Nous reprenons l'examen de cette Écriture sous les cinq traits suivants : (1) Durant les jours de Sa chair ; (2) Ce qu'Il a craint, et de quoi Il a été sauvé ; (3) Il était un Fils ; (4) Dans quel sens Il a été rendu parfait ; et (5) Pour qui Il est l'auteur du salut éternel.
Ces paroles de l'Apôtre nous donnent un aperçu des expériences de notre cher Seigneur qui nous aident à apprécier la charge qu'Il a portée pour nous dans les jours de Sa chair. Nous remarquons particulièrement cette expression
« DURANT LES JOURS DE SA CHAIR »
car il y en a qui prétendent que dans l'existence de notre Seigneur il ne peut y avoir de distinction entre les jours où Il était dans la chair, et les jours où Il n'était plus dans la chair ; car, disent-ils, Sa vie ressuscitée est Son humanité, Sa chair, glorifiée. Il y en a d'autres qui prétendent qu'Il n'a pas eu d'existence avant Sa vie humaine. Mais le contraire de ces deux idées n'est pas seulement sous-entendu dans cette déclaration de l'Apôtre, mais il est aussi clairement exprimé dans d'autres Écritures, par exemple : « Dans la mesure où les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé » ; il « devint chair et habita au milieu de nous » ; « Etant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous ». Puis Il a dit : « Je donnerai ma chair pour la vie du monde » (Voir Héb. 2 : 14 ; Jean 1 : 14 ; 2 Cor. 8 : 9 ; Jean 6 : 51). Oui, Son corps humain était le corps de Son humiliation, le « corps préparé » pour le sacrifice (Héb. 10 : 4,5), et qui a été sacrifié ; et qui, étant sacrifié, n'a jamais été repris : il a été donné comme prix de notre rédemption. C'est pourquoi Il ne vit plus la vie dans la chair, la vie humaine, mais, l'ayant sacrifiée, Il est maintenant hautement exalté et vit pour toujours comme notre divin Grand Sacrificateur. « Si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant, nous ne le connaissons plus ainsi » - 2 Cor. 5 : 16.
Son humiliation n'a donc pas été une humiliation éternelle, mais elle a été suivie d'une exaltation glorieuse, même jusqu'à la nature divine et au corps glorieux qui appartient à cette nature – « l'image parfaite de la personne du Père » (Héb. 1 : 3), qui demeure dans la lumière dont personne ne peut s'approcher, mais que les fidèles disciples du Christ pourront un jour voir ; car il est écrit que « nous serons comme lui, et nous le verrons tel qu'il est » - et non tel qu'Il était. C'est pour cela qu'Il a prié alors qu'Il était encore dans la chair, en disant : « Père, je veux que ceux que tu m'as donnés soient avec moi là où je suis, afin qu'ils voient ma gloire » (Jean 17 : 24).
Et pourtant, bien que changé, notre Seigneur est le même Jésus ; car, dit l'Apôtre, « Celui qui est descendu [dans la tombe] est le même que celui qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses » (Eph. 4 : 10). Le changement de nature de l'humain au divin n'a pas plus détruit Son identité dans ce cas que le changement de la nature spirituelle à la nature humaine lors de Son incarnation. Il a dit de Lui-même après Sa résurrection : « Je suis celui qui vit et qui était mort, et voici, je suis vivant aux siècles des siècles » - Apoc. 1 : 4,18.
C'est avec un cœur reconnaissant que nous acceptons les déclarations de l'Écriture selon lesquelles le Fils de Dieu a bien été fait chair ; et nous remercions aussi Dieu que Ses jours dans la chair aient été comptés et peu nombreux. Pour Lui, comme pour nous, ce furent « peu de jours et pleins d'ennuis ». Surtout après Sa consécration dans l'œuvre du sacrifice, ce furent des jours d'affliction, de chagrin, de déception et de détresse, des jours qui Le conduisirent souvent au trône de la grâce céleste pour trouver du secours en temps de besoin. Ainsi, c'était dans l'habitude de notre Seigneur de chercher souvent le lieu de la prière après la fin des jours de service. Les montagnes et les déserts étaient Ses refuges, et il n'était pas rare qu'Il passe la nuit entière en prière.
