R 1585
QUOIQUE VOUS SOYEZ AFFERMIS
« C'est pourquoi je m'appliquerai à vous faire souvenir toujours de ces choses, quoique vous les connaissiez et que vous soyez affermis dans la vérité présente » - 2 Pierre 1 : 12.

(Traduction provisoire)

Quelles choses ? Mais la nécessité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ajouter à notre foi la vertu, et à la vertu, la connaissance, et à la connaissance, la tempérance, et à la tempérance, la patience, et à la patience, la piété, et à la piété, l’affection fraternelle, l’amour ... Car si vous faites ces choses, vous ne tomberez jamais, car il vous sera accordé une entrée abondante dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ... – vs. 5-11.

Être établi dans la vérité signifie que nous l'avons soigneusement étudiée et prouvée par « la loi et le témoignage » (Es. 8 : 20), et qu'en conséquence nous sommes convaincus de sa véracité, de sorte que notre foi est ferme et inébranlable : nous savons en qui nous avons cru ; nous avons goûté et vu que le Seigneur est bon ; nous avons goûté aux douceurs de la communion avec Lui ; nous avons pris part à Son esprit de douceur, de foi et de piété au point d'être conduits à une joyeuse réalisation de la plénitude de Sa grâce telle qu'elle se manifeste dans le merveilleux Plan Divin des Âges ; et il nous a été permis de voir, non seulement les diverses caractéristiques de ce plan, mais aussi la nécessité et le caractère raisonnable de toutes ses diverses mesures en vue du plein accomplissement de son glorieux résultat dans la plénitude des temps fixés. Voilà ce que c'est que d'être « affermi dans la vérité présente ». C'est en effet une condition des plus bénies, qui apporte avec elle une paix et une joie que le monde ne peut ni donner ni enlever.

Mais bien que nous soyons ainsi affermis dans la Vérité Présente, nous devons garder à l'esprit que notre élection à la haute position à laquelle nous sommes appelés n'est pas encore assurée. La course pour le prix du Haut-Appel est encore devant nous, et nous sommes encore dans le pays de l'ennemi, entourés de nombreux adversaires subtils et puissants, de sorte que si nous voulons réussir, nous devons « combattre le bon combat de la foi », en nous rappelant aussi que « les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais [la Vérité de Dieu est] puissantes par Dieu pour la destructions des forteresses » de l'erreur, de la superstition et du péché enraciné ; et en nous rappelant aussi que « notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » - 2 Cor. 10 : 4 ; Eph. 6 : 12.

C'est en vue de ces faits - du combat qui nous attend, de la subtilité de nos tentations et des faiblesses de la chair - que le fidèle Apôtre Pierre nous exhorte à cultiver avec soin les grâces chrétiennes et à nous rappeler sans cesse les précieuses vérités que nous avons apprises, afin que nous soyons fortifiés pour assurer notre appel et notre élection. La foi est une bonne chose ; mais la foi sans les œuvres vertueuses est morte ; et retenir la Vérité dans l'injustice est pire que de ne l'avoir jamais reçue. La Vérité nous est donnée pour son effet sanctifiant sur nos cœurs et nos vies. C'est pourquoi il faut lui donner libre cours et la glorifier. Laissons ses précieux fruits apparaître de plus en plus de jour en jour. Ajoutons à notre foi la vertu - une véritable excellence de caractère, une excellence de caractère qui nous distinguera du monde et de son esprit. Dans tous ceux-là, le monde verra les qualités morales qu'il doit approuver, même s'il est opposé à notre foi. Ajoutons une honnêteté sans faille, la vérité et la loyauté dans toutes les relations d'affaires ; l'intégrité morale dans toutes les relations sociales ; des mains manifestement propres et un cœur pur, et une langue bridée qui ne fait pas de mal à son prochain. Tout cela, le monde est en droit de l'attendre de ceux qui se disent Chrétiens ; et tout cela est un trait indispensable de ce caractère vertueux qui doit être ajouté à notre foi. Les mains propres ne se mêleront pas de ce qui n'est pas vertueux : elles n'auront rien à faire avec des plans ou des projets injustes dans les affaires. Un cœur pur ne conçoit pas de mauvaises choses, ne nourrit pas de mauvaises pensées et ne prépare pas de méfaits. Et la langue bridée ne s'adonne pas à de mauvaises paroles, mais se tait quand elle ne peut pas parler avec bienveillance et sagesse. Mais les incitations de la vertu vont plus loin que ces caractéristiques négatives qui refusent de faire quoi que ce soit qui puisse nuire à un voisin ; elles incitent non seulement à la bonté passive, mais aussi à la bonté active - dans la charité bienveillante qui cherche à soulager la souffrance, à compatir à la douleur, à réconforter ceux qui sont dans la détresse et à élever et bénir les autres - à aider « tous les hommes selon que nous en avons l'occasion ».

