R 1862
LA RÉCOMPENSE DE CALEB - JOSUÉ 14 : 5-14.
« Parce qu’il avait pleinement suivi l’Éternel, le Dieu d’Israël » - Jos. 14 : 14.

Dans toutes les promesses faites aux fidèles avant l'Âge de l'Évangile, il n'y avait aucune allusion aux choses spirituelles, au Haut-Appel au cohéritage avec le Christ, au privilège d'être transformés en Nouvelles-Créatures, participants de la nature divine, etc. Ainsi, par exemple, Caleb suivit pleinement le Seigneur Dieu d'Israël et reçut comme récompense une part spéciale du pays de Canaan.

Nous observons également de nombreuses promesses similaires faites à Israël en tant que nation, sous la condition de leur obéissance à Dieu, de leur foi et de leur loyauté : ils devaient manger les biens du pays ; leurs jours devaient être longs sur la terre que le Seigneur leur avait donnée ; leurs ennemis ne devaient pas triompher d'eux ; ils devaient être bénis dans leurs paniers et leurs greniers, etc. Telles étaient les récompenses temporelles directes des choses terrestres promises aux obéissants. Mais les promesses qui devaient se réaliser pour eux, même au-delà de la tombe, étaient également de nature terrestre. À Abraham, Dieu dit : « Lève tes yeux, et regarde, du lieu où tu es, vers le nord, et vers le midi, et vers l'orient, et vers l'occident ; car tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à ta semence, pour toujours ». Et Étienne et Paul, se référant à cette promesse terrestre faite à Abraham et à sa postérité selon la chair, nous rappellent que cette promesse n'a jamais été accomplie pour Abraham dans sa vie passée (et qu'elle ne l'a pas encore été pour sa postérité – « pour une possession éternelle ») ; mais qu'il est mort dans la foi, croyant que lorsqu'il serait réveillé de la mort en temps voulu, la promesse serait accomplie - Actes 7 : 5 ; Héb. 11 : 8-10.

Ces observations suggèrent plusieurs questions importantes. (1) Le Chrétien peut-il s'attendre à des récompenses temporelles ou à la prospérité terrestre comme une récompense actuelle de sa fidélité à Dieu ? (2) La semence spirituelle d'Abraham doit-elle partager l'héritage terrestre avec la semence charnelle ? ou (3) vice versa, si les promesses supérieures ont été faites à la semence spirituelle, l'Église de l'Évangile, peuvent-elles s'appliquer aussi à la semence charnelle ?

En considérant d'abord la deuxième question, nous répondons : Non, car les saints de l'Âge de l'Évangile doivent passer de la nature humaine à la nature spirituelle, divine. Ils doivent être rendus semblables au corps glorieux du Christ, qui est maintenant « l'image conforme du Père » - « le roi immortel, invisible et habitant la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n’a vu, ni ne peut voir » ; et avec le Christ, ils doivent hériter de toutes choses (1 Cor. 15 : 51-53 ; Phil. 3 : 21 ; 2 Pi. 1 : 4 ; Phil. 1 : 5 ; 1 Tim. 1 : 17 ; 6 : 16 ; Apoc. 21 : 7 ; Rom. 8 : 17). Tandis que la postérité charnelle d'Abraham se réjouira de s'asseoir, chacun, sous sa propre vigne et son propre figuier, sans que personne ne puisse les importuner ou les effrayer (Mich. 4 : 4), la postérité spirituelle régnera avec le Christ dans la gloire, et, de sa position élevée, pourra bénir toutes les familles de la terre ; et non seulement cela, mais même juger les anges - Gen. 28 : 14 ; Gal. 3 : 16,29 ; 1 Cor. 6 : 3.

La postérité charnelle d'Abraham, même les prophètes et les martyrs les plus dignes et les plus fidèles, ne peuvent pas non plus hériter des « promesses extrêmement grandes et précieuses » de la faveur divine qui appartiennent à une dispensation ultérieure ; car il est écrit que la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu, le plan spirituel de ce royaume étant ici visé, - bien qu'ils hériteront de sa phase terrestre, comme il est écrit : « Vous [les Juifs infidèles] verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu [la phase terrestre], et vous-mêmes en serez chassés » (Luc 13 : 28). Ces deux phases du Royaume seront en communication et en coopération pendant le Millénium - l'une, supérieure, spirituelle et invisible, et l'autre, parfaitement humaine et visible parmi les hommes. Ainsi, il est écrit : « De Sion [la phase spirituelle] sortira la loi, et de Jérusalem [la phase humaine, visible] la parole de l’Éternel » (Es. 2 : 3). Et tandis que la promesse faite à Abraham, « En toi et en ta semence [‘laquelle semence’, dit Paul, ‘est le Christ’ - Tête et corps] seront bénies toutes les familles de la terre », s'accomplira principalement dans la semence spirituelle, les phases terrestres exaltées du royaume seront les canaux ou agences bénis par lesquels la bénédiction s'étendra à toutes les familles de la terre. Et ainsi, comme le déclare l'Apôtre, la promesse de Dieu – « En toi et en ta semence seront bénies toutes les familles de la terre » - sera assurée à toute la semence, non seulement à celle qui est de la loi (la semence charnelle), mais aussi à celle qui est de la foi d'Abraham. Et si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la semence d'Abraham et les héritiers selon la promesse - Rom. 4 : 16 ; Gal. 3 :16,29.

