R 2165 (VP 517 p.30)
LES CONSEILS DE L'APÔTRE À UN JEUNE CHRÉTIEN - 2 TIM. 1 : 1-7 ; 3 : 14-17.
« Dès l'enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut » - 2 Timothée 3 : 15.

Les paroles de cette leçon, adressées à Timothée par l’Apôtre Paul, sont un bon conseil pour tous les chrétiens, particulièrement pour ceux qui sont jeunes dans la Vérité, et surtout s’ils ont consacré leurs vies au Seigneur et à Son service, et cherchent à être utiles, selon leur consécration, comme ministres ou comme serviteurs - que ce soit dans un service public ou privé, suivant leurs talents et opportunités.

Ces paroles furent adressées à Timothée, alors que l’Apôtre Paul était un vieil homme, prisonnier à Rome, à cause de son témoignage pour le Seigneur. Timothée n’était plus un enfant à l’époque où cette épître lui fut adressée. Lui et sa mère s’étaient convertis à l’Évangile de Christ, probablement à l’époque de la visite que Paul leur rendit, chez eux, à Lystre pendant son premier voyage missionnaire. On suppose qu’au moment de la réception de cette lettre, Timothée devait avoir environ quarante ans. La tradition veut qu’il avait environ seize ans lors de sa propre conversion et de celle de sa mère à l’Évangile. Quand il eut environ 21 ans, avec Silas, il accompagna l’Apôtre Paul dans son second voyage à travers l’Asie Mineure, et à partir de cette époque, et pendant quelque seize années, il fut étroitement assimilé à l’Apôtre dans son service de la Vérité, jusqu’au moment où ce dernier le laissa avec l’église d’Éphèse, afin qu’il pût en aider les membres à surmonter les difficultés dans lesquelles ils étaient tombés. Ce fut pendant le temps où Timothée servait ainsi l’église d’Éphèse qu’il reçut les deux épîtres qui portent son nom.

Paul se présente lui-même, non en attirant l’attention sur ses qualités personnelles en tant que logicien, ni en se vantant des services qu’il a accomplis en tant que serviteur du Seigneur et ministre de la Vérité ; mais, de manière appropriée, Paul rappelle à Timothée sa qualité d’Apôtre (l’un des douze, prenant la place de Judas) spécialement désigné par le Seigneur pour présenter Son Évangile, et particulièrement préparé pour l’œuvre, du fait qu’il avait été témoin de la résurrection du Seigneur, une vision fugitive de Sa personne glorieuse lui ayant été accordée sur le chemin de Damas, et désigné pour déclarer aux hommes les conditions de l’accomplissement de la promesse de vie faite par Dieu, et pourvue par Christ Jésus.

TIMOTHÉE, BIEN-AIMÉ DE PAUL

Même si l’Apôtre n’eut pas ses propres enfants naturels, sa tendre lettre à Timothée comme « son enfant bien-aimé » et son invocation des bénédictions divines sur lui, montre qu’il ne manquait d’aucun de ces sentiments purs, nobles et affectueux qui appartiennent à un vrai parent. À vrai dire, le fait même qu’il n’eut pas d’enfants naturels semble avoir élargi les sentiments de l’Apôtre dans une mesure telle qu’il prenait en affection comme ses propres enfants, tous ceux qui acceptaient l’Évangile. Nous nous souvenons qu’il utilise souvent cette figure de rhétorique : « Car quand vous auriez beaucoup de maîtres, vous n’avez cependant pas beaucoup de pères dans l’Évangile » - « je t’ai engendré dans les liens ». À une autre occasion, il dépeint ses efforts pour le développement d’une vie chrétienne pleinement consacrée parmi les croyants, sous l’image d’une mère en travail pour enfanter. Ceci étant vrai du sentiment général de l’Apôtre vis-à-vis de la maison de la foi, ce serait encore plus vrai dans le cas de Timothée, qui avait si noblement et véritablement rempli un rôle de fils vis-à-vis de lui.

L’Apôtre fait remarquer ici, entre parenthèses, la pureté de sa conscience envers Dieu, avant que ses yeux ne furent ouverts à une reconnaissance du Seigneur Jésus, tout en faisant mention à Timothée qu’il a prié pour lui jour et nuit avec un ardent désir de le voir, et qu’il se souvient des larmes de Timothée lorsqu’ils se séparèrent à Éphèse dans l’intérêt de la Vérité. Ce n’était pas pour des préférences personnelles de l’un ou de l’autre qu’ils s’étaient séparés, mais, tous deux, ils avaient abandonné leur confort et préférences personnelles dans l’intérêt de la cause du Seigneur.