C'est dans ces périodes de communion secrète avec Dieu qu'Il puisait force, consolation et réconfort spirituels. C'étaient des occasions de communion précieuse où Il pouvait ouvrir Son cœur au Père comme à personne d'autre ; où Il pouvait lui dire toutes Ses peines, Ses fardeaux et Ses craintes ; et où le Père se manifestait à Lui par des signes d'approbation aimante et de grâce soutenante.
CE QU'IL CRAIGNAIT, ET DE QUOI IL A ÉTÉ SAUVÉ.
Comment, dit quelqu'un, en s'étonnant, notre Seigneur a-t-il eu des craintes ? Oui, ces paroles de l'Apôtre révèlent le grand conflit mental par lequel le Seigneur est passé pour nous « dans les jours de sa chair ». Ce conflit commença dans les tentations du désert, immédiatement après Son baptême, et atteignit son point culminant au jardin de Gethsémané, où, probablement comme jamais auparavant, « il offrit des prières et des supplications avec de grands cris et des larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété ».
Ce que le Seigneur craignait, ce n'était pas que l'amour ou les promesses de Dieu puissent manquer. Il savait que « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu », que Dieu respecte Ses alliances, et que toute Sa conduite et Ses relations sont fondées sur les principes éternels de la vérité et de la justice, dont la moindre variation serait une impossibilité morale. Mais il savait aussi que le plan du salut humain dépendait entièrement de l'obéissance du Souverain Sacrificateur oint au moindre élément de la loi Le concernant, comme le montre le service typique du tabernacle [voir les FIGURES DU TABERNACLE, page 78]. Non seulement le sacrifice doit être fait, mais il doit être fait et offert exactement comme prescrit. Si le Souverain Sacrificateur typique, Aaron, n'avait pas respecté, à un moment quelconque, les instructions données pour l'offrande (voir Lév. 9 : 16), s'il avait oublié ou ignoré une partie quelconque des instructions, ou s'il y avait substitué un élément quelconque selon ses propres idées, il n'aurait pas été autorisé à répandre le sang de ce sacrifice imparfait sur le propitiatoire ; son offrande n'aurait pas été acceptée : il serait mort et n'aurait jamais pu sortir et bénir le peuple - Lev. 16 : 2,3.
Ainsi, nous voyons qu'en entreprenant la grande œuvre de la rédemption, le Souverain Sacrificateur n'a pas seulement porté en Lui les questions de vie et de mort pour toute la race humaine, mais aussi pour Lui-même. Au sens figuré, Il a pris Sa propre vie entre Ses mains. Il n'est donc pas étonnant que, sous le poids de Sa responsabilité, le Seigneur ait eu peur. La tension des grandes épreuves auxquelles Il était soumis était trop forte même pour la nature humaine parfaite sans l'aide de la grâce divine. Et c'est pourquoi Il a si souvent cherché le lieu de la prière. Considérez le grand combat d'afflictions par lequel Il est passé - les tentations subtiles et trompeuses dans le désert, les contradictions des pécheurs contre Lui-même, et la triste ingratitude de ceux qu'Il est venu sauver : considérez aussi Sa pauvreté, Sa perte d'amis, Ses travaux et Ses fatigues, et Son absence de foyer, Ses persécutions amères et acharnées, et finalement Sa trahison et Son agonie. Certainement, les tests d'endurance et d'obéissance aux exigences exactes de la loi du sacrifice dans ces circonstances étaient des tests très cruciaux. Quelle prudence cela entraînait chez le Seigneur, car Il craignait, après la promesse qui Lui avait été faite d'entrer dans le repos éternel et dans la gloire qui suivra le jour de l'expiation, de ne pas satisfaire à toutes les exigences de Sa fonction de sacrificateur pour rendre un sacrifice acceptable. De même, dit l'Apôtre (Héb. 4 : 1), nous devrions craindre que la promesse qui nous est faite d'entrer dans Son repos ne soit manquée par l'un de nous.
Lorsque le Seigneur arriva à la dernière nuit de Sa vie terrestre, c'est alors que les questions lui vinrent à l'esprit avec une force accrue : Ai-je jusqu'ici tout fait exactement selon la volonté de Dieu ? et maintenant, face à l'agonie qu'il Me faudra subir, suis-Je capable de boire la coupe amère jusqu'à la lie ? Pourrai-Je supporter, non seulement l'agonie physique, mais aussi l'ignominie, la honte et les cruelles moqueries ? Et pourrai-Je faire tout cela si parfaitement que Je serai entièrement acceptable par Dieu dans Ma propre justice ? Pourrai-Je supporter de voir Mes disciples dispersés et consternés, l'œuvre de Ma vie apparemment détruite, Mon nom et la cause de Dieu couverts d'infamie, et Mes ennemis triomphants et vantards ?
