La foi comporte les deux éléments de la conviction intellectuelle et de la confiance du cœur. La première est la foi dans son sens abstrait ; la seconde en est la forme concrète. C'est dans ce dernier sens, le plus complet, que nous lisons : « Car du cœur on croit à la justice » (Rom. 10 : 10). La tête et le cœur - l'intellect et les affections - sont tous deux nécessaires à cette foi sans laquelle il est « impossible de plaire à Dieu » (Héb. 11 : 6) ; mais beaucoup croient avoir la foi alors qu'ils n'ont qu'un seul de ses éléments essentiels. Chez les uns, elle n'est qu'émotion ; chez les autres, elle n'est qu'intellectualité ; mais ni l'une ni l'autre ne peut résister à l'épreuve du feu : il faut qu'elles soient réunies si l'on veut qu'elles durent jusqu'à la fin et qu'elles soient trouvées pour la louange, l'honneur et la gloire à l'apparition de Jésus-Christ.
Une compréhension intellectuelle des principes fondamentaux de la vérité divine - à savoir, l'existence d'un Dieu personnel et intelligent, Créateur et Souteneur de toutes choses, ainsi que Son dessein et Son plan de rédemption par Son Fils unique et bien-aimé, Jésus-Christ - constitue le fondement de la foi ; tandis que la confiance et le recours, dans la mesure de Ses promesses, au Dieu personnel qui est l'auteur de notre être et qui, en tant que Père, fait appel à la confiance et à l'amour implicites de Ses enfants, constituent la superstructure de notre foi.
L'épreuve de notre foi à laquelle le Seigneur et les Apôtres font référence est donc une épreuve, non seulement de notre reconnaissance intellectuelle de la vérité divine, mais aussi de la confiance de notre cœur en Dieu. À ces deux égards, tout véritable enfant de Dieu verra sa foi sévèrement mise à l'épreuve, et, en tant que soldat du Christ, il ne faut pas qu'il manque d'être armé pour le conflit. Si le fondement intellectuel de notre foi est attaqué, nous devons veiller à ce que chaque élément de notre croyance soit justifié par un « Ainsi parle le Seigneur ». Que la Parole de Dieu règle toutes les questions, et qu'aucune philosophie humaine, si ingénieuse soit-elle, ne nous entraîne dans les labyrinthes de l'erreur ; car si les fondements de la foi sont ébranlés, la superstructure ne pourra pas résister aux vents et aux flots de l'adversité et de la tentation. Le doute et la crainte la feront trembler, et lorsqu'elle sera ainsi affaiblie, l'adversaire vigilant ne manquera pas d'envoyer contre elle un souffle de tentation, et grand sera le péril de l'âme.
Regardons donc bien les fondements de notre foi, étudions la doctrine et acquérons une conception mentale claire de chaque élément de la vérité divine que la Parole inspirée présente au peuple de Dieu ; enracinons-nous, fondons, établissons-nous dans la foi, dans les doctrines de Dieu, et tenons-les fermement : ce sont les lettres de créance divines ; et prêtons-y une attention sérieuse, de peur de les laisser échapper à quelque moment que ce soit - Héb. 2 : 1.
Mais, après avoir bien compris les doctrines qui sont les fondements de la foi, nous devons aussi bien veiller à la superstructure de la confiance du cœur, qui est en vérité plus exposée aux tempêtes et aux inondations que les fondements, étant plus constamment exposée. L'Apôtre Pierre nous dit qu'une foi éprouvée, testée, une foi qui a résisté à l'épreuve du feu et en est sortie victorieuse, est très précieuse aux yeux de Dieu. C'est-à-dire que chaque fois que nous traversons un conflit et que nous conservons non seulement la vérité, mais aussi notre confiance en Dieu et nos promesses aussi bien dans l'obscurité que dans la lumière, notre intégrité de cœur et d'intention, et notre zèle pour la vérité et la justice, notre caractère s'est renforcé, est devenu plus équilibré et plus semblable au Christ, et donc plus agréable à Dieu, qui nous soumet ainsi à la discipline précisément pour cette raison.
C'est pourquoi, « Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui qui est au milieu de vous, qui est venu sur vous pour votre épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; mais, en tant que vous avez part aux souffrances de Christ, réjouissez-vous, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec transport » (1 Pi. 4 : 12,13). Il est digne de remarquer ici qu'il est fait spécialement allusion, non pas aux épreuves de la croyance intellectuelle provoquées par la présentation de fausses doctrines, mais aux opprobres et aux persécutions à cause du Christ, soit pour l'adhésion à Ses doctrines, soit pour la conformité à Sa justice ; car, ajoute l'Apôtre, « Si vous êtes insultés pour le nom du Christ, vous êtes bienheureux, car l'esprit de gloire et de Dieu repose sur vous ». Il nous avertit de veiller seulement à ne pas souffrir comme des malfaiteurs. « Mais », dit-il, « si quelqu'un souffre comme chrétien [c'est-à-dire, soit pour les principes chrétiens, soit pour la doctrine chrétienne], qu'il n'en ait pas honte, mais qu'il glorifie Dieu en ce nom ».
Le prophète Daniel dit lui aussi que, particulièrement dans ce temps de la fin, « plusieurs seront purifiés, blanchis et affinés » ; et Malachie (3 : 2,3) compare les épreuves de ce temps au « feu du raffineur » et à la « potasse des foulons », qui sont conçus pour raffiner et purifier le peuple du Seigneur. L'Apôtre Paul nous exhorte à combattre le bon combat de la foi et à supporter patiemment les afflictions jusqu'à la fin (1 Tim. 6 : 12 ; 2 Tim. 2 : 3). Et nombreuses sont les paroles de consolation et de réconfort béni offertes par le Psalmiste et d'autres au peuple de Dieu, aux prises avec la tempête et la souffrance (voir Ps. 77 : 1-14 ; 116 : 1-14 ; 34 : 19 ; 31 : 24 ; 2 Thes. 3 : 3).
Êtes-vous donc, cher frère ou sœur, pressé de toutes parts par les tentations de douter que la protection, l'amour et la sollicitude de Dieu soient à vous, que Ses précieuses promesses vous appartiennent ? êtes-vous découragé et abattu ? les ennemis vous semblent-ils trop nombreux et trop forts pour vous ? les reproches viennent-ils avec un poids écrasant, et les nuages pèsent-ils lourdement sur votre tête apparemment sans défense ? Ah, c'est justement à ce moment-là que la foi doit revendiquer sa victoire ! N'est-il pas promis : « C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi ? ». C'est votre foi qui est maintenant à l'épreuve. Dans les jours plus calmes, lorsque le soleil de la faveur brillait avec éclat sur vous, vous posiez tranquillement le fondement de la connaissance de la Vérité et édifiiez la superstructure du caractère chrétien. Maintenant, vous êtes dans la fournaise pour être éprouvés : rassemblez donc tout votre courage, fortifiez votre patience, tendez vos nerfs pour l'endurance, retenez ferme votre espérance, rappelez à votre esprit les promesses qui sont toujours pour vous et « n'abandonnez point votre confiance qui doit avoir une si grande récompense ». « C'est dans le calme et la confiance que sera votre force ». Reposez-vous sur le Seigneur, attendez-Le patiemment et votre foi aura gagné sa victoire (Manne du 4 juin). Alors, en temps voulu, vous reconnaîtrez la main du Seigneur qui fait concourir toutes choses à votre bien, selon Sa promesse. Cette preuve de votre foi, dit Pierre, est plus précieuse que l'or qui périt, quoiqu'il soit éprouvé par le feu.