Les choses hautement estimées parmi les hommes sont la sagesse, la puissance et la richesse. Mais ce n'est pas la sagesse qui descend d'en haut, ni la puissance de la piété, ni les véritables richesses célestes que les mites ne peuvent détruire ni la rouille corrompre qui sont recherchées par le monde. Les hommes du monde n'ont pas appris la valeur de ces richesses, et c'est pourquoi ils "dépensent leur force pour rien, et leur labeur pour ce qui ne rassasie pas". "La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse" ; la foi qui s'appuie sur la puissance du Seigneur est le commencement de la force ; et la pauvreté qui abandonne librement toutes choses à la volonté et au service de Dieu est le commencement de la vraie richesse. La sagesse du monde, qui n'est pas fondée sur la révérence du Seigneur, tend à l'exaltation de soi et à l'orgueil ; le pouvoir, dans les mains des impies, tend à la fierté et à un égoïsme démesuré ; et la richesse, chez ceux qui n'ont pas appris de Dieu les responsabilités de l'intendance, ne tend qu'à rendre l'âme pauvre, imperméable aux nobles sentiments d'amour et de bonté fraternelle.
L'homme qui, à force de travail et de combats, réussit dans une certaine mesure à obtenir un ou tous ces prix terrestres se considère généralement comme un sage ; car il ne se rend pas compte de la fragilité de ces trésors, de leur insatisfaction à la fin, des pièges qu'ils renferment, ni de la valeur du trésor céleste qu'il a manqué en s'attachant aux choses terrestres éphémères.
Pour les mondains qui n'ont jamais connu les trésors de la grâce divine, ces biens terrestres sont d'une importance capitale ; mais pour l'enfant de Dieu, s'il les possède, ils ne font qu'accroître les responsabilités de son intendance ; car ils ne sont pas à lui, mais au Seigneur, tout étant inclus dans sa consécration. Tout ce qu'il possède de savoir humain — l'éducation — doit être subordonné à la sagesse de Dieu. Il ne doit pas entretenir de théories ou de philosophies humaines en conflit avec la Parole de Dieu. Un "Ainsi parle le Seigneur" doit être la fin de toute controverse lorsque les raisonnements humains entrent en conflit avec la sagesse divine ; car la sagesse de ce monde qui s'oppose à la sagesse céleste est "folie devant Dieu", et elle sera amenée à l'humiliation la plus honteuse. De même, la puissance humaine qui lève son faible bras pour défier la puissance de Jéhovah sera subitement détruite, et cela sans aucun recours, et les richesses amassées seront dispersées aux quatre vents. Quelle folie est-ce donc — surtout pour quelqu'un qui a été éclairé par la vérité et qui est devenu enfant et héritier de Dieu — d'oublier l'importance et la valeur du trésor céleste invisible et de se tourner vers les choses terrestres. Si quelqu'un se glorifie d'un tel comportement, il se glorifie de sa honte et de sa folie. Mais qu'il n'en soit pas ainsi pour nous : "Celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur". "Qu'il se glorifie en ceci", dit le Seigneur, "qu'il a de l’intelligence et qu’il me connaît". "Et c’est ici la vie éternelle", dit Jésus, "qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ" — Jean 17 : 3.
Ceci est la connaissance qui ne s'enfle pas, la sagesse qui descend d'en haut. Le début de cette sagesse est en réalité la révérence du Seigneur. Et nous ne pouvons grandir dans cette sagesse que par une croissance continue dans la révérence du Seigneur. Si, à quelque degré que ce soit, nous cessons de révérer suprêmement les paroles du Seigneur, ou si nous cessons de cultiver Sa connaissance par le privilège de la communion avec Lui dans la prière, dans l'étude de Sa Parole, dans la méditation de Son glorieux caractère et de Ses enseignements, et dans l'obéissance à Sa volonté, dans la mesure de notre négligence, nous ne parvenons pas à obtenir les bénédictions de cette sagesse qui descend d'en haut.