A ce caractère vertueux, il est conseillé d'ajouter la connaissance - la connaissance du caractère de Dieu, afin que nous puissions l'imiter plus complètement, et de Sa Vérité, afin que nous puissions nous conformer plus complètement à Ses enseignements : Et à la connaissance, la tempérance - la modération, la retenue, en toutes choses. « Que votre modération soit connue de tous les hommes ». Nous ne devons pas être précipités et colériques, ou imprudents et irréfléchis. Mais nous devrions nous efforcer d'être équilibrés, réfléchis et attentifs : toute notre conduite devrait être caractérisée par cette attention qui indiquerait que nous sommes toujours conscients du plaisir du Seigneur, de notre responsabilité envers Lui en tant que Ses représentants, et de notre influence sur nos semblables, afin de veiller à ce que ce soit toujours pour le bien, jamais pour le mal.

« Et à la tempérance, la patience ». « Que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien ». Oui, cette grâce aplanit le chemin pour toutes les autres, car toutes doivent être acquises sous le processus d'une autodiscipline patiente et continue. Il est impossible de progresser sans exercer cette grâce qu'est la patience. Aucune autre n'orne plus magnifiquement le caractère chrétien, ou n'obtient mieux l'approbation de la conscience du monde et ne glorifie le Dieu de toutes grâces qui l'inspire par Sa Vérité. La patience c'est la douceur persévérante luttant fermement pour enrayer le courant de l'imperfection et de la faiblesse humaines et s'efforçant, avec un soin sérieux, de regagner la ressemblance divine ; elle est lente à la colère et généreuse dans la miséricorde. Elle discerne promptement les sentiers de la Vérité et de la justice et y marche sans tarder ; elle se souvient de ses propres imperfections et compatit aux faiblesses et aux insuffisances des autres (Manne du 12 février).

« Et à la patience, la piété » - une étude attentive et une imitation du caractère divin tel qu'il est présenté dans la Parole divine.

« Et à la piété, l'affection fraternelle » - un exercice et une manifestation des principes du caractère divin envers nos semblables.

« Et à l'affection fraternelle, la charité » - l'amour. L'affection (bonté) peut se manifester là où il n'y a que peu d'amour pour le sujet de cette affection ; mais nous ne pouvons pas persévérer longtemps dans ces actes de bonté avant qu'un intérêt sympathique ne s'éveille ; et peu à peu cet intérêt, continuellement exercé, s'approfondit en amour. Et même si le sujet n'a pas un caractère aimable, l'amour sympathique pour les personnes déchues et dégradées grandit, jusqu'à ce qu'il devienne tendre et plein de sollicitude, semblable à celui d'un parent pour un fils errant.

Pierre décrit en effet un caractère des plus aimables, mais qui peut le considérer sans avoir le sentiment que l'atteindre sera le travail de toute une vie. Il ne peut être accompli en un jour, ni en une année, mais toute la vie doit y être consacrée ; et jour après jour, si nous sommes fidèles, nous devrions constater une certaine croissance dans la grâce et le développement du caractère chrétien. Il ne suffit pas de connaître la Vérité, ni de se contenter de la détenir dans l'injustice. Nous devons veiller à ce que la vérité produise son effet légitime et voulu sur le caractère. Et si la Vérité est ainsi reçue dans des cœurs bons et honnêtes, nous avons l'assurance de l'Apôtre que nous ne tomberons jamais, et qu'en temps voulu nous serons reçus dans le Royaume de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.

D'où la nécessité de garder toujours vivantes dans notre esprit les instructions et les préceptes du Seigneur, et de nous imprégner de leur esprit inspirant, même si nous sommes déjà affermis dans la foi. Être affermi dans la foi est une chose, mais être affermi dans le caractère chrétien et dans toutes les grâces de l'esprit en est une autre.

UNE SUGGESTION PRATIQUE.

Sentant comme nous le faisons la nécessité d'un travail plus profond de la grâce, à la fois dans nos propres cœurs et dans les cœurs de toute la chère Maison de la Foi, la pensée nous est venue qu'un effort plus spécial dans cette direction particulière de la part de nous tous serait probablement d'un grand bénéfice. Nous ne savons pas par quelle discipline de foi et de patience nous serons peut-être encore appelés à passer dans la nuit obscure qui approche et dont nous sommes avertis, mais « à chaque jour suffit sa peine », et aussi, grâce à Dieu, à chaque jour suffit sa grâce, si nous nous y attachons sérieusement et si nous y persistons patiemment. De même que chaque jour apporte ses épreuves, de même, si nous avons été correctement exercés par les épreuves, chaque jour devrait apporter ses victoires - nous laissant ainsi renforcés et plus fermement établis dans le caractère, ainsi que dans la foi.