Tel fut le dernier conflit de notre Seigneur. Sans doute les puissances des ténèbres étaient-elles très actives en cette heure terrible, profitant des circonstances, de Sa faiblesse et de Sa lassitude, pour décourager Son espoir et remplir Son esprit de la crainte qu'après tout, Il échouerait, ou n'aurait pas réussi à accomplir l'œuvre de façon acceptable, et que, par conséquent, une résurrection n'était nullement certaine. Il n'est pas étonnant que même le cœur humain parfait ait sombré devant de telles considérations, et qu'une agonie d'émotion ait fait couler de grosses gouttes de sueur sanglante. Mais a-t-Il cédé au découragement et abandonné la lutte lorsque l'épreuve cruciale s'est ainsi présentée à lui ? Non ! Il a confié ces craintes humaines à Son Père céleste, « à celui qui pouvait le délivrer de la mort », afin que Sa volonté humaine soit renforcée par la grâce divine pour aller de l'avant et accomplir Son sacrifice d'une manière acceptable pour Dieu - pour Se soumettre librement à être conduit comme un agneau à l'abattoir, et, tout comme une brebis qui reste muette devant ses tondeurs, ne pas ouvrir la bouche pour Se défendre - Esaïe 53 : 7.
Et Ses prières au Père n'ont pas été vaines : « il a été exaucé en ce qu'il craignait. » Bien que Ses paroles fussent peu nombreuses, parce qu'aucun mot ne pouvait exprimer les émotions de Son âme, Son esprit tourmenté ne cessait d'intercéder pour Lui par des gémissements inexprimables (Rom. 8 : 26). Et Dieu envoya un ange pour Le réconforter et Le servir, pour L'assurer de nouveau de la faveur divine, et Lui donner ainsi un nouveau courage, une force d'esprit et une stabilité mentale pour supporter tout ce qui était devant Lui, même jusqu'à la mort. Avec cette assistance de la grâce divine, notre cher Seigneur S'avança dès lors avec un courage inébranlable pour achever l'œuvre qui Lui avait été donnée à faire. Il pouvait maintenant revenir calmement et dire à Ses disciples bien-aimés, mais fatigués et déconcertés, « Dormez maintenant, et reposez-vous ». L'amertume du conflit mental était maintenant terminée, et la lumière du ciel qui brillait dans Son âme avait chassé l'obscurité profonde qui avait plané sur Lui comme un voile funèbre, Le rendant extrêmement triste, jusqu'à la mort. Oui, « il a été exaucé en ce qu'il craignait », la crainte avait disparu, et, fort de la vigueur que Dieu Lui fournissait, Il sentait qu'Il était capable d'offrir le sacrifice acceptable, de satisfaire à toutes les exigences de la loi en le faisant, et que par conséquent Son salut hors de la mort, Sa résurrection, étaient assurés.
Cette crainte de la part du Seigneur n'était pas une crainte pécheresse : c'était une crainte telle que nous aussi, qui nous efforçons de marcher sur Ses traces, sommes censés avoir, de peur de ne pas atteindre les précieuses promesses qui nous sont accordées à des conditions sûres et inaltérables (Héb. 4 : 1). C'était une crainte née, non pas du doute de la capacité et de la volonté du Père d'accomplir toutes Ses promesses, mais de la connaissance des principes justes qui doivent dans chaque cas gouverner la ligne de conduite du Père, de la loi inflexible qui a justement fixé la récompense de la vie et de la gloire éternelles à l'accomplissement de Son alliance de sacrifice, alors qu'en même temps Il commençait à réaliser que par Lui-même en tant qu'être humain, bien que parfait, Son cœur et Sa chair échoueraient s'ils n'étaient pas fortifiés par la grâce divine. Le Psalmiste a exprimé cette crainte de l'Éternel, et la source d'où provenait Son aide, lorsqu'il a dit : « Ma chair et mon cœur sont consumés ; mais Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours » (Ps. 73 : 26). C'était une crainte filiale, une crainte entièrement compatible avec Sa relation à Dieu en tant que Fils reconnu ; car
QUOIQU'IL FÛT FILS
Il a appris l'obéissance par les choses qu'Il a souffertes. Sa reconnaissance continuelle par Jéhovah comme Fils était une garantie de Sa perfection, et pécher à un moment quelconque aurait été la perte de cette relation. Sur le même principe, nous, l'Église, sommes reconnus comme fils de Dieu, parce que nous avons la justice du Christ qui nous est imputée par la foi.
