PUISQUE le bras du Père te soutient,
Sois donc sans peine ;
Lorsqu'une main sévère te retient,
Elle est la Sienne.
Rappelle-toi que Son amour complet
Comble ton indigence à plein souhait ;
À ton esprit las (1), s'Il cause un dommage, (2)
Mets ta confiance en Lui davantage.
Complètement, sans murmurer jamais,
À Sa main tendre
Remets tout ce que tu ne parviendrais
Pas à comprendre.
Si ta folie engendre le mépris,
Ta foi, la pitié ou bien les lazzis, (3)
Au fond de ton âme une paix sereine
Par Lui régnera seule en souveraine.
Tel un enfant, si tu crois soutenir
La lutte ouverte,
Avec orgueil refusant de tenir
La main offerte,
Ton courage alors, crainte deviendra,
Et ta force aussi, faible apparaîtra ;
Mais si ton âme en Son amour réside,
Par tous les chemins Il sera ton Guide.
De ce qui survient, quel que soit l'effet,
Le meilleur, le pire,
Sache que toujours Son amour parfait
À ton bien conspire. (4)
Revêts la couronne au poids douloureux
Et porte-la, reconnaissant, heureux
Pour Son service, et selon Sa Parole,
Repose en Sa paix qui calme et console.
Aux Siens le Sauveur donne abondamment
Force quotidienne ;
À l'âme troublée, en proie au tourment,
Une paix, la Sienne. (5)
Le doux agnelet a de ce Berger
Les plus tendres soins qu'il puisse exiger ;
Ne Lui dis donc pas, Quand ? Comment sera-ce ?
Mais tout simplement, incline ta face !
(1) abattu ; (2) Job 5 : 18 ; (3) moqueries, sarcasmes
(4) Rom. 8 : 28 ; (5) Jean 14 : 27 — Trad.