinage, nous soupirons, opprimés non seulement par l'influence méchante du monde et du diable de toutes parts, mais aussi et surtout par les faiblesses de notre propre chair. En effet, quand nous voulons faire le bien, le mal est présent avec nous, de sorte que le bien que nous voudrions faire, nous en sommes souvent empêchés, tandis que le mal que nous n'approuvons pas, s'impose souvent à nous et exige d'être continuellement combattu et vaincu. Comme l'Apôtre le déclare ailleurs, nous « qui avons les prémices de l'esprit, nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l'adoption, la délivrance de notre corps » - l'Église, à la glorieuse ressemblance de notre Seigneur.
Mais notre soupir n'est pas un désir d'être dépouillés ; nous ne voulons pas être sans corps, car cela signifierait au mieux, tout au long de l'Âge de l'Évangile, être « endormis en Jésus », en attendant le matin de la résurrection, pour qu'alors nous puissions être « revêtus de notre domicile qui est du ciel », notre corps nouveau, parfait et permanent, notre « maison ». Ce que nous préférons, ce n'est pas que la petite étincelle de la vie présente s'éteigne, mais qu'elle soit engloutie, absorbée dans les conditions parfaites de la vie parfaite à laquelle nous sommes engendrés, avec son corps parfait.
[*Les mots « de ceux qui sont sauvés » dans ce texte ne se trouvent pas dans les anciens MSS. Il est évident qu'il s'agit d'une interpolation, car après que les nations auront été sauvées, mises en harmonie avec Dieu, elles ne seront plus des « nations » (païens), mais des parties de l'unique nation sainte, le Royaume de Dieu.]
« Or, celui qui nous a formés à cela même, c'est Dieu, qui nous a aussi donné les arrhes de l'esprit ». Cette condition parfaite que nous obtiendrons à la résurrection sera la grande consommation du salut que Dieu a promis ; et le nouvel esprit, la nouvelle volonté engendrés par la Parole de vérité, sont considérés comme le commencement de cette Nouvelle-Créature, qui sera perfectionnée dans la nature divine lorsque la première résurrection l'aura achevée. Le saint Esprit qui nous est accordé à l'heure actuelle est pour ainsi dire un acompte, un « gage » ou une assurance des résultats grandioses et gracieux pour lesquels nous espérons et luttons, soupirons et prions.
« Nous avons donc toujours confiance, et nous savons qu’étant présents dans le corps [tant que nous nous sentons entièrement satisfaits des conditions présentes - nous-mêmes et notre environnement], nous sommes absents du Seigneur ». Si nous vivions près de Lui, « marchant avec Dieu », nous ne pourrions pas nous trouver pleinement satisfaits des conditions et des possessions présentes, etc., mais nous aurions l'impression que nous sommes des étrangers et des pèlerins qui cherchent un meilleur repos, une meilleure demeure « que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment ». Mais, comme l'explique l'Apôtre (verset 7), cela n'est vrai que de ceux qui marchent par la foi et non par la vue. « Toutefois, nous sommes pleins de confiance [pleins de foi en Dieu, nous réjouissant de marcher par la foi] et nous aimons mieux être hors de chez nous [sans abri, voyageurs et étrangers sur la terre] et être avec le Seigneur », « dans l'esprit de notre communion » (Manne du 28 mai).
C'est pourquoi nous nous efforçons, que ce soit dans un avenir proche, lorsque nous atteindrons notre demeure, ou dans le moment présent, alors que nous sommes loin de chez nous, pèlerins et étrangers, nous nous efforçons d'être acceptés par le Seigneur, d'avoir Sa faveur et Sa bénédiction, de connaître Sa communauté et Sa présence et de savoir que nous serons finalement acceptés par Lui. « Car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu'il aura fait, soit bien, soit mal ». Tout au long de ce pèlerinage, nous nous tenons à la barre du jugement de notre Seigneur : il nous teste, nous éprouve, pour voir si oui ou non nous L'aimons, Lui et les choses qui forment la justice et la paix ; et si oui, combien nous sommes prêts à sacrifier pour la justice. Il évalue le degré de notre amour à la mesure de notre abnégation et de nos sacrifices pour Lui, pour la vérité.
Mais parler ainsi de nos corps comme de maisons ne peut être vrai que pour les « saints », les Nouvelles-Créatures en Christ. Les autres hommes n'ont pas la dualité de nature, et ne pourraient pas s'appliquer à eux-mêmes des expressions comme celle de Romains 8 : 10,11, « Si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l'Esprit est vivant à cause de la justice [imputée] » de Christ. La nouvelle nature des saints, engendrée par la parole de vérité, n'est en réalité que la nouvelle volonté, à laquelle on s'adresse désormais comme à la personne réelle, et elle seule est reconnue de Dieu qui nous connaît non pas selon la chair, mais selon l'esprit de nos nouveaux entendements, les entendements de Christ. Notez aussi Romains 6 : 3,4. Ces Nouvelles-Créatures ont un vieil homme ou homme extérieur qui périt, et un nouvel homme, homme intérieur, ou homme caché du cœur qui est renouvelé de jour en jour - 2 Cor. 4 : 16 ; Col. 3 : 9,10 ; Ep. 4 : 23,24 ; 1 Pi. 3 : 4.
