22 - PARLEZ-MOI DU MAÎTRE.

Parlez, oh ! parlez-moi du Maître !
Je suis las, épuisé ce soir ;
Le jour est près de disparaître,
Seul le ciel clair permet d'y voir.
Sa lueur, vision splendide,
S'allonge au loin vers le couchant.
Mon pauvre coeur meurtri, languide
Veut le repos comme un enfant.

Parlez, oh ! parlez-moi du Maître !
Des coteaux où seul Il monta,
Quand pleurs et sang de tout Son être
Trempaient le gazon de Juda.
Pour moi les bornes de la vie
Marquent un bien triste parcours ;
Rude est la côte non gravie,
Les monts sont noirs aux alentours.

Parlez, oh ! parlez-moi du Maître !
De nos péchés qu'Il vint laver ;
De Son tendre amour qui pénètre
Et si puissant pour nous sauver.
Car mon coeur las se décourage
Des vanités, des maux des ans,
De l'erreur qui de jour fait rage.
Des faussetés, des différends.

Je sais pourtant qu'il n'est tristesse
Ni douleur ou tentation
Que le bon Maître ne connaisse.
Il sait ; Il a compassion.
Ainsi me dit la vieille histoire,
À mes maux baume efficient ;
Et mon coeur chargé de déboire
Redevient fort, froid, patient.