R 2202 (TG juillet 1915 p.52)
LA GRÂCE SUBLIME QUI RÉSUME TOUTES LES AUTRES - 1 COR. 15 : 1-13.
« Ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour » - 1 Corinthiens 13 : 13.

[Ce texte se retrouve en partie, en traduction française, dans la Tour de Garde No 7 de 1915 ; ces parties ont été reprises de cette TG, le reste est une traduction nouvelle et est marqué en italiques.]

Au merveilleux sermon sur la montagne de notre Seigneur, nous pouvons ajouter la sublime page sur l'amour que nous trouvons au chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens. Ces deux exposés enseignent la même leçon tout en la présentant sous des côtés et des aspects différents. Nous sommes des élèves à l'école de Christ, et tous les enseignements que nous recevons dans notre vie par la Parole de Dieu et par sa providence sont choisis par le Seigneur pour développer notre caractère et rendre notre conduite conforme aux exigences de l'amour. Le Maître dit : « Je vous donne [aux membres de l'Eglise] un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ». L'amour est l'accomplissement de la loi et « le lien de la perfection » chez les enfants de Dieu, c'est pourquoi nous comprenons l'affirmation des Ecritures nous disant que « Dieu est amour » et que « celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu ».

Jésus dit aussi : « La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu », le Dieu qui est amour. Cette vertu élevée et noble qui est un attribut du caractère chrétien ne s'acquiert pas instantanément ; elle doit croître, se développer et c'est là le but, la tâche fondamentale que tous les enfants de Dieu, engendrés de l'Esprit qui désirent connaître Dieu doivent poursuivre. Tous ceux qui voudront obtenir la grande récompense, la vie, l'existence à la nature la plus élevée, tous ceux qui voudront voir le Père céleste et le Sauveur face à face, qui voudront demeurer en leur présence éternellement, devront avoir grandement développé en eux l'amour.

Ainsi, après la grande provision de l'Amour de l'Agneau de Dieu, et la rançon de toute l'humanité accomplie par Lui, toutes ses diverses étapes pour notre délivrance du péché et de la mort ont eu pour but de développer en nous ce caractère d'Amour, le caractère de Dieu, qui, selon la norme divine, seul nous rendra acceptables devant le Père et nous apportera Sa grâce de la vie éternelle. Oh combien il est important que nous soyons « enseignés par Dieu » et que nous développions Son caractère. « Apprenez de moi », dit notre cher Rédempteur ; et nous le pouvons bien, car Il est l'image parfaite du glorieux caractère d'Amour du Père. Et « si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ [l'esprit saint du Père, l'Amour], il n'est pas de lui ».

Tout d'abord, nous sommes un bien pauvre matériel pour former des ressemblances avec le cher Fils de Dieu (Rom. 8 : 29). Nous étions « des enfants de la colère comme aussi les autres » - la ressemblance originelle avec Dieu que possédait le père Adam avant sa transgression a été tristement perdue au cours des six mille ans qui se sont écoulés depuis : Ainsi, au lieu de nous trouver à la ressemblance divine de l'Amour, nous constatons que nous sommes « conçus dans le péché et enfantés dans l'iniquité », à tel point que, au lieu que l'Amour soit le principe naturel qui gouverne notre caractère, il est dans de nombreux cas presque entièrement effacé ; et ce qui reste est largement contaminé par le mal, l'amour de soi, l'amour du péché et l'amour charnel ; des perversions qui sont en antagonisme direct avec l'Amour tout à fait désintéressé qui est l'essence du caractère divin.

L'œuvre de la grâce pour le monde, au cours de l'Âge Millénaire, consistera à faire connaître à toute l'humanité le caractère gracieux de Dieu, et Ses dispositions pour le salut de tous ; et à transformer tous ceux qui le veulent de la dépravation du péché à la perfection du caractère - l'Amour : faire de l'humanité une fois de plus des images de Dieu. Cette transformation ne concernera pas seulement leur volonté, mais elle sera accompagnée d'une transformation physique qui leur enlèvera toutes les taches du péché et toutes les inclinations héréditaires à celui-ci, et les laissera à la ressemblance de Dieu, avec le souvenir du caractère indésirable du péché et de ses conséquences néfastes.

L'œuvre de la grâce pour l'Église durant cet Âge de l'Évangile est de transformer nos caractères corrompus et de les rétablir dans le caractère divin, l'Amour. Celui qui n'y parvient pas n'atteint pas la volonté de Dieu à son égard et doit nécessairement échouer à gagner le prix qui nous est proposé dans l'Évangile.

Mais comme la transformation de notre esprit ou de notre volonté ne s'accompagne pas d'une transformation ou d'une restitution physique, il s'ensuit que tant que nous serons dans la chair, nous serons obligés de lutter contre ses faiblesses héritées et ses dispositions à l'égoïsme et au péché. Mais ce conflit acharné et continuel non seulement sélectionne une classe spéciale de vainqueurs, mais sert à développer le caractère désiré plus rapidement que ne le feraient les processus plus aisés de l'Âge Millénaire. En conséquence, tandis qu'il faudra près de mille ans pour parfaire le monde, le perfectionnement des saints en matière de caractère peut être accompli en quelques années, sous la discipline spéciale et rigoureuse et le cours d'instruction spécialement conçu pour le « Petit Troupeau ». Mais que ce soit en peu d'années ou en beaucoup d'années, et avec peu ou beaucoup d'adversité, la transformation et le polissage du caractère doivent être accomplis. Cet amour - la conformité de nos volontés à la volonté de Dieu - est le but à rechercher, si nous voulons terminer notre course dans la joie et avec de bons espoirs pour la gloire éternelle.

