Quels mots d'ordre plus appropriés que ceux-ci pourraient exprimer l'attitude appropriée du soldat Chrétien ? « Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer. Résistez-lui, étant fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances s’accomplissent dans vos frères qui sont dans le monde ».
Le terme « frères » englobe tous les soldats du Christ dans le monde entier, et cette représentation de leur caractère actuel n'est pas un simple cliché ; car un puissant conflit est en cours, une guerre est menée, et la rencontre est d'une gravité dramatique. Ceux qui ne savent rien de ce grand conflit, et qui n'y prennent aucune part, bien qu'ils puissent porter le nom de Christ - chrétiens - n'ont en réalité aucun droit à ce nom, car ils ne sont pas les soldats de Christ. Jésus Lui-même était un soldat, il a combattu jusqu'au bout et a remporté la victoire. Il est le Capitaine de tous ceux qui acceptent la rédemption qu'Il a achetée et qui suivent Ses traces, et Il les conduira à une victoire certaine, s'ils ne défaillent pas – Gal. 6 : 9.
L'Apôtre Paul donne la même idée de la vie chrétienne. Il la représente comme un combat acharné, et il exhorte tous les vrais soldats de Christ à « se revêtir de l’armature complète de Dieu, afin de pouvoir résister aux ruses du diable » ; car, dit-il, « notre lutte n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes ...Tenez donc ferme, ayant ceint vos reins de la vérité, et ayant revêtu la cuirasse de la justice », etc. - Eph. 6 : 10-18.
Quand nous considérons combien notre adversaire est fortement ancré dans le monde - dans ses théories, ses principes, ses institutions, sa politique, ses espérances, ses aspirations et ses objectifs - et que la vie chrétienne est en opposition directe avec tout cela ; et quand nous considérons en outre comment, parce que nous avons participé à l'esprit du monde, l'ennemi de nos âmes s'est fortement ancré dans nos faibles natures déchues ; et encore, comment, avec une subtilité astucieuse, cet ennemi personnel, invisible et intelligent, complote et manigance pour nous attirer, nous tromper et nous conduire au péché - lorsque nous considérons toutes ces choses avec un jugement sobre, alors nous réalisons que nous sommes au cœur d'un grand conflit.
Les trois points d'attaque de l'ennemi sont, comme l'Apôtre Jean (1 Jean 2 : 16) les énumère, « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie ».
Le premier de ces points comprend tous ces appétits et passions communs à toute la famille humaine, qui, dans leur usage légitime, sous le contrôle total de la raison et de la conscience, sont justes et appropriés, mais qui, cultivés indûment jusqu'à devenir les maîtres de la raison et de la conscience, dégradent et avilissent l'homme.
Le second, « la convoitise des yeux », comprend toutes les ambitions d'acquérir et de posséder tout ce que l'œil (l'œil naturel ou l'œil de l'entendement) perçoit comme bon, c'est-à-dire comme satisfaisant pour l'esprit charnel, la vieille nature non régénérée. Cette disposition pousse à la satisfaction de soi, sans tenir compte des droits et des libertés des autres dans n'importe quelle direction. Elle aspire à la richesse, à la gloire, au pouvoir ou à la distinction sociale, et à ces fins, elle est encline à exploiter toutes les énergies de l'esprit et du corps.
Le troisième, « l'orgueil de la vie », est la fleur de l'égoïsme, si odieux à Dieu et à tous les hommes de bien. C'est cette disposition de l'homme qui se glorifie de sa honte. Quand les convoitises de la chair et des yeux ont apporté leur malédiction sous forme d'étroitesse, de sectarisme et de vanité, et quand elles sont allées plus loin en privant les autres de leurs droits et de leurs privilèges, alors l'orgueil, l'exaltation de la bassesse, a son court triomphe, et s'élève haut au-dessus des malheureux sujets de ses pouvoirs et se réjouit de la désolation qu'il a causée.
Ces trois points d'attaque du grand ennemi sont les points que le Seigneur voudrait que nous surveillions avec une vigilance infatigable. Soyez sobres, veillez à ce que l'ennemi ne s'approche pas de la citadelle de votre cœur par l'une de ces voies.
Il est certain qu'il fait des attaques répétées ; et que ces attaques surviennent soudainement et sans avertissement, et souvent avec une force terrible, est une chose expérimentée par tous : d'où la nécessité d'une vigilance sobre et constante. Soyez assurés que l'ennemi, toujours vigilant, profitera de nos moments d'inattention et de nos conditions non protégées, si elles existent. Même avec toute la vigilance et la préparation dont nous pouvons faire preuve, la capacité de résister à l'ennemi et à ses attaques cause plus ou moins de souffrance et met souvent à rude épreuve les forces d'endurance. En effet, nous devons nous attendre à ce que la contrainte exercée sur nos capacités d'endurance soit parfois si forte qu'elle menace de nous déstabiliser, et qu'elle le fera certainement si nous nous confions à nos propres forces. Nous sommes avertis de ne pas considérer comme surprenante l'épreuve du feu qui ne manquera pas de nous éprouver si nous sommes vraiment des fils de Dieu et des soldats du Christ, comme si quelque chose d'étrange nous arrivait. Le soldat Chrétien doit s'attendre à ces épreuves et s'y préparer avec soin (1 Pi. 4 : 12-16).
