R 2212
VIVRE LA NOUVELLE VIE - ROMAINS 12 : 9-21.
« Ne sois pas surmonté par le mal, mais surmonte le mal par le bien » - Romains 12 : 21.

Bien que l'Apôtre Paul ait été un merveilleux logicien et que, dans ses écrits, il ait exposé les éléments de la foi chrétienne selon des lignes doctrinales plus qu'aucun autre Apôtre, nous remarquons qu'il poursuit un certain objectif : il ne bat pas l'air, il ne discute pas de points théologiques pour le plaisir d'argumenter ou de montrer sa propre habileté. Ses arguments doctrinaux conduisent toujours le lecteur vers le haut, comme un escalier, jusqu'à la grande chambre haute de la perfection chrétienne, et nulle part ailleurs cela n'est plus manifeste que dans l'épître aux Romains. En commençant par les distinctions entre le Juif, instruit de Dieu et, à un certain degré, de Sa volonté et de Son plan, et en opposant ceci à l'ignorance générale qui prévaut parmi toutes les classes des nations, « sans Dieu et sans espoir dans le monde », il fait avancer l'esprit, en montrant comment la dégradation est arrivée, et comment la connaissance de Dieu a atteint Israël en premier, non pas parce que les Israéliens étaient meilleurs, mais à cause de la faveur divine, de la « grâce », de l' « élection ».

Il fait néanmoins remarquer que « la Loi n'a rien amené à la perfection », mais qu'elle n'était qu'un pédagogue (un serviteur dont la fonction était de conduire les enfants à l'école) ; ainsi, la Loi devait amener Israël au Christ, le grand Maître, pour qu'ils puissent apprendre de Lui. Il souligne en outre que, tandis qu'Israël recherchait la faveur divine, ils n'ont pas réussi à obtenir la principale bénédiction parce qu'ils n'étaient pas complètement sincères avec eux-mêmes, et qu'ils se sont donc trompés sur la mission de la Loi de Moïse. Ils ont prétendu hypocritement qu'ils gardaient cette loi inviolée et qu'ils avaient droit à ses bénédictions - la vie éternelle, etc. - alors qu'ils auraient dû admettre que la loi était si grande et si parfaite, et qu'eux-mêmes étaient si loin de la perfection, qu'ils étaient incapables de l'observer ; et ils auraient dû se tourner vers le Seigneur pour obtenir de l'aide. Dans cette attitude d'esprit, ils auraient été prêts à recevoir la vie éternelle comme un don, par Jésus-Christ notre Seigneur, et auraient renoncé à la rechercher par la perfection de leurs propres œuvres. L'Apôtre montre donc qu'Israël a échoué parce qu'ils ont recherché la bénédiction non par la foi mais par les œuvres. Ainsi, « Israël n'a pas obtenu ce qu'il cherchait ; mais l'élection l'a obtenu, et les autres ont été endurcis » (Rom. 11 : 7). Il souligne ensuite que cette chute d'Israël dans l'aveuglement et l'appel d'un peuple particulier parmi les Gentils pour compléter le groupe des « élus » étaient prévus par Dieu et déclarés par Lui à travers les prophètes (Rom. 9 et 10). Mais il montre qu'Israël n'est pas rejeté pour toujours, et que lorsque la classe des élus sera complète, tout Israël sera sauvé de l'aveuglement dans lequel il est tombé en rejetant le Christ ; et que leur rétablissement sera alors le signal de bénédictions pour le monde entier - Rom. 11 : 15,25,32.

C'est après onze chapitres de raisonnements argumentés, logiques, beaux, instructifs, bénis, que l'Apôtre atteint le sommet de son argumentation, en disant (12 : 1) : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu [présentées dans les onze chapitres précédents] à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service raisonnable ». Il s'adresse au corps « élu » du Christ, dont une partie était rassemblée parmi les Juifs et l'autre constituée de ceux qui étaient appelés parmi les Gentils. Ceux-là doivent savoir quels sont les termes et les conditions dans lesquels Dieu les a « appelés », à savoir : (1) souffrir avec le Christ dans le temps présent, et (2) être glorifiés et régner avec Lui dans l'âge à venir, pour bénir le monde. Ceux-ci doivent connaître la raison de leurs souffrances et le caractère que Dieu veut développer en eux, et sans lequel ils ne seraient pas « aptes au Royaume ». C'est de certaines de ces caractéristiques, nécessaires à ceux qui veulent rendre « sûrs leur appel et leur élection », que traite la présente leçon.

