Sous le symbole de vêtements blancs, le Seigneur, par Sa Parole, représente la justice de ceux qu'Il accepte comme Son peuple. Leur justice, dans l'état futur, sera une justice ou sainteté personnelle ; et la garantie que nous en avons est la promesse qu’à tous ceux qui sont estimés dignes, comme « vainqueurs » du monde, d'être cohéritiers avec Christ dans le Royaume céleste, il sera accordé, dans la résurrection, de nouveaux corps, parfaits, spirituels, exempts de péché et d'impureté de toutes sortes et pleinement en harmonie avec leurs nouvelles volontés ou leurs nouveaux caractères développés durant le temps d'épreuve de la vie présente. Ce sera le temps dont parle l'Apôtre quand il dit : « Quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra ». Ceux qui atteignent à cette glorieuse condition sont représentés symboliquement comme vêtus de lin blanc, représentant leur pureté et leur perfection personnelles à ce moment : ainsi qu’il est écrit, « et il lui [l'Épouse, l'Église victorieuse] a été donné de se revêtir de fin lin, éclatant, pur ; car le fin lin est la justice des saints » (Apoc. 19 : 8).
Ainsi considérée, l'Église dans la gloire se trouvera parée de sa propre justice, la « justice des saints » ; mais au temps présent, les saints n'ont en propre aucune justice leur permettant de se présenter au trône de la grâce. Comme l'exprimait le prophète : « Toute notre justice est comme des 'haillons souillés ». Les meilleurs même des humains, il faut le confesser, sont si imparfaits en pensées, en paroles et en actions, qu'ils sont entièrement impropres pour avoir une part dans le royaume de Dieu, pour prétendre à quelque attention ou faveur de Ses mains. Cependant, les nécessités humaines ont simplement rendu manifestes les richesses de la grâce et de la sagesse de Dieu. C'est pour cette raison même, parce-que nous étions tous souillés par le péché et impropres à nous présenter en la présence divine, que Dieu pourvut par Sa grâce, au moyen du sacrifice de Son Fils, notre Seigneur, à un vêtement sans tache de justice imputée, pour tous ceux qui l'acceptent de Lui avec l'alliance de la grâce divine scellée de Son sang précieux. Quand, par la repentance et la foi, nous désirons abandonner le péché et nous approcher de Dieu, nous sommes, en raison de notre foi obéissante dans le sacrifice, considérés comme couverts, devant le regard divin, par le mérite de Celui qui « nous a rachetés par son précieux sang », lequel mérite est symboliquement représenté comme un vêtement de lin, la justice de Christ, remplaçant les hailllons souillés de notre propre justice. Tant que nous sommes couverts par ce vêtement, nous pouvons, par la foi exercer tous les privilèges et toutes les opportunités qui pourraient être les nôtres, si le vêtement était véritablement à nous, au lieu d'être simplement un vêtement prêté ou imputé, propriété de notre Rédempteur. Aussi longtemps que par la foi nous nous confions dans le grand sacrifice pour le péché et nous nous efforçons de marcher, dignes du Seigneur, ce vêtement est le nôtre, nous le possédons et en jouissons ; mais perdre cette foi serait perdre tous les avantages qui viennent de ce vêtement et qui ne s'étendent seulement qu'à ceux qui le portent.
Le but, en accordant ces vêtements au temps actuel (ils ne sont pas accordés au monde entier, mais seulement aux vrais croyants), est qu'ils puissent constituer, pour ceux qui les acceptent, un « habit de noces », donnant aux porteurs le droit à une place « aux noces du Fils du Roi ». Cet « habit de noces » (justification) est une chose préalablement nécessaire à l'invitation aux noces, ou plutôt le fait de le recevoir est lui-même l'invitation à entrer et à devenir participants aux « souffrances de Christ » présentes, et aux « joies futures de notre Seigneur ». Et comme personne ne peut entrer aux noces sans avoir d'abord reçu l'habit, si quelqu'un par la suite rejette ce vêtement de la justice de Christ et tente de se présenter sans lui devant ses compagnons ou devant le Roi, il sera « jeté hors » de tous les privilèges et bénédictions qu'il assure. Voyez la parabole de l'habit de noces - Matth. 22 : 11-13.