Cela nous rappelle les deux phases du royaume de Dieu telles qu'elles sont présentées dans les ETUDES DANS LES ECRITURES, VOL. I, Chap. XIV, et l'héritage et la fonction séparés et distincts de chacun. Cela nous rappelle également l'enseignement du Seigneur selon lequel tous les descendants naturels d'Abraham ne seront pas héritiers avec lui de la promesse, mais seulement ceux qu'Abraham serait honoré de posséder comme fils - ceux qui partagent son esprit ou sa disposition - voir Jean 8 : 39, 44.

Alors qu'à la semence naturelle d'Abraham est promis tout le pays qu'Abraham a vu, et le privilège d'y habiter en sécurité, et alors que les héritiers de la phase terrestre du royaume seront princes sur toute la terre (Ps. 45 : 16), à la semence spirituelle d'Abraham, qui est le Christ - Tête et corps - sont données les « promesses extrêmement grandes et précieuses » - 2 Pi. 1 : 4.

Ceci nous amène à l'examen de notre première question : Le Chrétien peut-il attendre de sa fidélité à Dieu des récompenses de prospérité terrestre, soit dans la vie présente, soit dans celle qui est à venir ?

Nous avons déjà montré que les Chrétiens, membres du corps du Christ, ont au-delà de cette vie « un héritage incorruptible, sans souillure et immarcescible, qui leur est conservé dans les cieux » (1 Pi. 1 : 4) ; par conséquent, l'héritage terrestre de la perfection humaine et d'une demeure paisible, chacun sous sa vigne et son figuier, ne saurait retenir sur terre les êtres spirituels immortels, participants de la nature divine, dont l'étendue des pouvoirs doit nécessairement s'étendre jusqu'aux confins de la création.

Ceux qui courent vers le prix de ce Haut-Appel à la gloire, à l'honneur et à l'immortalité, comme rois et prêtres de Dieu, ne peuvent pas non plus s'attendre aux récompenses de la prospérité temporelle actuelle dans les biens de ce monde ; car le chemin vers la couronne est le chemin de la croix, le chemin du sacrifice, aussi bien pour chaque membre du corps du Christ que pour notre Tête et Seigneur, le Christ Jésus Ce ne fut pas la prospérité terrestre qui fut la récompense de la fidélité du Seigneur mais, au contraire - les privations et les persécutions - même jusqu'à la mort. Il fut « un homme de douleur, habitué à la souffrance ». Les outrages de ceux qui outrageaient Dieu tombèrent sur Lui ; bien qu'Il fût riche, Il S'est fait pauvre pour nous, si pauvre qu'Il put dire : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête ». « Le serviteur n'est pas au-dessus de son Maître ». S'ils L'ont persécuté, ils nous persécuteront aussi, et les outrages de ceux qui L'outragèrent tomberont de même sur nous. La seule récompense à laquelle peuvent s'attendre présentement les disciples de Christ est la manifestation qu'ils éprouvent dans leurs cœurs de l'amour et de l'approbation du Seigneur (Manne du 9 juin). « Dans le monde », a-t-il dit, « vous aurez des tribulations, mais en moi vous aurez la paix ».

Il faut également observer que, bien que des récompenses de prospérité temporelle aient été promises et accordées à l'Israël charnel en tant que nation et en tant qu'individus, la fine fleur de cette nation, les patriarches et les prophètes fidèles n'ont pas reçu de telles récompenses temporelles, mais, comme l'Église de l'Évangile, ils ont enduré la rude épreuve comme de bons soldats et ont noblement combattu le bon combat de la foi ; et leur abondante récompense sera dans la gloire de la phase terrestre du Royaume de Dieu. Notez le récit de leur endurance fidèle tel qu'il est rapporté par Paul dans Hébreux 11.

Les récompenses et les punitions temporelles et la discipline générale de l'Israël charnel étaient typiques de la discipline similaire du Seigneur à l'égard du monde dans l'âge à venir ; tandis que Sa sélection parmi ce peuple d'une classe digne de vainqueurs pour la phase terrestre du Royaume était typique de Sa sélection pendant l'Âge de l'Évangile d'une classe de vainqueurs pour la phase spirituelle du Royaume. De toute manière, cela vaut la peine de suivre entièrement le Seigneur Dieu d'Israël, qui récompense tous ceux qui Le cherchent diligemment pour marcher dans Ses voies – Héb. 11 : 6 ; Prov. 8 : 32-36.