Nous remarquons avec appréciation le soin de l’Apôtre pour son frère plus jeune dans la Vérité, dans lequel il voit cette grande promesse de service actuel et futur. Il se rend compte, peut-être mieux que ne le fait Timothée, des pièges de l’Adversaire qui assaille probablement celui qui est placé à une position éminente. Deviendrait-il impétueux et avec des sentiments nobles ? Perdrait-il sa foi dans la croix de Christ ? Tomberait-il dans les pièges de quelques philosophies, ainsi faussement appelées ? Deviendrait-il enflé d’orgueil par une disposition charnelle, et aurait-il les sentiments d’être « quelqu’un » ?

Ou, au contraire, serait-il un fidèle soldat de la croix, doux, humble, aimable envers tous, un exemple et en foi, et en pratique, pour ceux avec lesquels il entrait en contact ? Et, en outre, tiendrait-il ferme aux Écritures et serait-il capable d’enseigner aux autres à tenir compte de cette source divine de connaissances ? L’Apôtre se souvenait que, jadis, Timothée avait été si proche de lui dans le travail qu’il avait dans une certaine mesure, été protégé de beaucoup d’épreuves auxquelles il serait maintenant exposé ; et pourtant, sans aucun doute, il comprenait que si Timothée devait être préparé à prendre le travail d’un ministre principal, ce que lui Paul, prisonnier et vieillissant, devait bientôt abandonner, il était temps pour Timothée d’apprendre comment se tenir debout, accompli dans la force que Dieu fournit par Sa Parole, sans s’appuyer si particulièrement qu’auparavant, sur quelque soutien terrestre.

Il ne fait aucun doute que ces pensées avaient beaucoup à voir avec les prières de l’Apôtre pour Timothée « jour et nuit » ; et maintenant, il écrit en vue de le fortifier dans ce sens, en lui rappelant la foi et la piété sincères qu’il a héritées à la fois de sa mère et de sa grand-mère, et lui assurant qu’il croyait que cela avait établi à une base profonde de vraie piété et de foi dans le propre cœur de Timothée. Nous arrêtons ici un instant pour remarquer le fait, gardé partout en évidence dans les Écritures, que selon l’arrangement divin non seulement les péchés des parents sont retombés sur les enfants pour plusieurs générations, mais aussi que la foi et la piété des parents, quand elles sont justement basées sur la Parole de Dieu et les vraies promesses de cette Parole, posent le fondement du caractère de leurs enfants, caractère sur lequel un plus grand espoir qu’une vie de piété et d’utilité peut être édifiée.

Non seulement l’Apôtre fortifie l’esprit de Timothée par un souvenir du pieux héritage de foi et de piété reçu de sa mère et de sa grand-mère, mais en plus il lui rappelle la grâce de Dieu qui lui [à Timothée] fut particulièrement accordée à ce moment précis où il fit une pleine consécration de lui-même à l’Éternel pour être serviteur de Dieu ; puis au moment où l’Apôtre, exerçant son pouvoir en tant qu’Apôtre et comme cela était courant à cette époque, communiqua à Timothée, par un pouvoir surnaturel, un don ou un signe extérieur du saint Esprit, par l’imposition de ses mains. Manifestement, l’Apôtre avait soit entendu soit deviné que Timothée permettait à la ferveur de son zèle pour Dieu de s’éteindre, et donc, ici il l’encourage « à ranimer le don de grâce de Dieu qui est en toi ». Le mot grec rendu ici pour « ranimer » a la signification de re-exciter : comme si l’Apôtre disait : re-excite ton don par une énergie renouvelée.

Le verset suivant renforce cette idée, en impliquant que l’Apôtre croyait que Timothée était en danger d’être surmonté par la peur, au point de laisser son zèle se relâcher. Et, pour cela, il lui rappelle que l'Esprit du Seigneur imparti à Son peuple n'est pas un esprit de crainte, mais au contraire de puissance, d'énergie, de zèle excité à l'activité par l'amour ; c'est la piété affectueuse pour Dieu et le désir de Lui plaire et de Le servir ; c'est la consécration dévouée à la Vérité, le fort attachement au peuple de Dieu dans le but de l'édifier sur les choses saintes, de pratiquer le bien envers tous les hommes, chaque fois que nous en avons l'occasion. Et cependant, de peur que Timothée ne pense que l’Esprit de Dieu ne conduisait qu’au zèle ou à l’énergie - ce qui pourrait parfois n’être pas sage dans son exercice et causer plus de tort que de bien - l’Apôtre ajoute que l’Esprit de Dieu qu’Il accorde à ceux qui Lui sont consacrés, est l'esprit de conseil ou « de sobre bon sens » - un esprit fortifié en toutes choses par la Parole de Dieu et, par conséquent, sage pour juger des temps, des moments et des méthodes d'utiliser l'énergie d'amour qui brûle comme du feu dans le cœur consacré, et cela, sans la moindre crainte de l'homme (Manne du 22 mai). O que tous ceux qui sont des enfants de Dieu puissent apprécier, et obtenir de plus en plus, l'esprit de sobre bon sens, grâce auquel tous leurs talents pourront être utilisés au service du Maître, non seulement courageusement, mais aussi sagement.

