R 1759 (VP 450 p.10, janvier 2003)
LE MINISTÈRE DU MAL - PSAUME 130.

Cet article est tiré des Watch Tower Reprints, pp. 1759-1760 [jan. 1895]. Le format, l’orthographe et le style ont été modifiés pour l’alléger et plusieurs mots obscurs ont été changés. Cependant, cet article se trouve tel qu’il se présente dans la Reprints. Il fut écrit pour la Nouvelle-Création, et devrait être lu à la lumière du contexte de l’époque.

La vie de chaque être humain renferme ses zones de lumières et ses zones d’ombres, ses moments de joie et ses chagrins profonds. Ceux-ci constituent la chaîne et la trame de l’expérience, et la toile du caractère qui sort du métier à tisser en action de la vie sera pure et belle, ou grossière et quelconque, selon l’adresse et le soin apportés par l’individu qui se l’appropriera et la tissera avec les fils de l’expérience. Dans toute vie, sous le présent règne du péché et du mal, les ombres obscures prédominent ; et cela à un point tel que les Ecritures décrivent judicieusement l’humanité dans sa condition présente comme une « création gémissante ». Le chrétien n’est pas non plus exempté de ces conditions qui touchent le monde, car « nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant la délivrance » - Rom. 8 : 22, 23.

Cependant, tout en attendant la délivrance, les expériences quotidiennes de la vie exercent sur nous une mission des plus importantes, et la manière dont nous les recevons et les utilisons devrait faire l’objet de notre plus grand intérêt ; car, selon l’emploi que nous en ferons, la prospérité ou l’adversité et les épreuves de chaque jour produiront en nous une bénédiction ou une malédiction. Ces expériences que nous considérons habituellement comme heureuses véhiculent souvent des dangers subtils. Si la richesse augmente ou si les amis se multiplient, c’est presque imperceptiblement que le cœur trouve sa satisfaction dans les choses terrestres ; en revanche, lorsqu’on est frappé à vif par le chagrin et qu’on est profondément déçu, que les richesses font défaut, que les amis nous abandonnent et que les ennemis nous accablent de reproches, la tentation naturelle est au découragement et au désespoir.

LA BATAILLE DU CHRÉTIEN

C'est là une partie importante de la grande bataille de la vie du chrétien. Il doit combattre les tendances naturelles de la vieille nature et, avec confiance, demander et s’attendre à la victoire dans la force du grand Capitaine de son Salut. Il ne doit pas succomber aux influences flatteuses et trompeuses de la prospérité, ni s'effondrer sous les fardeaux de l'adversité. Il ne doit pas permettre aux épreuves de la vie de gâter et d'endurcir ses dispositions, de le rendre morose et hargneux, ou amer et méchant. Il ne doit pas non plus permettre à l'orgueil, à l'ostentation ou à la propre justice de croître et se nourrir sur les bonnes choses temporelles que le Seigneur lui a confiées pour éprouver sa fidélité en tant qu’intendant (Manne du 30 Mai).

Assurément, les chagrins peuvent venir, et viennent souvent, comme un déluge, mais le Seigneur est notre aide dans ces choses. L’âme qui n’a jamais connu la discipline du chagrin et des ennuis n’a encore jamais appris combien l’amour et le secours de notre Seigneur sont précieux. C’est quand nous sommes noyés dans le chagrin et que nous nous approchons du Seigneur qu’Il s’approche de nous tout spécialement. Ce fut ainsi que le Psalmiste le trouva quand, profondément affligé, il cria vers le Seigneur et témoigna de Sa justice disant : « Je t’ai invoqué des lieux profonds, ô Eternel ! Seigneur écoute ma voix ; que tes oreilles soient attentives â la voix de mes supplications ». Ressentant ses propres lacunes, désirant vivement être pleinement délivré de toute imperfection, et exposant de manière prophétique les abondantes provisions du Plan divin de salut par Christ, il ajoute : « O Jah ! si tu prends garde aux iniquités [nous les imputant], Seigneur, qui subsistera » Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint [révéré] ».

Combien ces assurances sont bénies lorsque l’âme est douloureusement consciente de ses infirmités et de son incapacité à se mesurer à la loi parfaite de justice. Lorsque le cœur est honnête et loyal Dieu n’inscrit pas nos infirmités dans un registre en notre défaveur. Elles ne nous sont pas attribuées, mais sont pardonnées gratuitement par Christ dans le mérite duquel nous avons confiance et dont la justice est notre robe glorieuse - ainsi revêtus, nous pouvons nous approcher avec une humble audace, en présence même du Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Si Dieu ignore ainsi les infirmités de notre chair, s’Il nous reçoit et communie avec nous en tant que Nouvelles-Créatures en Christ, Ses enfants devraient se regarder mutuellement de la même façon, en ne considérant pas et en ne critiquant pas les infirmités de la chair que nous confessons tous humblement et essayons de vaincre quotidiennement, par la grâce de Dieu. « Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? ». Cependant, il en va tout autrement lorsque les infirmités de la chair sont cultivées, lorsque l’on s’y adonne avec indulgence, ou qu’on les justifie afin de pouvoir continuer dans les erreurs. Ainsi, en vérité, elles nous accusent et, si nous « ne nous jugeons pas » rapidement, le Seigneur nous jugera et nous châtiera (1 Cor. 11 : 31. 32).

