Dans notre étude du tabernacle-type, qui était une ombre des bonnes choses à venir, nous avons vu que tout ce qui se trouvait à l'intérieur de celui-ci était d'or. Les planches avec lesquelles il était construit étaient recouvertes d'or. L'ameublement aussi était en or. Il s'y trouvait le chandelier d'or, la table d'or, l'autel d'or, l'arche d'or du témoignage et les chérubins d'or. L'or aussi dominait dans les vêtements de gloire-types du souverain sacrificateur. La frange de la robe de dessus était formée de clochettes et de grenades d'or ; le tissu de l'éphod était entremêlé de fils d'or et il était attaché aux épaules avec des agrafes d'or ; sur la tête était la couronne d'or sur laquelle était écrit « Sainteté à l'Eternel ».
Tout ceci était en contraste frappant avec les métaux employés ailleurs dans la structure extérieure du tabernacle, sa signification typique étant ici que tout, tant à l’intérieur du « Saint », qui représentait la condition présente des croyants véritablement consacrés, que dans le « Très Saint », qui représentait la condition glorieuse de l'Église triomphante, appartient à la nature divine, l'or étant un symbole de la divinité. Tous ceux qui ont le privilège d'entrer dans le Saint et le Très Saint-antitypes sont, comme Pierre nous le dit, « participants de la nature divine » (2 Pi. 1 : 4). Ils sont membres du corps du Souverain Sacrificateur dont la nature divine était symbolisée par les vêtements de gloire du grand prêtre du type.
C'est en harmonie avec cette même signification symbolique de l'or que Jean, dans l'Apocalypse, dit de la sainte cité, la Nouvelle Jérusalem : « Et la cité était d'or pur [une institution divine] ... ». « Et la rue de la cité était d'or pur » [tous ses grands chemins sont de conception divine] - Apoc. 21 : 18, 21. Le psalmiste parlant de la classe privilégiée qui, lorsqu'elle sera glorifiée, constituera la cité céleste, le gouvernement ou le royaume de Dieu, les membres du corps ou l’Épouse de Christ, participants de la nature divine, dit : « La reine est à la droite, parée d’or d’Ophir …, son vêtement est de broderie d’or » (Ps. 45 : 9,13).
C’est à ce même symbolisme bien approprié, que notre Seigneur aussi fait allusion dans notre texte, disant : « Je te conseille d’acheter, de moi, de l’or éprouvé par le feu ». Ces paroles, il est bon de s’en souvenir, ne sont pas adressées au monde, mais au peuple de Dieu, justifié et consacré (Apoc. 1 :1,3,14). Cette invitation est une exhortation à ceux qui sont fidèles d’accomplir leur alliance pour se soumettre eux-mêmes pleinement et sans réserve à la discipline du Seigneur, nécessaire à leur perfectionnement dans la sainteté, et pour les préparer à régner avec Lui, comme Son épouse et co-héritière, à la gloire du royaume de Dieu.
Il n’y a en nous de « l’or » de la « nature divine » que quand nous saisissons fermement par la foi les très grandes et précieuses promesses de co-héritage avec Christ dans Son Royaume de gloire qui vient, lesquelles promesses nous conduisent à accomplir leurs conditions de consécration et de sacrifice de soi-même, jusqu'à la mort. Ce trésor ne peut être acquis qu'au prix de l'entière consécration, du sacrifice de tout ce que nous avons, à Christ. Avant notre justification par la foi en Christ, nous n'avions rien à sacrifier, tout ce que nous avions étant sous la condamnation ; mais, étant justifiés, nous pouvons présenter nos corps en sacrifices vivants, saints, agréables à Dieu, ce qui est notre service raisonnable. C'est ainsi que le trésor de la nouvelle nature, la nature divine, l'or, nous est donné. C'est de cette manière que nous « achetons l'or ».
Mais nous avons ce trésor dans des vases de terre, par conséquent, beaucoup de gangue y est mélangée ; de là, la nécessité que l'or soit placé dans le creuset afin d'y être affiné. Si nous voulons acheter « de l'or éprouvé par le feu », cela doit être au prix d'une fidèle et constante soumission à la discipline du Seigneur dans d'ardentes épreuves nécessaires pour consumer nos scories et affiner notre or. C'est pourquoi Pierre nous dit : « Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui est au milieu de vous, qui est venu sur vous, pour votre épreuve, comme s'il vous arrivait quelque chose d'extraordinaire » (1 Pi. 4 : 12).
