Au milieu des prés verts ? Pas toujours, quelquefois,
Celui qui sait le mieux, par un aimable choix,
Me mène en des sentiers durs et noirs à la fois,
Loin de toute clarté, chaude et douce et brillante,
Loin de l'éclat du jour, dans la nuit déprimante ;
Souvent j'ai pu trembler de frayeur, d'épouvante,
Mais seulement je sais que Sa main tient ma main ;
Ainsi, soit dans les prés, soit sur l'âpre terrain,
Confiant, sans savoir, je poursuis mon chemin.
Le long des calmes eaux ? Non pas toujours ainsi,
Parfois des ouragans je suis à la merci,
Et vagues et courants m'environnent aussi.
Mais quand dans sa fureur, le vent me bat, j'appelle,
J'implore à haute voix et le Maître modèle
Tout doucement me dit : " Oui, Je suis là, fidèle " ;
Dans l'orage bruyant, je L'entends qui me fait ;
"Après la sombre nuit viendra le jour parfait !
De chacun de tes pas J'ai tracé le trajet."
Ainsi, que je sois là, sur le sommet des monts,
Ou bien au sein de l'ombre épaisse des vallons,
Cela m'importe peu, car en toutes saisons,
Il est là ! Et de plus, par route rude ou nette
De moi, faible oiseau, toujours Il s'inquiète
Et de Sa propre main pourvoit à ma disette.
Dès lors, où que ce soit, je Le suis sans souci,
Plus tard, je connaîtrai, dans l'au-delà choisi,
Pourquoi, dans Sa sagesse, Il m'a conduit ainsi.