Dans le but de favoriser spécialement la croissance du caractère chrétien, notre suggestion, qui a déjà été faite et adoptée par la congrégation d'Allegheny, est que partout où quelques consacrés peuvent s'arranger pour se réunir, il serait bon de désigner une réunion en milieu de semaine dans ce but spécial. Cette réunion devrait être consacrée au culte, à la prière et à la louange, à l'exhortation fraternelle, à la discussion et au soutien, mais pas à l'étude de la Bible ni à la controverse. Toutes les discussions sur les questions doctrinales devraient être éliminées d'une telle réunion, et les sujets qui susciteraient une controverse devraient être évités, laissant ces questions pour une autre réunion, à une heure appropriée du jour du Seigneur, lorsque tous se réunissent ; le but n'est pas d'ignorer la doctrine, ni de décourager l'étude de la Bible ; mais, tout en répondant à cette nécessité lors d'une réunion (le jour du Seigneur), de consacrer l'autre (la réunion du milieu de la semaine) à une autre nécessité égale, sans aucune autre préoccupation.

Notre arrangement ici à Allegheny et Pittsburg est le suivant : Comme notre congrégation est très dispersée, nous l'avons divisée en autant de réunions de proximité qu'il est nécessaire pour le confort de tous ceux qui souhaitent y assister ; et un conducteur est nommé pour chaque réunion, la discrétion étant observée quant à la capacité. Ils doivent être des frères établis dans la foi - solides dans la doctrine, fidèles et pieux. Ces réunions ont lieu le mercredi soir au domicile d'un membre de chaque petit groupe. La réunion est ouverte par un hymne et une prière, la lecture par le conducteur d'un passage approprié de l'Écriture, portant sur le sujet de la piété pratiquée ; puis chacun est invité à faire part de son expérience personnelle quant au progrès dans la voie étroite - quant à la manière dont il grandit dans la grâce et s'efforce de vaincre le monde, la chair et le diable. C'est là qu'ils peuvent humblement parler de leurs victoires, ou de leurs épreuves, ou demander le conseil et le soutien des Chrétiens dans les moments difficiles, s'exprimant plus librement dans ces petites réunions qu'il ne serait possible ou approprié de le faire dans de plus grandes assemblées. Ici, ils peuvent entendre les besoins des uns et des autres, et l'amour et la sympathie chrétiens circulent plus librement de cœur à cœur.

Dans ces réunions, l'objectif est d'avoir une expérience récente, vivante, hebdomadaire et quotidienne avec le Seigneur et à Son service, et non pas simplement une expérience périmée d'un passé lointain. Une expérience claire du passé, c'est bien, mais une expérience claire du présent, c'est mieux, c'est beaucoup plus important. La doctrine est ignorée dans ces réunions, sauf si le mot doctrine s'applique à tous les enseignements des Écritures, y compris l'espérance, la confiance, l'obéissance, la piété, la prière, etc.

Nous estimons que trop de personnes se sont contentées de connaître la Vérité, sans faire d'efforts particuliers pour la vivre, jour après jour et heure après heure. De même que l'honnêteté du cœur, la foi dans l'œuvre achevée du Rédempteur et la consécration à Son service sont nécessaires pour une entrée complète dans le « Saint », où les caractéristiques les plus profondes du Plan divin peuvent être discernées et pleinement appréciées, de même ces qualités doivent rester, doivent demeurer, ou bien la lumière deviendra ténèbres - et on sera rejeté de la lumière dans les ténèbres extérieures dans lesquelles le monde et l'église nominale tâtonnent après les lueurs phosphorescentes de l'erreur - spiritisme, science chrétienne, théosophie et universalisme.

Le conducteur d'une telle réunion devrait s'efforcer d'adapter ses conseils, ses corrections ou ses encouragements aux besoins particuliers de chacun des petits groupes sur lesquels il est placé, et sa piété révérencieuse et son intérêt personnel pour chacun devraient inspirer la confiance de tous. Nous croyons que de telles réunions en milieu de semaine pourraient s'avérer être des tremplins pour atteindre des niveaux plus élevés dans la vie divine, et qu'ainsi tous pourraient être grandement bénis et en bénéficier ; et le corps entier sera capable de s'entraider plus efficacement dans les choses spirituelles. Lors d'une réunion générale mensuelle de même nature, nous entendons parler des progrès spirituels des différents petits groupes, tant par les conducteurs que par les différents assistants, et chaque trimestre, les conducteurs sont transférés dans d'autres groupes.

Que la bénédiction du Seigneur accompagne cette suggestion et que le résultat soit un renforcement du lien d'amour chrétien, de sympathie mutuelle et de fraternité en tous lieux.