Un jour, quand nous saurons les leçons de la vie,
Ou qu'offrent le soleil et chaque galaxie,
Les choses sans objet à notre jugement,
Celles dont nous avons souffert plus durement,
Brilleront devant nous dans notre nuit obscure,
Comme en un bleu profond l'étoile luit plus pure ;
Et nous verrons combien les plans de Dieu sont droits
Et nos maux apparents un amour de surchoix.
Nous verrons que malgré ce qui nous décourage,
Ces plans ont travaillé tout à notre avantage,
La raison qu'à nos cris Il ne répondit pas,
Sa sagesse ayant vu de loin les résultats.
Tels de prudents parents rejettent la demande
D'un excès de bonbons par l'enfance gourmande,
Ainsi, sans doute, Dieu nous maintient-Il distants,
Loin des biens de la vie à nos yeux excellents.
Si parfois mélangée au vin de l'existence,
L'absinthe à notre coeur inspire répugnance,
Soyons sûrs qu'une main pleine d'affection
A préparé pour nous l'étrange mixtion.
Si quelque cher ami soudain vient à s'éteindre,
Allant où les baisers ne peuvent plus l'atteindre,
Oh ! n'en inculpons pas notre Père des Cieux,
Mais souffrons ce chagrin, soumis et gracieux.
Et si Dieu, de la vie augmente la durée.
Est-ce pour Son ami la douleur désirée ?
Sachez que quelquefois un funèbre linceul
Est doublé d'un bienfait venant de l'Amour seul.
Nous connaîtrions mieux ce qui nous contrarie
Et trouverions la clé des secrets de la vie,
Si nous pouvions ouvrir l'huis de la Vérité,
Voir les oeuvres de Dieu dans leur diversité.
Sois content, pauvre coeur, manifeste ta joie !
Tel les lis purs et blancs, le grand Plan se déploie,
N'arrachons surtout pas la gaine de la fleur,
Laissons le propre temps dévoiler sa splendeur.
Au bout d'un dur labeur, si nous gagnions la place
Où le pied fatigué, déchaussé se délasse,
Et que nous possédions savoir, entendement,
Nous dirions, je le crois, Dieu savait mieux, vraiment !