Je ne vois pas toujours le chemin qui conduit
À la plus haute cime ;
J'oublie aussi parfois que c'est là que me mit
Sa main d'amour sublime.
Mais je comprends pourtant qu'au bout de ce parcours
Est la Terre promise,
Et qu'enfin parvenu au sommet de mes jours,
J'aurai science acquise.
Je ne peux pas toujours voir le lointain rivage
Où ma barque se rend,
Mais, détournant les yeux, j'aperçois du sillage
Le long ruban, brillant
Sous les feux de l'Amour que Dieu sur lui fait luire,
Et j'avance avec foi,
Assuré que Celui qui voulut m'y conduire
Mit le cap mieux que moi.
Je ne peux pas toujours saisir sur quel niveau (1)
Il fait ma destinée ;
Car, fréquemment, les coups répétés du marteau,
Le bruit de la mêlée,
Me troublent jusqu'au point d'oublier qu'Il est sage
Et veille sur mon sort,
Et qu'avec les détails du plan de Son ouvrage,
Ma vie est en accord.
Je ne peux pas toujours facilement comprendre
De mon Maître les cours,
Ni faire les devoirs et tâches qu'il faut prendre
A l'école des jours ;
Mais j'apprends, par Son aide, à résoudre une à une
Chaque difficulté ;
Si je ne comprends pas, je dis, dans l'infortune :
"Fais à Ta volonté".
(1) plan