Nous étions seulement deux ou trois d'entre nous
Qui vînmes au lieu de prière -
Qui vînmes sous la dent de la nue en courroux ;
Mais cela ne nous toucha guère,
Puisqu'après que nos chants se furent élevés
Et nos prières exprimées,
Le bon Maître Lui-même était à nos côtés,
Calmant nos âmes affamées.
Le regard de chacun était illuminé,
Affectueux, joyeux et libre
Il toucha de Sa main notre front incliné,
Son " Venez à Moi ! " faisait vivre.
Aucun ne L'avait vu soulever le loquet,
Nul n'avait tiré la targette,
Mais la " Paix " dans nos coeurs était Son don parfait ;
De quoi de plus nous mettre en quête ?
Chacun de nous se sentait libre du péché,
Christ ayant fait la délivrance ;
Chacun, de son fardeau de soucis détaché,
Avait de l'Appel l'assurance.
Sur nos esprits planait un air calme et serein
Arrivant de la Mer Jaspée ;
Nous nous sentions plus forts pour le labeur divin
Des jours dont l'aube est annoncée.
Nous étions seulement quelques-uns assemblés
Dans ce petit lieu de prières ;
Au dehors florissaient combat, querelle, excès,
Le Maître était avec les frères.
Il vint pour racheter ainsi qu'Il le promit,
Partout où sont ceux qu'Il aime,
Pour leur donner le réconfort et le répit,
Ne seraient-ils que deux, trois même.