Cet « habit de noces », au moment où il nous est présenté, est propre et blanc, représentant la sainteté absolument pure et sans tache de notre Seigneur ; chacun de ceux qui le reçoivent a pour instructions de préserver ses vêtements des souillures du monde. Ce commandement est équivalent à l'injonction de notre Seigneur : « Soyez parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait » ; idéal auquel nous nous efforçons d’atteindre, mais dont l'acquisition absolue dans un corps imparfait, environné par le monde, la chair et le diable est impossible, comme l'admettent les Écritures et comme le prouve l'expérience. Mais, de même que le vêtement couvre toutes les imperfections du passé dont on s'est repenti, ainsi, il couvre également les imperfections involontaires du présent, de sorte que, seules les choses auxquelles nous donnons plus ou moins notre consentement mental sont considérées comme venant de nous-mêmes, soit bonnes soit mauvaises. Grâce à cet arrangement, il est possible au peuple du Seigneur de marcher avec tant d'attention et de circonspection (regardant tout autour) à chaque pas qu'il préserve ses vêtements des souillures du monde. Mais hélas, combien peu y en a-t-il, s'il y en a, qui ont toujours vécu, au cours de toute leur vie conformément à ce haut idéal, de sorte qu'à tout moment de leur passé, depuis qu'ils ont accepté le vêtement de la justice de Christ, on pourrait dire d'eux qu'en aucun sens du terme, ils n'ont jamais, soit extérieurement, soit mentalement, donné un degré quelconque de consentement mental à quelque chose qui fut un péché ?
Voyant que la grande majorité, sinon tous, ont, de temps à autre, accordé au moins un assentiment mental partiel au péché (quelque regret et repentir de la chose puissent-ils en avoir eu plus tard), et considérant qu'une telle déviation de la pureté de cœur constituerait une souillure ou une tache sur notre vêtement, nous demandons avec une grande inquiétude : Y a-t-il quelque possibilité de faire enlever ces souillures et ces taches et d'avoir de nouveau un vêtement blanc ? Oui, grâces à Dieu ; il y a un moyen par lequel les taches et les plis peuvent être enlevés de notre vêtement, le rendant une fois de plus aussi blanc et aussi propre qu'en premier lieu. Ce qui enlève les souillures, c'est le « précieux sang ». Comme le dit l'Apôtre : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité ». Nous nous en réjouissons.
Bien que tous nos efforts (gémissements en esprit, larmes, jeûnes, etc.) ne pourraient enlever une seule souillure, que seul le précieux sang peut enlever, il est cependant avantageux pour nous-mêmes que, tout en réalisant le pardon de notre Seigneur et la purification du vêtement, nous cherchions promptement à nous discipliner dans la repentance, le jeûne et les larmes ; autrement nous pouvons nous attendre à ce que notre Seigneur, bien qu'Il entende nos ferventes prières et purifie notre vêtement, mette néanmoins sur nous certains châtiments pour notre correction dans la justice, et pour le renforcement de nos caractères en ce qui concerne les points de faiblesse. L'Apôtre enseigne cela quand il dit : « Si nous nous jugeons nous-mêmes [corrigeons, rendons approuvés], alors nous ne serons pas jugés [corrigés, rendus approuvés] par le Seigneur, mais quand nous sommes jugés par le Seigneur, nous sommes châtiés, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.
Bien que nos vêtements couvrent toutes nos imperfections et nos impuretés personnelles involontaires aux yeux du Seigneur et aux yeux des frères qui se voient les uns les autres du point de vue du Seigneur, le Seigneur désire et exige cependant que nous entrions en si étroite sympathie avec la pureté et la Justice absolue en pensée, parole et action, que nous nous « purifierons de toute souillure de la chair et de l'esprit, achevant (perfectionnant) la sainteté dans la crainte [révérence] de Dieu » (2 Cor. 7 : 1). Dans ce but, Il accorde à Ses sanctifiés (consacrés) et à ceux portant des vêtements blancs, le pouvoir purificateur de Sa Vérité, afin que Son Epouse élue puisse être ainsi purifiée « par le baptême d'eau, par la Parole, afin de faire paraître devant Lui cette Église glorieuse, sans taches ni rides ni rien de semblable » (Eph. 5 : 26-27).