Mais si, en faisant usage de ces privilèges, nous ouvrons nos cœurs pour recevoir tout ce que la grâce divine a en réserve pour nous, alors, en effet, nous pouvons nous glorifier dans le Seigneur. Qu'un tel homme "se glorifie en ceci, qu'il a de l’intelligence et qu’il me connaît". Connaître ainsi le Seigneur, ce n'est pas seulement Le connaître, connaître quelque chose de Ses œuvres et de Ses voies, mais c'est Le connaître par cette communion intime qui, par une foi vivante, scelle dans nos cœurs les témoignages de Sa Parole et nous fait comprendre qu'ils sont nôtres personnellement, que le Seigneur Lui même est notre ami personnel, notre aide, notre conseiller et notre guide. Nous nous familiarisons ainsi avec Son esprit, Ses principes et Ses méthodes d'action, nous le comprenons, nous savons interpréter Ses providences, repérer Ses directives, relever Son attitude à notre égard et ainsi marcher quotidiennement avec Lui. C'est ainsi aussi que nous sommes amenés à mieux apprécier la justice du Seigneur et Sa bonté qui, en temps voulu, établira la justice sur toute la terre. En effet, nous pouvons nous glorifier du Seigneur et de Sa grande compassion à notre égard, lorsque nous parvenons ainsi à Le comprendre et à Le connaître.
Dans ce sens béni de l'amour et de la sollicitude divins, nous pouvons dire avec le Psalmiste : "Mon âme se glorifiera en l’Éternel. Je bénirai l’Éternel en tout temps ; sa louange sera continuellement dans ma bouche. Magnifiez l’Éternel avec moi, et exaltons ensemble son nom. J'ai cherché l’Éternel ; et il m'a répondu, et m'a délivré de toutes mes frayeurs. Cet affligé a crié ; et l’Éternel l'a entendu, et l'a sauvé de toutes ses détresses. Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l'homme qui se confie en lui. Craignez l'Éternel, vous ses saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent" — Psaume 34 : 1-9.
Combien précieuse est cette expérience de l'enfant de Dieu ! Mais elle ne peut jamais être l'expérience d'un cœur orgueilleux ; "car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne [la] grâce [sa faveur] aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand le temps sera venu" (1 Pierre 5 : 5, 6). Il est difficile pour ceux qui sont riches en sagesse, puissance ou prospérité de ce monde de réaliser cela (Matthieu 19 : 24-26). C'était dur pour les scribes et les pharisiens qui étaient riches en titres, en honneurs et en louanges des hommes ; c'était dur pour toute la nation juive qui était fière d'être la semence d'Abraham à qui revenaient les promesses de Dieu ; c'était dur pour les Grecs qui étaient fiers de leur sagesse mondaine et de leurs réalisations intellectuelles ; c'était dur pour les Romains qui étaient fiers de leur puissance et de leur prestige parmi les nations. Et c’est difficile aujourd'hui pour tous ceux qui s'enorgueillissent de quelque manière que ce soit. C'est dur pour tous les religieux dont l'orgueil dans les systèmes religieux sectaires de la chrétienté aveugle leurs yeux à la vérité qui est due maintenant ; c'est dur aussi pour ceux qui se vantent dans les philosophies et les sciences humaines, faussement appelées ainsi ; qui sont fiers d'être les inventeurs de quelque chose de nouveau et de particulier, et qui désirent être considérés comme grands et entraîner les hommes après eux ; c'est dur pour tous ceux qui révèrent les idées des hommes plus que les paroles du Seigneur. Tous ceux qui sont riches ou qui désirent s'enrichir dans les choses de la vie présente, et surtout ceux qui sont "riches" d'une bonne opinion d'eux-mêmes ou de leur propre volonté, ont du mal à s'humilier sous la puissante main de Dieu. En effet, l'Apôtre laisse entendre que le plus grand combat de chacun pour parvenir à la connaissance de la vérité se situe dans ce domaine ; car c'est après avoir rappelé la sévère humiliation de notre Seigneur Jésus qu'il dit : "Ainsi donc, mes bien-aimés, travaillez à votre propre salut [de la même manière] avec crainte et tremblement ; car c'est Dieu qui opère en vous [par cette sévère discipline, ce processus d'humiliation] et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" — Philippiens 2 : 12, 13.
Ceux qui se sont efforcés de le faire en toute sincérité ont toujours trouvé la grâce de Dieu suffisante pour eux ; mais très peu sont disposés à faire cette tentative. Pour tous les sages du monde, la prédication de la croix est une folie, et ils ne sont pas disposés à prendre leur croix chaque jour et à suivre le Christ.
