(1 Cor. 10 : 17)
Je suis, au crépuscule, où songe tout le monde,
Debout dans les blés mûrs et mouvants comme l'onde,
Sous la brise du soir. J'en arrache un épi
Que je tiens en ma main, lorsque passe à l'envi
Devant moi, vision sur vision antique :
Je vois une aire où le fléau de bois dépique
Le froment. - Autre scène : Une femme au moulin
Écrase sous la meule un amas de bon grain,
Jusqu'à ce que le blé, de sa forme première,
Soit un monceau commun, une masse grossière.
- Puis une autre, où le tout mêlé de sel et d'eau
Sur des charbons ardents devient pain ou gâteau.
En fixant ces tableaux, sous de plus hauts rapports,
Je vois, tels que le grain, les "membres de Son Corps"
Dépouillés du renom, de l'orgueil, de l'envie ;
Les meules des revers, des malheurs de la vie
De leur tour lent et sûr pilent grand et petit,
Le riche après le pauvre et, de coeur et d'esprit,
Et de zèle et d'amour en font un tout unique.
Le sel purifiant, la Parole biblique.
Après bonne cuisson, en forment un seul pain.
Quand nous buvons la coupe amère sans dédain,
Et mangeons tout joyeux de Sa chair le symbole,
Serions-nous étonnés que la flamme nous frôle,
Avant que nous puissions ressembler au Seigneur
Et "rompus", apaiser du monde la langueur ?