LES DONS DANS L'ÉGLISE PRIMITIVE.

Dans l'Église primitive, Dieu manifestait de manière miraculeuse Son acceptation de ceux qui se consacraient comme disciples du Christ, par la distribution de ce que l'on appelait les « dons de l'esprit ». Un exposé particulier de ceux-ci est donné dans le chapitre qui précède notre leçon (1 Cor. 12). L'Apôtre indique que certains jouissaient de plusieurs de ces dons, et fait remarquer à propos de lui-même qu'il en avait plus qu'aucun d'eux. Il n'est pas surprenant que les bénéficiaires de ces dons, tout en se sentant reconnaissants d'une telle gratification du ciel, se soient rendu compte que certains dons avaient plus de valeur que d'autres : et l'Apôtre confirme cette opinion et les exhorte à chercher à utiliser les dons les plus élevés et les plus nobles là où il y en avait plusieurs. Et comme l'Église était susceptible de considérer que la possession de ces dons indiquait une mesure de faveur divine qui impliquerait qu'ils étaient des vainqueurs et qu'ils obtiendraient finalement le prix de leur Haut-Appel, l'Apôtre saisit l'occasion, tout en discutant des dons, pour faire remarquer que leur possession impliquait une faveur divine bien moindre que ce que les destinataires avaient présumé. À cette fin, il souligne dans notre leçon que ces dons extérieurs de langues, de miracles, de guérisons, etc., ont été répartis par nécessité et proprement entre les divers membres de l'Église pour leur bien-être mutuel, et pour les rapprocher et les garder ensemble, les rendant mutuellement dépendants les uns des autres. Cela étant, tous ne pouvaient pas avoir les mêmes dons ; mais, comme il le fait remarquer, Dieu les a répartis et a placé ou établi les différents membres et dons dans le corps comme il Lui a plu. Cependant, il convient que tous reconnaissent la diversité des dons, et que chacun convoite ou désire ardemment avoir et utiliser au service divin les meilleurs dons qu'il a plu à Dieu de confier à son intendance. Et puis, l'Apôtre ajoute : « Mais je vous montre encore un chemin bien plus excellent ».

LES FRUITS DE L'ESPRIT SONT PLUS DÉSIRABLES.

Ce moyen plus excellent est que, au lieu de rechercher et de s'efforcer d'obtenir les « dons », qui étaient uniquement dans les mains de Dieu, ils devraient rechercher une autre sorte de « dons », appelés autrement « fruits » du même esprit ; à savoir, la Foi, l'Espérance et l'Amour. Ces dons sont appelés « fruits de l'esprit », parce que, contrairement aux autres, ils se développent progressivement et ne sont pas donnés miraculeusement. Aussi modeste que soit le don miraculeux d'un membre de l'Église, rien ne l'empêcherait de cultiver les plus grands « fruits de l'esprit » par une attention particulière à la culture de son cœur. Si les principaux « dons » n'étaient pas accessibles à tous, les « fruits » plus grands et plus précieux étaient accessibles à tous ; et les désirer et les cultiver est une chose bien plus excellente que de s'efforcer d'obtenir des dons ou des talents miraculeux que Dieu n'a pas voulu accorder de Son plein gré.

En poursuivant dans cette ligne, l'Apôtre attire l'attention sur le fait que l'on peut posséder un quelconque, ou même tous les « dons » miraculeux, et pourtant, le bénéficiaire est loin d'être dans la condition de cœur qui conviendrait au Royaume. La qualité nécessaire, comme base du caractère, qui rendrait tout service acceptable pour Dieu ou le ferait apprécier ou estimer par Lui, est l'Amour. Si l'Amour n'est pas la force motrice, le plus grand zèle et la plus brillante rhétorique et éloquence au service de Dieu ou de la justice, ne seraient rien dans l'estime de Dieu, et ne nous apporteraient aucune récompense de Sa part. Si l'amour fait défaut, une grande capacité à expliquer les mystères, et une quantité d'études et de connaissances ne seraient rien dans l'estime de Dieu. Même une foi qui pourrait guérir toutes sortes de maladies, ou, pour utiliser l'illustration de notre Seigneur du plus grand degré de foi de ce genre, une foi qui déplacerait des montagnes (Matt. 21 : 21), ne compterait pour rien, si, au fond de nos cœurs, comme base de cette foi, Dieu ne voyait pas l'Amour, pour Lui-même et pour nos semblables. Même le fait de donner tous ses biens pour nourrir les pauvres, par charité, ne compterait pour rien si la cause motrice n'était pas l'Amour. Et même le fait d'être martyr, et d'être brûlé sur un bûcher au nom du Christ, ne passerait pour rien si, dans les recoins du cœur, Dieu ne voyait que la considération mobile de la souffrance était l'Amour. Car toutes ces choses, l'acquisition de connaissances, leur diffusion par l'éloquence, l'exercice d'une foi qui déplace les montagnes, le don de tous ses biens aux pauvres, et son propre martyre, pourraient être accomplis pour des motifs égoïstes - pour être vu des hommes, pour être hautement estimé par les hommes, par ostentation, par orgueil, ou à cause d'une disposition combative. C'est pourquoi l'Apôtre exhortait l'Église à rechercher ce fruit inestimable de l'esprit, l'Amour, afin que les dons naturels ou miraculeux qu'ils possédaient soient exercés de manière à être une bénédiction pour leurs semblables, à être agréables à Dieu et à apporter à leurs utilisateurs la grande récompense, la vie éternelle.