« Que l'amour soit sans hypocrisie ». Il avait déjà expliqué la nécessité de l'amour ; mais il nous met maintenant en garde contre un amour simplement feint, qui n'aurait qu'une apparence extérieure de bonté et de politesse. Le véritable esprit d'amour, un esprit saint, ne sera pas un esprit dissimulateur, un esprit hypocrite : l'amour sera authentique, sincère et exprimé de vive voix. Cet amour doit être envers Dieu, et envers tous ceux qui sont semblables à Dieu ou qui s'efforcent de l'être. Il doit être un amour de tout ce qui est bon, juste, pur, vrai.

« Ayez en horreur le mal ». Il ne s'agit pas seulement d'éviter de faire le mal, il ne s'agit pas seulement de ne pas avoir d'amour ou d'affinité pour le mal, mais il s'agit surtout de le haïr, de l'abhorrer. Et de même qu'il faut cultiver l'amour de Dieu et de toutes les choses vraies et pures et qui font la justice, de même il faut cultiver l'horreur du péché et de l'impureté de toute sorte, de sorte que plus nous devenons forts dans le caractère chrétien, plus intense sera notre amour pour le bien, le pur et le vrai, et plus intense sera notre opposition au faux, à l'impur, au pécheur. Plus nous apprenons les belles harmonies de cette grâce céleste de l'amour, et plus elles deviennent les mélodies de nos propres cœurs, plus le péché et l'égoïsme, « l'esprit du monde », seront pénibles, répugnants et odieux pour nous : tout comme les discordes dans la musique grincent à nos oreilles à mesure que notre connaissance et notre appréciation des harmonies musicales augmentent. Comme la sainteté et le péché sont opposés, nos sentiments à leur égard doivent être représentés par les sentiments d'amour et de haine. Se refroidir dans l'amour de la justice, c'est perdre un peu de l'horreur du péché. Cultivons donc en nous la haine du péché, de l'égoïsme, de l'impureté et de toute mauvaise voie, afin qu'il nous soit plus facile de cultiver dans nos cœurs les belles grâces de l'Esprit Saint.

« Tenez ferme au bien ». L'idée est d'adhérer, d'être cimenté à tout ce qui est bon. Il y a une tendance constante, non seulement de notre propre nature déchue, mais aussi du monde et du diable, à se séparer de ce qui est bon, pur et noble. Et nous devons résolument déterminer qu'à tout moment et à tout risque, par la grâce du Seigneur, nous adhérerons à Lui, la vérité, le chemin, la vie.

« Soyez pleins d'affection ». La pensée ici semble être : Cultivez entre vous le genre d'affection qui convient à une famille, où la bénédiction ou l'honneur d'un membre signifie la bénédiction, l'honneur et le progrès de tous. Peut-être l'Apôtre suggère-t-il ainsi délicatement l'inconvenance de toute manifestation d'affection, sauf celle qui serait appropriée entre frères, comme nous le lisons en un autre endroit : « Aimez comme des frères » (1 Pi. 3 : 8).

« Quant à l'honneur, soyez les premiers à le rendre aux autres ». C'est-à-dire, se réjouir davantage si l'honneur vient à un autre que s'il venait à soi. Nos cœurs devraient être si désintéressés que nous prendrions plaisir à voir l'honneur et la prospérité venir à un autre, et que nous nous en réjouirions ; et si compatissants que l'échec d'un frère nous causerait autant de chagrin que si c'était notre propre échec. Tel est l'Esprit Saint qui se réjouit sans réserve avec ceux qui se réjouissent, et qui pleure avec ceux qui pleurent.