Et pourtant, bien qu'Il ait été un Fils reconnu, et par conséquent parfait, sans péché, l'Apôtre parle de Lui comme ayant été rendu parfait - comme ayant été perfectionné en quelque sorte par un processus d'expérience - d'expérience d'humiliation et de souffrance. Dans quel sens, alors, nous demandons, a-t-Il été perfectionné ? La réponse est implicite dans les mots du texte : « Il a cependant appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes ; et, ayant été consommé [dans cette leçon], il est devenu … », etc. Bien qu'Il fût un Fils de Dieu reconnu, dont le Père était toujours satisfait, et qui n'avait jamais déçu le moins du monde les plus grands espoirs de ce Père juste ; bien qu'Il ait toujours reconnu le Père comme la source de Son être, comme la source de toute sagesse, de toute bonté et de toute grâce, comme l'Être supérieur auquel Il devait la plus profonde gratitude pour la vie et ses multiples bienfaits, en qui résidaient aussi toute sagesse, tout honneur, toute gloire et toute puissance, et dont la volonté parfaite était donc la loi suprême, l'expression de la justice et de la vérité les plus parfaites, de la sagesse la plus profonde, de l'amour et de la grâce les plus profonds ; à qui, par conséquent, était due l'obéissance la plus loyale et la plus aimante en tout temps et en toute circonstance ; et bien qu'Il fût un Fils qui avait toujours reconnu et Se plaisait à faire la volonté du Père, Il n'était pas considéré comme parfait dans le sens de ce caractère établi et prouvé qui était la condition nécessaire pour l'office sacrificateur auquel Il était appelé. Pour cette fonction, Il devait être éprouvé au-delà de tout soupçon par les épreuves les plus sévères, et cela devant de nombreux témoins, afin que tous sachent sur quel solide fondement ils pouvaient fonder leurs espoirs. C'est dans ce but que Son esprit de loyauté a été soumis à l'épreuve sévère qu'Il a rencontrée à Gethsémané. Il est possible que notre Seigneur Lui-même n'ait pas réalisé la force de Son caractère juste avant d'être confronté à cette dernière épreuve. C'est là qu'Il fut éprouvé et testé jusqu'à l'extrême, et sous l'épreuve ardente, Son caractère, toujours parfait jusqu'à la pleine mesure de Son épreuve, gagna par la grâce divine sa glorieuse perfection de plénitude.
Ainsi, par la souffrance, Il a appris l'obéissance à la volonté parfaite de Dieu jusqu'au plus profond de l'abnégation ; et Dieu a permis qu'il en soit ainsi, parce que cette épreuve était nécessaire, tant pour le développement que pour la manifestation de cette perfection de caractère qui serait digne de la haute exaltation à laquelle Il était appelé.
Il faudrait toujours garder à l'esprit que la perfection de l'être et la perfection du caractère sont deux choses différentes. La perfection de l'être est l'œuvre de Dieu, tandis que la perfection du caractère est l'œuvre de la créature intelligente, accomplie dans l'obéissance à la loi divine et sous la direction et la surveillance divines. Adam était un être parfait, innocent, libre et glorieux dans sa beauté primitive ; mais dans le travail de formation du caractère, il a rapidement échoué et a donc perdu sa perfection. Le caractère ne peut être entièrement développé sans épreuves. Il est comme une plante : très frêle au début, il a grand besoin de l'éclat du soleil de l'amour de Dieu ; il a besoin d'être fréquemment arrosé des averses de Sa grâce, et de subir une culture intensive au moyen de la connaissance appliquée de Son caractère, comme bon fondement de foi et inspiration à l'obéissance. C'est après avoir été ainsi développé dans ces conditions favorables qu'il est prêt à supporter l'émondage de la main disciplinaire, capable aussi d'endurer les difficultés. Petit à petit, au fur et à mesure que la force du caractère se développe, les épreuves auxquelles il est soumis ne servent plus qu'à le faire croître davantage en force, en beauté, en grâce, jusqu'à ce que, finalement, il soit fixé, développé, établi, rendu parfait par la souffrance (Manne du 20 Janvier).