Qu'est-ce donc que l'Amour, cette merveilleuse qualité sans laquelle rien n'est acceptable aux yeux de Dieu ? L'Apôtre ne cherche pas à définir l'Amour, mais se contente de nous donner une description de certaines de ses manifestations. Le fait est que l'Amour, comme la vie et la lumière, est difficile à cerner, et que nos meilleurs efforts pour le comprendre se situent au niveau de ses effets. Là où l'Amour fait défaut, les résultats sont plus ou moins mauvais ; là où l'Amour est présent, les résultats diffèrent selon le degré d'Amour, et sont proportionnellement bons.

LES DIVERS ÉLÉMENTS OU RAYONS LUMINEUX QUI COMPOSENT L'AMOUR

Un professeur expliquant le mot amour dit : Vous avez sans doute vu un rayon de lumière passant au travers d'un prisme de cristal ; ce rayon se décompose en plusieurs rayons diversement colorés : rouge, bleu, violet, jaune, etc., soit toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. St. Paul nous montre aussi l'amour au travers du magnifique prisme de son intelligence inspirée par Dieu et le décompose en ses divers éléments. Dans les paroles de l'Apôtre, nous trouvons ce que l'on peut considérer comme les divers rayons constitutifs de l'amour, c'est à dire l'analyse de l'amour. Considérons ces divers éléments ; remarquons qu'ils ont des noms qui nous sont familiers, que nous parlons chaque jour de leurs différents aspects et de leurs particularités, que tout homme au cours de sa vie peut les mettre en pratique en tout lieu. Examinons combien de vertus ordinaires entrent dans la composition de l'amour, de cette chose sublime, qui est l'expression du bien suprême ?

Les rayons lumineux ou éléments qui composent l'amour sont au nombre de neuf :

• la patience, car « l'amour est patient »,
• la bonté, car l'amour « est plein de bonté »,
• la générosité, car « l'amour n'est point envieux »,
• l'humilité, car « l'amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil »,
• la politesse, car l'amour « ne fait rien de malhonnête »,
• le désintéressement, car l'amour « ne cherche point son intérêt »,
• un bon caractère, car l'amour « ne s'irrite point »,
• l'innocence, car l'amour « ne soupçonne point le mal »,
• la sincérité, car l'amour « ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité ».

Nous ne pouvons cependant pas admettre comme ce professeur, que ces grâces sont des vertus ordinaires et que tout humain peut les mettre en pratique en tout lieu ; nous devons dire, au contraire, que ces fruits de l'Esprit n'existent pas en général chez « l'homme animal » ; celui-ci, il est vrai, peut acquérir superficiellement une certaine bonté, une certaine humilité, une certaine politesse, une certaine patience, une certaine bienveillance, car on peut attacher des raisins sur des buissons d'épines et des figues sur des chardons. Chez l'homme animal ces grâces sont en effet tout extérieures, elles ne sont pas dues à la croissance des grâces intérieures, c'est à dire du saint Esprit, de l'esprit d'amour : elles ne sont pas la preuve de ses relations et de sa communion avec Dieu. Si l'individu n'a pas été engendré de nouveau par la parole de vérité et par le saint Esprit, les manifestations extérieures de son amour ne sont qu'une imitation, ne feront pas de lui un enfant de Dieu et ne lui permettront pas d'obtenir la récompense et les bénédictions promises aux fils de Dieu, car il n'y a qu’une porte d'entrée pour avoir part à ces promesses-là, c'est Jésus-Christ.

Une simple manifestation extérieure de patience ou d'humilité chez le chrétien même n'est suffisante ni aux yeux de Dieu ni à ses propres yeux. Ces riches fruits de l'Esprit ne sont produits que par l'esprit d'amour qui demeure au-dedans du cœur. Dans les pays civilisés, les personnes dont le cœur n'est pas régénéré reconnaissent que nombre des fruits de l'Esprit sont des choses désirables et cherchent à les imiter : on les considère en effet, comme des marques d'une bonne éducation. On s'en sert souvent comme d'un manteau ou d'un masque pour dissimuler des sentiments du cœur en opposition complète à l'esprit d'amour.