« Quant à l'activité, ne soyez pas paresseux ». Ces mots ne se réfèrent pas spécialement aux affaires mercantiles, mais aux affaires en général. La classe concernée, qui cherche à s'assurer de son appel et de son élection, doit « faire toutes choses comme pour le Seigneur » ; et rien de ce qui est fait pour le Seigneur ne doit être fait de manière négligente. Nous sommes dans un monde plein d'occasions de faire le bien ou le mal : il y en a peu de notre côté, du côté de Dieu et de la justice ; et quiconque réalise cela, et est pleinement consacré au Seigneur, sera certainement arraché à la paresse qui est naturelle à beaucoup dans la condition déchue. Si la bataille de la vérité contre l'erreur, de la lumière contre les ténèbres, ne nous éveille pas à l'énergie dans le service du Seigneur, cela indique une condition du cœur défavorable. Et pour l'enfant de Dieu consacré, toutes les affaires de la vie - manger, boire et toutes les autres affaires de la vie présente - doivent nous aider à servir les intérêts de la cause de notre Maître.

« Soyez fervents en esprit ». Ceci est mis en contraste avec la paresse : si, en tant qu'intendants de la miséricorde et de la vérité divines, nous sommes paresseux, c'est parce que nous sommes froids dans notre amour pour le Seigneur ; d'où l'instruction de l'Apôtre qui nous demande d'être chauds, fervents en esprit. Le mot grec traduit ici par « fervent » signifie être chaud, bouillir. Cela nous rappelle les paroles de notre Seigneur à l'Église de Laodicée, qui se vantait de ses œuvres, mais qui était tiède dans l'esprit de son amour. « Je connais tes œuvres, tu n'es ni froid ni bouillant ; je voudrais que tu fusse ou froid ou bouillant. Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche ». Que tous ceux qui ont reçu l'esprit du Seigneur prennent garde de ne pas se mettre dans un état de tiédeur et de perdre la faveur du Seigneur : qu'ils cultivent plutôt une appréciation croissante des miséricordes de Dieu, laquelle appréciation croissante, en tant que combustible, accroîtra la ferveur à notre amour et à notre zèle pour Sa vérité, pour la pureté de nos propres cœurs et pour le service des autres.

« Réjouissez-vous dans l'espérance ». Nous ne devons pas nous attendre à avoir beaucoup de raisons de nous réjouir dans la vie présente, si nous sommes fidèles à notre « appel » ; car « c'est par beaucoup d’afflictions que nous devons entrer dans le royaume ». Nous devons nous réjouir dans l'espérance, en regardant vers l'avenir. L'œil de la foi doit voir ce que l'œil naturel ne peut pas voir, la couronne de la vie et toutes les choses glorieuses « que Dieu réserve à ceux qui l'aiment [ardemment] ». Et voici l'avantage de la connaissance doctrinale : elle inspire l'espoir ; elle donne un fondement à l'espoir. La connaissance ne peut pas nous conduire au Royaume, mais elle peut être d'un grand secours pour nous édifier et nous y préparer, en nous présentant constamment les espérances destinées par Dieu à nous stimuler et à nous encourager dans la course au grand prix.

« Patients dans la tribulation ». Notre mot tribulation est dérivé du latin tribulum, le nom d'un rouleau ou d'une batteuse utilisée autrefois pour nettoyer le blé, en enlevant l'enveloppe extérieure ou la balle. Comme cette pensée est appropriée lorsqu'elle est appliquée au peuple consacré du Seigneur, qui, dans les Écritures, est symbolisé par le blé. Nos nouvelles natures sont le noyau, le vrai grain, mais ce trésor ou cette partie précieuse est recouverte de l'enveloppe des conditions terrestres. Et pour que le blé soit convenablement préparé pour la « moisson » et pour son utilisation, il faut que chaque grain passe par la tribulation nécessaire pour séparer les qualités qui, jusqu'à ce qu'elles soient séparées, nous rendent inaptes au service futur auquel nous sommes appelés par le Seigneur. Dans la mesure où nous serons capables de nous rendre compte de nos imperfections et de la volonté parfaite de Dieu à notre égard, nous serons capables de supporter patiemment, et même avec une certaine forme de joie, toutes les tribulations que le Maître jugera bon de laisser venir sur nous. « Nous nous glorifions aussi dans les tribulations » - Rom. 5 : 3.