Paul aussi nous rappelle le conseil de la sagesse (Prov. 3 : 11, 12 ; Héb. 12 : 5-8). « Mon fils, ne méprise pas l'instruction de l'Éternel et n'aie pas en aversion sa réprimande ; car celui que l'Éternel aime, il le discipline ». Pierre nous rappelle aussi que l'épreuve de notre foi est beaucoup plus précieuse que celle de l'or qui périt, et que le but de telles épreuves est que nous puissions être « trouvés à louange et à gloire et à honneur, dans la révélation de Jésus-Christ » (1 Pi. 1 :7).
Espérer être propre pour le glorieux héritage des saints sans être affinés par des épreuves ardentes serait, pour un consacré du Seigneur, faire preuve de paresse, car Paul nous dit que « le feu éprouvera l'œuvre de chacun, afin de montrer de quelle sorte elle est ». « Si vous ne recevez pas de châtiments [discipline, épreuves ardentes] auxquels tous participent vous êtes des bâtards et non pas des fils » (1 Cor. 3 : 13 ; Héb. 12 : 6-8). Par le prophète Esaïe, le Seigneur dit à Son Israël selon l'esprit aussi bien qu'à Son Israël selon la chair-type : « Je tournerai ma main sur toi, et je te purifierai de tes scories et j'ôterai tout ton péché » (Esaïe 1 : 25). Le prophète Malachie se plaçant spécialement aux derniers jours de cet Âge-ci, les jours de la présence du Seigneur, et parlant du grand travail d'affinage qui y sera accompli, dit : « Qui supportera le jour de sa venue et qui subsistera lorsqu’il manifestera ? Car il est comme un feu d’affineur et comme la potasse des foulons. Et il s'assiéra comme celui qui affine et purifie l'argent ; et il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme l'or et comme l'argent » (Mal. 3 : 2,3).
DES ÉPREUVES ARDENTES DOIVENT ÊTRE ATTENDUES.
D'ardentes épreuves doivent donc être attendues par tous ceux qui appartiennent au peuple du Seigneur, spécialement dans ce jour du Seigneur. Aussi sûrement que nous sommes fils de Dieu, nous les aurons, et quand elles viendront, nous devrons reconnaître promptement leur mission à notre égard, et voir si nous sommes exercés par elles à la dévotion, à la sobriété ainsi qu'à une profonde et fervente piété. « Or, aucune discipline, pour le présent, ne semble être un sujet de joie, mais de tristesse ; mais plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle » (Héb. 12 : 11).
C'est à l'école de l'expérience que nous apprenons nos plus précieuses leçons ; les saints mûrs dans lesquels nous trouvons la plus profonde sympathie, la plus patiente indulgence, l'aide et la considération la plus tendre sont ceux qui ont passé par le feu de l'affliction et qui ont été justement exercés par elle. Ce fut quand la croix s'alourdit davantage, que les nuages s'assombrirent et que la tempête fut plus terrible, que la présence du Maître fut le plus sensiblement réalisée et que les leçons bénies de foi, de confiance et du tendre amour personnel du Seigneur, furent scellées dans le cœur de Ses disciples. C'est sous une telle discipline que l'âme se mûrit pour la soumission aimante qui dit avec calme, je puis tout faire, tout supporter, par Christ qui me fortifie. Au fur et à mesure que les scories de la vieille nature se consument et que l'or se manifeste, ces précieuses âmes deviennent de plus en plus chères à leur affectueux Seigneur. Elles lui sont si chères que, dans chaque affliction, Il se tient près d'elles, les soutenant par Sa grâce et les consolant par Sa présence ; alors, les ombres les plus opaques de la douleur deviennent les lieux de repos les plus sanctifiés dont elles se souviennent, où l'Étoile du Jour brille du plus grand éclat (Manne du 16 juin).