C'est pour cette raison que "peu de sages selon la chair, peu de puissants, peu de nobles, sont appelés" à participer avec le Seigneur à la gloire de Son Royaume. Ils sont généralement si absorbés par les choses de la vie présente — ses occupations, ses soucis, ses plaisirs, etc. — qu'ils ne prêtent pas l'oreille à l'appel du Seigneur. Ils ne sont pas assez humbles pour entendre l'appel, et encore moins pour y obéir et suivre le chemin étroit de l'abnégation dans lequel le Seigneur les conduit.
"Mais Dieu a choisi les choses folles du monde [ceux qui ne sont pas remarqués pour leur sagesse, leur influence ou leur richesse dans le monde] pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde [les humbles pauvres], et celles qui sont méprisées, et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont" (1 Corinthiens 1 : 26-29). Combien il est vrai que les sages sont confondus aujourd'hui par la puissance de la vérité dans les mains du plus humble des enfants consacrés de Dieu ! Les systèmes d'erreur qui ont grandi pendant des siècles sont confondus et vacillent devant elle, et les sages de toutes les sectes en sont troublés ; car il devient de plus en plus évident pour tous les hommes que "la sagesse de leurs sages périra, et l'intelligence de ses intelligents se cachera" (Ésaïe 29 : 14).
Pourquoi Dieu a-t-Il choisi ces instruments faibles et inférieurs pour Sa grande œuvre ? Pourquoi n'utilise-t-il pas les langues éloquentes, les plumes d'écrivains habiles et le prestige de grands noms ? Paul nous dit pourquoi. C'est pour que "nulle chair ne se glorifie devant Dieu". La grande œuvre de la victoire sur le péché et de l'établissement de la justice sur la terre est l'œuvre du Seigneur : aucune puissance humaine n'est adaptée aux exigences de cette tâche. Pourtant, Dieu est heureux de permettre à Sa puissance d'agir par l'intermédiaire de tout instrument humain qui convient à Son usage, c'est-à-dire qui peut être utilisé sans se porter préjudice. Si Dieu opérait Ses merveilles par l'intermédiaire de ceux dont le cœur est enclin à l'orgueil, cet orgueil grandirait et s'arrogerait la gloire qui appartient à Dieu, au lieu d'apprécier l'honneur d'être un serviteur de Dieu, un instrument dans Sa main puissante — "utile au Maître".
L'utilisation par le Seigneur des instruments les plus faibles, de ceux qui n'ont qu'un tout petit talent pour Son service, s'avère être parfois une exaltation trop grande, et ce qui était une bénédiction devient une malédiction par orgueil et vaine gloire. Telle est la perversité de la nature humaine, et telle est la subtilité de l'Adversaire pour prendre l'avantage, que les textes cités ci-dessus deviennent parfois une pierre d'achoppement pour beaucoup qui ne sont pas seulement pauvres financièrement, mais qui sont aussi pauvres en intellect et en éducation, et qui manquent même d'instruction dans la Parole divine. Ils oublient que le Seigneur a dit : "Bienheureux les pauvres", c'est-à-dire ceux qui étaient pauvres (ou qui le sont devenus) comme Ses disciples (Luc 6 : 20) ; ou, comme le rapporte Matthieu (5 : 3), "Bienheureux les pauvres en esprit". Et ils oublient que l'ignorant comme le savant, le pauvre comme le riche, peuvent devenir "enflés d’un vain orgueil par les pensées de sa chair". Il est triste de voir "un homme se prendre pour quelque chose, alors qu'il n'est rien" (Galates 6 : 3), se tromper lui-même, mais surtout lorsque les rudiments de l'éducation et de la foi chrétienne font défaut. Nous croyons que la modestie et la simplicité sont des traits de caractère à cultiver par les riches et les pauvres, qui sont bénis par la connaissance de la vérité, et que "couvrir de honte les choses fortes" (1 Corinthiens 1 : 27) doit être fait avec humilité et douceur (Éphésiens 4 : 2 ; 2 Timothée 2 : 25), et non dans un esprit combatif ou avec une démonstration de satisfaction de leur défaite.