« Soyez persévérants dans la prière ». Aucun conseil que l'Apôtre pouvait donner à la classe à laquelle il s'adresse ne pouvait être d'une importance plus vitale que celui-ci. Ah, où pourrions-nous chercher du secours quand nous sommes tentés, abattus, désorientés ? Ou comment les saints en souffrance pourraient-ils vaincre l'armée du péché sans avoir accès au siège de la miséricorde ?

La prière, la communion avec Dieu, est indispensable à notre bien-être spirituel ; et l'appréciation du privilège de la communion avec le Très-Haut et avec notre Rédempteur, ou le manque d'appréciation, selon le cas, indique assez clairement notre ferveur ou notre froideur à l'égard des choses du Seigneur. Les gens peuvent être fervents dans le service de leurs propres projets ou plans, ou de leurs systèmes et théories humains, et avoir peu de désir pour la prière ; mais ceux qui servent le Seigneur et Sa vérité d'un cœur chaud et fervent, se rendront tellement compte de leur imperfection et de leur propre incapacité dans le service divin, qu'ils désireront et rechercheront continuellement les conseils et la direction du Maître en ce qui concerne le service qu'ils Lui rendent.

Si, par conséquent, nous ressentons une indifférence croissante, soit pour la prière privée, soit pour le culte public, soit pour les réunions de prière communes, nous pouvons être assurés que c'est un signe très sérieux de l'une des deux choses suivantes. (1) Soit que notre amour se refroidit, soit (2) que notre amour est mal placé, mal orienté, placé sur quelque projet ou ambition terrestre, et n'est pas fervent envers le Seigneur. Et quelle que soit la difficulté rencontrée, il faut la corriger sans tarder. L'appréciation de la prière, comme la croissance de l'amour, et comme l'augmentation de la ferveur de l'esprit, est une question de développement ; et le meilleur carburant, comme suggéré ci-dessus, est la considération des miséricordes divines déjà reçues.

« Subvenant aux nécessités des saints ». Le mot grec rendu ici par « subvenir » signifie rendre commun. La pensée est évidemment que, bien que le communisme ne soit pas encouragé dans les Écritures, et qu'il ne soit pas non plus la meilleure méthode à l'heure actuelle, alors qu'il est préférable que chacun soit largement responsable de ses propres affaires et soit l'intendant de ses propres talents, néanmoins ce sentiment de fraternité doit prévaloir parmi les saints, ce qui permettrait de « rendre commun » à d'autres membres de la famille spirituelle, les choses qui leur sont nécessaires. L'amour, et non l'égoïsme, doit dominer.

« Appliquez-vous à l'hospitalité ». Le langage de l'Apôtre ne signifie pas que, si on nous le demande, nous ne devrions pas être inhospitaliers ; mais il signifie beaucoup plus : littéralement, il signifie rechercher l'hospitalité - poursuivre ou guetter les occasions d'exercer l'hospitalité. Ce principe s'applique aussi bien aux pauvres qu'aux riches. Si ce que nous avons est simple ou commun, l'utilisation hospitalière de ce que nous avons montrera tout aussi bien les intentions de notre cœur que si c'était le meilleur. Certains, nous le craignons, ne parviennent pas à cultiver cette grâce ; et s'ils exercent l'hospitalité, ils sont enclins à donner plus que ce qu'ils ont, et peut-être iraient-ils jusqu'à s'endetter pour pouvoir offrir une hospitalité plus généreuse que ne le justifient leurs circonstances. C'est une erreur. Il ne s'agit pas là d'une culture de la grâce que l'Apôtre inculque ici, mais de la culture d'une mauvaise herbe, l'orgueil. Apprenons non seulement à aimer sans hypocrisie, mais aussi à pratiquer l'hospitalité sans hypocrisie, sans chercher à faire valoir des conditions meilleures que celles qui sont réellement les nôtres.