L’IMITATION DE L’AMOUR PRATIQUÉE PAR LES GENS DU MONDE N’EST QU’UN VERNIS SUPERFICIEL

Une imitation extérieure des fruits de l'Esprit adoucit pourtant, dans une certaine mesure, les maux, les peines et les luttes qu'ont à supporter les humains déchus, mais ce n'est qu'une légère couche extérieure qui apparait souvent sous son véritable jour en temps de détresse ou d'épreuves. Nous nous reportons au récit de l'incendie du bazar de la charité à Paris. Ce récit nous prouva que les jeunes messieurs les plus polis, les plus élégants, les plus aristocratiques, appartenant à la ville et à la nation la plus polie se montrèrent féroces et brutaux lorsqu'ils se trouvèrent en face de la mort. Pour échapper aux flammes, des hommes bien élevés se bousculèrent, foulèrent aux pieds et blessèrent ceux qui étaient tombés, ils n'épargnèrent pas les dames de la haute société avec lesquelles ils venaient d'être polis à l'excès. Nous ne pouvons pas attendre davantage d'un amour superficiel provenant d'un cœur égoïste. Dans des circonstances analogues, même la bravoure chevaleresque disparaîtra.

Le temps est proche où la plus grande, la plus terrible crise fera voir au monde entier qu'une grande partie de la politesse et de la gentillesse de notre époque n'est que superficielle, ne vient pas du cœur et n'est pas produite par le saint Esprit d'amour. Dans cette grande crise, la main de tout homme s'élèvera contre son prochain et contre son frère comme la Parole de Dieu le montre d'une manière saisissante. Pendant ce grand jour de vengeance, toutes les formes apparentes de politesse et d'esprit chevaleresque s'évanouiront et, pendant un certain temps, le monde contemplera sa propre laideur morale, son égoïsme et l'aura en horreur ; cela aidera à sa préparation en vue du Royaume béni de l'amour que le grand Emmanuel, le Messie, l'Oint de Dieu établira bientôt. Nous savons que ce grand jour de vengeance a déjà commencé.

ATTIRÉS PAR L’AMOUR DE DIEU

Les Ecritures nous font comprendre que l'amour désintéressé, dépourvu d'égoïsme, est étranger à notre nature déchue et doit être apporté dans nos cœurs par la puissance de Dieu. L'Apôtre dit : « Cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime propitiatoire pour nos péchés ». Si nous comprenons le grand amour de Dieu et acceptons les conditions qu'Il a posées pour notre retour à Lui par Son Fils, cet amour divin nous contraint à l'aimer en retour.

Plus nous apprécierons la grandeur de l'amour divin, plus nous nous efforcerons de rendre nos caractères conformes à celui du divin Modèle. La grâce de Dieu entrant dans le cœur de certains individus d'un naturel grossier, brutal et perverti ne se manifestera extérieurement en paroles, en pensées et en actes, qu'après un temps assez long. Des personnes polies, de bonnes familles, bien élevées, d'un naturel plus affiné, peuvent avoir une conduite extérieure agréable et polie même sans posséder en elles la grâce de Dieu. Lorsque ces personnes-là deviennent chrétiennes, les manifestations extérieures de leur caractère s'améliorent encore grandement. Celui qui lit au fond des cœurs peut seul juger quels sont ceux chez lesquels l'amour a atteint son plein développement et a formé le caractère. Mais chacun peut en juger pour lui-même, et chaque être engendré de ce saint esprit, l'Amour, doit chercher à faire briller sa lumière, par tous les moyens de communication avec ses semblables, de manière à glorifier notre Père qui est aux cieux et à « montrer les gloires de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ».

ANALYSE DES ÉLÉMENTS QUI COMPOSENT L'AMOUR

L'amour est patient. C'est la longanimité, le support patient manifestés à l'égard des fautes et des imperfections de ceux qui font preuve de leurs bonnes intentions : l'amour est patient même à l'égard de ceux qui ne marchent pas dans la bonne voie, qui s'opposent à la justice et à la vérité. Nous devons en effet agir de cette manière, sachant que toute l'humanité est, dans une certaine mesure, sous l'influence du grand adversaire, Satan et de son armée de démons qui aveuglent l'esprit des hommes. Notre Seigneur Jésus manifesta cet amour-là d'une façon remarquable. Comme il se montra patient avec ses adversaires ! Ecoutons ce que nous dit l'Apôtre à ce sujet dans l'épître aux Hébreux : « Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point [en faisant le bien et en usant de patience], l'âme découragée ».

L'amour est plein de bonté dans toutes ses manifestations ; il ne cherche pas seulement à faire le bien, mais encore à le faire de la meilleure manière. Plus nous croissons dans l'amour, plus notre cœur s'efforce de témoigner une bonté parfaite dans toutes nos paroles, tous nos actes et dans les pensées qui dirigent nos actes. L'amour est plein de tendre affection, il s'intéresse profondément au bien du prochain, surtout à celui des frères en Christ. Nous devrions nous souvenir de la devise d'un vieux quaker : « Je ne traverserai ce monde qu'une fois ; je dois donc faire tout le bien que je puis faire maintenant ; je dois faire preuve d'une bienveillance parfaite envers tout homme en tout temps. Je ne dois pas renvoyer ou négliger de faire une bonne action, car je ne passerai pas dans cette vie une seconde fois ». Ces sentiments doivent se manifester surtout parmi les membres de l'Eglise de Christ.