Mais combien peu de consacrés ont pour la pureté un si grand amour, un désir si grand de préserver leur vêtement des souillures du monde, qu'ils sont attentifs à ce que chaque pli soit vivement enlevé, et ensuite, à garder leur vêtement avec plus de zèle que jamais. Ce sont ceux-là, et ceux-là seuls qui marchent avec le Seigneur en vêtements blancs et sont des vainqueurs qui, au temps marqué, seront glorifiés avec Lui et s'assoiront avec Lui sur Son trône, et ce sont leurs noms qui ne seront pas effacés du livre de vie de l'Agneau. Les paroles du Maître nous donnent à comprendre que tous ceux qui ne marchent pas ainsi avec Lui en vêtements blancs sont indignes, ne seront pas cohéritiers dans Son Royaume, ne seront pas confessés comme Son Epouse et cohéritière, en présence du Père et des saints anges, mais au contraire, auront leurs noms effacés du livre de vie de l'Agneau, supprimés d'entre les noms de l'Église « élue ».
Bien que le nombre de ceux qui portent la robe de la justice de Christ soit, comparé au nombre de ceux du monde, vraiment petit, combien est grande cependant parmi eux la proportion de ceux qui ne marchent pas en vêtements blancs, mais dont les vêtements sont très tachés par le contact avec le monde, la chair et le diable, par infidélité ou par négligence, par esprit mondain. Nous ne voulons pas parler de ceux qui renient le Seigneur et rejettent la rançon, enlevant ainsi leur habit de noces et se tenant du côté du monde (étant réellement dans une condition pire que celle du monde, en ce qu'ils ont rejeté la grâce de Dieu), nous voulons parler des vrais croyants, qui se sont entièrement consacrés au Seigneur et qui, pour des avantages mondains ou des espérances terrestres, ou des amitiés, ou pour les faveurs des églises nominales, manquent de vivre d'après leur alliance et leurs privilèges et ainsi, comme Esaü autrefois, vendent leur droit d'aînesse (comme Nouvelles-Créatures en Christ) pour un plat de lentilles. N'y a-t-il aucune espérance pour ceux qui manquent d'être vainqueurs, qui manquent de marcher en blanc, qui manquent de gagner la couronne et l'immortalité qui ne doivent être accordées qu'aux « élus », aux « dignes », aux « vainqueurs » ?
UNE ESPERANCE POUR LA GRANDE FOULE.
Oui, Dieu soit béni ! Nous nous réjouissons de ce qu'il y a, pour ceux-là, une espérance, parce qu'ils n'ont pas rejeté leurs habits de noces, mêmes s'ils les ont tristement tachés et souillés par le contact avec le monde. La classé dont nous nous occupons ne comporte pas des pécheurs totalement volontaires, mais ceux qui parfois font le mal, consciemment dans une certaine mesure, et aussi, peu sagement, cherchent à plaire au Seigneur et à le servir en même temps qu'à se plaire à eux-mêmes et à plaire au monde et à les servir ; ce sont les « vierges folles ». Ils échouent dans l'une et l'autre alternative en ce qui concerne l'idée de plaire ; ils ne plaisent pas au Seigneur ; ils ne se plaisent pas à eux-mêmes et ils ne sont qu'à moitié satisfaisants pour les gens du monde. La seule base sur laquelle la faveur divine puisse continuer à opérer pour eux, et pourrait les chercher pour les réformer est le mérite de la robe de la justice du Christ, qu'ils aiment et portent toujours, quoiqu'ils ne l'aient pas aimée suffisamment pour la garder sans tache. Mais Celui qui a commencé en eux la bonne œuvre, la continuera et la rendra parfaite en tous ceux qui l'aiment et se confient réellement en Lui, quand même elle devrait s'achever maintenant dans la grande tribulation, à l’inauguration du Millénium, au « jour de Jésus-Christ », (Phil. 1 : 6). Puisque Christ est devenu le salut de tous ceux qui, de tout cœur, se confient en Lui, quoique n'ayant pas triomphé par un sacrifice complet de soi-même, dans une complète obéissance à Ses instructions, nous ne sommes pas surpris qu'Il indique dans Sa dernière communication à Son Église comment Il agira à l'égard de cette nombreuse classe de Ses disciples, et ce qui en résultera pour eux, bien qu'Il n'ait fait dans leur « appel » aucune proposition de ce genre.