« Bénissez ceux qui vous persécutent ». C'est une citation du sermon sur la montagne. Elle s'adresse à un esprit éclairé par la Parole divine, qui a ainsi attiré contre lui l'opposition de Satan, et de ceux dont il a obscurci l'intelligence. Il s'agit d'une persécution, non pas pour des actes répréhensibles, ni pour des occupations dans les affaires d'autrui, ni pour des absurdités, mais pour l'amour de la vérité. Cela suppose un cœur plein d'amour, de sympathie et de compassion, car aucun autre cœur ne pourrait réellement et véritablement bénir ses persécuteurs et leur souhaiter non pas du mal, mais du bien. C'est le genre de cœur, débordant de l'Esprit Saint du Seigneur, qui est capable de se réjouir avec ceux qui sont dans la prospérité, de pleurer avec ceux qui sont dans la peine et même d'oublier ses propres tribulations ou adversités.

« Ayez un même sentiment les uns envers les autres ». Ayez de la sympathie pour le frère ou la sœur le plus humble comme pour le plus distingué. « Ne pensez pas aux choses élevées ». Ne permettez pas que vos affections et vos sentiments s'expriment simplement selon des lignes extatiques, mais abaissez votre esprit afin d'entrer en sympathie avec ceux du peuple de Dieu qui, sur le plan financier et intellectuel, sont dans un état inférieur.

« Ne soyez pas sages à vos propres yeux ». Il s'agit d'une nouvelle injonction à l'humilité. Ceux qui sont toujours préoccupés par les choses élevées et négligent les plus humbles du peuple du Seigneur le font généralement à cause d'une trop haute opinion de leur propre sagesse et intelligence. Peu de choses entachent autant un caractère chrétien pourtant développé qu'une vanité qui le sépare des plus humbles du troupeau du Seigneur. De plus, il n'y a pas de chose plus dangereuse que cette estime de sa propre sagesse. Cette condition est décrite comme étant « capiteuse », « hautaine ». Elle conduit tout naturellement à l'erreur, et à une perte de la lettre et de l'esprit de la vérité. « L'orgueil va devant la ruine, et l’esprit hautain devant la chute ». Que chacun prenne garde à cette terrible maladie. Rien ne constitue un plus grand obstacle et une plus grande pierre d'achoppement pour les ministres des églises nominales d'aujourd'hui (les empêchant de recevoir la vérité) que cette sorte d'orgueil dans leur propre sagesse, qui conduit à la division non scripturaire des croyants en « clergé » et « laïcs » et qui se manifeste par cette division. Et il y a un même danger, et plus grand encore, dans cette direction, pour ceux qui ont reçu la vérité présente et qui cherchent à la transmettre aux autres. Que tout le peuple du Seigneur, surtout ceux qui ont un peu plus de connaissance et qui tentent de faire connaître les richesses de la grâce divine, soit particulièrement sur ses gardes contre les attaques de l'adversaire venant de ce côté.