L'amour est généreux, il ne laisse aucune place à l'envie qui, à l'opposé de l'amour, a sa source dans un cœur perverti et provient de l'égoïsme. L'amour se réjouit avec ceux qui se réjouissent, il se réjouit du bien accompli par toute bonne parole et par toute bonne œuvre. Il se réjouit de voir ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu croitre en grâce et en zèle au service du Seigneur.

L’amour est humble, il ne se vante point, il ne sonne pas de la trompette pour faire connaître ses bonnes actions, car elles ne sont pas accomplies pour être vues des hommes et pour recevoir les louanges des frères. L'amour agit de manière à ce que Dieu seul voie et connaisse ses œuvres. Il ne se vante pas de son savoir ni de ses grâces, mais reconnait humblement que tout ce qui est bien et tout don partait viennent du Père céleste à qui il rend gloire pour toutes les grâces et faveurs reçues. Lamour se tient modestement à l'arrière-plan. Quelqu'un a dit avec raison : « L'amour empêche un homme de se faire passer pour un insensé par ses inconséquences et par des actes qui l'auraient placé dans une position révélant à chacun son incompétence ».

L'amour est poli avec affabilité, il n'agit pas avec inconvenance ; ce trait distinctif du caractère de l'enfant de Dieu est vraiment beau ! Cette qualité pleine d'égards et d'attentions pour autrui jaillit d'un cœur plein d'amour, d'un amour soigneusement cultivé, car souvent le manque de politesse inflige de douloureuses blessures. L'orgueil et l'égoïsme sont les causes de la conduite inconvenante et grossière si commune à ceux qui se considèrent comme des personnages importants par leur savoir ou par leurs richesses. L'amour parfait, au contraire, joint l'humilité à la politesse. Un homme réfléchi a dit : « La politesse a été définie comme l'amour dans les détails. On dit que la courtoisie est l'amour dans les petites choses. Le vrai secret de la politesse, c'est l'amour. Un gentleman est celui qui fait les choses avec douceur, avec amour ».

Le secret de la vraie courtoisie est l'amour. Les gens bien élevés sont ceux qui, avec leur prochain, se comportent avec douceur, avec réflexion, avec bonté, avec amour. Un vrai chrétien doit donc faire preuve d'une bonne éducation, d'une véritable courtoisie, il doit être poli dans toute la force du terme. Ignorer les petites civilités de la vie, les considérer comme inutiles est une grave erreur chez l'enfant de Dieu. Qui n'a pas ressenti la puissance et le charme d'une salutation aimable, d'un sourire agréable et de petites prévenances à l'égard du prochain ; qui n'a pas ressenti, par contre, une peine amère lorsque ces témoignages d'amour ont fait défaut ?

L’AMOUR EST DÉSINTÉRESSÉ, DE BONNE HUMEUR ET SINCÈRE

L'amour est désintéressé, il ne cherche point son intérêt ; ce n'est ni son but exclusif ni son but principal. Cela ne signifie pas que l'on doive négliger le devoir de prendre soin et de subvenir aux besoins de ceux qui dépendent de nous par des liens naturels, afin de pouvoir faire du bien aux autres. Dans tous les sens du terme, « l'amour commence à la maison ». La pensée appropriée, telle que nous la comprenons, est que les hommes et les femmes possédant l'esprit de l'amour parfait, ne penseraient pas exclusivement à leurs propres intérêts dans aucune des affaires de la vie. Ils ne cherchent pas à acquérir des avantages aux dépens d'autrui, ils ne cherchent pas à satisfaire ses intérêts personnels et égoïstes ; ils vont au-devant des désirs des autres et cherchent à leur procurer le confort et le bonheur ; ils ne cherchent pas à accaparer ce qui se présente de meilleur pour eux-mêmes, ils ne recherchent pas les sièges et les places en vue, ils n'attirent pas l'attention sur eux, ils n'ont aucun désir des honneurs les plus élevés, mais préfèrent les laisser à d'autres, et se contentent avec joie de la plus petite place. Le désintéressement est une des manifestations importantes de l'amour ; si elle est mise en pratique, elle exerce une influence incalculable et bénie dans toutes les circonstances de la vie, dans la famille, dans l'Église de Dieu et partout.

L'amour est toujours accompagné d'un caractère agréable et bon, « il ne s'irrite point ». Au nombre des maux et des défauts qui abondent aujourd'hui, il y a les mauvais caractères, les tempéraments irritables et emportés, les susceptibilités exagérées et la mauvaise humeur. Si ces dispositions sont volontairement cultivées et entretenues, si elles ne sont pas combattues, il est certain que c'est une grave lacune, c'est une preuve que l'Esprit de Dieu ne s'est pas développé en nous, que le caractère à la ressemblance de celui de Christ notre Modèle nous fait défaut.