Après avoir parlé de l'acte de sceller la classe élue, Israël spirituel, le peuple particulier zélé pour les bonnes œuvres, le Petit Troupeau, l'Épouse, les vainqueurs, un nombre défini fixé d'avance : cent quarante-quatre mille, recueillis de Babylone, avant que les vents de la grande tribulation soient déchainés sur le monde, tous portant le sceau ou marque de la faveur de Dieu sur le front - remarquable évidence intellectuelle de la faveur divine, l'empreinte de l'esprit de vérité aussi bien que de la parole de vérité - notre Seigneur nous montre une « grande multitude » de Ses disciples, « que personne ne pouvait compter (c'est-à-dire que le nombre n'en est pas pré-ordonné ou fixé ; personne ne fut appelé à être de cette grande foule) qui, éventuellement, se tiendront devant le Seigneur « vêtus de longues robes blanches, et ayant des palmes dans leurs mains ». Et ils crient : « Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l'Agneau » ... Qui sont-ils, ceux qui ne sont pas de l'épouse, la classe élue, les vainqueurs ? Voici la réponse : « Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et les ont blanchies dans le sang de l'agneau. C'est pour quoi ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple » (Apoc. 7 : 9,10,13-15).
Les marques de distinction entre cette « grande multitude » et le « petit troupeau » sont très prononcées, en ce qui concerne à la fois leur course présente et leur bénédiction future. Les fidèles vainqueurs veillent et gardent leurs vêtements exempts de souillures du monde. Et cela nous est donné comme l'une des conditions spéciales d'acceptation comme « vainqueurs », pour être cohéritiers avec le Seigneur : « Ils n'ont pas souillé leurs vêtements » (Apoc. 3 : 4). Ils les ont préservés de toute impureté mondaine. Si le péché les a contaminés et les a séparés du Seigneur, ce n'est pas de leur plein gré ; ils ont immédiatement demandé et obtenu le sang précieux pour enlever toute tache. De cœur, ils sont tellement opposés au péché et si appliqués à conserver leurs robes immaculées, que l'Adversaire n'a aucune prise sur eux, « le malin ne les touche pas » (1 Jean 5 :18). Tout cela indique une complète soumission de leur volonté à celle de Christ - ils sont « morts avec lui » et, par cela même, ne pourraient pratiquer le péché délibérément (Manne du 28 Janvier). Leur récompense est la couronne de vie, l'immortalité, d'être assis sur le trône, et de constituer le temple dont notre Seigneur est la pierre du sommet, la principale pierre de l'angle. Maintenant, comparez avec ceux-là, la Grande Foule : manquant de l'amour et du zèle intenses des vainqueurs, ils ne gardent pas leurs vêtements avec un soin suffisant et, comme résultat, ils perdent toutes les récompenses promises aux vainqueurs ; ayant échoué dans la course, ils n'obtiendraient rien, si la grâce du Seigneur n'intervenait.
Mais la grâce de Dieu ne peut admettre à la perfection céleste ceux dont la robe de justice n'est pas immaculée ; c'est pourquoi il nous est montré que ceux qui n'ont pas pris soin de leurs vêtements pour les conserver blancs, doivent passer par une expérience sévère avant qu'ils puissent, en aucune manière, participer aux faveurs célestes. Ces expériences sévères sont montrées dans le symbole comme le lavage de leurs robes dans une grande tribulation. Mais pour montrer que ni les actes de repentance ni les souffrances ne purifieraient ces robes, quoique ces choses puissent être nécessaires comme justes punitions et discipline, il est établi particulièrement que ce qui est efficace pour la purification, c'est le « sang de l'Agneau ». Beaucoup seront de cette manière, nettoyés, purifiés, et leurs vêtements maintenant souillés par le contact avec le monde, souvent sous les dehors de la chrétienté nominale, seront purifiés de toute tache de culpabilité quand, comprenant la folie de leur course, ils feront appel, avec repentance, au Seigneur et utiliseront Sa grâce secourable.