Il est écrit qu'Il « donne des chants de joie dans la nuit », et « Il a mis un cantique nouveau dans ma bouche ». Nous ne sommes pas surpris de savoir que les saints seront « joyeux dans la gloire » et qu'ils chanteront à haute voix, avec les hautes louanges de Dieu dans la bouche, lorsqu'il leur sera donné d'exécuter les jugements écrits (Ps. 149 : 4-9) ; mais il peut sembler singulier que les conditions actuelles du peuple de Dieu, la condition d'imperfection et de fragilité physique, dans laquelle nous soupirons et sommes accablés, soit une condition dans laquelle les chants, les actions de grâces et la joie devraient prévaloir chez nous. Cependant, telle est la volonté divine, comme telle est la déclaration divine, à l'égard de tous ceux qui sont vraiment vainqueurs : ils sont tous appelés à être joyeux dans la maison de leur pèlerinage. A propos de cette joie, notre Seigneur déclare : « Votre joie, personne ne vous l'ôtera ». « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif » - Jean 14 : 27 ; 16 : 22.
Ainsi donc, bien qu'il y ait une certaine mesure de gémissement à cause de certains fardeaux de la part de ceux qui ont atteint la nouvelle vie, il y a aussi des joies bénies que le monde ne peut ni donner, ni enlever : et celles-ci sont la source et la cause de la joie incessante et des « chants dans la nuit », avant l'aube glorieuse du nouveau jour millénaire : ces chants sont inspirés par les joies qui nous sont accordées dans la maison de notre pèlerinage - alors que nous sommes actuellement absents de notre « maison ».
Quelles sont nos joies que personne ne peut nous enlever ? et que la persécution, l'affliction et les difficultés ne peuvent qu'approfondir, agrandir et rendre plus douces ? Quelle est cette joie ? Cette joie est un avant-goût des bénédictions à venir, un gage de notre héritage. Elle est inspirée par la confiance en Celui en qui nous avons cru : la confiance qu'Il est à la fois capable et désireux d'achever l'œuvre qu'Il a commencée et que nous désirons voir achevée suivant Sa meilleure méthode ; la confiance que tant que nous nous accrocherons fermement à Ses gracieuses promesses par les bras de notre foi, Il ne permettra pas que nous soyons séparés de Lui. Qui nous séparera de l'amour de Dieu en Christ ? Les tribulations et les persécutions ? Notre confiance, c'est que « personne ne peut nous arracher de la main du Père », que « le Père lui-même nous aime », et qu'Il ne nous abandonnera pas tant que nous voudrons demeurer docilement dans Son amour. Oui, nous avons confiance que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ; confiance que Celui qui est pour nous est plus puissant que tous ceux qui peuvent être contre nous. Une telle confiance est sûre d'apporter une joie qui dépasse l'entendement du monde, et une paix de Dieu qui dépasse toute compréhension, qui garde le cœur.
Et une telle joie, produite par le véritable Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ reçu dans un cœur honnête, éveille naturellement et proprement les « chants dans la maison de notre pèlerinage ».
« Au milieu de tout le tumulte et de toutes les luttes,
j'entends la musique qui résonne,
Elle trouve un écho dans mon âme,
comment puis-je m'empêcher de chanter. »
Le mot « chant » a un sens plus large qu'une simple composition musicale : il est utilisé dans les Écritures et ailleurs pour indiquer un message joyeux de toute nature. Par exemple, nous disons, en nous référant à l'Évangile, la connaissance du plan divin : « Tu as mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu ». Et c'est un fait que ceux qui ont goûté que le Seigneur est bon, ceux qui ont reçu la joie que personne ne peut leur enlever, ceux qui ont goûté à la grâce de Dieu en Christ, non seulement se réjouiront et chanteront littéralement des chansons musicales avec leurs lèvres, mais ils se réjouiront aussi d'avoir toute leurs vies un chant de louange et d'action de grâce à Dieu. Le chant résonnera en toute occasion, partout où l'on trouvera des oreilles attentives : tellement le cœur purifié, justifié et consacré appréciera la bonté de Dieu, et tellement il désirera -
« Annoncer au monde entier ces nouvelles bénies,
Et parler du temps du repos qui approche ».
Partout où les Chrétiens se trouvent privés de cette joie du Seigneur, et où ils n'ont pas de chants dans la maison de leur pèlerinage, ils ont des raisons de craindre que quelque chose n’aille pas bien, que les liens entre leur propre cœur et le Seigneur ne sont pas fermes et complets. S'ils ne connaissent pas cette joie et ces chants, c'est soit parce qu'ils n'ont jamais pleinement accepté le Seigneur comme étant leur destin, et se sont consacrés à Son service, soit parce que certaines fausses doctrines ont tellement effrayé leur esprit et les ont si complètement livrés à la peur que les joies de la confiance leur sont impossibles. Ceux-là devraient immédiatement prendre les mesures appropriées, soit pour réaliser pleinement leur consécration au Seigneur, afin qu'Il puisse mettre Son esprit en eux comme membres de Son corps, leur donner le « sceau de l'adoption » et leur faire connaître les joies de Son salut ; soit, s'ils sont pleinement consacrés et que la fausse doctrine les empêche d'avoir de la joie et des chants, ils devraient sonder diligemment les Écritures et trouver le message du Seigneur : « Leur crainte de moi est un commandement d’hommes qu’on leur a enseigné » (Es. 29 : 13).
