Hébreux 13:13.
Silencieusement, la démarche rapide,
Voyageurs aux reins ceints de la campagne aride,
Nous sortons, empruntant la porte au large accès
De ce monde, en tournant le dos à ses excès ;
Nous suivons à grands pas l'étroite et rude voie
Qui nous conduit vers Dieu, vers la vie et la joie.
Nous ne pouvons ni ne voulons faire de pause ;
Nous craignons les pièges que l'Adversaire pose
Et voulons fuir bien loin des soucis, des péchés,
Fermement résolus d'obtenir le succès ;
Nous savons le péril, mais notre œil considère
La splendeur du grand prix proposé par le Père.
Qu'est-ce donc ! Serions-nous frappés de lassitude ?
Après un peu de temps viendra la quiétude.
Et ce cœur affaibli et ce brûlant cerveau
Seront bientôt calmés et rafraîchis de nouveau :
La nuit est avancée et l'aube se libère —
Du matin sans nuage apparaît la lumière.
Plus un instant à perdre en sommeil, en paresse ;
À l'œuvre du chrétien tenons-nous sans faiblesse.
Pas de recul dans le combat désespéré,
De désir de se rendre ou de fuir apeuré ;
Et pas d'amour du gain ou de l'aisance même,
Ni de recherche à plaire à l'homme ou à soi-même.
Pour le renom perdu point de peine mentale,
Ni de peur que le nom soit couvert de scandale;
Pas de frayeur devant le vif mépris mondain,
Et pas de désir de rendre au dédain le dédain ;
Nulle haine ne peut anéantir la haine,
Mais la flamme d'amour la renverse sans peine.
Pas de soupir non plus pour le rire qui grise,
Le stérile plaisir que disperse la brise ;
Pas de regard tourné vers Sodome et son ciel,
Ni d'oreille tendue aux échos de Babel ;
Pas de larmes pour l'Égypte et ses chants et son faste,
Ni de soif pour son Nil au cours puissant et vaste.
Plus qu'un petit moment et s'annoncera l'heure
De recevoir notre prix, notre couronne, notre demeure !
Un temps plus ou moins long nous est encore offert,
Et nous aurons franchi les pistes du désert ;
Alors trêve à l'effort, le repos se précise,
La bataille est achevée et la victoire acquise !
Ne dédaignons donc pas le labeur, le chemin ;
À son terme point le Jour sans fin !
Nous ne reculons pas devant ces tempêtes en furie,
Ponctuées de petits intervalles d'accalmies.
Nous saluons du soleil le déclin ;
Notre joie peut déjà commencer avant le matin !