Mais de tristes désappointements accompagneront les expériences de cette Grande Foule ; parce qu'ils craignent l'opprobre de Christ et qu'ils évitent les privilèges et opportunités actuels de marcher avec Lui en vêtements blancs au milieu « des souffrances du temps présent », voici, non seulement ils perdent le bonheur et la joie présente de ceux qui sont fidèles, mais plus tard, ils devront passer à travers des souffrances encore plus grandes, s'ils veulent atteindre même à la plus humble place. Bien qu'aimant le Seigneur et Son peuple, ils sont quelque peu honteux d'eux et se détournent d'eux en présence des gens du monde ; et voici, quand le Maitre revient pour Son « Épouse », Il ne peut pas confesser leurs noms en présence du Père et des saints anges. Le Petit Troupeau est informé que l'Époux prend soin de lui, et veillant dans l'obéissance il sera « trouvé digne d'échapper à toutes ces choses qui viennent sur Ile monde » ; mais ceux qui forment la Grande Foule, quoique étant le peuple du Seigneur, en ce qu'ils ne l'ont pas rejeté, doivent être traités comme les hypocrites et passer à travers la grande tribulation en vue de leur purification. Remarquons qu'en aucun sens ils ne sont une classe qui rejette le Seigneur ; ils ne sont pas de ceux qui se « retirent » du Seigneur, car en ceux-là le Seigneur déclare qu' « Il ne prend pas plaisir » (Héb. 10 : 38) ; et l'Apôtre déclare que ceux-là « se retirent pour se perdre » - Seconde-Mort. Au contraire, ils sont encore des « vierges », mais des vierges folles en ce qu'ils essayent vainement de plaire à la fois à Dieu et à Mammon et de les servir tous deux. Ils gaspillent de précieuses opportunités en essayant de trouver, pour suivre le Seigneur, un chemin plus aisé que celui « d'être conformes à Lui dans sa mort ».
Nous nous réjouissons de ce que, plus tard, ceux-là chanteront des louanges au Seigneur et seront heureux dans Sa grâce merveilleuse. Mais nous notons que même après que leurs robes auront été blanchies par le sang de l'Agneau, dans le temps de détresse et dans beaucoup de tribulations, ils ne porteront pas la couronne des vainqueurs ; mais, ayant finalement vaincu, des palmes leur seront accordées comme emblèmes de leur victoire par Christ ; bien qu'ils ne pourront jamais être le temple vivant duquel Christ est la pierre angulaire, il nous est dit qu'ils seront des serviteurs dans ce temple, et quoiqu'ils ne seront jamais assis sur le trône, ils auront le grand privilège de servir, comme des nobles, « devant le trône ». Grands et glorieux seront leurs privilèges, mais ils perdront le grand prix, l'ayant vendu pour le plat de lentilles des avantages apparents du présent qui se révèlent décevants et amènent d'amers résultats. Quelle exhortation à la sainteté, à la complète consécration à Sa volonté, pourrait nous être donnée avec plus de force que celle qui nous est faite ici par la déclaration de notre Seigneur sur les résultats d'une plus ou moins grande fidélité.