Par-dessus tout, bien-aimés, conservons notre humilité. Ce n'est que lorsque nous sommes petits à nos propres yeux que Dieu peut nous employer avec sécurité pour nous mêmes. Et encore, Il ne nous met pas à l'abri des épreuves de fidélité. C'est pourquoi, si le Seigneur vous donne aujourd'hui une petite louange, un petit encouragement pour le succès dans Son service, acceptez-les humblement, vous rappelant votre indignité et votre insuffisance personnelles s'il n'avait plu à Dieu d'agir par votre moyen. Soyez de même prêts à recevoir les humiliations de demain comme étant nécessaires pour vous former et pour équilibrer votre caractère. Si le succès d'hier vous rend irritable sous l'humiliation d'aujourd'hui, prenez garde ! Vous n'êtes pas aussi franchement développés spirituellement que vous devriez l'être. Quels que soient les triomphes de la vérité par notre intermédiaire, rappelons-nous toujours que nous sommes parmi "les choses qui ne sont pas". Efforçons nous donc de faire nôtre l'expérience de l'Apôtre Paul, qui a dit : "J'ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations. Je puis toute chose en celui qui me fortifie" — Philippiens 4 : 11-13.
Dans les relations de Dieu avec Son peuple, en tout temps, nous pouvons constater qu'Il prend soin de le protéger contre l'orgueil et l'autosuffisance. S'il veut faire d'Israël Son peuple particulier, Il lui permet d'abord d'être asservi pendant quatre cents ans, puis, d'une main puissante et d'un bras étendu, Il le rassemble dans la terre promise. Moïse, lui aussi, le libérateur choisi, était d'humble naissance. Il était lent à parler et avait besoin d'Aaron pour pallier cette faiblesse. Et Paul avait son "écharde dans la chair", dont le Seigneur n'a pas voulu le délivrer, bien qu'il l'ait supplié trois fois de l'enlever ; et le Seigneur lui a dit : "Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans l’infirmité [c'est-à-dire que ma force, agissant à travers ce vase de terre imparfait, sera plus manifeste aux hommes que si le vase était parfait et poli. Dans ce cas, les hommes pourraient attribuer la grandeur de l'œuvre au talent de Paul, et en conclure que, puisque Paul n'est qu'un homme, il est présomptueux de sa part de vouloir enseigner à d'autres hommes, etc. Mais si l'on voit que la puissance est de Dieu, et qu'elle agit simplement par l'intermédiaire de Paul, qui est un instrument prêt à l'emploi, humble, volontaire et énergique, alors le témoignage de la grâce de Dieu aura du poids à leurs yeux : et il en fut ainsi]".
À cette explication et à cette assurance du Seigneur, Paul répondit humblement : "Je préfère donc me glorifier dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi" (2 Corinthiens 12 : 8, 9).
Le Seigneur, avec une sagesse infaillible, a toujours choisi les humbles pour chaque grande œuvre. Moïse était l'homme le plus humble de toute la terre (Nombres 12 : 3). L'humilité était une caractéristique marquée de tous les prophètes et des Anciens Dignes. Le Seigneur Jésus était doux et humble de cœur (Matthieu 11 : 29), et bien qu'il fût riche, il s'est fait pauvre pour nous. Il était d'humble naissance, né dans une crèche et élevé dans la ville méprisée de Nazareth, afin qu'on l'appelle Nazaréen. Les douze Apôtres étaient tous des hommes simples, pour la plupart des pêcheurs ; de même, toute l'Église de l'Évangile — non pas l'église nominale, mais ceux dont les noms sont écrits dans le ciel — ont généralement été les pauvres de ce monde, qui étaient prêts à être humiliés encore davantage, afin que la puissance de Christ puisse être manifestée à travers eux.
Que chacun s'humilie donc sous la puissante main de Dieu. Ce n'est pas le temps de l'exaltation, mais de l'humiliation et de l'épreuve. L'exaltation viendra en temps voulu pour les fidèles. Que notre gloire actuelle réside dans le fait que nous comprenons et connaissons le Seigneur, et dans le fait qu'Il condescend à Se servir de ces pauvres vases terrestres pour Son service, afin qu'il soit manifeste pour tous les hommes que l'excellence de la puissance est de Dieu, et non des hommes — 2 Corinthiens 4 : 7.