Il y a peu de mauvaises dispositions qui sont l'objet d'une tolérance et d'une indulgence comparables à celles que l'on a pour ces défauts-là. Mais quels que soient la dépravation naturelle, l'hérédité et les désordres nerveux qui peuvent le porter à l'esprit de mauvaise humeur, de taciturnité et de susceptibilité, le cœur rempli de l'Esprit du Seigneur doit s'opposer à cette disposition au mal de sa chair et engager contre elle un bon combat. Il n'y a pas à dire « C'est ma manière de faire », parce que toutes les manières de faire, les voies de la nature déchue sont mauvaises, et il appartient à la nouvelle nature de vaincre la vieille dans cette œuvre de la chair et du diable comme dans toutes les autres. Rien de mieux que cela ne peut montrer à nos amis et aux nôtres la puissance de la grâce de l'Amour. Au fur et à mesure que croît cette grâce, elle adoucit le caractère de l'enfant de Dieu (Manne du 24 mai).

L'amour est innocent, « il ne soupçonne point le mal », il ne pense mal de personne ; il cherche à interpréter les actions, les paroles et la manière d'agir du prochain avec charité. Etant pur et bien intentionné, l'amour s'efforce d'attribuer aux paroles et à la conduite d'autrui des mobiles et des sentiments identiques aux siens. Ii ne conserve pas d'animosités et de soupçons ; il n'amasse pas des preuves pour mettre en évidence les mauvaises intentions de certaines personnes dans des circonstances banales. Les fautes abondent là ou l'amour est petit, dit un proverbe sensé et bien vrai. Au lieu d'attribuer certaines actions à de mauvaises dispositions du cœur, l'amour pense qu'elles sont dues à des erreurs de jugement.

L'amour est sincère, il ne se réjouit point de l'injustice. Il s'afflige de tout le mal qu'il constate, mais il manifeste toute sa sympathie à ceux qui succombent au mal par suite de leurs faiblesses ou parce qu'ils sont assaillis de tentations. En cela, l'amour suit une voie différente de celle de Balaam « qui aima le salaire de l'iniquité ». Balaam, si nous nous en souvenons, craignait l’Eternel et, étant son prophète, devait suivre à la lettre le commandement formel de Dieu, mais il ne possédait pas l'esprit d'obéissance et de fidélité, l'esprit d'amour, c’est pourquoi, lorsqu'on lui offrir une récompense pour maudire Israël, il accepta cette proposition sous la réserve toutefois de la permission du Seigneur.

Il existe aussi des chrétiens qui ont un certain respect pour la Parole de Dieu prise à la lettre, mais ce sentiment est dû à la crainte, car ils n'ont pas en eux le saint Esprit (ou les dispositions spirituelles) de l'amour ; ces chrétiens-là, par amour de l'argent ou du confort, par soif de popularité, etc., consentent à s'engager dans certaines voies qui, sans être en opposition directe aux commandements du Seigneur, risquent de porter préjudice à Sa cause. Parmi ceux qui prêchent l'Evangile il y a plus d'un Balaam, qui accepte de prêcher des doctrines auxquelles il ne croit pas, qui consent à fermer les yeux sur de véritables profanations, qui place des pierres d'achoppement de diverses manières devant les enfants de l'Israël spirituel et encourage ainsi d'autres personnes à agir comme lui ; ces individus-là ont accepté de telles compromissions en vue d'un salaire, d'un rang social et de relations d'amitié avec de riches Balaks. Notre Seigneur et les Apôtres disent de ceux qui enseignent de fausses doctrines dans l'église nominale qu'ils suivent la voie de Balaam - Voyez 2 Pi. 2 : 15 ; Jude 11 ; Apoc. 2 : 14.

Celui qui s'efforce avec zèle de développer dans son cœur le saint Esprit, l'amour parfait, doit conserver intactes la sincérité et la pureté des mobiles de ses actes, il doit rester intègre et droit dans toute sa conduite. Si l'on éprouve le plus léger sentiment de joie en contemplant la chute de personnes ou de choses justes et bonnes à certains égards, on doit le réprimer et le surmonter énergiquement. L'amour parfait ne se réjouit jamais de l'iniquité, quels qu'en soient la provenance et le mode d'action ; l'amour n'éprouve que de la tristesse à la vue de la chute de son prochain, même si cette chute lui apporte quelque bénéfice.

L'amour « se réjouit de la vérité ». Quels que soient les avantages que l'on puisse retirer de l'erreur, l'amour ne peut y prendre part ni désirer le salaire qui peut provenir du mal et de l'erreur. L'amour prend plaisir à la vérité ; il aime la vérité dans tous les domaines, mais surtout celle qui a trait à la révélation divine, quelque impopulaire qu'elle soit, quelles que soient les persécutions que sa proclamation peut attirer, quelques grandes que soient les amitiés du monde, qu'il faudra perdre avec les sympathies de ceux que le dieu de ce monde a aveuglés. L'esprit d'amour éprouve une affinité très puissante pour la vérité ; il se réjouit même des pertes, des persécutions et des malheurs qui peuvent frapper les serviteurs de la vérité et la vérité elle-même. Le Seigneur ne fait aucune différence entre ceux qui ont honte de Lui et ceux qui ont honte de sa Parole ; Jésus déclare qu'il aura honte d'eux tous devant son Père et devant les anges. L'amour n'éprouve aucune sympathie pour l'hypocrisie ou pour les prétentions mondaines. Dans l'amour tout est limpide, transparent et honnête.