AU JOUR NUAGEUX.
Certes, notre expérience chrétienne n'est pas toujours de nature à produire une débordante allégresse : il est sans doute à notre avantage qu'il y ait parfois des heures sombres comme celles qu'éprouva notre cher Rédempteur lorsqu'il dit : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu'à la mort ». De telles expériences nous rapprochent sans doute de la source du réconfort, de la joie et de la paix, et sont des bénédictions déguisées, et parmi les « toutes choses » qui concourent à notre bien. Mais même au milieu des épreuves et des difficultés, et alors que nous sommes abattus au point que les chants n'abondent pas, nous pouvons néanmoins, dans toutes les conditions et à tout moment, réaliser l'amour et la sollicitude de Dieu et nous accrocher si fermement au Seigneur, avec la main de la foi, que nous pourrions, dans les moments les plus sombres, réaliser la joie de la compassion, de l'amour et du secours de notre Maître, et avoir ainsi la joie qu'aucun malheur du temps présent ne peut interrompre.
Le découragement et la perte de ces joies et de ces chants peuvent parfois résulter d'une santé défaillante : dans ce cas, si la maladie est le résultat d'une satisfaction égoïste, nous avons besoin d'une leçon et d'une réforme ; ou bien elle peut sembler résulter d'une fidélité désintéressée au service de la vérité, suivant les lignes du devoir, et dans ce cas, dès que cela est reconnu, nos joies et nos chants reviennent. En guise d'illustration, rappelons-nous Paul et Silas louant Dieu dans la prison de Philippes, alors que leur dos était encore meurtri et en sang.
Le peuple du Seigneur devrait avoir comme objectif de cultiver chaque jour cette joie et les conditions qui lui sont favorables. L'état de nos cœurs y est pour beaucoup, car cette joie ne dépend pas essentiellement de la tête, de notre connaissance de la Parole et du plan divins. Sa possession et son accroissement dépendent principalement du cœur - le centre de nos affections. Si nous fixons nos affections, nos cœurs, sur les choses terrestres et cherchons la joie à travers les diverses satisfactions de la chair, la convoitise de l'œil et l'orgueil de la vie, etc., nous éteindrons dans une certaine mesure l'esprit du nouvel entendement, et diminuerons en conséquence les joies du nouvel entendement. En revanche, plus nous sommes vainqueurs du monde, de la chair et du diable, plus nous cherchons à faire la volonté de notre Père qui est dans les cieux, plus nous cherchons la compagnie et la communion de notre cher Rédempteur, plus nous cherchons à faire ce qui est agréable à Ses yeux et plus nous avons aussi cette joie et cette paix que personne ne peut nous ravir et que les épreuves, les persécutions ne peuvent rendre que plus douces et précieuses. « Vous êtes maintenant dans la tristesse, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie » (Jean 16 : 22) (Manne du 29 mai).
Et plus nous avons de cet esprit nouveau, et plus nous sommes en sympathie avec le Seigneur, plus nous désirons chanter de tout cœur « La vieille, vieille histoire de Jésus et de son amour ».
« Que les heures sont heureuses et bénies,
Depuis que je vois Jésus !
De douces perspectives, de doux oiseaux et de douces fleurs
Ont tous trouvé une nouvelle douceur pour moi ».
« JE VOUS DONNE MA PAIX. »
« Quand il donne la tranquillité, qui troublera ? » - Job 34 : 29.
« Comme un fleuve, la paix parfaite de Dieu est glorieuse,
Victorieuse sur tout dans sa joyeuse progression.
Parfaite, et pourtant elle coule chaque jour plus abondamment ;
Parfaite, et pourtant elle devient plus profonde tout au long du chemin.
En se reposant sur Jéhovah, les cœurs sont vraiment heureux,
Trouvant, comme Il l'a promis, une paix et un repos parfaits.
Cachés dans le creux de Sa main bénie,
Jamais un ennemi ne peut surprendre, jamais un traître ne peut tenir.
Pas un instant d'inquiétude, pas une ombre de souci,
Pas un souffle de hâte ne touche l'esprit ici.
Chaque joie ou épreuve vient d'en haut,
Tracé sur notre tableau par le soleil de l'amour.
Nous pouvons Lui faire entièrement confiance dans toutes nos affaires ;
Ceux qui se confient pleinement en Lui, Le trouvent pleinement vrai.
En se reposant sur Jéhovah, les cœurs sont vraiment heureux,
Trouvant, comme Il l'a promis, une paix et un repos parfaits ».