Dans le cas de notre Seigneur, cette précieuse plante du caractère, parfaite dans Son enfance, a maintenu Sa perfection à travers toutes les épreuves qui Lui ont été appliquées, jusqu'à ce qu'Elle soit finalement rendue parfaite dans Sa plénitude, étant établie, renforcée, fixée. Ceci nous amène au dernier sujet de notre texte, à savoir :
POUR QUI LE CHRIST EST-IL L'AUTEUR DU SALUT ÉTERNEL ?
« et ayant été rendu parfait, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l'auteur du salut éternel, étant salué par Dieu souverain sacrificateur selon l'ordre de Melchizédec ».
Il y a beaucoup de matière à réflexion dans cette phrase introductive : « Et ayant été rendu parfait », et cela, comme nous l'avons déjà montré, à travers la discipline douloureuse de la souffrance. Ainsi rendu parfait, Il est maintenant apte à remplir la fonction de Souverain Sacrificateur, de Médiateur entre Dieu et les hommes. Cet office, est-il déclaré, Il le remplira en faveur de tous les hommes qui Lui obéissent. Les désobéissants et les obstinés, qui n'aiment pas les voies droites du Seigneur et qui n'ont aucun désir d'y marcher, ne recevront aucun des bénéfices de Sa médiation ; mais pour ceux qui Lui obéissent, Il sera « un Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle ; ... parce qu'il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir [d'assister, de réconforter, de soulager] ceux qui sont tentés ».
Ah, c'est pourquoi Il a d'abord été rendu parfait par la souffrance. Le Père céleste savait par quelles souffrances, par quelles ignominies, par quelle honte et par quelles douleurs devaient passer Ses disciples bien-aimés tout au long de l'Âge de l'Évangile. Son œil omniscient prévoyait le fagot, la torche, le supplice et les mille raffinements de cruauté avec lesquels l'ingéniosité satanique combattrait l'Église dans son voyage à travers ce désert vers la terre promise. Il savait comment les flèches enflammées des méchants, même les paroles amères, les blesseraient (Ps. 64 : 2,3), et c'est pourquoi « il lui a plu [à Jéhovah] ... de rendre parfait par les souffrances le chef de leur salut » (Héb. 2 : 10). Il a été tenté en tous points comme nous, à part le péché, afin que nous sachions que nous avons un Souverain Sacrificateur qui peut être touché par le sentiment de nos infirmités, et ainsi venir avec confiance au trône de la grâce pour obtenir miséricorde et trouver grâce pour avoir du secours au moment opportun (Héb. 4 : 15,16). Ah, avec quel soin et quelle sagesse notre Père céleste a prévu et considéré les intérêts de tout Son peuple ! Grâce à ces regards sur Son caractère et Ses actions, nous pouvons voir combien les paroles de notre Seigneur à Ses disciples étaient vraies : « Le Père lui-même vous aime ».
Mais, en dehors du processus de perfectionnement pour l'office de sacrificateur - par la souffrance - il y a le fait de la perfection de notre Souverain Sacrificateur, à considérer pour notre réconfort, notre satisfaction et notre consolation. Il est Celui qui, bien qu'entouré de péchés et tenté en tout point par le péché, « n'a pas connu le péché, et il ne s'est pas trouvé de fraude dans sa bouche ». Il était « saint, innocent, sans tache et séparé des pécheurs », mais Il a connu nos souffrances et a porté nos douleurs. Par d'amères expériences, Il a été perfectionné en tant que Souverain Sacrificateur - pour servir de médiateur pour nous, (1) en présentant à Dieu un sacrifice acceptable qui a fait de notre salut une possibilité légale ; (2) en entreprenant de nous laver, de nous purger et de nous purifier jusqu'à ce que nous puissions, nous aussi, être approuvés par Dieu et irréprochables - une Église glorieuse, sans tâche ni ride ni rien de tel.