L’AMOUR EST PUISSANT, CONFIANT, PLEIN D’ESPOIR

L'amour est fort, « il supporte tout ». Il a la volonté et le pouvoir de supporter pour la cause de Dieu l'opprobre, les reproches, les insultes, les pertes, les calomnies, les privations et même la mort. « La victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi ». L'essence même, la vie de cette foi, c'est le saint Esprit d'amour qui nous fait aimer le Seigneur et ceux qui lui appartiennent, qui nous fait aimer aussi avec compassion le monde. L'amour parfait peut surmonter les épreuves les plus grandes et les situations les plus pénibles qui sont permises par le Seigneur pour former ses enfants. C'est par la grâce de Dieu que, dans toutes ces choses, nous sommes « plus que vainqueurs » par celui qui nous a aimés et « qui s'est donné lui-même pour nous ».

L'amour est confiant, « il croit tout », il ne soupçonne pas le mal, il est au contraire disposé à accorder sa confiance à son prochain dans la mesure du possible, il croit à la sincérité d'autrui. L'amour a pour principe qu'il est préférable d'être trompé cent fois plutôt que d'avoir une vie amère, empoisonnée par un esprit méfiant et soupçonneux ; il est en effet bien préférable d'être trompé que d'accuser ou de suspecter une seule personne injustement. Ce sont là les dispositions spirituelles miséricordieuses dont le Maître a dit : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». La dureté du cœur et de l'esprit est toujours disposée, à la plus petite provocation imaginaire ou vraie, à soupçonner le mal chez les autres, elle engendre des paroles et une conduite inhumaines à l'égard d'autrui.

L'amour est plein d'espérance, optimiste, « il espère tout » ; il ne se laisse pas facilement décourager. L'espérance est le secret du cœur qui soutient la persévérance de l'amour ; l'amour a été instruit par Dieu et participe à sa sainteté, c'est pourquoi il a confiance en Lui et conserve ses espérances inébranlables dans l'accomplissement du pacte d'alliance conclu avec Dieu, même si d'épaisses ténèbres l'environnent. L'espérance est un des éléments de l'amour, et aussi un des caractères essentiels et remarquables de la persévérance des saints qui les rend capables de souffrir comme de bons soldats de Jésus-Christ. L'espérance empêche l'amour de ressentir l'offense, de s'irriter aisément ou de s'arrêter au plus léger obstacle dans l'œuvre du Seigneur. Lorsque beaucoup de personnes se découragent et s'enfuient de la bataille, ceux qui possèdent l'esprit d'amour trouvent en lui la force de tout supporter, car l'ancre de l'espérance qui soutient l'amour est fixée solidement « au-delà du voile » ; elle est fermement attachée au Roc séculaire, elle ne peut donc nous abandonner au désespoir.

LA FOI, L’ESPÉRANCE ET L’AMOUR DEMEURENT TOUJOURS

L'amour est, non seulement la plus sublime de toutes les grâces, mais comme nous l'avons constaté, il résume, il réunit en lui tous les fruits de l'Esprit. L'amour est éternel il « ne périt jamais ». Et celui qui a ce caractère d'Amour ne faillira jamais, ne cessera jamais : C'est pour lui que la vie éternelle a été prévue dans le plan divin.

Retenez maintenant l'argument de l'Apôtre aux amis de Corinthe : (1) que les dons de miracles, de langues, etc., qui leur ont été accordés par l'Esprit, ont été répartis entre eux selon leurs talents ou la sagesse divine, et n'ont pas été le résultat de leurs propres efforts ; (2) qu'il leur indique une grâce bien plus excellente que ces « dons », une grâce que Dieu voudra bien accorder à chacun d'eux ; une grâce qui a plus de valeur que n'importe lequel des « dons » - beaucoup plus de valeur que tous ces dons réunis ; une grâce que l'on pourrait appeler à juste titre un fruit de l'esprit, l'Amour. Et le fait est que certaines personnes possédant peu de talents ont proportionnellement moins de choses à combattre lorsqu'elles cherchent à cultiver l'Amour, qui est si important.

Après avoir décrit cet élément merveilleux et nécessaire du caractère dans sa perfection, l'Apôtre revient en arrière et l'oppose à ces « dons » qu'ils appréciaient et convoitaient tant, et montre que les plus éminents de ces « dons » sont inférieurs à l'Amour. Le don de prophétie, déclare-t-il, tombera, cessera, parce que la nécessité de la prophétie cessera ; le pouvoir miraculeux de parler des langues inconnues cessera pour la même raison : la connaissance des mystères et la faculté d'expliquer les choses profondes de Dieu disparaîtront progressivement, à mesure que la lumière parfaite viendra à tous les hommes ; car lorsque la lumière pleine et claire sera venue, il n'y aura plus rien de caché, tout sera révélé et tous pourront voir ; c'est pourquoi les dons de la faculté de comprendre les mystères du plan divin et de les expliquer aux autres, bien qu'ils soient deux des plus précieux dons, disparaîtront finalement dans la lumière parfaite : mais l'Amour ne manquera jamais. C'est la plus grande chose dans ce monde, et ce sera encore la plus grande chose dans le monde à venir ; car Dieu est Amour ; et tous ceux qui veulent jouir de Sa faveur et de Sa récompense, la vie éternelle, doivent posséder ceci, Son caractère saint.