« J’ai attendu l’Éternel » poursuit le Psalmiste, « mon âme l’a attendu, et j’ai eu mon attente en sa parole. Mon âme [attend] le Seigneur, plus que les sentinelles [n’attendent] le matin ». Combien cette attente patiente de l’Eternel est nécessaire ! Au milieu des soucis, des inquiétudes, des difficultés et des infirmités nous pouvons nous souvenir que les dissensions irritantes de la vie concourent ensemble au bien de ceux qui aiment le Seigneur, ceux qui sont appelés selon Son dessein. Mais pour l’achèvement de ce dessein de Dieu envers nous, nous devons « attendre » et, tout en attendant patiemment, nous devons endurer les difficultés comme de bons soldats. « Confie-toi en l’Eternel, et attends-toi patiemment à lui, et il agira ».

Le temps est un élément important dans tous les plans de Dieu : Par conséquent, nous ne devons pas être déçus lorsque l'épreuve d'endurance s’applique alors que les bénédictions que nous attendons tardent à venir. Dieu prit le temps de façonner le monde et de le préparer pour l’habitation humaine ; le temps (6 000) ans pour donner au monde son expérience indispensable avec le mal : le temps (4 000) ans pour préparer l’avènement de Christ en tant que Rédempteur ; le temps (2 000) ans pour préparer l’Eglise à participer à Son glorieux Règne ; et il faudra du temps pour façonner et ajuster les affaires individuelles de tout Son peuple. Dieu n’a pas oublié lorsque la réponse à nos prières semble tarder longtemps. Celui qui veille à la chute du passereau et qui compte les cheveux même de notre tête n’est pas indifférent aux appels les plus faibles ou aux plus petits besoins de Son enfant le plus humble. Oh, combien nous sommes bénis de savoir à quel point Il prend soin de nous (Manne du 4 janvier).

« … PLUS QUE LES SENTINELLES N’ATTENDENT LE MATIN ».

« Mon âme [attend] le Seigneur, plus que les sentinelles [n’attendent] le matin, que les sentinelles [n’attendent] le matin ». Les « frères », ne sont pas dans les ténèbres concernant l’aurore du Matin millénaire parce qu’ils sont enseignés sur ce sujet par le Consolateur (voyez 1 Thess. 5 : 4), et parce que, selon l’œil de leur foi, l’Etoile du Jour (celui qui fait lever le Jour – Christ) a déjà apparu, et ils se réjouissent dans le témoignage inspiré que, bien que « la nuit [de la prédominance du péché], les pleurs viennent loger [avec nous], et le matin [du grand jour de notre Seigneur] il y a un chant de joie ». Et alors que l’aurore du nouveau jour, « le Jour de Christ », devient de plus en plus distincte, beaucoup en dehors des « frères » peuvent voir et voient véritablement des signes que « la nuit est bien avancée et le jour est proche » ; et, petit à petit, sans oublier les nuages sombres et les tempêtes terribles de la détresse qui leur cacheront temporairement les signes du matin qui point, le monde entier - même l’église nominale encore endormie se rendra véritablement compte que « le matin point enfin ».

Mais beaucoup parmi ceux qui scrutent maintenant le matin du point de vue du Socialisme, du Nationalisme, etc. n’attendent pas le Seigneur - en fait ils ne connaissent pas le Seigneur, parce que Son caractère et Son Royaume ont été aussi tristement mal représentés par ceux qui prétendent être Ses porte-parole. Ils se réjouissent du Matin, parce qu’il précède l’Âge d’or de l’égalité humaine, de l’instruction généralisée, de la diminution du travail, et de l’augmentation des privilèges, du confort et du luxe. « Dieu ne se trouve pas dans chacune de leurs pensées » lorsqu’ils recherchent le matin. En observant un point de vue plus ou moins égoïste sans le guide de la révélation divine, - car nul ne connaît la pensée de Dieu sauf celui qui a l’esprit de Dieu (1 Cor. 2 : 11, 12) - ils ne parviennent pas à discerner l’objectif véritable et les principales caractéristiques de l’Âge de bénédictions à venir, et ils défendent simplement les intérêts des masses au détriment des avantages spéciaux présents des riches.

L’ÉPREUVE À VENIR POUR LA VIE ÉTERNELLE

Ils ne voient pas les bénédictions les plus grandes du jour qui point - qu’avec le confort et les privilèges terrestres il procurera la grande bénédiction d’une épreuve pour la vie éternelle - que ce sera le Jour du Jugement du monde qui déterminera quels sont ceux qui, sous ces conditions favorables, développeront un caractère en harmonie avec le caractère de Dieu.

Mais pour les « frères », c’est différent. Tout en n’estimant pas moins les bénédictions terrestres, ils apprécient plus intelligemment le Seigneur, Son caractère et le travail qui sera accompli pour les hommes par le grand Médecin - en tant que Prophète, Sacrificateur et Roi - et ces considérations plus puissantes et de plus grande valeur surpassent de loin les faveurs terrestres qui accompagneront Son Règne terrestre. En vérité, les « frères » attendent le Seigneur Lui-même, impatients de voir le Roi dans Sa beauté – le plus beau parmi dix mille, celui qui est absolument plein d’amour. Oui, en vérité, notre âme « attend le Seigneur, plus que les sentinelles [n’attendent] le Matin ».

Alors, puisse l’Israël de Dieu tout entier espérer dans le Seigneur (versets 7, 8), car avec le Seigneur il y a miséricorde ; non seulement miséricorde en s’occupant de nos infirmités, mais aussi en nous protégeant d’épreuves écrasantes et en accordant la grâce pour secourir à tout moment de besoin - pour ceux qui demeurent dans la Vigne par la foi et l’obéissance. « Mon âme, bénis l’Eternel, et n’oublie aucun de ses bienfaits » « Ps. 103 : 2).