R 1961 (EB 384 p. 62)
LE JOUG AISÉ.
« Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes ; car mon joug est aisé et mon fardeau est léger » - Matthieu 11 : 28-30.

Le joug - structure en bois employée à atteler au cou une paire de bœufs - est un symbole de soumission [celui qui est placé sous autorité ou contrôle] et de servitude [une condition de devoir obéir à un autre]. Dans le monde, tous sont sous des jougs divers : qu’ils soient politiques, financiers ou des affaires, qu’ils soient jougs sociaux, jougs d’appétit, d’habitudes, d’égoïsme et de diverses sortes de péchés.

L’homme sous un joug politique trouve celui-ci très pénible. Il est occupé jour et nuit, planifiant, calculant et travaillant dans une fonction de responsabilité. Il étudie avec assiduité tous les aspects de la politique mondiale pour gagner et garder l’amitié des électeurs. Il consacre beaucoup de temps, d’argent et de réflexion, et concentre beaucoup d’énergie à la tâche risquée de quête d’une place de pouvoir dirigeant. Si, en fin de compte, il gagne la position recherchée, elle lui apporte presque toujours une multitude de soucis et l’expose à une armée d’ennemis dans le ou les partis d’opposition qui sont habituellement prêts à noircir sa réputation à la moindre provocation.

Ceux qui se trouvent sous les jougs financiers ou des affaires sont accablés de la même façon. Ils travaillent longuement et durement ; ils élaborent, planifient, combinent, s’inquiètent, se tourmentent pour être riche, et ce faisant tombent dans un piège qui leur vole le vrai bonheur, que les richesses terrestres ne peuvent procurer. « Mais ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits. Or ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition » (1 Tim. 6 : 8-10).

Ceux qui se trouvent sous le joug social travaillent dur et sacrifient beaucoup en faisant face aux exigences de la société sur eux. Peu de gens, dans les milieux sociaux les plus humbles, savent combien ce joug est réellement exaspérant pour le riche, et en particulier sur ceux qui rivalisent avec d’autres dans des circonstances meilleures. Souvent les femmes s’épuisent dans cette condition non satisfaisante, pendant que les maris et les pères sont poussés au désespoir et à la ruine, essayant de garder la tête haute dans ces pertes financières.

Les jougs de la bonne chair, des habitudes, de l’égoïsme et des péchés de toutes sortes sont vraiment des jougs pénibles et leurs fardeaux lourds. S’affranchir de tous les jougs et se libérer de tous les fardeaux est impossible en ce jour mauvais. Satan, le prince de ce monde, a déjà imposé à tous, le joug du péché sous diverses formes. Personne n’est capable d’apporter la délivrance de ce joug et de ses liens qui enchaînent sauf Christ, qui délivrera tous ceux qui viennent à Lui par la repentance et la foi.

Alors que le dessein de Christ est en fin de compte de libérer tous ceux-là de tout joug et de les décharger de tout fardeau, Il voit que jusqu’ici ils n’ont pas été capables d’exercer et d’apprécier la liberté glorieuse des fils de Dieu. C’est pourquoi, par le biais de la discipline et de l’instruction, Il a l’intention de les amener à cette condition. Il faut donc que ceux qui veulent maintenant être délivrés des jougs amers du péché et de l’actuel ordre général des choses, se soumettent entièrement à Christ, qu’ils prennent sur eux Son joug. Il invite tous ceux qui souffrent sous d’autres jougs, et du poids d’autres fardeaux, à venir vers Lui chercher la libération et le repos.

Dans une tendre compassion pour tous les opprimés et les affligés, Il dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous », etc. Des millions ont répondu à Sa tendre invitation. Ils témoignent en des termes sans équivoque du bien-être du joug de Christ et de la félicité de Son repos promis. Cependant, ce repos n’est pas celui de la prospérité temporelle générale et de la liberté de tout souci, du travail pénible et de toutes contraintes.

[Les 3 paragraphes suivants ne figurent pas dans le texte original du R 1961 :

Prendre le joug de Christ sur nous signifie devenir de pair avec Lui et marcher patiemment avec Lui. Le joug est un symbole de servitude ; quiconque se soumet à un joug se soumet de ce fait à la volonté et aux instructions d’un autre et travaille silencieusement à l’accomplissement d’une tâche désignée. Notre Seigneur Jésus a fait ceci volontairement en soumettant Sa volonté à la volonté du Père céleste. Dieu n’a pas imposé le joug sur Lui, ni à personne d’autre. Jésus l’a pris de bon cœur et l’a patiemment porté ; et même si cela Lui a coûté la plus profonde humiliation, Il ne l’a jamais considéré comme un service dégradant, mais Il fit Ses délices de faire la volonté de Dieu (Ps. 40 : 8 ; Héb. 10 : 7).

Les chrétiens pleinement consacrés sont invités à être ensemble sous le joug avec Christ, dans la même condition et sous le même Maître. Il nous assure que Son joug est aisé et Son fardeau léger. Mais nous ne pouvons être sous le joug avec Christ si nous n’avons pas Son Esprit. Deux individus sous un même joug doivent forcément partager la même pensée (Amos 3 : 3) ; notre endurance joyeuse qui ne s’use pas sous ce joug ou qui ne tente pas de s’en échapper, mais qui fait ses délices à le porter en vue de la fin à remporter, aussi bien qu’à avoir la communion et l’intimité avec le véritable Compagnon de joug, l’Unique de même esprit, est ce qui fait que le joug nous est léger.