« Ne rendez à personne le mal pour le mal ». Une grande partie de l'instruction précédente de cette leçon se rapporte à nos rapports avec les frères et sœurs ; mais ici l'Apôtre indique une ligne générale de conduite à l'égard de tous les hommes. Il existe une tendance générale chez les personnes bien intentionnées à reconnaître une certaine ligne de justice et un désir de faire triompher la justice et de punir les malfaiteurs. L'Apôtre fait remarquer que ce n'est pas la règle qui régit la famille du Seigneur. Il n'est pas inconvenant que le monde ait des lois et des règles pour les criminels, dans l'intérêt de la société ; et l'Apôtre ne discute pas de ces lois et règles, ni ne les critique. Il traite plutôt des petites affaires de la vie dans lesquelles divers maux peuvent être infligés et réprimés sans tomber directement sous le contrôle des lois civiles. La ligne de conduite du Chrétien ne doit pas aller dans le sens de la négligence, de l'animosité, de la vengeance et des conflits perpétuels, mais au contraire de tout cela, parce qu'il sait mieux que quiconque comment le péché est entré dans le monde, comment tous les hommes sont déchus mentalement, moralement et physiquement, et comment Dieu a de la sympathie pour la pauvre création gémissante et a fourni une rançon pour tous, et qu'en temps voulu une restitution pour tous sera possible. Et il doit avoir un cœur si plein de sympathie pour ce plan qu'il sera généreux, et semblable à Dieu, envers ceux qui sont aveuglés par le péché - désireux avant tout d'ouvrir les yeux de leur compréhension, et d'avoir l'occasion de les bénir et de les aider, plutôt que d'entretenir des sentiments de vengeance.

« Pourvoyez à ce qui est honnête aux yeux de tous les hommes ». Conscient qu'une partie du service que le Seigneur exige de lui consiste à pourvoir honnêtement à ses besoins et à ceux de sa famille, le vrai Chrétien cherchera à se montrer à la hauteur de cette exigence raisonnable. S'il ne peut obtenir le travail qu'il préfère, il sera tenu par l'honnêteté de prendre un autre emploi, afin de remplir ses obligations. Peu de choses sont plus susceptibles de déshonorer le peuple de Dieu aux yeux du monde que la malhonnêteté. Bien sûr, aucun des saints ne volerait ; mais il existe une autre façon d'être malhonnête, qui semble échapper à de nombreuses consciences dans certaines circonstances. Il s'agit de la malhonnêteté d'acheter à crédit en promettant, de manière explicite ou implicite, un paiement à une date éloignée, alors qu'il n'y a aucune garantie de pouvoir payer à cette date, comme le marchand est amené à le présumer. Certains semblent même s'encourager dans ces méthodes malhonnêtes, en se persuadant qu'ils exercent leur « foi » en Dieu, qu'il leur fournira les moyens de payer leurs dettes. C'est une grande erreur. Dieu n'a jamais autorisé personne à s'endetter pour Lui, et une telle foi n'a aucun appui dans la Parole de Dieu. Au contraire, il ordonne à Son peuple de ne pas s'endetter, en disant : « Ne devez rien à personne ». Un bon plan consiste à toujours vivre dans les limites de nos revenus et, si possible, à « mettre en réserve ce que nous pourrons avoir pour donner à celui qui est dans le besoin ».

« Vivez en paix avec tous les hommes pour autant que cela dépend de vous ». Avec les diverses natures corrompues du monde, et avec nos propres dispositions imparfaites (cependant de plus en plus sous le contrôle de la grâce), il sera difficile d'éviter toute friction. Mais si, dans l'intérêt de la paix, nous devons nous soumettre de bonne grâce à des torts et des injustices insignifiants, il y a cependant un point où nous devons tracer la limite, un point où notre désir de paix ne doit pas dominer, à savoir chaque fois qu'un principe est en jeu. Voilà une grande difficulté : ceux qui sont par nature pacifiques seront tentés de rechercher la paix même aux dépens des principes, et en conflit avec les commandements divins ; d'autre part, beaucoup de ceux qui défendent le plus fermement les principes justes sont enclins à être combatifs, et ont grand besoin de se surveiller et de cultiver cette disposition à la paix, qui est une partie du caractère divin que nous devons copier. La règle devrait être la suivante : « Premièrement pur [véridiques et fidèles à la justice], ensuite paisible » (Jacq. 3 : 17).

