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« IL DONNE LE REPOS »

« S'il donne le repos, qui répandra le trouble ? ». Et quel est celui, si ce n'est « le Dieu de toute consolation » qui peut donner le repos au milieu des tumultes qui s'élèvent sur l'âme comme les tempêtes soudaines sur la mer ? Comme des matelots en péril sur l'océan, nous crions à Lui et Il nous conduit au port désiré - havre béni - de repos et de paix en Dieu.

Quel est le cri qui apporte cette réponse de paix ? Ce n'est pas une prière pour que toutes les occasions de trouble soient enlevées, car ce n'est pas toujours la volonté divine de donner la paix à l'esprit humain de cette manière ; ce n'est pas toujours la meilleure manière. Mais il y a un cri qui ne manque jamais d'apporter le repos dans lequel nul ne peut « répandre le trouble » : c'est la prière pour l'obtention d'une soumission douce, confiante, affectueuse à la volonté de Dieu (Manne du 28 novembre).

« Que Ta volonté, et non la mienne, soit faite ;
Que Ta volonté et la mienne soient une ;
Je souhaite la paix, mais la paix doit être,
Seigneur, en étant un avec Toi ».

Quelle est la chose qui perturbe mon esprit ? Est-ce l'inquiétude au sujet de mon travail, de mes finances, de ma réputation, de mes amis ? Supposons que mon Père qui est aux cieux entende ma prière et supprime toute cause apparente d'inquiétude concernant l'un ou l'autre de ces sujets aujourd'hui. Cela ne me donnerait pas une paix définitive, car dans une vie aussi incertaine que celle-ci, de nouvelles occasions d'anxiété se présenteraient sans doute dès le lendemain.

Mais si je dis : « Seigneur, que chacune de ces préoccupations qui touchent de si près ma tranquillité d'esprit soit sous Ton contrôle ; arrange tout pleinement selon Ta volonté, car Tu es mon Père et mon Ami ; Ta volonté est que Tes enfants aient ce qu'il y a de mieux en toutes choses ; et Tu sais ce qui est le mieux pour moi », quel est alors ce lieu de repos ! Combien le sentiment d'une trop lourde responsabilité s'estompe, combien les soucis perturbateurs sont retirés du cœur trop faible pour les supporter et remplacés par l'épaule solide sur laquelle le gouvernement de toutes choses repose légitimement et facilement.

Si cette acquisition d'un esprit paisible et calme, qui a un grand prix aux yeux de Dieu, n'est pas réalisée immédiatement, nous ne devons pas nous décourager. Non seulement elle est d'un grand prix quant à sa valeur, mais il en coûte souvent beaucoup pour l'acquérir. Elle fait suite à des combats successifs, à des renoncements souvent répétés, à des épreuves multipliées dans lesquelles la sollicitude et l'amour indéfectibles de Dieu ont été clairement manifestés. Nous regardions les vagues de la mer sous le vent du nord-est ; elles étaient tellement agitées et sombres ! Soudain, avec une férocité qui semblait cruelle, la pluie tomba à torrents, et les eaux sans résistance devinrent parfaitement calmes comme sous une surprise écrasante. Lorsque la tempête fut passée, le soleil couchant brillait de mille feux, et les eaux apaisées étaient magnifiques dans leurs couleurs rose et or.

La nature a ses correspondances spirituelles. Une surprise vient après l'autre, inattendue et bouleversante. L'esprit qui, autrefois, était agité par les vents froids d'épreuves mineures, plonge dans une douce soumission sous des chagrins plus lourds. Nous apprenons que, même dans la tempête, Dieu était là, et que finalement, Son amour sensible, Sa présence constante, Sa paix inaltérable - la beauté de la ressemblance avec Dieu - glorifient le caractère et la vie.