Quelle invitation bénie à venir sous le même joug avec Christ ! Et quelle occasion excellente d’apprendre la voie sur laquelle notre Père céleste aimerait nous voir marcher ! Comment, en effet, pourrions-nous nous tromper de chemin quand nous nous trouvons sous le même joug avec un tel Conducteur ! Nous apprenons de Lui le chemin que nous devons suivre ; dans notre communion avec Lui nous saisissons Son Esprit béni. Nous apprenons la douceur qui ne fait mépris d’aucune humiliation, aussi grande soit-elle, et qui non seulement se satisfait et est heureuse dans chaque situation, mais qui se réjouit toujours du privilège de marcher sur cette voie aussi bien que d’avoir l’espérance d’atteindre sa fin glorieuse. Nous trouvons aussi du repos pour notre âme - repos d’ambitions vaines et de plans et d’œuvres stériles que d’autres chefs de corvée cherchent à nous imposer. Oh, si tous ceux qui se fatiguent sous d’autres jougs et portent de lourds fardeaux pouvaient les rejeter et apprendre avec quelle facilité et quel plaisir ils pourraient porter le joug de Christ !]

EXEMPLES DE FARDEAUX LÉGERS.

Toutefois, en considérant l’expérience de l’Apôtre Paul, peu de gens diraient que le joug de Christ sur ses épaules était un joug aisé, ou que le fardeau de l’œuvre de Christ qu’il portait était léger. Mais de toute évidence, Paul le pensait, car il considérait comme un privilège inestimable de supporter la rigueur (de souffrir l’affliction) comme un bon soldat pour la cause de Christ. Il souffrit avec joie la perte de toutes choses et ne les considérait que comme des ordures, afin qu’il puisse gagner Christ et se trouver en Lui. Il se réjouissait d’être fait participant des souffrances de Christ pour pouvoir prendre part aussi avec Lui dans Sa gloire et dans l’œuvre bénie de Son Royaume (Phil. 3 : 7-11).

Œuvre bénie ! Paul se glorifiait à la perspective d’une telle mission future, et pour montrer qu’il y était prêt, pour manifester sa disposition d’esprit, il consacra sa vie avec zèle et énergie au service de renoncement de soi en harmonie avec le Plan divin. Avec joie, il prit sur lui le joug de Christ : il ne chercha pas à se guider lui-même, mais se plaça humblement dans la soumission à Christ et suivit avec obéissance Sa direction, peu importe où elle le conduisait - que ce soit en prison et au pilori, ou à des coups publics ignominieux et à la lapidation qui le laissèrent presque mort, ou dans les naufrages et les périls sur terre ou sur mer, ou parmi les ennemis païens et les faux frères, ou dans un travail fatigant et un labeur douloureux, etc. Et pourtant Paul considérait ce fardeau de Christ comme léger, et Son joug comme un joug aisé ; il parlait de ses épreuves comme de légères afflictions, et disait qu’il se réjouissait dans les tribulations (2 Cor. 4 : 15-18 ; 7 : 4-7 ; Rom. 5 : 3-5). Même avec le dos lacéré et les pieds entravés dans les profondeurs d’un misérable cachot, Paul et Silas se réjouissaient et chantaient des louanges à Dieu (Actes 16 : 22-25).

[Passage ajouté dans l’EB : L’Apôtre Jacques (Jacq. 1 : 2, 3) exhorte ses compagnons de joug : « Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses tentations, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience », etc. L’Apôtre Pierre (1 Pi. 1 : 8) dit à ses compagnons de joug : « Vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse ».] St Étienne avait le même repos et la même joie alors même que ses ennemis le lapidaient jusqu’à la mort. Et des milliers d’autres saints de Dieu peuvent témoigner de la même chose - au sein même de la pauvreté, de la maladie, de l’affliction, de la tentation, des ennemis de toutes parts, et même dans les flammes de la violente persécution.

D’où vient ce repos ? Et comment le repos et même la joie sont-ils compatibles avec de telles conditions ? Ce repos est le repos de l’esprit qui se confie en Jéhovah – « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi » (És. 26 : 3). « Car celui qui est entré dans son repos [celui de Dieu], lui aussi s’est reposé de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes propres » (Héb. 4 : 10). Personne ne peut connaître la félicité de ce repos avant de l’avoir expérimenté. Et personne ne peut en comprendre la grande valeur avant d’être mis à l’épreuve de l’affliction.

Notre Seigneur donne la clé de ce repos dans ses paroles : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur ». Le secret du repos ne se trouve en effet que dans un esprit doux et paisible. Être doux, c'est cultiver les grâces de la patience, de la soumission aimante à la volonté de Dieu, de la ferme confiance dans Son amour, dans Ses soins, dans la sagesse de Son conseil qui nous guide, dans les attentions dont Il nous entoure, c'est poursuivre cette course avec persistance dans la bonne ou la mauvaise réputation, au milieu des circonstances favorables ou défavorables (2 Cor. 6 : 4,8).

Que les enfants bien-aimés de Dieu cherchent à copier de plus en plus l'esprit de douceur et d'humilité de Christ, en acceptant le secours que Dieu leur envoie et en obéissant à Ses préceptes et à Sa Parole comme le fit le Sauveur, étant armés de la force que Lui seul peut et veut donner à ceux qui se chargent de Son joug et se laissent enseigner par Lui (Manne du 21 juin).