Toutes les fois qu'une nouvelle épreuve se présente au chrétien, s'il se l'appelle ce précepte du Seigneur : « Je te conseille d'acheter, de moi, de l'or éprouvé par le feu », cela stimule son courage, l'induit à l'endurance patiente et vivifie son sacrifice personnel. « De l'or éprouvé par le feu ! ». Comment pourrait-il être éprouvé sans le creuset et sans la flamme ? Comment les scories pourraient-elles en être éliminées autrement ? Il n'y a pas d'autre moyen. « C'est pourquoi ne le trouvez pas étrange » ; laissez brûler le feu, laissez se consumer les scories et faites attention, bien-aimés, qu'à cause de la chaleur de la flamme, vous n'enleviez pas le « sacrifice vivant » de l'autel ! Rappelez-vous que les yeux du grand Affineur sont sur vous ; comme celui qui affine l'or surveille le métal dans le creuset pour voir s'y refléter son image, ainsi le Seigneur a ses yeux sur vous. Le grand Affineur veille attentivement à ce que le précieux métal de votre caractère reflète Son image. Ou, pour parler clairement, il examine dans chaque épreuve quelles sont les influences qui dirigent nos actions. Il se rend compte si ce sont les influences des avantages présents, la politique mondaine, les amitiés personnelles, les amours terrestres - de maris, de femmes ou d'enfants, l'amour des aises ou de la paix à tout prix ou, au contraire, si nous sommes dirigés par les purs principes de la Vérité et de la justice, si nous voulons défendre ces principes avec zèle et énergie, quel que soit le prix que cela peut nous coûter en travail ou en souffrance, ou les deux à la fois, combattant ainsi le bon combat de la foi jusqu'à la fin la plus amère - savoir jusqu'à la mort (Manne du 17 juin).
Ceux qui se conduisent de cette manière reflètent l'image du maître. Comme Lui, ils sont fidèles envers Dieu, loyaux vis-à-vis de Ses principes de vérité et de justice ; braves, obéissants, fidèles. Ceux-là sont les vainqueurs. Ils sont vainqueurs par la foi ; car sans une foi forte et confiante, ils ne pourraient pas endurer un tel combat comme de bons soldats et poursuivre jusqu'à la fin une course qui est continuellement opposée au courant de la vieille nature humaine. La foi se cramponne à l'armure de Dieu et avance dans la bataille d'un pas ferme et assuré, animée par la mélodie inspirée :
Mon âme, debout ; dans la lutte excelle,
Combats avec vigueur,
La couronne d'or, la fin immortelle,
L'exige du vainqueur !
La course chrétienne du sacrifice de soi-même ne peut pas être faite d'aises, ni comparée à une promenade sur un voilier qui glisse paisiblement. Il peut y avoir du calme maintenant et plus tard, mais les tempêtes et les batailles sont la règle, et celui qui flatte les aises et la paix au détriment des principes de vérité et de justice et qui est si indifférent à la valeur de ces principes qu'il ne cherche pas à les étudier pour les discerner et les défendre, n'est pas un fidèle, un soldat de la croix victorieux :
Attends pour chanter victoire
Trop tôt ne te crois en paix ;
Seul, l'emblème de la gloire
Marque la fin des hauts faits.
Jésus a dit : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée. Car je suis venu mettre la division entre le fils et le père, entre la fille et la mère, entre la belle-fille et la belle-mère ; et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n'est pas digne de moi ». « Si quelqu'un vient à moi, et ne hait pas [c'est-à-dire, ne m'aime pas plus que - Diaglott, note marginale] son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, plus encore, sa propre vie, il ne peut être mon disciple ... Ainsi quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qu'il a ne peut être mon disciple ... Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende » (Matth. 10 : 34-38 ; Luc 14 : 26,33,35).
Oh ! comme l'ouïe de la foi est nécessaire à la victoire de la foi, à cette victoire qui fait subordonner tout amour à l'amour pour Dieu, qui fait plier tout autre intérêt aux intérêts de Son grand travail, et qui joyeusement sacrifie tout autre intérêt à ceux qui ont leur centre en Christ et en Son Royaume futur. L'oreille de la foi doit être accordée avec les mélodies de la Vérité divine pour que l'âme saisisse son inspiration bénie ; l'œil de la foi doit discerner la symétrie de la vérité et la beauté de la sainteté pour que l'âme soit remplie d'un zèle brûlant pour Dieu, pour Sa vérité et Sa justice. Que notre âme soit ainsi inspirée par un amour profondément enraciné pour la mélodie de la vérité et la beauté de la sainteté, et remplie d'un saint zèle pour Dieu, alors toutes les autres choses prendront une place secondaire, et nous aurons la victoire par la foi dans chaque rencontre avec l'ennemi.
L'âme ainsi appuyée sur Dieu pourra toujours chanter avec confiance :
Si, sur les flots en paix, j'avance vers le port,
Je te dois, ô mon Dieu, vent doux, ciel sans nuage.
S'ils sont tumultueux, je te remets mon sort :
Béni soit l'ouragan qui hâte mon voyage !
Bientôt les éléments céderont sous ta loi ;
Dans mon cœur, ton amour mettra la paix parfaite.
Enseigne-moi, Seigneur, à vivre par la foi
Et fais qu'en moi, toujours, ta volonté soit faite !