Faisant une pause, l'Apôtre fait remarquer combien nous savons peu de choses dans le temps présent ; même ceux qui ont la plus grande connaissance et qui peuvent exposer la Parole divine et ses mystères cachés, ne connaissent ces choses qu'en partie ; ils ne voient qu'obscurément : et tandis que l'obscurité disparaîtra graduellement dans la lumière parfaite lorsque le Soleil de Justice se lèvera, nous ne connaîtrons qu'en partie jusqu'à ce moment, où nous serons « changés », où l'imperfection fera place à la perfection. En regardant en arrière vers l'enfance, nous pouvons voir que, de même que nous nous sommes développés physiquement et que nous avons acquis des connaissances dans les domaines terrestres, et que nous avons modifié en conséquence nos façons de penser, notre conduite et notre langage, de même, dans les domaines spirituels, nous devrions nous rendre compte qu'au début de notre cheminement chrétien, nous n'étions que des « bébés » ; et nous ne devrions pas nous contenter de rester tels, mais désirer grandir personnellement en Christ en toutes choses. Et ce qui est vrai de chacun individuellement est vrai de l'Église collectivement. La période des dons des langues et des miracles était la période de l'enfance, de la petite enfance ; au fur et à mesure que l'on progressait, sous la conduite de l'Esprit Saint, certaines de ces dispositions très nécessaires et bien adaptées au stade de l'enfance disparaissaient, au profit d'autres expériences, méthodes et orientations dans la vérité. Ainsi, aujourd'hui, les « langues » ont disparu, la « prophétie », dans le sens de la prédiction d'événements futurs, a disparu, les « miracles » ont disparu, etc., après avoir bien servi leurs objectifs. Mais le Seigneur continue à fournir à l'Église la « connaissance », même si elle n'est qu'imparfaite ; Il continue à fournir des méthodes pour évangéliser ou répandre les nouvelles de la vérité aux non-croyants ; Il fournit encore des enseignants et des aides dans l'Église. Mais ceux-ci ne sont généralement pas fournis miraculeusement, comme au début, mais naturellement et par l'ajout de la bénédiction du Seigneur aux qualifications naturelles. Mais tout cela cessera, en ce qui concerne l'Église, lorsque sa course sera achevée : « quand ce qui est parfait sera venu », elle n'aura plus besoin de ces aides imparfaites.

Trois dons de l'esprit, du type de ceux qui sont développés comme des fruits, survivront ; et ces trois doivent être recherchés ardemment et cultivés avec diligence ; ce sont la Foi, l'Espérance et l'Amour ; mais le plus grand, le plus important de ces dons est l'Amour. La foi et l'espérance, bien qu'elles soient deux des qualités les plus nécessaires pour le temps présent, en nous aidant à rendre sûrs notre appel et notre élection, et deux qualités qui ne cesseront jamais dans toute l'éternité, perdront sensiblement leurs opérations actives, « quand ce qui est parfait sera venu », parce que dans une large mesure et en relation avec de nombreux sujets, la vue et la connaissance prendront la place de la Foi et de l'Espérance. Mais l'Amour ne manquera jamais, ne se ternira jamais, ne s'affaiblira jamais. Il sera aussi actif, glorieux et utile dans la vie à venir qu'il l'est maintenant. En effet, la somme de la vie parfaite future sera l'Amour.

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Chers lecteurs, de toutes nos forces, cherchons à acquérir l'Amour - non seulement en paroles, mais en actes et en vérité ; l'Amour dont les racines se trouvent dans le « cœur nouveau », engendré en nous par l'Amour de notre Père céleste, montré en exemple dans les paroles et les actes de notre cher Rédempteur. Tout ce que nous cherchons et gagnons ne sera que perte et scories si nous ne nous assurons pas de l'Amour avant tout.

Votre rédacteur fait à chaque lecteur de ce journal une proposition qui, il en est persuadé, sera d’un grand secours à tous ceux qui l’accepteront : C’est la suivante :

(1) Chacun priera le Seigneur chaque matin jusqu’à la fin de l’année (si toutefois nous restons dans la chair jusqu’à ce moment-là) de nous bénir en nous aidant à croître dans l’amour par nos pensées, par nos paroles et nos actes chaque jour durant. Chaque soir tous passeront en revue les divers incidents et événements de la journée et chacun ira au trône de la grâce pour confesser au Seigneur ses insuccès et ses progrès.

(2) Que pendant le reste de cette année, nous lisions attentivement et avec réflexion chaque dimanche matin, en alternance, 1 Corinthiens 13 et Matthieu 5 : 1-16. Pour que ceux qui souhaitent lire en commun puissent le faire, nous mentionnons que l'éditeur lira Matthieu 5 : 1-16 le 22 août, 1 Corinthiens 13 le 29 août, et ainsi de suite en alternance. Notez les résultats de vos observations et de vos prières ; restez à l'affût de toutes les preuves encourageantes de croissance dans ce fruit de l'Esprit Saint ; et, lorsque vous nous écrirez, si vous le voulez bien, mentionnez vos progrès dans la recherche de l'Amour et dans sa pratique ; nous sommes particulièrement heureux de connaître votre croissance en grâce et en connaissance.