La perfection absolue, tant personnelle qu'officielle, de notre grand Souverain Sacrificateur, et le fait qu'Il a été ordonné par Dieu pour cette fonction, sont la plus forte exigence et le plus fort stimulant possibles pour l'obéissance de l'Église envers Lui, tout comme la perfection et la position du Père céleste étaient pour notre Seigneur les raisons toutes suffisantes de Son obéissance au Père. Dieu n'a pas établi à notre tête un novice, ni une personne animée par l'égoïsme, ni aucun motif ignoble ; mais Il nous a donné un grand Souverain Sacrificateur dont tous les commandements sont sages et bons, et qui, dans l'amour, veut nous conduire de grâce en grâce jusqu'à ce que, comme Lui, nous soyons établis, fortifiés, affermis.
La discipline par laquelle Il conduit à cette fin glorieuse doit nécessairement être, dans une certaine mesure du moins, telle qu'Il l'a Lui-même expérimentée, une discipline de souffrance. Et puisque l'Église est appelée non seulement à se perfectionner dans la justice, mais aussi à participer avec le Christ à la fonction sacrificatrice en tant que membres de Son corps, c'est aussi à elle de Le suivre dans la voie de l'humiliation et du sacrifice, jusqu'à la mort. Lui obéir maintenant, en cet Âge, signifie tout cela ; car telle est la volonté de Dieu et la volonté du Christ, notre sanctification - 1 Thess. 4 : 3.
En se soumettant pleinement à ce grand Souverain Sacrificateur, l'Église a l'assurance la plus complète de Son amour, de la parfaite intégrité de Son caractère et de Ses intentions, de Sa sagesse et de Sa grâce suprêmes, et qu'en toutes choses Il est mû par les principes les plus purs et les plus élevés de vertu, d'amour et de bienveillance. Jamais Il ne S'est écarté de la ligne la plus stricte de la perfection, bien qu'Il ait été assailli par les tentations les plus fortes. Toutes les manifestations et tous les témoignages de Son caractère inspirent la plus grande confiance, de sorte que Lui obéir signifie progresser vers la perfection à chaque étape du chemin. Et pour ceux qui suivent cette voie, Il est l'auteur du salut éternel. Louons Dieu pour un tel Souverain Sacrificateur, glorieux dans Sa perfection et glorieux dans Son office, touché par le sentiment de nos infirmités, mais n'ayant Lui-même aucune infirmité, aucun défaut, aucun péché. S'il n'était qu'un être humain imparfait, doté seulement de quelques qualifications supérieures, mais susceptible, comme nous, de Se tromper, de manquer de jugement, ou d'être mû par l'égoïsme ou des considérations politiques inférieures, ou qui, avec une poutre dans Son propre œil, chercherait à extraire la paille du nôtre, nous pourrions certainement craindre de nous engager sous Sa direction, et nous demander pourquoi le Tout-Puissant nous a donné un tel sacrificateur. Mais notre Souverain Sacrificateur n'est pas ainsi. Sa perfection est attestée par Jéhovah Lui-même, et Son grand amour pour nous s'est manifesté de mille manières, avant tout par Son don de Lui-même pour nous.
Avant Son incarnation, les preuves de la fidélité de notre Seigneur à la volonté de Dieu - qui est toujours la loi de la justice - étaient les actes de service agréable en coopération avec Dieu dans les œuvres de la création et dans les choses qui s'y rapportent. La soumission aux conditions humaines était un pas en arrière par rapport à ce service exalté, mais elle a été acceptée avec joie et allégresse. Puis vinrent les épreuves de Sa vie terrestre, et enfin la dure épreuve de Gethsémané et du Calvaire. C'était là un test de Sa fidélité à Dieu qui allait Lui coûter tout ce qu'Il avait. Au-delà, Il ne pouvait rien espérer, sinon la miséricorde et l'amour de Dieu, à la sagesse, à l'amour et à la puissance duquel Il recommandait Son esprit (Luc 23 : 46). C'était en effet une épreuve cruciale, et bien qu'à ce moment-là Il n'ait manifestement pas pu en voir la nécessité sous tous ses aspects (Matthieu 26 : 39, 42, 44), Il savait néanmoins que l'amour de Dieu était trop grand pour permettre qu'une douleur inutile afflige Son Fils bien-aimé, et Il Lui a donc fait confiance alors qu'Il ne pouvait pas, à ce moment-là, retracer Ses voies impénétrables.