En poursuivant cette exhortation (3 : 14-15), l’Apôtre fait bien comprendre deux choses à Timothée : (1) qu’il a été enseigné de Dieu, et (2) que cet enseignement de Dieu lui est parvenu par les Écritures qui, lui assure-t-il, sont suffisantes pour l’amener jusqu’au bout, à la complète réalisation (dans la résurrection) de ce salut que Dieu a pourvu au moyen de la foi en Christ Jésus. Il est bon que chacun de nous se rappelle que toutes les grâces de l'Esprit, tous les progrès que nous avons faits dans la connaissance des choses divines et qui nous ont aidé à nous approcher plus près de Dieu et de la sainteté, nous sont venus par les Écritures de l'Ancien Testament et par les paroles de notre Seigneur Jésus et de ses Apôtres inspirés. Il ne sera donc jamais nécessaire d'aller vers d'autres canaux pour obtenir la vraie sagesse qui doit nous préparer au salut promis (Manne du 21 mai).

LES SAINTES ÉCRITURES SUFFISENT

Continuant, l’Apôtre montre (versets 16, 17) que les Écritures que Dieu inspira, sont bénéfiques en tous sens ; et tout à fait suffisantes pour l’homme de Dieu. La V.A.S. traduit le verset 16 : « Toute écriture inspirée est de Dieu, et utile pour enseigner, pour réprouver, pour corriger, pour instruire dans la justice ». Nul besoin de suppléments de visions ou de rêves, que ce soit pour soi-même ou pour d’autres hommes. Elles sont utiles pour la doctrine, contenant l’exposé complet du Plan divin ; et aucune autorité humaine n’est compétente pour y ajouter quelque chose. Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été Son conseiller ? Elles sont aussi utiles à la réprimande des autres : il est impossible que les paroles que nous pouvons utiliser pour corriger les erreurs des autres, que ce soit en langage ou en doctrine, puissent être aussi pleines de force pour réprouver que les paroles inspirées de l’Écriture. Elles sont aussi utiles pour la « correction » et « l’instruction », littéralement « pour élever et établir chacun dans la droiture ». Aucun critère de moralité ou de discipline ne peut aussi complètement fouiller le cœur et en corriger l’obstination que la Parole de l’Éternel.

La Parole de Dieu n’est cependant pas simplement un exposé de platitudes et d’instruction morale - elle est bien plus que cela ; elle sonde le cœur, les mobiles, les intentions, les pensées, les ambitions, les aspirations. Elle déclare une bénédiction sur « les purs de cœur », ceux dont les intentions sont propres, honnêtes, nettes. La Parole de l’Éternel, en tant qu’instructeur « dans la droiture » se saisit de toutes les affaires de la vie, et pour ceux qui s’y sont exercés, elle ne donne pas seulement un esprit de sobre bon sens qui les rend capables de peser et d’apprécier les choses du véritable point de vue - le point de vue de la justice de Dieu ; mais elle inculque également une justice envers Dieu, et l’opportunité de rechercher cette sainteté dont Dieu est le parfait exemple. En outre, elle atteint les relations entre maris et femmes, parents et enfants, amis et voisins. Si elle est admise, elle résout pour nous chaque problème dans le sens de la justice et de l’amour.

Par conséquent, l’Apôtre nous assure que les enseignements de Dieu sont donnés au moyen des Écritures – « afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre » (V.A.S.).

L’Apôtre fait ici référence à la perfection de caractère (il ne fait aucune référence à la perfection de la chair, nous assurant ailleurs que même dans son propre cas, il comprenait « qu’en ma chair il n’habite point de bien »). La perfection de caractère mise en évidence ici comme le but juste et désirable de tous les chrétiens, et préparée par le Seigneur par le don de Sa Parole inspirée, devrait être le but, la cible vers laquelle tous les soldats de la croix courant la course pour le grand prix devraient tendre leurs énergies. La perfection de caractère nous fut démontrée par des exemples en la personne de notre cher Rédempteur, que Dieu a exalté à Sa droite de majesté et de puissance ; et nous sommes informés par l’Apôtre que le Père a prédestiné que tout Son peuple doit être finalement conforme à l’image glorieuse de Son Fils - devra posséder des caractères, cœurs et esprits parfaits, entièrement soumis à la volonté du Père et à toute justice, en toutes choses.

Present Truth N° 613 — janvier-février 1988