« Bien-aimés, ne vous vengez pas vous-mêmes » ; mais mettez-vous plutôt à l'abri de vos adversaires et de leur colère, en vous souvenant qu'il est écrit : « A moi la vengeance, moi je rendrai, dit le Seigneur ». Nous n'avons donc pas besoin de croire que la justice doit être rétablie par nos soins. Dieu se chargera de la réalisation de Sa propre justice. S'il nous appartenait de rendre justice à ceux qui nous maltraitent et disent faussement toutes sortes de mal contre nous à cause du Christ, nous commettrions sans doute de nombreuses erreurs. Nous devrions donc nous réjouir du fait que cette affaire n'est pas entre nos mains pour le moment, et que la sagesse et la justice divines rendront aux malfaiteurs une miséricorde plus grande que celle que nous serions probablement capables d'exercer. Nos sentiments, par conséquent, devraient être en grande partie ceux de la sympathie et de la pitié pour les malfaiteurs, en nous rappelant que, sûrement, soit dans la vie présente, soit dans celle qui est à venir, un homme récoltera selon ce qu'il a semé.

Pour ces raisons et afin de cultiver en nous une plus grande mesure de l'esprit divin, nous sommes instruits d'être gentils avec nos ennemis et de ne pas les voir manquer des nécessités de la vie. Un tel traitement aura plus de chances que tout autre de leur faire du bien et de les gagner comme amis. Nous ne devons pas, cependant, les traiter avec bonté pour voir jusqu'à quel point nous pouvons les faire souffrir. Nous devons les traiter avec bonté parce que l'amour est le principe de notre nature, le « commandement nouveau » de notre Seigneur et Maître, l'esprit saint qui nous anime de plus en plus. Nous devons les traiter ainsi, que nous puissions ou non les fondre par notre bonté dans la vie présente.

« Ne sois pas surmonté par le mal ». Nous devons nous rappeler qu'il y a un conflit constant entre le bien et le mal, que chacun a ses serviteurs, ou soldats, et que nous nous sommes enrôlés du côté du bien, sous le capitaine de notre salut, avec l'engagement que nous allons « combattre un bon combat ». Nous ne devons jamais adopter ou employer des manières, des méthodes ou des paroles mauvaises. Faire cela, c'est se joindre temporairement à l'ennemi ou admettre que ses méthodes et ses instruments sont meilleurs que ceux du Capitaine auquel nous appartenons. Répondre à la colère par la colère, aux mauvais rapports par de mauvais rapports, aux paroles aigres par de l'aigreur, à la calomnie par la calomnie, au meurtre et à la persécution par le meurtre et la persécution, aux coups par les coups, c'est chercher à vaincre le mal par le mal. Nous sommes exhortés à rejeter ces procédés naturels à notre condition déchue, afin que nous puissions perfectionner plus complètement la nouvelle nature. Être induit par l'Adversaire à employer ses méthodes sous l'une des formes ci-dessus exposées, c'est être vaincu par le mal (Manne du 25 mai).

« Surmontez le mal par le bien ». Le fait que le Seigneur nous oriente ainsi est la preuve (1) que c'est faisable et (2) que c'est préférable. La foi accepte ces déclarations de la sagesse divine sur le sujet ; et l'expérience les confirme ou les valide. Quiconque a essayé, a constaté que le mal peut être vaincu par le bien, dans de nombreux cas. Cependant, il n'est pas rare que tout le bien que l'on peut faire en échange du mal n'entraîne aucun changement chez le malfaiteur ; il continue dans sa voie mauvaise, il est plus persistant et plus intolérant. Néanmoins, la ligne de conduite du peuple du Seigneur ne saurait varier ; il est autorisé à ne faire que le bien, et à continuer à le faire, que cela fasse fondre l'opposition ou non. En cela, nous ne faisons que suivre l'exemple divin. Dieu fait tomber la pluie sur les récoltes des bons et des mauvais ; il fait venir le soleil sans distinction, sur les justes et les injustes. « Ses compassions sont sur toutes ses œuvres ». Et même lorsque Sa vengeance s'exercera, ce sera toujours dans l'amour et la bonté ; (1) afin que ceux qui le veulent puissent bénéficier de la discipline de la détresse, et (2) afin que ceux qui ne veulent pas en bénéficier soient éliminés du peuple, pour que leur influence néfaste soit supprimée à jamais. Cherchons tous de plus en plus à vivre la vie nouvelle.