Il est probable que la majorité de cette Grande Foule des saints de la tribulation sont vivants aujourd'hui, car, en aucun temps du passé, il n'y eut le même degré de connaissance de Dieu et de Sa Parole, pas même dans l'église primitive des temps apostoliques ; jamais il n'y en eut autant qui firent profession d'être au Seigneur par la consécration ; et jamais il n'y eut, dans l'étroit chemin du sacrifice de soi-même, autant de subtiles séductions. Dans les siècles passés, la démarcation entre le peuple du Seigneur et les gens du monde était beaucoup plus nette qu'aujourd'hui : la persécution était plus ouverte et reconnue et, si bien peu confessaient le nom de Christ, ils comptaient et appréciaient le prix, ce que le plus grand nombre aujourd'hui ne fait pas. Naturellement, nous passons sur les prétentions et les « discours orgueilleux de vanité » de l'antichrist. Cependant, il y eut, à la fin de l'Âge judaïque un grand temps de détresse dans lequel il se peut que beaucoup d'impurs aient eu l'occasion de laver leurs robes dans le sang de l'Agneau. Depuis lors notre Seigneur n'a pas été impuissant pour en amener autant qu'Il a choisis à la purification à travers de grandes tribulations. Puisque les « vainqueurs » souffrent avec Christ volontairement et que la Grande Foule souffre à cause de Christ involontairement, il pourrait être difficile, sinon impossible à quiconque, si ce n'est au Seigneur et à ceux qui souffrent, de savoir s'ils ont souffert comme sacrificateurs d'eux-mêmes, ou comme saints de la tribulation non volontaires ; mais, à la fin de cet Âge-ci ce sera différent ; car les vainqueurs deviendront de plus en plus clairement séparés et distincts de la Grande Foule à mesure que nous avancerons dans l'Épiphanie, jusqu'à ce que la séparation soit complète entre les deux classes.
LA REINE ET LES VIERGES, SES COMPAGNES.
Il est à propos que nous nous souvenions de nouveau de la magnifique suggestion qui nous est présentée par le prophète David au sujet du vêtement de noces de l'Épouse (Ps. 45 : 9-14). Ici, par le prophète, Dieu nous dit que l’Épouse, comme reine, sera présentée au Roi « vêtue de ses habits brodés », ainsi que dans « un vêtement tissu d'or ». Le vêtement d'or, comme nous l'avons vu jusqu'ici, représente l'immortalité (un élément de la nature divine) dont l'Église sera investie dans la gloire de la résurrection. Les vêtements brodés ne peuvent être que les vêtements de fin lin, purs et blancs, mentionnés dans l'Apocalypse. Et ce vêtement sera magnifiquement brodé.
La robe qui d'abord nous était simplement prêtée, et qui constituait notre invitation aux noces, au cohéritage avec le Fils du Roi, ne nous appartenait pas, elle nous était simplement prêtée ou imputée. Mais elle est devenue un don permanent de l'Époux pour tous ceux qui ont accepté l'invitation à s'unir avec Lui ; en l'examinant attentivement, ils y ont trouvé, en une ébauche exquise, une empreinte d'une ligne pleine de grâce, correspondant à la robe richement brodée portée par le Fils du Roi. La suggestion d'imiter Sa robe ne fut pas faite seulement à demi-mots, mais il fut clairement déclaré que tous ceux qui voudraient être estimés dignes d'être Ses compagnons « élus », devraient, à tous égards, être des images de l'Époux (Rom. 8 : 29).
Le soigneux arrangement des points de la broderie de ce vêtement de noces a été le principal devoir et la constante occupation de la vierge fiancée tandis qu'elle attendait le festin nuptial, au retour de l’Époux. En vérité, une grande partie de la broderie faite par nous jusqu'à présent, est très imparfaite, d'abord à cause de notre inhabileté, secondement à cause de nos imperfections, et troisièmement des influences troublantes qui nous environnent (le monde, la chair et le diable). Néanmoins, nous comprenons bien que la bénédiction de l'expérience est le but et que chaque laborieux effort affermit le caractère et nous amène en sympathie plus complète avec notre Seigneur ; que Lui, lorsqu'Il inspectera Son Eglise, prendra plaisir même à nos résultats imparfaits s'ils font ressortir le fait que nous y avons apporté tous nos efforts, à cause de notre désir de soumettre tout à Sa volonté. Il acceptera notre œuvre imparfaite comme si elle était parfaite, et dans la résurrection Il nous accordera des corps idéals, avec des pouvoirs idéals, et le caractère idéal brodé dans la perfection sur la robe nouvelle qui sera nôtre, par Sa grâce.
Et même ici, la Grande Foule, les vierges folles, indignes d'être l'Épouse, et par conséquent rejetées de cette place des élus, sont néanmoins dépeintes, dans les versets 14 et 15 : « Les vierges ses compagnes (celles de la Reine) qui la suivent, sont amenées auprès de toi ; on les introduit au milieu des réjouissances et de l'allégresse [à travers la grande tribulation, elles crieront Hosanna !] ; elles entrent dans le palais du Roi ».