Pierre laisse entendre que la puissance par laquelle nous devons résister à l'adversaire est la puissance de la foi - « résistez-lui, étant fermes dans la foi ». Et Jean exprime la même pensée en disant : « La victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi » (1 Jean 5 : 4). Si nous ne sommes pas forts dans la foi, comment pouvons-nous supporter la souffrance pour elle ? La foi doit saisir les promesses extrêmement grandes et précieuses de Dieu et apprécier leur valeur. La foi doit aussi s'appuyer sur la puissance de Dieu et trouver la grâce qui l'aidera à chaque fois qu'elle en aura besoin. Et la foi en un Dieu juste et personnel, dont l'œil est toujours sur nous, doit cultiver régulièrement ces éléments de caractère qui Lui sont toujours agréables et acceptables, et dont Pierre nous dit qu'ils sont les plus essentiels à notre victoire finale dans cette guerre - 2 Pi. 1 : 5-10.
Il insiste pour que, en plus de notre foi dans les promesses extrêmement grandes et précieuses qui nous inspirent le zèle et nous donnent un courage renouvelé, nous fassions tout notre possible pour ajouter « à notre foi la vertu, et à la vertu la connaissance, et à la connaissance la tempérance, et à la tempérance la patience, et à la patience la piété, et à la piété l’affection fraternelle, et à l’affection fraternelle l’amour. Puis il ajoute : « Car en faisant ces choses, vous ne faillirez jamais ».
La culture constante et persistante de ces grâces de caractère clarifiera également notre vision spirituelle, nous permettant de mieux comprendre la vérité de Dieu, et ainsi, « par les armes de justice de la main droite et de la main gauche », nous serons en mesure d’« éteindre tous les dards enflammés du méchant » et de remporter la victoire de la foi et de rendre sûrs notre appel et notre élection.
Avec cette vision de la grande bataille pour la vie du Chrétien, quel travail nous avons devant nous et quelle nécessité pour nous d'être sobres, vigilants et fermes ! C'est le travail de toute une vie, un combat de toute l'existence contre un puissant ennemi retranché dans notre chair. En effet, les puissances du dehors sont fortes, mais la guerre intérieure est de beaucoup la plus terrible. Si, en quelque mesure, vous êtes empoisonnés par l'esprit du monde, si vous cédez, même imperceptiblement, à la satisfaction personnelle, à l'amour de vos aises, du plaisir, à une légère indulgence pour l'une ou l'autre de vos anciennes dispositions à l'envie, à la médisance, à l'orgueil, à la vaine gloire, à la vantardise, à la violence, à la prétention, à la colère, aux disputes - ou à toute autre chose semblable, oh ! combien est grand le péril auquel vous êtes exposés ! (Manne du 6 juin).
Bien-aimés, menons une bataille résolue contre le monde, la chair et le diable, en cherchant et en trouvant, chaque jour et chaque heure, de nouvelles provisions de grâce ; car chaque jour et chaque heure est un temps de besoin, si seulement nous sommes éveillés pour le réaliser. C'est au combat contre les puissances intérieures que nous sommes à nouveau renvoyés, lorsqu'il est dit : « Qui est lent à la colère vaut mieux que l’homme fort, et qui gouverne son esprit vaut mieux que celui qui prend une ville » (Prov. 16 : 32). Oui, la tâche est plus grande, et représente un effort plus grand, mais aussi plus noble. Menons le bon combat de la foi dans cette direction. Que notre vie soit une lutte quotidienne et horaire pour vaincre le mal qui est en nous, pour purifier et embellir notre propre caractère. Ainsi, nous serons d'autant mieux préparés à lutter fidèlement et fermement contre les ennemis extérieurs - à mener un bon combat jusqu'à la fin.
L'Apôtre, dans la plénitude de son amour et de sa sympathie pour tous ses compagnons de l'armée du Seigneur, ajoute à sa fervente exhortation cette bénédiction finale : « Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, lorsque vous aurez souffert un peu de temps, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable ». Ce n'est qu'en endurant les difficultés comme de bons soldats de Jésus-Christ que cette condition désirable peut être atteinte savoir, la maîtrise parfaite de soi-même, la capacité de résister au mal, la fermeté dans la foi, la patience et la vertu, le repos calme et constant en Christ et l'espérance dans la parole de Sa promesse. Ce fut là, indubitablement, l'espérance personnelle de l'Apôtre, au fur et à mesure qu'il vieillissait au service du Maître. Puisse-t-elle être aussi la nôtre ! Que chaque année qui passe nous trouve plus près du glorieux sommet de la perfection ! (Manne du 7 juin).
PAIX ! UNE PAIX PARFAITE !
« Tu garderas dans une paix parfaite l'esprit qui s'appuie sur toi, car il se confie en toi » – Esaïe 26 : 3.
Paix ! paix parfaite ! dans ce monde obscur de péché ?
Le sang de Jésus murmure la paix à l'intérieur.
Paix ! paix parfaite ! par des devoirs pressants ?
Faire la volonté de Jésus, voilà le repos.
Paix ! paix parfaite ! avec les chagrins qui déferlent ?
Sur le sein de Jésus, on ne trouve que le calme.
Paix, paix parfaite ! au milieu des douleurs les plus vives ?
La sympathie de Jésus apporte le repos.
Paix ! paix parfaite ! avec des êtres chers qui sont loin ?
Sous la garde de Jésus, nous sommes en sécurité, et eux aussi.
Paix ! paix parfaite ! notre avenir tout inconnu ?
Nous connaissons Jésus, et il est sur le trône.
Paix ! paix parfaite ! la mort nous assombrit, nous et les nôtres ?
Jésus a vaincu la mort et tous ses pouvoirs.
C'est assez : les luttes terrestres cesseront bientôt,
Et Jésus nous appelle à la paix parfaite du ciel.
E. H. BICKERSTETH.